Lun.
22
Sep

MEDIAPART

Connexion utilisateur

37/52 - Révoltons-nous contre l’Europe des technocrates

Lors de l’éclatement de la bulle boursière et financière en septembre 2008, l’euro tenait le haut du pavé et était considéré comme une monnaie de référence. Il avait atteint son record historique le 22 avril 2008, se hissant à 1,60 dollar ! Mais, pris dans la tourmente de la crise financière, l'euro s’effondre à 1,23 dollar le 10 octobre 2008. C’est une chance à ce moment-là, car la baisse du cours favorise l'activité économique et les exportations, et n'incite pas la BCE à baisser ses taux d'intérêt.

Comment se fait-il que dès le printemps 2010, la monnaie européenne est fragilisée, encanaillée ? « Faut-il brûler l’euro ?» écrit le Nouvel Obs en page de couverture ! Selon certains prophètes de malheur sa survie ne tient qu’à un fil à cause des pays, comme la Grèce et l’Irlande, qui ne peuvent plus rembourser leurs dettes. A leur tour, le Portugal, l’Espagne et l’Italie sont en mauvaise posture et la France est dans l’œil du cyclone : le vendredi 13 janvier 2012, Standard & Poor’s lui supprime le triple A ! La crise à bon dos alors que selon des économistes de renom elle n’est responsable que  d’un tiers de la dégradation des finances étatiques et de la quasi faillite de l’euro ! Sans doute ont-ils raisons même si la plupart portent une double casquette en étant consultants des banquiers.

Le « serpent monétaire européen » avait précédé la monnaie unique en 1972 et aujourd’hui il se mord la queue ! L’euro a été construit sur un tas de sable par les technocrates de Bruxelles qui ont accepté sans contrôle sérieux des partenaires insolvables. Une belle occasion, pour ces pays d’attraper le train en marche et de vivre au-dessus de leurs moyens, à crédit, tout en dissimulant, tels des aigrefins, leur situation réelle. Certes, il était politiquement indispensable que l’UE soit dotée de sa propre monnaie, programmée dans le traité de Maastricht. Cependant, de la théorie à la pratique, il y a un pas que l’Union Européenne n’a pas franchi.

A défaut d’une confédération d’Etats, comme les USA ou la Suisse, il fallait au moins établir une gouvernance financière et économique unique, en quelque sorte la mise en place d’un système de vases communiquants. Ainsi la solidarité aurait été instaurée entre les pays pauvres et les riches de l’UE. Ce qui n’excluait pas des contrôles drastiques plutôt que le laisser faire des pseudos technocrates ! Il est urgent de concocter un pacte européen de coordination des politiques économiques, fiscales, salariales et sociales au lieu de laisser 17 ministres des finances se tirer dans les pattes et agir chacun à sa guise.

Que font les 736 députés européens au Parlement de Strasbourg pour conjurer la crise de l’euro ? Autant dire pas grand-chose, si ce n’est percevoir une rente de situation mensuelle de l’ordre de 10.000 €uros minimum à plus de 17.000 s’ils sont assidus aux séances !

Depuis un an et demi, l’UE, la BCE, le G 7 et le G 20 tergiversent sur le remède à administrer à ce grand malade qu’est l’euro. Ils sont responsables d’avoir laissé pourrir la situation. Et voilà qu’une deuxième crise survient, pire que la première. Les Etats s’aperçoivent enfin qu’ils sont endettés jusqu’au cou… alors que l’Allemagne mégote pour cracher au bassinet !

Faut-il rappeler cette absurdité du traité de Maastricht : l’interdiction que l’on vienne au secours d’un État membre de la zone euro ! Compte tenu de l’endettement global des pays européens, la seule solution consiste à réunir les dettes dans un tronc commun, minorées de 40 à 50% envers certains prêteurs qui ont appliqué des taux prohibitifs. Il faut modifier les statuts de la BCE afin qu’elle puisse émettre des obligations européennes. Le sauvetage de l’euro est à ce prix… à moins d’aller se faire voir chez les Grecs qui attendent de mois en mois des aides de l’UE pour payer ses fonctionnaires.

Les aller-retour incessants du président français en Allemagne pour tenter en vain d’infléchir le « Neinsager » de la chancelière Merkel démontrent bien son état d’affolement. Il se voyait déjà en sauveur de l’euro ! Mais seul le marathon de la nuit de mercredi 26 octobre a permis aux 17 membres de la zone euro de doter le Fonds Européen de Stabilité Financière de 1000 milliards et de faire plier les banques à hauteur de 50% de leurs créances pourries et de les recapitaliser… Un sursis, de quoi colmater les brèches en urgence mais ce n’est en tout cas pas une mesure capable de mettre l’euro à l’abri de nouvelles attaques. Encore moins de régler l’endettement faramineux des pays de la zone euro, de l’ordre de 9000 milliards. Au secours la Chine !

A l’exception de l’Angleterre, les 26 membres de l’UE, réunis à Bruxelles le 9 décembre 2011, ont donné leur accord de principe pour l’élaboration d’un nouveau pacte européen qui verra peut-être… le jour au printemps 2012. A fin janvier, la BCE a prêté 500 milliards d'euros aux banques au taux de 1 % pour trois ans, de quoi faire tomber la fièvre pendant que l’euro joue au yoyo avec le dollar et que la Grèce est bord de l’implosion. Demain, ce sera au tour du Portugal, de l’Espagne et…

Et pourquoi pas un complot des USA ? Jour après jour, il apparaît de plus en plus clairement que des banques et des fonds spéculatifs américains jouent l’éclatement de la zone euro. Pour les remplacer par des dollars ? Chiche ! Un scénario ubuesque à condition que l’échange se fasse à la parité : 1 € contre 1 $ d’où un gain de 25% !

(Cet article a paru dans le livre : Révoltons-Nous… Bon Sang !)

Pour l’obtenir par téléchargement

ou sur :

www.fredoberson.com

Newsletter