Mon ami, le toro de Camargue

Aujourd’hui, en Arles, à la féria du riz, on achève bien les toros dans l’arène romaine. Le matador, porté en triomphe par les aficionados, brandit les oreilles et la queue découpées d’un coup de scalpel après sa mise à mort barbare.
Mon ami Bandit est de la race des toros de combat. Au lieu d’être dans l’arène, je l’ai rencontré dans un parc clôturé, en rase campagne, des fois qu’il craigne la foule des passants, qu’il manifeste ses humeurs.
J’ai enjambé l’enclos, je l’ai caressé sur le museau, derrière les oreilles, je l’ai pris à bras le corps, j’ai palpé son cuir chaud, noir d’ébène, lui disant qu’il est beau et fier. Il est sous le charme, il ferme les yeux de tendresse et de bonheur. Son odeur de fauve imprègne mes narines. Je vis un moment intense, unique, lui aussi je crois, il a fait ami avec un homme risque tout !

Tous les commentaires
Dis, Fred, ton "toro", tu es sûr que c'est un mâle? Pas une génisse ou un bœuf?
Attention, je ne dis pas cela pour diminuer ton courage, mais, sur la photo, on voit une barrière qui n'est certainement pas réglementaire pour un toro entier, non? T'aurait-on laisser entrer s'il y avait eu du danger?
Et je trouve même son échine plutôt discrète pour un vrai toro. Attention, je ne veux pas dire qu'un entier est automatiquement agressif.
Dis-nous en un peu plus.
Mais, en conclusion, tu as raison: les animaux "sentent" dans quel état d'esprit nous sommes quand nous allons vers eux et il y a très peu d'animaux qui sont "agressifs par nature". Chapeau donc!
Les seuls attributs qu'il portait, le gland, la cocarde et la ficelle, je les ai enlevés en un tour de main, sans razet. Pour le reste, je me suis abstenu de les palper car là, je serais sans doute cerclé de bandelettes !
Commentaire laissé sur le blog de RIMBUS :
http://www.mediapart.fr/club/blog/rimbus/120910/michel-vauzelle-prend-la-defense-de-la-corrida
HONTEUX de défendre une telle barbarie.Expliquez-nous où est l'esthétique quand un bovin paisible (oui, il l'est) est d'un seul coup projeté dans les arènes pour y être assassiné.
Expliquez-nous où est le courage quand l'animal a été placé pendant
vingt-quatre heures dans un box, debout, sans pouvoir se coucher, avec
un sac de cent kilos sur le cou, pour qu'il ne puisse relever la tête (et les cornes) sans subir le poids de la fatigue (malgré cela, il relève la tête, mais très mollement).
Expliquez-nous où est le courage quand, après avoir bien observé si le toro est dangereux, à droite ou à gauche, on lui entaille les muscles du coup avec des banderilles...
Cette tradition est espagnole, et pas du tout provençale...
La course camarguaise, oui, elle est traditionnelle depuis environ cent cinquante ans...
Dans ce jeu, le public provençal applaudit le toro tout au long du spectacle, et il lui "joue" le Carmen, à plusieurs reprises s'il le faut, pour l'honorer de sa bravoure face à six à huit razeteurs et "tourneurs", tout habillés en blanc. Et ceux-ci sont bien prudents car les victimes de blessures graves (parfois mortelles) sont plus souvent dans leur camp que dans celui des taureaux camarguais.
Le public l'applaudit encore lorsqu'il rentre, entier dans le toril, au bout d'un quart d'heure de course (chonométrée), avec des poses intermédiaires pour lui laisser récupérer un minimum de forces...
Mieux, si le gardian (éleveur ou employé de l'éleveur) remarque une blessure grave ou une fatigue trop grande, il demande aux organisateurs de faire rentrer son "bioù".
Il existe encore des formes de barbarie chez les éleveurs de taureaux camarguais : la découpe des oreilles (inutile), les ferrades (inutiles) et les castrations mais, globalement, ces éleveurs sont respectueux de leur cheptel.
Mieux, les bioùs, qui ont enflammé les foules pendant cinq ou six ans, ont droit à une retraite paisible : vous les reconnaîtrez facilement dans les prés salés de la Camargue, ils sont tout gris.
