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Une certaine idée de la politique m'amène à...

Si vous n'avez pas entendu Eric Besson lundi matin sur France Inter, un résumé rapide pourrait être le suivant : le débat sur l'identité nationale a été un succès, rien à dire si c'était à refaire il referait la même chose. Le visionnage de la vidéo montre pourtant une toute autre réalité.

 

Tout d'abord le ministre paraît épuisé, avec les traits tirés, il ne semble pas croire un mot de ce qu'il raconte, comme si les phrases sortaient d'elles-mêmes selon une mécanique bien rodée. Et on le comprend car si on regarde uniquement les faits, et en occultant toute la polémique idéologique, le débat a été un véritable fiasco. Les citoyens n'en ont globalement rien eu à faire, et la classe politique jusqu'en dans les rangs de la majorité a demandé son annulation tout comme une bonne partie de la presse. Et pourtant, même s'il n'y croit plus, comme c'est visiblement le cas, il continuera à faire tourner la petite complainte victorieuse.

Cette impression sera confirmée par la conférence de presse tenue après le seminaire gouvernemental où E.Besson apparaîtra très en retrait, bien qu'il ait accompli la sale besogne pour l'UMP il subira un camouflet aux yeux de la presse. Voir l'article de Carine Fouteau http://www.mediapart.fr/journal/france/080210/identite-nationale-fillon-fait-taire-besson-momentanement.

Mais dans les discours officiels, c'est un succès, tout comme le bilan sur l'insécurité de Hortefeux ou la régulation du système bancaire de N.Sarkozy, tout est fantastique, rien à dire, pas l'ombre d'une autocritique.

 

Pourtant tous les observateurs avisés savent parfaitement que B.Hortefeux a utilisé uniquement les chiffres qui l'arrangeaient en oubliant malencontreusement ceux qui montreraient une réalité différente, tout comme ils savent que Besson n'est pas au mieux et que N.Sarkozy se gargarise en permanence de ses nombreux succès qui n'existent que dans son imagination.Etc...

Et c'est cela qui est horripilant, tous ces ministres, membres de la majorité ou président de la republique savent parfaitement qu'ils mentent au grand public, les journalistes qui recueillent l'information le savent également, tout comme les lecteurs documentés. C'est ce que l'on appelle la communication. Et c'est une tare vieille comme la politique, elle n'est pas du fait de l'UMP particulièrement.

Il faut montrer au bon peuple, que la situation est sous contrôle.Cela tient au fait que la population n'est pas capable de comprendre tous les rouages tellement subtils de notre "démocratie", et qu'il faut la protéger de la réalité. Outre le fait que c'est extrêmement dégradant pour les citoyens, ceux-ci ont surtout l'impression d'être pris constamment pour des imbéciles. Ironiquement le résultat est l'opposé de celui recherché, à savoir augmenter la confiance envers nos représentants puisque l'éloignement des institutions est devenue la règle pour toute une génération, qui a suffisamment de connaissances, grâce à l'école de la république, pour comprendre qu'on se moque d'eux.


Pourquoi, dans ce pays, il est impossible aux membres de la classe politique d'emettre la moindre pointe d'humilité?

Ne pourraient-ils pas dire, nous nous sommes trompés, c'est vrai la question a été mal posée, la loi n'est pas aussi efficace que l'on aurait voulu mais nous allons y retravailler, etc...

Jamais, tout a toujours été parfait. Leur vision de la société est complètement périmée, car nous sommes tous capable de comprendre que la gouvernance d'un pays est une chose emminement complexe, et qu'il est impossible de tout prévoir, qu'il y aura toujours des râtés. La population réagirait beaucoup mieux si les explications étaient honnêtes, elle se sentirait respectée et même impliquée, au lieu de l'infantiliser en voulant soi-disant la protéger. L'incompréhension et la méfiance de tout ce qui se rapproche un peu du pouvoir est catastrophique pour notre cohésion sociale.

Comment et pourquoi les politiques acceptent-ils de tomber dans ce jeu là? Quelque soit notre bord politique nous avons tous intérêt à voir changer cette communication qui n'est que mensonge et manipulation de chiffre.

