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Débat sur l'éducation à Nanterre : Zy'va ? J'y suis allée...
Je suis allée à Nanterre, ce samedi 9 janvier, pour suivre le débat sur l'éducation, proposée par l'association ZY Va du Petit Nanterre. Cette association de quartier, qui vient de souffler ses quinze bougies, propose de nombreux débats aux habitants du secteur, les pousse à donner leur avis, invite régulièrement des personnalités. Récemment David Guetta est venu avec Valérie Damidot aider les jeunes à nettoyer le quartier. Sans Karsher.
Devant le siège de l'association, Gaby Cohn Bendit, V. Peillon, M. Boutih, M. de Sarnez, le pdt de Zy'Va
L'association Zy'Va de Nanterre avait invité samedi les acteurs du Rassemblement de Vincent Peillon à causer éducation...
Samedi dernier, l'association qui veut montrer que "les débats intéressants avec des gens connus, ce n'est pas que pour les beaux quartiers" avait donc invité divers acteurs du Rassemblement social, écologique et démocrate, dont la première journée s'était tenu à Dijon en novembre dernier sur ce sujet de l'éducation. Les débats et propositions sur l'éducation avaient été éclipsés par Ségolène Royal, qui avait volontairement confondu une réunion interne à un courant PS avec la première réunion d'un mouvement qui tenait à dépasser les chapelles trop étroites des partis et des courants du PS auxquels personne, hors PS, ne comprend quelque chose.... Le collectif, qui plus est élargi, dans un parti qui se nourrit et se détruit de ses divisions, ça dérange. J'ai trouvé le débat intéressant, trop court. Le micro de la salle, malgré les efforts de l'animateur, a souvent été monopolisé par les élus de l'agglo de toutes tendances. La population du quartier a du lutter contre ces pros de la parole (on a meme vu une journaliste tenter d'avoir l'avis des invités sur le plan Espoir banlieue de Fadela Amara. elle n'a eu que celui du président de l'association: "De la com'" a-t-il dit...Décor planté !
Heureusement, des questions de parents d'élèves, d'enseignants partageant leur expérience ont fini par être posées. Le débat a été victime des défauts de tous les débats publics. Les gens bavards font des interventions, sans poser de questions et le temps du vrai dialogue finit par être trés limité. Je ne m'étendrais pas sur les délires des anti-Vincent sur le Post.fr qui cassent du Peillon en notant l'absence de l'un ou de l'autre, l'absence des grands reportages au 20 h, notent que oui y avait pas Dany mais Gaby Cohn-Bendit (et d'ailleurs à Dijon, y avait que Gaby aussi, déjà iconoclaste...).
Oh, les mecs, c'était un débat dans un quartier comme Zy'Va en fait une dizaine chaque année ! Peillon a été prof au lycée du coin, il a raconté notamment que ses éléves arrivaient en retard pour cause de contrôle au faciès ou encore les changements de prénoms, plus français pour aider les mômes à trouver des stages... Je signalerai simplement le danger perçu comme nucléaire par ces pauvres partis dont l'unique obsession reste les élections. Vision de court terme, d'une élection l'autre qui empeche toute réflexion, travail collectif sur le long terme, sur des valeurs communes et assèche le travail de la gauche et des quelques centristes depuis des années...
La deuxième journée du Rassemblement, consacrée à la Sixième République et à un débat sur les institutions, assez malmenées depuis mai 2007, est prévue pour le 23 janvier à Paris. Cette journée d'étude et de travail, axée sur le principe du débat interactif, avec une possibilité de poser des questions, d'intervenir, de partout en France, via internet a été assez mal perçue initialement par la direction du PS. Qui craignait que cette réunion n'interfère trop avec la campagne ps régionales et ne brouille le message. D'où le choix d'éviter le grand raout et la ruée de militants de toutes les mouvances réunies, fortement intéressés par le sujet. Les places étant limités, des invitations seront envoyées. Visiblement, pour les partis, tout s'arrête au moment des campagnes électorales. Il n'y a plus que ça qui compte. C'est assez dommage et la mécanique a ses limites. C'est justement contre cette vision court termiste, que le Rassemblement veut lutter en se proposant de bâtir des propositions communes, socle bénéfique à une gauche et un centre élargis.