Enfin, quand la mort naturelle les frappe, les éleveurs les plus respectueux les enterrent debout, là où ils sont morts. Les plus riches leur construisent même des monuments (coûteux) pour immortaliser leur légende.
Les autres "éleveurs" (des importateurs) sont là pour "faire du fric" car les toros de corridas viennent à 80% du fin fond de l'Espagne, de Murcia principalement...
Alors, VAUZELLE (qui) défend les éleveurs de toros de corrida de la Région, laissez-moi pleurer de rage...
Merci pour cet article,
JM
@ notre ami suisse,
Manifestement, vous n'êtes jamais allé voir une Corrida, et encore moins une course camarguaise, car vous auriez fait la différence entre un bioù et une machine à muscles espagnols.
Votre taureau est probablement l'un des trois spécimens, isolés du troupeau car attaqués violemment par les autres (pour une raison inconnue), qui ont été recueillis comme des animaux de compagnie (ils sont toujours proches des maisons). Celui-ci doit être de la manade GRIMAUD si je le reconnais bien.
Pour répondre à Michel PHILIPPS, les bioùs carmarguais, comme l'indique ce nom, sont des bœufs ; ils ont donc été castrés. Cela ne les empêche pas d'être très dangereux. Même les vachettes et les vaches sont redoutables...
C'est une race élevée en Provence qui donne des spécimens très différents suivant les éleveurs : parfois grands, souvent petits, ces animaux font généralement de 200 kilos à 300 kilos.
Ils sont très nerveux, très mobiles et très intelligents, au point qu'il soit nécessaire d'introduire un ou deux tourneurs pour éviter qu'ils n'anticipent trop le départ des razeteurs (des sportifs hors pair).
Le but du jeu est de leur enlever des attributs placés au milieu des cornes (cocarde, glands, attachés avec des ficelles) mais les razeteurs courent à 15km/h et les taureaux à 30 km/h.
Il faut aller voir une de ces courses pour vivre avec les Provençaux, cher ami suisse, car en Provence il y a aussi des habitants et des traditions...et pas seulement de beaux paysages et de belles résidences secondaires fermées onze mois dans l'année. Ces gens-là existent, et ils ont beaucoup d'humour.
Dans une arène, un jour, l'animateur s'est amusé à dire : "La maison X offre un euro de plus pour la cocarde". Puis, d'enchaîner : "Et la direction offre deux neuros de plus, portant la coupe de la cocarde à 200 neuros". C'est évidemment tout un esprit provençal, avec des gens qui vivent là, je me répète, et qui se retrouvent avec plaisir dans des arènes plutôt que de regarder la télévision...
Pour Mr PHILIPPS, les cornes des taureaux camarguais sont généralement en forme de lyre (c'est encore plus dangereux) alors que les cornes des "toros" espagnols sont horizontales (par rapport à la tête).
Les taureaux espagnols peuvent atteindre cinq cents à six cents kilos ; ils sont puissants, plutôt lents, mais quand ils s'élancent, ils peuvent franchir (rarement) les barrières et monter dans les gradins (je vais rechercher une vidéo spectaculaire sur le sujet).
Le taureau camarguais fait cela régulièrement ; il faut donc protéger les spectateurs avec une travée (un mètre de large) et des murs élevés (plus de trois mètres)...
Quand une course camarguaise fait appel à autre chose que des bioùs, on parle de "toros entiers" et quand ceux-ci font leur entrée pour la première fois dans une arène, on les désigne par "taureaux neufs". Dans ce cas, ils restent en piste pendant dix minutes (au lieu de quinze).
Bonne course, cher ami suisse, et méfiez-vous quand même, car les taureaux camarguais sont toujours plus puissants et plus nerveux que nous, même s'ils sont bien proches de l'humain.
JM
junon,
Merci pour toutes ces précisions. Ici, dans le Sud, nous craignons ces taureaux camarguais, toujours enfermés avec des clôtures très serrées. Et, même à cheval, nous n'osons jamais entrer dans ces pâtures: "on ne sait jamais"!
Et vous avez sans doute raison concernant le comportement particulier de l'animal dont parle Fred!
