D'une primaire à l'autre, un même objectif: l'alternance!
Par François de Rugy, député écologiste de Loire-Atlantique et Jean-Philippe Magnen, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire, membre de l'exécutif national d'Europe Ecologie - Les Verts
" Au terme d'une consultation ouverte au-delà des militants du parti, au début de l'été, nous avons fait d'Eva Joly la candidate écologiste à l'élection présidentielle de 2012. Cet automne, c'est au tour des socialistes de désigner celle ou celui qui se présentera aux suffrages des Français, dans le cadre d'un vote ouvert à tous ceux et toutes celles qui "se reconnaissent dans les valeurs de la gauche".
Ces deux événements sont de vraies avancées démocratiques : faire du débat une richesse et une source de clarifications, pour offrir aux citoyens le choix des candidat(e)s, voilà une rupture avec la tradition de l'homme providentiel, ou du "leader naturel" - une tradition désuète et totalement déconnectée des aspirations des Français. Et avant même les résultats de la consultation organisée par le PS, il est une chose dont on peut être certains : jamais les candidats écologiste et socialiste à une élection présidentielle n'auront été désignés par un corps électoral aussi large, et aussi ouvert. Quel contraste avec le culte de la personnalité perpétué par le Modem, l'UMP et le FN, ou avec les petites manœuvres d'appareils auxquelles se livrent les amis et ennemis de Jean-Louis Borloo ! Que les candidats potentiels confrontent leurs propositions, mais également dévoilent leurs personnalités, avant de se voir confier la responsabilité de porter leur message devant les Français : voilà qui est sain et témoigne d'une évolution positive de notre vie politique. Prenons le pari que, malgré ses critiques gênées et bien souvent intellectuellement malhonnêtes, la droite elle-même, comme souvent avec retard, prendra le train en marche en 2017.
Mais nous n'en sommes pas là, et l'actualité du moment, c'est la désignation du ou de la candidate socialiste. Chez les militants et sympathisants écologistes, des questions se posent : cette primaire est elle "l'affaire des socialistes", ou nous concerne-t-elle aussi ? S'y intéresser, la commenter, voire y participer, n'est-ce pas un risque d'affaiblir notre candidate ? Et, dans le même temps, ignorer ce débat, se tenir à l'écart du choix du candidat socialiste, n'est-ce pas se priver d'une possibilité de faire entendre la voix des écologistes, et d'affirmer leur présence ?
Nous n'avons pas l'habitude de nous cacher derrière notre petit doigt : chacun sait que la probabilité la plus forte est qu'au second tour de l'élection présidentielle, le choix soit entre Nicolas Sarkozy et le ou la candidat(e) socialiste. Nous sommes de ceux qui pensent que cela n'est pas une règle intangible, et que les réponses de l'écologie sont devenues aujourd'hui globales, et aptes à embrasser tous les domaines de l'action politique. Oui, nous pensons très sérieusement qu'un jour viendra où un candidat écolo sera en mesure d'accéder à l'Elysée, peut-être même - qui sait ?- à l'issue d'une primaire commune à la gauche et à l'écologie. Nous sommes déterminés à tout faire pour que ce jour arrive le plus rapidement possible, et convaincus que plus forte sera Eva lors de cette élection présidentielle, plus rapidement ce jour viendra. Eva possède des qualités personnelles et politiques qui feraient d'elle une excellente Présidente de la République française. Nous l'accompagnerons de toutes nos forces dans ce combat.
Mais l'ambition pour ses idées, et la volonté de voir profondément renouvelée la vie politique n'interdisent pas le réalisme : parmi les militants et sympathisants écologistes qui veulent l'alternance, nous en connaissons beaucoup qui ont l'intention de participer au choix de celui ou celle qui pourrait être l'adversaire du Président sortant le 7 mai prochain : leur raisonnement est légitime.
Les militants, sympathisants et électeurs écologistes doivent écouter leur conscience, et se sentir libres de leur choix de citoyens. Il nous arrive souvent d'en rencontrer qui nous font part de leurs doutes, et de leurs hésitations. Nous écrivons ici ce que nous leur répondons toujours : Que celles et ceux qui veulent peser sur le choix du candidat du PS, et peut-être sur celui du successeur de Nicolas Sarkozy participent à la primaire : c'est leur droit. Que celles et ceux qui préfèrent rester concentrés sur la campagne d'Eva et craignent de se voir "récupérés" restent chez eux les 9 et 16 octobre : nous le comprenons. L'essentiel, et de cela nous en sommes convaincus, c'est que pas une et pas un ne manquera pour porter, avec Eva, la voix de l'écologie dans la campagne présidentielle.