 

C'est pour cela que je réclame le droit d'être gouverné par des gens humains, des personnes capables de se remettre en question ouvertement , et non pas par des clones qui viennent réciter leurs discours devant un parterre d'imbéciles heureux, qui sont nés quelque part.

 

 

Tous les commentaires

Nous sommes certes "gouvernés" par des manipulateurs.

Ils le sont au service d'une idéologie dominante et d'intérêts d'une classe: celle des possédants.

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"Nous sommes certes "gouvernés" par des manipulateurs." 

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Exact. Et les politiciens professionnels de l'opposition ont cru qu'ils s'opposeraient en manipulant de la même façon, mais dans un autre sens.

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Quant à la théorie des intérêts de la classe des possédants, chère à Velveth (leader de l'ARG), ça fleure bon le XIXème siècle !

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jpylg 

Même s'il y a de nos jours une certaines perméabilité entre les classes, le fait est que, même de nos jours, un fils d'ouvrier à moins de chance de devenir ingénieur qu'une personne issue de la classe aisée.

 

Et j'ai quand-même un peu le sentiment que les classes supérieures ne sont pas vraiment disposées à ce que les classes inférieures les rejoignent et partagent leur niveau de vie. Car en effet, il faudrait bien partager les ressources physiques naturelles qui sont bien en quantités limitées. Et ont ne se nourrit pas des services proposés par une appli pour iPhone. Pas plus qu'on ne s'en habille ou qu'on peut dormir dedans.

Je crois que Besson est un "humain". Un des plus salauds, un de ceux qui jouissent de trahir (leurs amis, leur "cause", leur fidélité proclamée de la veille) mais un humain.

Alors faut-il parler, à la suite de billet, d' Hannah Arendt et de la "banalité du mal", comme cela se fait parfois? Non. Pas encore du moins.

Je ne suis pas sûr que Besson jouisse beaucoup de ses trahisons. Je ne vois pas dans la vidéo du billet, un jouisseur...

Dans cette vidéo, peut-être pas.

Il y a des interventions de Besson où il en rajoute dans la critique du PS, avec une délectation visible. C'est ce qui semble faire que Sarkozy l'aime bien.

Et puis les traitres doivent tout à celui pour lequel ils ont trahi, ce qui les rend très prévisibles pour leur maitre, donc fort agréables à lui. Et alors le traitre aime à en rajouter, se croyant ainsi élu parmi tous. Et le maitre le flatte, etc.

Une grande rencontre où le président de la république se serait exprimé à nouveau sur un sujet engageant la dimension symbolique

 

Cette intervention de N. Demorand est à mon sens tout à fait symptomatique de la façon de traiter de la politique : une grande rencontre ne peut être sans la présence du grand chef qui s'exprime devant son peuple et lui redonne confiance en l'avenir grâce à un discours galvanisateur. Bienvenue dans la république monarchique française. 

Merci de cette réflexion (bienvenue pour ne pas discuter sur du vide !)

 

Je me placerai d'abord de l'autre côté, celui des récepteurs de la communication politique :

Pourquoi l'écoutent-ils, l'acceptent-ils ?

Qu'en pensent-ils ? Est-ce qu'ils la critiquent tout en l'acceptant, tout en en redemandant ?

Est-ce qu'ils aiment d'abord critiquer ?

Est-ce qu'ils veulent y croire ? Est-ce qu'ils aiment croire ?

Pourquoi par ailleurs les  gens supportent-ils la pub ?

Com politique et pub sont-ils des distractions ?

En quoi la com politique est-elle uen distraction ?

Qu'est-ce que chacun regarde quand il est spectateur de la com politique ?

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 Je reviens du côté des émetteurs de communication politique :

Quand  un politique communique en humain ordinaire, en donnant les tenants et aboutissants de ses  décisions, hésitations, erreurs, échecs, comment est-il accueilli par ceux qui le regardent ?

On a un peu les politiciens qu'on mérite, non ?

Je ne sais pas, j'ai toujours voté au premier tour pour des gens qui n'ont pas été élus !

