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26
May

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Les aventures très remarquables et très extraordinaires de Hrundi et de son secrétaire particulier, Fernand Mondain (Part 1)

ROAD MOVIE

Je roule depuis une semaine.

 

La France est belle sous le plomb du soleil, grésillant en mirage sur l'asphalte amollie. Je roule sans arrêt, même la nuit. Le vieux que j'ai enlevé soliloque sur le siège passager. C'est fou ce qu'il peut avoir à raconter.

Je le fais boire souvent. Je suis heureux, il reprend des couleurs, il grossit. Vendredi en huit, je l'ai récupéré, errant en loque épuisée dans le jardin d'une maison de retraite. Je lui ai dit de monter, il a hésité.

Une infirmière a bien essayé de courir pour l'empêcher, a crié à l'enlèvement. Mais il faisait trop chaud, trop lourd.

 

L'air en bouffée ardente s'engouffra dans la bagnole comme le vieux maladroitement s'asseyait.

 

J'ai démarré en trombe veillant à bien scarifier le gravier brûlant où braballait dans le rétro l'infirmière purpurine.

Depuis on a roulé 20 000 bornes. Déjà cinq boucles Paris - Bordeaux - Toulouse - Montpellier - Lyon - Paris. On tourne en rond, climatisation à fond.

La France est belle.

 

Je dors par bribes, ici et là, le siège en couchette, à l'ombre rabougrie des arbres de stations autoroutières. Lorsque la grosse main du vieux trépigne sur mon épaule, j'ouvre un oeil.

 

- Monsieur, susurre-t-il, il commence à faire chaud.

 

Alors je fais le plein, redémarre, roule.

Les pompistes liquides jalonnant notre chemin réunissent quelques forces pour nous saluer, surtout celui d'Agen qui à notre cinquième passage agite son chiffon tout tâché.

J'achète des pantacourts et des chemisettes touristiques, du tabac gris, du sent bon, un blaireau, du savon à barbe, des rasoirs et aussi du Pento citron. Le vieux est tout beau, gominé de près, bien droit, au frais, dans le siège baquet à regarder la France plombée.

On se douche, ici et là, comme des routiers, on pisse, on ravitaille en sandwich et en eau, puis on repart.

- Ça vous ennuie Monsieur, si on prend un peu les routes départementales ?

- Bien sûr que non, Monsieur, c'est même une bonne idée.

 

On quitte l'autoroute en Bourgogne. Le vieux tient la carte, m'indique les stations service, mâchouille son antan, sa vie passée.

Il a pour l'heure quarante ans.

On roule dans la France épuisée de chaleur. La radio s'inquiète de la canicule mais pas encore des vieux.

 

- Pourquoi monsieur ? Monsieur... ?

- Appelez-moi Hrundi.

- Moi, c'est Fernand. Fernand Mondain.

 

Fernand deviendra mon secrétaire particulier.

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