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Saint Maurizio
Maurizio Pollini vient à Paris, c’est la Saint Valentin du piano. Ce soir, il donne à Pleyel quatre sonates de Beethoven après quoi, soucieux de récompenser le public d’avoir entendu des œuvres rébarbatives, il propose de fredonner en tapant dans ses mains la Klavierstück X de Karlheinz Stockhausen- un jour, mais oui, c’est sûr, tout le monde aimera les partitions de Charlie c’est certain; quand ? Je vous en prie, pas de questions stupides.
Qu’importe la facilité d’une plaisanterie matinale, Maurizio Pollini célèbre cette année ses soixante dix ans et cela nous encourage à dévorer ses nouveaux disques. Voici notamment le premier concerto de Brahms, une partition que le grand soliste enregistra jadis avec Karl Böhm. En ce temps-là, Maurizio passait pour un jeune loup et les pianistes en herbe abandonnaient en coup de vent Czerny pour s'amuser devant L’île aux enfants. Cette fois, les rôles s’inversent : au clavier se trouve l’expérience et la mémoire, quand Christian Thieleman incarne la jeunesse (oui enfin presque, mais à cinquante deux ans, n’est-on pas juvénile ? Cela nous arrange et puis voilà).
Pour enfin devenir sérieux, soulignons la beauté du piano de Pollini, l’homme qui, romantique et premier prix du concours Chopin, choisit de perfectionner son art auprès du hiératique Michelangelo Benedetti. Quelques étourdis l’ont pris pour un interprète froid tout simplement parce qu’il ne cabotine pas, ne balance pas sa chevelure avec un air tourmenté. Mais quarante ans plus tard, il est toujours au sommet. La couleur chaude, la lumière éclatante et cependant la sobriété caractérisent le style Pollini. Brahms est avec lui servi de main de maître, qui réclame un brin de légèreté- faute de quoi ce que le pianiste Piotr Anderszewski nomme sa complétude risque d’étouffer l’auditeur. Alors, aucune hésitation, courez chez votre disquaire favori- vous souvenez vous de Vidal ou du Lido Musique? Ô la jolie photographie que l'on voyait à la caisse d'icelui... Demandez la nouvelle interprétation du premier concerto de Brahms par Pollini. La tendresse d’un soir offert aux amoureux devrait ainsi se prolonger toute l’année.
Brahms : « Premier concerto pour piano et orchestre », Maurizio Pollini, orchestre de la Staatskapelle de Dresde, dir. Christian Thielemann, label Deutsche Grammophon

Tous les commentaires
@FREDERICK CASADESUS.
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Adorable et parfait billet.
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icelui
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... Jolie découverte, ayant le charme du suranné civilisé ...
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