Dans cette primaire que les socialistes ont voulu "citoyenne" et non seulement "socialiste", que chacun joue son rôle.
Pour notre part, nous ne participerons pas personnellement au choix du candidat issu de la primaire organisée par le PS. Parce que nous sommes des élus, nous mesurons que cette démarche pourrait donner lieu à une exploitation. Mais nous entendons bien mettre à profit toutes les occasions qui nous sont offertes pour amener les candidats ou leurs soutiens - qu'il s'agisse de collègues parlementaires socialistes ou des élus locaux - à clarifier leurs positions sur des questions qui sont au cœur des engagements écolos - sur l'énergie, les transports, l’éducation, l'économie sociale et solidaire, les règles à imposer aux acteurs financiers, les relations internationales, mais aussi sur les institutions, la question du non-cumul des mandats, les modes de scrutins... .. Non pour nous transformer en "agence de notation écolo" des candidats, mais pour permettre de mieux cerner les engagements des candidats potentiels sur ces questions. Et, à chaque fois que nous y serons invités, comme ce fut le cas pour l'un d'entre nous pour la réunion publique de François Hollande, et pour l'autre à la visite de Martine Aubry, nous nous rendrons aux invitations qui nous seront faites par les candidats de passage à Nantes.
Par cette présence bienveillante, qui ne retire rien à notre indépendance et à notre identité écologiste, nous voulons clairement signifier que, au-delà de la richesse des différences que nous affirmerons au premier tour de l'élection présidentielle et sur lesquelles nous demanderons à nos concitoyens de s'exprimer, les écologistes partagent avec les socialistes - et avec d'autres, démocrates, républicains et femmes et hommes de la "gauche alternative" - un même objectif, et une même ambition : mettre fin au Sarkozysme et écrire ensemble une nouvelle page dans la vie des Françaises et des Français."
Retrouvez l'ensemble de l'action parlementaire de François de Rugy sur son site internet.



Tous les commentaires
Je viens de lire que les écologistes saisiront toutes les occasions pour demander aux candidats socialistes à la primaire de "préciser leurs positions sur...l'énergie, les trnasports, l'éducation, l'économie sociale et solidaire, les règles à imposer aux acteurs financiers et aussi sur les institutions, la question du non-cumul des mandats , les modes de scrutin." Sur Ségolène Royal que je soutiens, des réponses positives à toutes ces questions sont déjà données publiquement depuis des mois (même s'il peut y avoir des nuances entre elle et EELV sur ces questions) . C'est pourquoi je m'étonne parfois de constater que des chefs de file écologistes semblent superbement ignorer les positions de Mme Royal qui est pourtant bien la seule à mener une politique écologiste opiniâtre dans sa région au delà des simples paroles.
Senon, notre député écologiste nous parle d'alternance et l'alternance dans "les milieux bien informés" se nomme, François Hollande, ils ne sont pas là pour pousser la plus écologiste de la primaire citoyenne, ils attendent juste l'alternance.
Heureusement qu'il y a greenpeace qui n'attends pas "l'alternance Hollande" pour s'exprimer http://energie-climat.greenpeace.fr/stress-test-les-candidats-bougent-sur-lenergie
nous avons fait // sur combien de votant ?
L'analyse du début de texte est pourle moins très américaniste ..
[..Ces deux événements sont de vraies avancées démocratiques : faire du débat une richesse et une source de clarifications, pour offrir aux citoyens le choix des candidat(e)s, voilà une rupture avec la tradition de l'homme providentiel,...]
Je ne vois pas en quoi , cela change de ce coté providentiel ... Si dans le choix réalisé chez EELV , est EVA JOLY, c'est avant tout l'intervention de Stéphane Lhomme , avec la gouaille qu'on lui connait , qui a permit a réfuter promptement le candidat HULOT , la contradiction sévère , sans que EVA n'en soit chargée ... A ce sujet et de sa contributrion ...
Il mériterait un peu plus de considération et d'etre réintégré , là ou vous savez
- La stratégie, et si elle avait été pensée , je tire mon chapeau , ce dont je doute venant de .l'exécutif , qui souhaitait gagner en nombre de votants et miser sur la "popularité" de l'animateur ..Une popularité qui a désormais du plomb dans l'aile ...Il a le plus grand mal , a raccorder et d'offrir de sa "notoriété" ! Comme un gamin, il boude , le voile est ainsi levé, OUF !
