Choc pétrolier à retardement
Alors que les prix du pétrole s’affolent, les entreprises semblent rester sereines, kezako ? C’est que celles-ci se sont protégées contre la hausse des prix via des produits financiers. Donc pas de crainte...sauf si les prix restent à ces niveaux. Car alors il faudra payer la facture...dans quelques années.
Un choc pétrolier atténué par les produits financiers
La hausse du prix du pétrole ressemble fort à celle des chocs pétroliers des années 70. Mais la grande différence est qu’à cette époque les dérivés financiers n’existaient pas, et les économies avaient dû encaisser d’un coup la hausse. Aujourd’hui, les entreprises ont la possibilité d’acheter des contrats, dit futures, où elles fixent le prix du pétrole qu’elles achèteront dans 1, 2 ou 10 ans. Donc no souci pour les fluctuations des prix.
La plupart des grandes entreprises sont aujourd’hui entièrement protégées sur deux ou trois ans. Cela leur évite de souffrir de la volatilité des cours, mais aussi de se couvrir contre de fortes baisses des prix, ou des taux de change. Dans le cas actuel, la plupart des grandes entreprises n’ont que faire de la hausse du pétrole, car elles continuent à le payer via les contrats futures. Elles attenuent ainsi la rapidite de la hausse des prix.
Mais il faudra peut-être payer la facture un jour ou l’autre
Le problème est bien sûr que ces contrats ne sont pas éternels et servent avant tout à se protéger contre la volatilité des cours. Si donc le pétrole reste à ces hauts niveaux, d’ici deux ou trois ans, quand les contrats seront arrivés à expiration, il faudra encaisser de plein fouet ce « choc pétrolier ». Ce sera certes plus doux qu’autrefois, grâce au lissage des produits dérivés, mais ce n'est pas de bonne augure. Disons que les derives permettent de lisser le choc.
On suit de près le cours du pétrole, mais on oublie de regarder celui de ces contrats : et leur prix explose, plus vite encore que celui du pétrole ! On en est à plus de 140$ le baril au 20 mai, contre à peu près 130$ pour le baril. Ce qui signifie que les marchés anticipent que le prix du pétrole continuera de monter. Les entreprises ne pourront donc plus se protéger à bas prix.
Les futures, armes de destruction massive ?
Quand aux contreparties, celles qui doivent effectivement payer le vrai prix, elles ont tout intérêt à voir les prix baisser...ou ceux des futures augmenter si elles sont producteurs de pétrole.Si les prix du pétrole restent stables et haut, si tout cela n’est pas une simple bulle, les problèmes risquent donc d’arriver...mais plus tard et plus doucement. Comme disait Warren Buffet, ces produits dérivés, ce sont peut-être des « armes financières de destruction massive »...a retardement. Peut-etre.

Tous les commentaires
Intéressant, mais à quelles entreprises pensez vous en particulier?? Il y a assez peu d'entreprises qui achètent du pétrole. Je travaille pour une grosse multinationale, qui n'achète pas de pétrole en direct: Nous achetons des emballages fait à partir de pétrole, du transport, de l'electricité, du fuel, du gaz... mais pas de pétrole. Nous ne couvrons donc pas vis à vis des variations du prix du pétrole. Evidemment, nous devons ´répercuter les hausses de prix de tous ces achats divers sur nos prix de vente...lorsque c'est possible. Nous avons également des programmes d'économie pour réduire le poids des emballage, le transport... De plus il est un peu étrange de prétendre que les entreprises ne réagissent pas... les petites entreprises trés dépendantes du prix du pétrole et qui n'arrivent pas à répercuter ces hausses dans leur prix de vente ralent (pécheurs, petits transporteurs...) Qu'en pensez vous? Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
Faut-il s'interroger sur un phénomène de grande dimension : le peak-oil, par exemple ? Devant lequel, tous les corporatismes du court terme s'agitent, pour essayer de se garantir quelques années encore ? Autrement dit, la politique répond aux activistes du court terme et néglige la grande dimension et les solutions générales, qui n'existent toujours pas : agro-éthanol ou voiture électrique, l'impossible et coûteuse indépendance énergétique ou la décroissance automobile ?
Je pense principalement aux entreprises qui produisent de l'energie a partir du petrole, les companies aeriennes et - mais je ne suis pas sur de cela - a celles qui vendent du petrole. Mais je pense qu'en effet, ca ne concerne que peu de players du marche, principalement les plus gros j'imagine. Un extrait du FT : "The jump in long-term prices is serious for airlines and utilities, which rely on these contracts [les contrats futures] to hedge oil cost exposure. Since January, long-term prices have surged 60 per cent, outpacing the 35 per cent rise in the spot price for oil." Pour le "oil peak", http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=38789 . Et on ne sait pas si l'envolee des prix du petrole est une bulle (http://www.factset.com/events/03-05-2008outlook) ou non. Autrement dit, en gros, si cette hausse est un signe, par exemple, d'un declin durable de la production (le peak-oil), ou juste de la speculation. (ps : c'est bien contrat futurEs, selon la terminologie financière)
lanber bon,en fait on ne sait rien, c'est incompréhensible (au passage contrat est un mot masculin,çe sont donc des contrats futurs)