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Marre des coquets
Je ne sais pas si vous supportez d'ordinaire les hésitants, mais à la veille de ce printemps 2011, à un an et deux mois de l'élection présidentielle 2012, les coquets m'escagassent.

Vous savez, cette bande de sollicités perpétuels, se mirant dans leur avenir fleuri, et leur narcissime fantasque.
Ces avatars, en politique comme ailleurs qui vous font patienter et qui finissent par noyer toute vélléité de soutien dans une certaine lâcheté, paresse de pensée ou conviction intime de leur supériorité qui les préserve de se décoiffer, de subir les aléas de la compétition ou de la confrontation d'avec le commun des mortels. Qu'ils planent au dessus des eaux, dans la stratosphère financière ou se bourrent de moules-frites. A vouloir éviter la bataille jusqu'au dernier moment, alors qu'on rêve d'y aller, on finit par couler avant l'heure, alourdi par l'hypocrisie.
Là, voyez-vous entre le kite surfer médiatique ectoplasmique mais innovant à Europe Ecologie les Verts et Monsieur Sinclair qui fait sa chochotte en confiant son déménagement à Libération, je suis assez agacée par ces calculs démodés, ces ambitions inassouvies mais sans complexes, cette indéfinissable tergiversation faux-culs qui plairaient aussi bien à Beckett qu'à Daudet. L'idéal au théâtre.
Grâce soit rendue à la toile, en surfant l'autre jour, j'ai trouvé un site qui réunit ces deux hésitations qui empêchent la gauche socialo-écologico française de partir enfin à l'assaut de l'élysée et d'avoir de vrai débats de fond sur le programme à bâtir, les priorités à mettre en avant et à partager, les divisions connes de 2007 à éviter : Dark sky kite . Tout pour le char à voile branché. Une telle synthèse est donc possible ? "Keeping you in the dark" clame leur slogan : Restez dans l'obscurité....

L'autre jour, dans la file du buffet du restaurant, une vieille dame hésitait, monopolisant la seule pelle-à-tarte entre le framboisier, la tatin, le fondant au chocolat ou le fromage blanc. La primaire interne dans la tête de l'ancienne battait son plein. Vous, vous aviez DEJA choisi la douceur à déguster, devenu inatteignable parce que devant vous une chochotte septuagénaire minaudait ... Un type en costard a attendu une minute avant de saisir via une grosse cuillère le minitiramisu qu'il convoitait, écrasant les autres minitiramisu. Un massacre chez Mascarpone. Une Anglaise a pareillement sauté sur une tatin avec une fourchette. Apple killer J'observais la dame et et j'attendais l'outil tartier.Elle m'a demandé mon avis, j'ai dit "le tiramisu". Elle est repartie avec le fondant au chocolat. Qui finalement a glissé de son plateau dans un beau "splash" avant qu'elle n'atteigne sa table...
Les électeurs de gauche sont dans la file du buffet. Certains crèvent de faim. Beaucoup, parce qu'ils ont faim, se tiennent prêt à remplir de crème anglaise leur coupelle avec un couteau. Et les vedettes paradent. Font leurs cartons par media ou femme interposés, font les comptes de leur fondation. Comme si de rien n'était. Comme si on n'était pas en période d'abaissement national et de démantèlement du système social. Comme si, dégommer Sarkozy n'était pas important et qu'on pouvait, au fil des sondages téléphonés, faire comme si le sort du pays natal n'intéressait au final, pas ces aguicheurs à l'esprit détaché des urgences.
"Le risque, c'est que finalement ils donnent l'image de ne pas être pressés de relever le gant, qu'ils ne sont pas pressés d'écouter le pays, et d'offrir une alternative", rappelle M. Rozès, un politologue plutôt lucide. Les Français sont parmi les peuples les plus déprimés du monde, et le président Sarkozy bat des records d'impopularité, Or, lorsqu'on a un pays qui doute à ce point de lui-même et dont le président est aussi affaibli, cela appelle des réponses sans coquetterie". Qu'ils minaudent encore longtemps et c'est le débat démocratique qui, kidnappé par ces égos arlésiens pourrira, étouffé dans leurs projections narcissiques, sans esprit collectif constructif. Alors qu'en face, on fait fi des vélléités et qu'on ressort le bulldozer.
Marre des coquets, vous dis-je...

