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À Arles, le Rhône rend sa fabuleuse barge romaine

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Article du Midi Libre:
SOPHIE GUIRAUD

11/08/2011, 06 h 00

 


À Arles, le Rhône rend sa fabuleuse barge romaine

Il est un peu plus de dix heures, hier, lorsque le Rhône rend enfin la barge engloutie le long des berges d’Arles il y a 2 000 ans, quand le site était un port romain. Un moment unique, presque surréaliste, de l’ombre opaque du fleuve à l’éclatante luminosité d’un matin d’été, dans l’atmosphère concentrée d’un chantier de haute technicité, alors qu’en surplomb, le pont livre son flot banal de voitures en transit.

 

Des chalands hérités de son riche passé, le Rhône en conserve une quinzaine, protégés par le limon et l’accumulation de déchets. Mais aucun n’est dans l’état de l’épave identifiée le long de la rive droite en 2004, un bateau de commerce de 31 mètres de long et 3 mètres de large, au fond de chêne et bords de sapin, couché sur son flanc droit et rempli de milliers d’objets et de blocs de calcaire qu’il acheminait des carrières de Saint-Gabriel, dans les Alpilles, en Camargue. On ne saura jamais pourquoi il a sombré.

"Quand l’épave a été repérée, il y a sept ans, on a pensé que c’était une pirogue. Puis, après les fouilles, aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer qu’on pourrait un jour lever ce bateau, c’est inédit", souligne, ému, David Djaoui, archéologue. L’opération, initiée par le conseil général des Bouches-du-Rhône, repose sur un pari technique : le bateau a été découpé en dix tronçons qui seront remontés à la surface d’ici novembre et traités à Grenoble pour assurer la conservation du bois, avant d’être exposé en 2013 au musée Arles Antique où il rejoindra un autre trésor du Rhône, le buste de César.

"C’est un travail qu’on ne savait pas faire, et qui n’a jamais été fait en France sur un bateau aussi ancien, aussi grand", explique Benoît Poinard, le scaphandrier qui pilote l’extraction. Ce chef de chantier de la société O’ Can, réputée pour ses interventions en milieu aquatique extrême, sait qu’il "ne travaillera plus jamais sur une opération de ce genre". D’abord envisagé, le principe d’un moule protecteur de résine a été abandonné : trop cher. Il a fallu imaginer autre chose, un berceau métallique.

"Il faut s’adapter en permanence", "l’épave bouge", souligne le technicien. Sous l’eau, dans le noir, "on sait aussi devenir aveugle". Et, pour avancer, oublier la spécificité du chantier : "On se comporte comme lorsqu’on pose un pipeline sur une plateforme pétrolière." Dans le hangar dressé sur la berge, à l’abri des regards, le travail continue. "C’est une course contre la montre", glisse Benoît Poinard. L’enjeu : faire revivre une histoire vieille de 2 000 ans.

Tous les commentaires

Les Norvégiens, pour conserver leurs drakkars extraits de la tourbe-vase, les ont laissés dans une piscine remplie d'un liquide spécial conservateur pendant des mois ou des années !

Merci pour l'info !

C'est fabuleux ce que l'on découvre à Arles en dessous de l'autoroute ! Tous ces vestiges ignorés durant près de 2000 ans...

Cela me rapelle l'exploit d'un Norvégien, Thor Heyerdahl et sa traversée du Pacifique en 1947 à bord du Kon-Tiki !

Sais-tu, Fred, que ma passion pour les aventures en mer m'a poussé un hiver, à aller à Oslo où se trouvent, dans un même musée maritime :

-des drakkars vikings,

-le Fram avec lequel naviguèrent Nansen puis Amundsen,

-le Goja avec lequel Amundsen fut le premier à réussir le passage du Nord-Ouest au dessus du Canada,

-le Kon Tiki,


-le , radeau en papyrus avec lequel le même Heyerdahl franchit l'Atlantique !

Fabuleux musée ! Merci de m'avoir fait repenser à cela !

Au coeur des garrigues, la mer se fait distante !

Oui, c'était dans une vie antérieure !Rire!

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