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Quand les journalistes feraient mieux de se taire, ou de préparer leurs questions

Vous avez vu la retransmission télévisée du défilé du 14 juillet sur France2 ? Vous avez donc dû entendre la journaliste Véronique Saint-Olive poser des questions peu enrichissantes à Carla Bruni-Sarkozy, puis à son mari notre président... Peu enrichissantes c'est peu dire, elles sont tout à fait "cireuses de pompes", regardez la vidéo. Lepost.fr a ensuite repris la réaction critique du blogueur politique Versac ainsi que la défense bien faible de la journaliste de France2.

 

On apprend quoi ? Que Mme Bruni-Sarkozy est "heureuse et très émue" et que, pour son premier 14 juillet, elle pense que "oui" la France est plus fraternelle et plus ouverte. Elle a des excuses car la question n'était pas très folichonne : "est-ce que vous pensez que la France est plus fraternelle et plus ouverte ?" Pt'être ben que oui, pt'être ben que non.

 

Qu'apprend-on maintenant de la bouche du chef de l'Etat ? Qu'il est "fier" de l'armée française, que le défilé est "remarquable", que les chefs d'Etat méditerranéens sont "heureux" et que "M. Ban Ki-Moon et les Nations Unies, c'est la paix". Quand la journaliste de France 2 demande à Nicolas Sarkozy si la France est plus généreuse et solidaire aujourd'hui, il ne peut qu'apporter une réponse positive : "L'ambition de la France c'est cela, être solidaire et généreuse, et de tout faire pour que la paix règne dans le monde". Pour l'impertinence des questions, il faudra repasser. Mais Véronique Saint-Olive ne repassa pas... Elle avait là une occasion en or de poser au chef de l'Etat et son épouse des questions plus pertinentes... loupé ! Et on peut difficilement reprocher à Nicolas Sarkozy et son épouse leurs réponses "langue de bois" tant les questions étaient d'une inutilité politique flagrante.

 

Peut-être Mme Saint-Olive, dont par ailleurs le professionalisme n'est pas démenti, était elle aussi émue d'être à l'antenne et de pouvoir approcher de si près le couple présidentiel, en direct ! N'est-elle pas justement une professionnelle aguerrie ? Peut-être aurait-elle pu préparer des questions plutôt que de reconnaître sur lepost.fr que cette interview était "tout à fait improvisée".

 

Des questions pertinentes à Mme Bruni-Sarkozy auraient pu être : "Madame Bruni-Sarkozy, votre mari reçoit des chefs d'Etat reconnus pour leur caractère démocrate, et d'autres bien moins reconnus pour cela. Vous qui êtes attentive aux droits de l'homme, que pensez-vous de la présence de Messieurs Assad ou Moubarak ? Madame, que représente pour vous le 14 juillet ? Vous l'avez dit, vous êtes "épidermiquement de gauche" : qu'est-ce que cela peut signifier un 14 juillet ?"

 

Je vous concède que Carla Bruni-Sarkozy n'aurait sûrement pas répondu à ces questions. Mais au moins les téléspectateurs auraient-ils eu l'impression d'écouter des questions proprement journalistiques, et non des questions "cireuses de pompes". Je suis un jeune journaliste qui aimerait encore croire que mes confrères et consoeurs spécialisés dans le journalisme politique à la télévision ne cherchent pas la proximité avec l'Elysée.

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Ce type de journalistes se ridiculisent, sans même sans rendre compte, en public. C'est bien comme ça. Les courtisans ne font même plus "semblant" pour sauver les apparences et leur profession. Avec ce type d'intervention très "professionnelle" plus la peine de contester et de dénoncer, ils se dénoncent eux mêmes, c'est parfait pour l'éclairage du public.

(Dominique Gautier): “C'est parfait pour l'éclairage du public.”
Hélas, ça n'éclaire rien du tout, bien au contraire. Ça ne fait qu'installer un standard d'abrutissement et de soumission générale que le public accepte et suit sans broncher, sans même s'en apercevoir. Dominique vous faites dangereusement confiance au "public", en ses capacités de réflexion et en son esprit critique. Ils n'ont rien de tout ça. Ils sont anesthésiés et décervelés et c'est même comme ça qu'ils se sentent bien: surtout ne pas penser.
Un exemple extrême: voir la propagande nazie et comment tout un peuple a pu suivre sans broncher un fou comme Hitler.

Tout compte fait je me range à votre avis. Mais alors que faire ? Je sais que même si certains voient clair, la peur, l'egocentrisme, l'indignation à géométrie variable en fonctions d'intérêts personnels, l'indifférence ou la résignation font le reste. Ce n'est pas de ne pas voir clair qui est dangereux car dans ce cas on peut tenter l'éclairage, la pédagogie. Le plus dangereux c'est la soumission, l'esclavage volontaire comme dirait La Boëtie, la résignation, le sauve qui peut ... et la cela devient plus difficile, je vous l'accorde volontiers. La politique de l'autruche est bien plus difficile à combattre que l'ignorance. Votre exemple extrême est bien significatif.

J'ai été, comme je l'espère beaucoup d'autres, choqué, révolté par les commentaires et interviews lors du défilé du 14-Juillet sur TF1. Il y a eu les questions people à Carla ("Emue ? Un peu ou très émue ?") et de la part de Jean-Claude Narcy des à-peu-près indignes d'un journaliste comme lui. Ah bon, il ne savait pas que François Fillon ne viendrait pas ? Mais tout le monde le savait depuis 24 heures ! Sans compter les erreurs sur les personnes apparues à l'écran. Sans compter les cirages de pompe à tous les politiques, gradés ou non ! Jamais je n'aurais cru ça de la part de ces confrères. Il y a quelque chose de cassé dans le sérieux de ce métier de journaliste, et cela me désole.

Dommage qu'il soit parfois difficile d'éclater de rire devant un portable! L'utilisation de l'image des handicapés par les politiques m'a choqué ici aussi : cela devient un rituel depuis le Téléthon. J'ai écrit une fois au sujet de J.-Pierre Raffarin visitant une école "modèle d'intégration" de jeunes malvoyants qu'il était dommage de faire de l'image sur le dos des aveugles. Ce, dans un quotidien régional. Le silence en retour avait été éloquent! Dans l'interview, je relève surtout que ce qui obsède le plus notre consoeur de la TV semble être " l'image de la France". Question posée au président européen de la période. Amusant, non?

Effectivement les questions furent légères, creuses et sans consistances, et pour cause !! Je pense que c'est exprès, car le lieu ne se prêtait pas du tout à des questions sérieuses et même insolentes et déplacées à cet instant. Et donc la légèreté, la bonne humeur étaient de mise. Il y a d'autres endroits faits pour des interviews dignes de ce nom. Il ne faut pas mélanger les genres, et de plus si par hasard une question "gênante" avait été posée, une pirouette aurait été la seule réponse intelligente !!

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