T shirts graf' en souvenir






Tous les commentaires
Marianne2.fr a rendu compte de ce débat. Je retiens entre autres deux citations de Gabriel Cohn-Bendit : "Il y a peut-être 15% de profs qui se donnent à leurs élèves", "un préalable avant d’avoir été enseignant, c’est d’avoir fait une colonie de vacances et de s’en sortir avec les mômes".
Un socle bénéfique pour la gauche? À moins que l'élargissement intègre d'ores et déjà l'UMP.
Personne, à part lui-même n'est responsable des propos de gaby cohn-Bendit. qui est tout sauf UMP, si je ne m'abuse et ne se résume pas aux citations choisies...Il le dit bizarrement, qu'il faut réhabiliter la pédagogie plutot que de larguer devant des classes des diplômés..
Dans ce cas, ce n'est plus une réunion destinée à bâtir un socle. Toutes les paroles ne se valent pas, en particulier lorsqu'il s'agit de réfléchir à la mise en place d'un programme (concernant l'éducation).
En politique, il est quand même bon, sinon prudent, de savoir avec qui on parle. En particulier lorsqu'il s'agit de composer une tribune comme les photographies le montrent. Gabriel Cohn-Bendit n'intervient pas depuis la salle.
Dire que 15% des enseignants font leur travail, ce n'est pas dire bizarrement qu'il faut réhabiliter la pédagogie. Que chacun imagine ce qu'il ressentirait si Nicolas Sarkozy proférait la même phrase. En outre, réduire l'actuelle formation des enseignants à "larguer devant des classes des diplômés" est pour le moins caricatural.
Pour ceux qui l'ignoreraient, depuis la création des IFUM, même si des changements sont souhaitables, il y a une formation des enseignants. Au moment où le gouvernement s'apprête à détruire cette dernière, lui donner des arguments, inexacts en outre, est une faute politique. Sauf si on est d'accord avec lui.
Ecoute, je ne suis pas une spécialiste de l'éducation, mais la formation des jeunes diplomés à affronter une classe me semble bien insuffisante, j'ai eu pas mal de témoignages de jeunes enseignants en ce sens, qui se découragent. cohn-Bendit a tenu des propos surprenants, dérangeants mais de là à dire que tout est formidable dans l'école actuelle. A mon avis, il ne faut pas réduire le socle de propositions sur l'éducation de ce rassemblement aux déclarations personnelles du gaby, c'est aussi assez caricatural.
Bonjour tout le monde
Je ne rentrerai pas dans un commentaire des diverses réactions que j'ai pu lire ici ou là.
J'apporterai quelques précisions sur le déroulé de la réunion notamment.
Tout d'abord il s'agissait d'une réunion publique dans une cité ZEP et dans une salle municipale qui est intégrée à une école primaire. A cette réunion assistaient des habitants, militants, enseignants. Tous les partis politiques étaient représentés et ont pu s'exprimer. On peut déplorer je l'acquiesce, le faible temps de parole laissé aux habitants. Mais c'est souvent le cas. Et je n'ai jamais entendu ou lu dans les commentaires journalistiques que les réunions habituelles, organisées en centre ville, à la seule attention des militants déjà convaincus, ou sur les plateaux de télévision laissaient peu de place aux citoyens pourtant exclus de fait du débat.
Il est vrai que le fait de voir arriver un nouvel acteur, le monde associatif, dans la relation, le dialogue et l'échange avec les décideurs, gêne ceux qui considèrent avoir le monopole de l'intermédiation avec le peuple.
Le thème du débat l’Education est le celui de notre projet associatif.