Mon premier et préféré : René Dumont.

Le "on" était collectif et faisait référence aux français dans leur globalité.

Vous posez de bonnes questions!

C'est vrai que je n'ai jamais pris en compte dans mes réflexions le fait que le "public", appelons-le comme ça, pourrait éventuellement vouloir inconsciemment qu'on le prenne pour un imbécile en permanence. C'est une question à creuser.

Mais un des bénéfices secondaires que je vois dans l'immédiat pourrait être la sensation de ne pas être un idiot puisque le stratagème echoue à partir du moment où la victime du mensonge dénoue les fils et s'apperçoit que c'est de la communication. Contrairement "aux autres", ou "aux gens" (comprendre la grande masse ou les moutons), entité bien connue présente dans toutes les conversations, qui se feraient bêtement piégés. La victime du mensonge devient alors une des rares personnes à comprendre le système et ce sent valorisée par raport au reste de ses contemporains.

 

Le parallèle peut être fait avec la pub, le spectateur peut se gargariser de sa différence car ça ne marche pas avec lui, c'est pour les autres toujours stupides qui se laissent prendre par les procédés des publicitaires.

 

L'estime de soi augmente, et la victime devenue prophète en redemande pour dénouer des situations ou des discours toujours plus complexes. Les politiques flatteraient donc la capacité d'analyse et de résistance de leurs auditeurs en leurs servant leurs beaux discours, mais à leur insu.

 

Si ce que j'ai écrit rapidement au dessus contient une part de vérité, je ne pense pas qu'elle soit perçue par les politiques, qui sont beaucoup plus préoccupés de leur image et de leur prochaine échéance électorale pour sonder l'inconscient des foules. Mais peut-être ai-je une vision trop noire de nos représentants.

Par contre elle expliquerait (en partie) l'atonie de ceux qui "savent", préférant montrer leur claivoyance en privé ou leur cynisme, plutôt que de chercher à combattre la dérive. Mais si ces phénomènes psychologiques existent vraiment dans notre société, je ne peux me résoudre à ce qu'ils soient majoritaires, tout simplement car ils ces troubles relèvent de la pathologie.

 

 Cependant, si on considère que notre société est "malade", du point de vu social (compétition, perte des liens sociaux, perte de sens...), alors cela pourrait être un moyen de retrouver un peu d'estime de soi dans un monde tournant à l'envers, et expliquerait que cette "pathologie" soit si fréquente.Un des remèdes serait justement de rompre le cercle vicieux en arrêtant de mentir, pour flatter directement l'intelligence des auditeurs en leur expliquant les choses et non en flattant leur intelligence par voie détournée.

 

 

"Le parallèle peut être fait avec la pub, le spectateur peut se gargariser de sa différence car ça ne marche pas avec lui, c'est pour les autres toujours stupides qui se laissent prendre par les procédés des publicitaires.

L'estime de soi augmente, et la victime devenue prophète en redemande pour dénouer des situations ou des discours toujours plus complexes." J'aime beaucoup votre analyse, car je ne crois pas non plus que les gens soient "idiots culturels".

Les gens , nous, tout le monde, nous analysons notre monde en permanence, d'autant plus qu'il est changeant.

 L'ennui c'est quand ça devient un passe temps !Ou une addiction (je fais de l'auto critique, là ? hum, je vais y penser).

Et les journaux ou émissions satiriques, à examiner aussi sous cet angle ?

Je crois qu'effectivement les journaux et les emissions satiriques ne m'ont jamais attiré à cause de cet aspect.

Il est facile de se moquer, même intelligemment, car il y a une telle matière à cela mais j'ai le sentiment que lorsque c'est le seul moyen d'information que l'on utilise, le risque est très sérieux de s'en contenter.

Peut-être parce que tourner en dérision ce système, permet d'evacuer une partie de la colère qu'il est légitime d'éprouver devant ce spectacle affligeant, et paradoxalement de l'accepter plus facilement.

En fait, comme vous, je pense qu'il y a danger quand la contemplation et la recherche des preuves de cette situation deviennent les seules réponses que l'on offre.

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