@ Michel Philips
Désolé, je ne voulais pas vous imposer ces détails, à vous qui vivez dans la Région. Vous avez compris que même cette passion populaire (du petit peuple) m'intéresse. Je suis par contre très réservé par rapport aux mondanités des corridas... au cours desquelles vous retrouvez tous les grands noms de la Politique et du show-biz (les grands artistes, quoi)...
Cordialement,
JM
junon,
En aucun cas ne soyez désolé, j'ai très apprécié toutes vos précisions, ne suis en aucun cas spécialiste. Gros succès d'une manif anti-corrida à Nîmes: tant mieux. Cette belle ville (et d'autres) auraient bien plus à gagner à organiser des fêtes sans corridas ni mise à mort. le folklore local est suffisamment riche pour offrir plein de belles choses...dont des spectacles équestres!
Un grand merci Junon pour vos renseignements sur les toros et les coutumes camarguaises. Je n'aurais pas sû le faire aussi bien que vous même si je vis depuis plusieurs années aux portes de la Camargue et j'assiste souvent aux courses au raset.
Il y a un secret avec mon ami Bandit. Ne l'ébruitez pas. Il a gagné tellement de trophés et d'espèces au black... que je lui ai ouvert un compte en Suisse !
M'étonne pas d'un Suisse : toujours à l'affût...
Attention à vous quand même, je vous reconnaitrai dans la rue...
(quand même),
Cordialement,
JM
Voici une vidéo d'un taureau camarguais (cornes en forme de lyre et emboulées) d'environ trois ans. Ce n'est pas une course camarguaise mais un jeu organisé pour les jeunes : le but consiste à l'attirer dans la piscine improvisée. Le gardian à cheval commet une erreur : au lieu de le laisser se calmer, il le poursuit avec le trident (utilisé pour les diriger). Erreur fatale : le taureau s'échappe, et il sera retrouvé le lendemain au sein de sa manade. Classique : ils peuvent faire cinquante kilomètres pour retouver le troupeau. Ce sont des animaux d'une intelligence exemplaire.
http://www.youtube.com/watch?v=kHCShcRX7rs
Sympa, non?
En buvant un verre de rosé... deux, trois verres de rosé car la suite vient après !
Je profite de cet espace libre pour vous dire qu'Albert Chapelle était honoré pour sa trentième participation à l'abrivado du 14 juillet à Maussane-les-Alpilles.
C'est une personnalité hors du commun, un manadier qui fait honneur aux courses carmaguaises.
On peut visiter sa manade, voir le site :
http://www.manade-chapelle-albert.com/
En buvant un verre de rosé lors de l'abrivado du 14 juillet, Albert Chappelle, manadier à Saint Martin de Crau, m'a conté que l'un de ses toros a échappé aux gardians, a traversé le Rhône à la nage à Port Saint Louis pour semer la panique sur la plage des Salins de Giraud !
Il semble qu'un ours blanc retrouvé vivant en Islande (réchauffement de la planète) aurait nagé sur quelques 4 ou 500 kms au départ de la banquise!
@ Michel Philips
Non, cher ami, c'était un taureau de la manade ALBERT CHAPELLE qui avait pris tellement froid sur la banquise qu'on le retrouva tout blanc au bout de trois mois. En aucun cas, un ours blanc ne serait capable d'un tel exploit, voyons! Dans le Midi, même les taü volent (voir les vidéos).
Vous savez qu'à Marseille les sardines sont tellement grosses que l'une d'entre elles boucha le port de Marseille...
Le plus terrible, c'est que c'est vrai : un bateau avait sombré à l'entrée du port, et il s'appelait "La Sardine".
Voici un toro espagnol, dans un jeu (et non dans une corrida) organisé de la même façon pour les jeunes en pays basque, près de Pampelune.
Le but est de sauter au-dessus du taureau sans se faire encorner : courage quand même! d'autant plus que le taureau est en pleine forme (contrairement aux corridas).
http://www.video-buzz.net/un-taureau-saute-dans-les-gradins-dune-arene-espagnole-1856.html
Au lieu de valoriser ce toro mémorable, les Espagnols l'ont tué à la carabine...
Déplorable!
Et le top du top : la chanson de CABREL!
http://www.youtube.com/watch?v=psFJSaUAKsI
Chapeau, l'artiste!
JM