Libre à monsieur Gabriel Cohn-Bendit de tenir les propos qu’il veut. Il n’en demeure pas moins :
Je ne connais pas le lycée autogéré de Gabriel Cohn-Bendit mais il faut arrêter la mauvaise foi. Comparer les résultats de lycées classiques avec le sien relève de la malhonnêteté intellectuelle. Il enseigne à des élèves qu’aucun lycée ne veut accepter. Et même que les parents d’élèves, pourtant porteurs de si bonnes intentions lorsqu’il s’agit de parler d’ailleurs, ne veulent surtout pas voir dans la classe de leur progéniture. Et même s’il n’obtient que 10 % de succès au bac, c’est en fait 10 % que le système exclut.
certains se contentent juste de s’offusquer, mais à aucun moment les problèmes de fonds ne sont abordés. Comme si tout allait bien et qu’il suffisait de se contenter du statu quo.
Hé bien non ! Nous dénonçons ce statu quo. Et si ce type de débat peut faire avancer, un tout petit peu la réflexion nous en serons ravis.
Ameziane Abdat
Président de Zy'va .
Vos arguments reposent sur des impressions. Il n'est donc pas possible de les discuter.
Je me permets juste un petit commentaire. Les 150000 élèves qui sortent sans diplôme (et non sans savoir lire, l'analphabétisme est vaincu depuis la fin des années 1970) sont un plancher, depuis 1995 à peu près. Le système éducatif n'a jamais réussi à faire moins ou mieux selon le point de vue qu'on adopte.
On peut, et on doit de mon point de vue, souhaiter qu'aucun enfant ne sorte sans diplôme. Pour autant, il n'est pas nécessaire de ne pas inscrire sa réflexion dans une perpective historique. On doit faire mieux mais on n'a jamais fait aussi bien.
Enfin, le grand problème de l'Éducation Nationale est la généralisation des expériences singulières. Seuls les mégalomanes pensent que leur méthode est la bonne pour tous les élèves. Un peu de modestie tout de même.
Heureusement, les enfants sont des êtres humains et non des automates qu'il suffit de bien formater. Croire qu'il existe quelque part LA méthode, pour ne pas dire LA recette, est une forme de mépris à leur encontre.
Donc tout va bien, ne changeons rien. Je vous remercie de ne me prêter que des impressions, j'ai aussi un cerveau...Ai je le droit d'avoir un avis sur un sujet dont je ne suis pas spécialiste ?
Je ne crois pas qure les constats sociaux de la réussite éducative en France, avec toujours trop d'exclus, meme si La méthode idéale n'existe pas, ne soient fameux. J'ai entendu parler à Nanterre d'une école qui devait être plus à l'écoute de chacun, des différences de chaque élève, à chaque étape. Le système, puisque selon vous, on n'a jamais fait aussi bien, doit-il etre exempt de toute critique ? Je n'ai vu aucun mépris , ni aucune recette miracle avancée comme telle pendant le débat. Des constats lucides. C'est déjà un premier pas.
Je ne répondais pas directement à votre message. Mais lorsque vous écrivez "la formation des jeunes diplomés à affronter une classe me semble bien insuffisante, j'ai eu pas mal de témoignages de jeunes enseignants", vous faites part d'un sentiment. Ce n'est pas criticable mais c'est un peu court pour construire une analyse et surtout un projet de réforme.
Les analyses sociologiques ne peuvent se réduire à de telles appréciations. "Toujours trop d'exclus", bien sûr. Mais aussi "toujours moins" si on se place dans une perspective historique. Ce si mauvais système n'a jamais diplômé autant de jeunes ou, pour le dire autrement, il n'a jamais laissé aussi peu (en pourcentage et sans doute doute même en nombre) de jeunes. C'est un fait qu'il convient de rappeler quand de bons esprits bien intentionnés ne cessent d'agiter les 150000 sans diplôme (mais pas sans formation du tout) pour dévaloriser le système éducatif français.Chacun devrait convenir que plus ce nombre se restreint plus il est difficile de le réduire.