...UN mauvais piont d'origine . Ceci étant , et toujours , si cette stratégie était pensée , le Hulot , comme son nom , et sans méchanceté , sera visible , seulement de nuit .. HOU HOU , quel ingrat ..Les stars c'est cela ..
Pour ce qui est a comparer l'électorat probable de ces pprimaires PS , avec celles des militants écolos et suite à l'accident cata du Japon, n'a strictement rien a voir ...C'est une erreur de dire , qu'il y a similitude ... !
EVA , j'en suis satisfait relativement content, je lui souhaite à minima le ministère de la justice dans le cadre d'accords avec le PS . Sera t il ainsi , notre future gouvernement ? Les placard à PS sont ils tous vidés ? Pour qu'il puissent vous, nous l'accorder ?
Mais insuportable d'y accrocher cet opportuniste, combien mm, son travail de la belle écolo a une portée sur le grand public ... Neutralisé télévisé ..
Quand à imaginer un jour , une ou un écolo a l'Elysée ... Là il y a mal donne ....
Ce poste là , suffit d'etre un secrétariat , le culte de la personnalité , si il existe est justement le sein des saints de ce lieu Elysée dit aussi le Chateau , la VIéme républuique et sa constitution reste à écrire ...Y a du boulot , mais surtout pas reproduire les pyramides usagées , le syndrome de nos dérives ... Le Collégial peut désormauis naitre de tous ces dégats mégalo monothéistes ..
Pour finir, certes , l'image d'un PS qui fait relativement bonne figure avec ces débats , en rapport des archaiques de droite, n'est pas non plus un si grand bon dans la réflexion et préparation pour un nouveau paradigme ? Cela n'a rien à voir avec la démocratie participative ...
La politique appartient à tous , la République démocratique citoyenne , celle là qui fera et sera fiable, juste, prometteuse et pérenne ; n'est pas prète de voir le jour ...50 ans de Roypublique et d'insouscience généralisée dans un système de service , ne s'efface pas , par miracle sur une TV .. Lecitoyen , devra mouillé son maillot ..
De dit le prolo écolo , sis ici à dire ..
VIRONS SARKO ... mais ne sombrons pas dans l'optimisme béat
Merci pour tout .. vous etes sympa , mais ça suffit pas .. ,'0))
Encore un peu de lecture "écologiste" http://www.generation-ecologie-paca.fr/article-pourquoi-fran-ois-hollande-s-envole-dans-les-sondages-84618213.html
alternance molle , 5 ans plus tard trafalgar
Je rajouterai, et à la remarque de militant raisonnablement réaliste que vos timides position pour la sortie **** du nucléaire ..ceci ... Stéphane a sut faire que ce débat soit l'épine dorsal du combat etr la priorité à prévenir de la catastrophe et de la crise énergie, celle qui si rien de plus radical dans vos position et négiciation avec les cousins du PS , va engendrer le conflit généraliser ...
CRISE NUCLEAIRE ET ENERGIE >>> GUERRE AU MOYEN ORIENT ET CATASTROPHE ASSOCIEE EN EUROPE NOTANAMMENT AU PAYS DU COQ ATOMIQUE ....
Ce que l'on me signale et a ma décharge , un peu oublié , suite à ma semaine fatiguante de prolo écolo ... a supporter le féodal patronat ..c'est autre chosze que les sièges du sénat .. ou assemblées à sièges capitonnés ..
[...//..
Stéphane a tenté de pousser le débat sur le nucléaire pour sortir un peu plus vite que la sortie"progressive" qui s'éternise . C'est la raison principale pour laquelle beaucoup l'ont soutenu. , notamment pourqu'il pointe son nez en premier lieu aux Etats Généraux du nucléaire. Il a d'ailleurs à cette époque écrit une très bonne tribune parue dans le Le Monde en mai 2011 intitulée :
Sortir du nucléaire à un rythme "raisonnable" est… déraisonnable !
La catastrophe de Fukushima, toujours en cours, démontre la dangerosité extrême de l'énergie atomique et donne raison à ceux qui réclamaient de longue date la sortie du nucléaire. Encore faut-il savoir à quelle vitesse fermer les réacteurs. Des voies s'élèvent pour affirmer qu'il faut le faire à un rythme "raisonnable", c'est-à-dire en 20 ou 25 ans, voire 30 ou même 40 ans. C'est en fait totalement… déraisonnable.
