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Le médiateur de RFI est débarqué sans ménagement

Loïc Hervouet... ce nom ne vous dit probablement pas grand chose si vous n'êtes pas un fidèle de RFI, un journaliste ou un ancien élève de l'école supérieure de journalisme de Lille... mais c'est un journaliste de caractère qui défend depuis longtemps, avec courage, la rigueur et l'éthique professionnelles. Il a été directeur général de l'Ecole supérieure de journalisme de Lille (ESJ) après une carrière déjà riche (Europe 1, Ouest France, Sud Ouest, Centre-Presse, etc). Il donne aussi des cours d'éthique journalistique -on en a besoin ! 

 

Suite logique : en avril 2006, il devenait médiateur de RFI, poste requérant sang-froid, rigueur analytique et hauteur de vue dans un milieu professionnel pas toujours prêt à l'auto-critique. Mais il avait pourtant réussi à se faire une place dans un (petit) bureau donnant sur la grande tour centrale de la Maison de la radio à Paris. Comment est-il aujourd'hui remercié ? Par un licenciement sans ménagement, et semble-t-il sans préavis. RFI va mal, il en paye lui aussi les pots cassés. Le droit du travail semble violé. Est-ce une énième démonstration de la méthode de la "reine Christine" (Okrent) ? Peut-être.

 

Mais l'essentiel est ailleurs : qui remplacera Loïc Hervouet ? Y aura-t-il encore un médiateur dans cette belle radio ? Le médiateur n'est pas là pour faire joli mais pour être en contact avec les auditeurs et expliquer les erreurs ou imprécisions journalistiques -voire faire amende honorable quand une faute médiatique a été commise. C'est un maillon essentiel de la régulation de la profession. Le reproche est souvent fait que le médiateur n'est pas tout à fait libre, pris qu'il est dans un éternel conflit d'intérêt -comment peut-il critiquer le travail de l'entreprise qui le salarie? D'où la proposition de création d'un médiateur national des médias ou d'une instance de régulation nationale. L'idée est d'ailleurs évoquée aux Etats généraux de la presse et défendue par l'association APCP.    

 

Loïc Hervouet tentait donc de faire le grand écart ; "pas simple du tout" m'avait-il un jour confié dans son (petit) bureau avec vue sur la tour de la Maison de la radio (j'étais stagiaire à RFI). Il défendait ses convictions avec fidélité et pugnacité. J'utilise l'imparfait parce que ça s'applique à RFI, mais il défend toujours ses convictions avec bonheur aujourd'hui ! 


Selon un proche de Loïc Hervouet, la directrice de la rédaction elle-même, Dominique Burg, prendrait le poste. Il s'agirait pour elle d'une porte de sortie honorable car elle est sur la sellette... Si tel est le cas, espérons alors qu'elle fasse un travail aussi sérieux que Loic Hervouet.

 

Pour finir, voici ce qu'écrit Loïc Hervouet sur le site de RFI, le 17 novembre : "Le journalisme mène à tout, à condition d'en sortir" Jules Janin (1804-1874), écrivain, ancien journaliste.  

 Cela ne manque ni d'humour, ni d'ironie, ni de sobriété. C'est tout à son image.   

Tous les commentaires

You're right, Florent, c'est dramatique qu'on en vienne là. Loïc Hervouet fait partie des formateurs les plus "raccords" à ce métier complexe. Il en est ... remercié curieusement. Ne baissons pas les bras!

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