Enfin, malheureusement, les bons sentiments ne font pas un programme politique. "une école qui devait être plus à l'écoute de chacun, des différences de chaque élève, à chaque étape", qui peut être contre? Mais en même temps, les difficultés scolaires des élèves sont-elles le reflet de l'inefficacité du système éducatif ou doivent-elles être pensées en tenant compte de certaines données sociologiques connues depuis longtemps? Citons par exemple la corrélation entre niveau de revenu et réussite scolaire.
Croire qu'une réforme de l'École résoudra l'échec scolaire revient à nier les résultats de la sociologie. Dans l'ordre des priorités, il serait beaucoup plus efficace de lutter contre les inégalités sociales, les inégalités de revenu, les inégalités de logement (une chambre par enfant)…
Puisqu'il faut le dire, un avis n'est pas un argument. C'est du reste un point important à enseigner aux élèves, leur faire comprendre que l'enseignant n'expose pas son avis mais dispense un savoir. Essayer de rendre compte d'une situation complexe ne revient pas à souhaiter que rien ne change (j'ai quand même écrit "On peut, et on doit de mon point de vue, souhaiter qu'aucun enfant ne sorte sans diplôme."). Mais sans une analyse précise, on ne saurait construire un programme digne de ce nom.
Christophe,
comme je l'ai dit je suis loin d'être une spécialiste de l'éducation et je ne connais pas de chiffres par coeur, ni ne m'intéresse beaucoup aux différences de pédagogies . Mais faut-il avoir , sérieusement, étudié l'histoire de l'école depuis Charlemagne pour avoir le droit d'émettre un avis ? Vous dites sentiment, je ne suis pas d'accord. Si vous percevez un argument comme uniquement issu d'une étude sociologique en trois volumes, certes je n'ai aucun argument mais je connais bien peu de monde qui puisse en avancer dans ce cas, avec cette définition. J'ai été témoin par le passé du profond désespoir parfois, du sentiment d'impuissance de certains enseignants de mon entourage. Leur désarroi passager ou constat lucide sur leur manque de moyens n'a pas bénéficié de tableau ni de statistique ni fait l'objet d'un sondage. Ce n'est pour vous pas un argument recevable. Mais c'était une réalité, à un moment, dans leur parcours et ils n'avaient pas de réponse. Le vécu, l'expérience sont à prendre en compte pour améliorer les choses et je pense aussi que c'est ce manque d'écoute global du ressenti des uns et des autres acteurs de ce milieu éducatif qui a fait se dégrader les situations. Le système français a de belles réussites, il est parfois cité en exemple (meme Barack adore l'école maternelle). Encore une fois, je ne suis pas du tout une spécialiste de l'éducation. Je trouve que des pistes ont été tracées à dijon, qui pour les connaisseurs ne sont peut être pas révolutionnaires. Toutefois j'attire votre attention sur le fait que l'éducation n'est pas seulement une affaire de spécialistes. Le fait de remettre cette question au coeur de la nation, comme veut le faire le Rassemblement me parait toutefois essentiel. Cela ne résout pas toutes les tensions, toutes les inagalités mais autant les prendre à la racine. Je veux juste vous dire que votre réaction me fait penser à une réaction pleine de mépris d'un édile socialiste, lorsque je lui avais dit : voilà je n'ai pas voté ps en 2002 puisque Jospin avait dit en direct : "Mon programme n'est pas socialiste". "Ah mais " m'avait répondu l'édile, "il faisait référence à l'histoire socialiste, l'évolution, il faut remettre cette phrase en perspective. Les gens ne peuvent pas comprendre". Et le scrutin qui a suivi les déclarations de Jospin ont montré que non, ils n'avaient pas compris et ont donc refusé le choix de Jospin. Non pas parce qu'ils étaient idiots mais peut-etre leur avait-on mal expliqué ? Après 7 ans, Lionel semble enfin en convenir... Là aussi, ce n'est pas réservé à une caste, capable d'émettre des arguments hyperdocumentés. Je pernse que l'on doit la même écoute à chacun et chercher les solutions ensemble. Comme le dit le président de Zy'Va, on ne peut pas se contenter du statu quo et surtout de la casse actuelle.Mais dire que des choses sont mal pensées dans le système ne signigfie pas dénigrer le système en son entier.