Déjà, d'un simple point de vue mathématique, fermer un réacteur dans 20 ans plutôt que dans 10 ans revient à lui donner deux fois plus de temps pour causer une catastrophe. Et à lui permettre de produire deux fois plus de déchets radioactifs. Trois fois plus si c'est dans 30 ans. C'est d'une logique imparable.
Mais il y a bien pire : sortir du nucléaire à un rythme dit "raisonnable", en 20 ans, 30 ans ou 40 ans, cela ne revient pas seulement à augmenter statistiquement le risque de catastrophe, cela consiste aussi à faire fonctionner certains réacteurs jusqu'à l'âge de 40 ans, voire 45 ou même 50 ans.
En effet, fin 2011, 21 réacteurs nucléaires français sur 58 auront dépassé les 30 ans de fonctionnement (c'est-à-dire la durée de vie annoncée au départ par EDF) et 28 autres atteindront cet âge avancé dans les sept années suivantes.
Pour être clair : sortir du nucléaire à un rythme "raisonnable" pouvait être une hypothèse défendable il y a 15 ans, elle ne l'est plus aujourd'hui. Il y a 15 ans, cela revenait "seulement" à laisser plus de temps aux réacteurs pour causer une catastrophe. Aujourd'hui, cela revient à démultiplier le risque : faire durer un réacteur jusqu'à 40 ans est sûrement 10 fois plus risqué que de le faire durer jusqu'à 30 ans. Et faire le faire durer jusqu'à 50 ans est certainement 100 fois plus risqué que de le faire durer jusqu'à 30 ans.
EDF a prévu d'investir 600 millions d'euros dans chaque réacteur pour lui permettre de fonctionner au-delà de 30 ans. Avec 58 réacteurs, cela fait un total astronomique de 35 milliards. Or, le 3 mai, en visite à la centrale de Gravelines (Nord), M. Sarkozy a affirmé que "sortir du nucléaire coûterait 45 milliards". Finalement, continuer le nucléaire coûte pratiquement aussi cher qu'en sortir, et bien plus en réalité si l'on tient compte des factures pour la gestion (sans solution) des déchets radioactifs supplémentaires.
Pour financer ces travaux dans les réacteurs nucléaires, EDF a commencé à augmenter fortement le prix de l'électricité et ces augmentations vont continuer de plus belle. Le PDG d'EDF, M Proglio, a parlé d'une augmentation de 30%, mais ce sera probablement bien plus. Qui plus est, bien que très coûteux, ces rafistolages ne donneront aucune assurance sur le plan de la sûreté. C'est comme une vieille voiture que l'on a beau amener de plus en plus souvent chez le garagiste : l'état général des réacteurs ne fait que se dégrader.
D'ores et déjà, contrairement à une idée fausse, habilement entretenue par les pronucléaires, la France est très loin d'avoir l'électricité "la moins chère du monde" : rien que dans l'Union européenne, les ménages paient mois cher dans douze pays ! (cf http://observ.nucleaire.free.fr/prix-elec-france.htm).
Nous ne reviendrons pas ici en détail sur les différentes données qui prouvent que l'option nucléaire est basée sur des mensonges : le prix de l'électricité nucléaire n'est pas du tout "bon marché" (nous l'avons vu), l'indépendance énergétique est nulle (puisque 100% du combustible, l'uranium, est importé), l'emploi est peu nombreux et de mauvaise qualité (des salariés sont forcément irradiés pour faire la maintenance), etc.
Par ailleurs, la sécheresse actuelle a commencé à mettre en difficulté les réacteurs, faisant courir un fort risque de black-out cet été : c'est en fin de compte le changement climatique qui s'attaque au nucléaire et non l'inverse comme tentent de nous le faire croire depuis des années les promoteurs de l'atome.
L'Allemagne vient de fermer 7 réacteurs d'un coup, et va fermer les autres très vite : sous peu, ce grand pays fonctionnera sans nucléaire. C'est donc que c'est aussi possible en France. Mais il faut le faire vite, avant un nouveau Fukushima. La majeure partie du parc nucléaire français a été construite à marche forcée en moins de 10 ans, il est clair qu'il faut faire le chemin inverse en moins de 10 ans.
Stéphane Lhomme
Président de l'Observatoire du nucléaire