Il faut bien finir notre débat. Disons simplement qu'avant de parler de la formation des enseignants dans la perspective de la changer, il convient d'en faire un bilan raisonné. Ce dernier ne peut être construit sur la connaissance, partielle, d'enseignants, même plusieurs dizaines. Car il y en a 900000.
Encore hier, je discutais avec un ami, enseignant, qui me disait que sa formation à l'IUFM lui avait servi lorsqu'il avait été envoyé dans le rectorat de Créteil tester ces nouvelles compétences. Moi-même, je ne peux dire que j'ai été mal formé. J'aurais sans doute pu l'être mieux. Mais ce n'est pas une raison pour dire que tout est à jeter dans la formation actuelle.
Enfin, vous avez vous-même fait référence à l'échec du système scolaire "Je ne crois pas que les constats sociaux de la réussite éducative en France, avec toujours trop d'exclus, meme si La méthode idéale n'existe pas, ne soient fameux". Comment faire un constat sinon par des études sociologiques? Ce constat, je le conteste. Dans l'absolu et en relatif (par rapport à de nombreux autres pays. Bref, pas plus vous que moi ne pouvons faire référence à des constats, en dehors d'études sociologiques et autres.
Dans une démocratie, chaque citoyen peut et doit débattre. Mais cela ne veut certainement pas dire que tous les avis se valent. C'est d'un débat argumenté et raisonné dont nous avons besoin.
Christophe, c'est aussi d'écoute dont ce milieu, comme les autres a besoin. Tous les avis ont besoin d'être écoutés, c'est une habitude à multiplier. Pour leur prise en compte dans le cadre d'une vraie réforme visant à réduire les inégalités de base, moi qui suis quasi ignare en ce domaine et me contente de m'intéresser et de souligner l'importance du sujet, je me garderais bien de définir une échelle de valeurs. Et argumenter et raisonner cela s'apprend pour chaque matière mais tous les problèmes autour de l'école et de la perception ne relèvent pas seulement et ne doivent pas relever que du rationnel. Il ne s'agit pas que de savoir à dispenser.Tout n'est certes pas à jeter mais des points restent à améliorer.
Juste un petit point en marge de votre discussion :
"non sans savoir lire, l'analphabétisme est vaincu depuis la fin des années 1970" (Christophe Pebarthe)
Déchiffrer n'est pas lire.
Beaucoup d'illettrés en France, malgré des années passées dans le système scolaire.
Je ne sais pas si la formation des enseignants intégrait, intègre et intégrera ce problème, autrement qu'en l'effleurant.
Sur l'illettrisme, je vous renvoie à Bernard Lahire, L'invention de l'"illettrisme". Rhétorique publique, éthique et stigmates, Paris, La Découverte, 1999. L'illettrisme (entré dans le dictionnaire en 1985) est un néologisme inventé à la fin des années 1970 par ATD Quart Monde (p. 61s.).
L'auteur écrit dans son introduction générale ceci : "La culture écrite est devenue polymorphe, plurielle, complexe, faisant de l'histoire - autant collective qu'individuelle - de son appropriation une véritable histoire sans fin : personne ne peut plus affirmer, à un moment de sa formation, être capable de tout lire et de tout écrire" (p. 9).
Aujourd'hui, on établit une équivalence entre lire et comprendre un texte d'une part et écrire et rédiger d'autre part. Or, chercher à mesurer de telle compétence est impossible, de même qu'il n'est guère possible de penser l'achèvement de l'apprentissage. "L'alphabétisation […] pourrait ici désigner un processus ininterrompu plutôt qu'un état ou un stade atteignable à un moment donné de l'histoire" (p. 14).
Dans cet ouvrage important, il est de même rappelé que "la déconstruction sociologique doit, face à un problème, envisager en quoi ce ‘problème’ et la manière dont on en parle empêchent de penser et d'imaginer d'autres ‘problèmes’ et d'autres manières de les poser" (p. 23).
Bonne lecture.