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Les traîtres

Le mot est sans doute fort et pourtant il est à la hauteur de ce que sont en train de nous infliger "les marchés".

Entité vaporeuse et immatérielle, diluée un peu partout sur la planète, la rendant ainsi insaisissable, "les marchés" ont pris le pouvoir insidieusement. En revanche si ce terme était remplacé par n'importe quel autre mot désignant quelque chose de physique (par exemple les insectes) on se rendrait peut-être mieux compte de la violence qui est infligée aux peuples européens, avec une passivité qui frise la complicité de la part de nos gouvernements.

Exemple: "les insectes" veulent que le nombre de professeur soit diminué de moitié dans notre pays car ils veulent être rassurés. Nous aurions ainsi un ennemi clair, identifié, attaquant notre système éducatif. Nous n'entendrions pas nous laisser dicter la conduite de notre société par des insectes, illégitimes d'un point de vue démocratique qui plus est, et nous partirions en croisade contre ces satanés bestioles qui rongent nos systèmes de protection sociale.

 

 

*

 

 

Malheureusement ceux qui ont pris le contrôle de nos budgets sont éparpillés, ce qui ne les empêchent pas de dicter des règles d'une étonnante homogénéité.

Or dans pareille attaque de notre souveraineté nationale qu'attendons-nous, citoyens français et européens, de la part de nos dirigeants?

Qu'ils se couchent devant la horde d'insecte, en leur obéissant gentillement?

Non, nous attendons légitimement qu'ils nous défendent et nous protègent contre cette attaque venue de l'extérieur de notre démocratie.logo_parlement_europeen_1.jpg

Peine perdue, notre gouvernement et le parlement européen ont capitulé en rase campagne sans même avoir ébauché la moindre opposition autre qu'une indignation verbale devant un système qu'ils ont eux même construit. (voir à ce sujet http://www.jean-luc-melenchon.fr/2011/08/14/un-devoir-de-resistance-intellectuelle/).

 

Le cas Grec est éloquent, si nous avions décidé d'une intervention militaire européenne dans ce pays pour le piller le résultat aurait sans doute été similaire. La seule différence résiderait dans la présentation de la chose, l'imposition par "les marchés" de la cure d'austérité est mieux vue que la même cure exigée par des soldats en armes.

L'attitude des différents gouvernements est tragique, car ils ont l'air de penser qu'ils agissent avec raison, qu'il n'y pas d'autre solution, et pire encore qu'ils se comportent avec courage devant cette dure épreuve pour éviter le "pire" à leurs populations. Ce genre d'arguments rappelle de très très mauvais souvenirs.

 

 

*

 

 

A partir du moment où ce que veulent les peuples c'est une protection légitime de leur pays face à un envahisseur quel qu'il soit, marché ou insecte, et que notre priorité reste l'éducation, la santé, la démocratie et non les offrandes au marché, comment appeler ceux qui livrent ainsi leurs pays et leurs concitoyens d'une manière aussi violente?

Le rassembelement du Front de gauche, et son candidat, JL.Mélenchon, semblent être les seuls à avoir compris la gravité de la situation et proposent ainsi une attitude à la hauteur de la crise: la résistance. Le terme est parfaitement adéquat étant donné que nos instances officielles non seulement n'assument pas leur rôle, mais le trahissent tous les jours un peu plus. Le salut ne peut venir que des citoyens actifs rassemblés derrière ceux qui disent non fermement, proposent et organisent la protection légitime de la population.

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Tous les commentaires

OK! mais pourquoi, un seul homme serait le salut?

Ce n'est pas ma vision de la démocratie, qui elle, doit représenter le plus grand nombre.

Certes, notre constitution élaborée par un homme qui a lui, su dire NON et a rassemblé les à un moment donné de notre histoire, nous piège, mais justement Edwy Plenel lui, demande un rassemblement plus large de la gauche et des verts.

A mon sens, il est plus démocrate que vous!

En relisant mon texte je crois que je comprends mieux votre réaction, outre l'allusion gaullienne, j'avoue que la dernière phrase pouvait paraître ambiguë. Je n'avais pas vu que l'on pouvait en faire une autre interprétation que celle que je lui prêtais. J'ai essayé de lui donner un sens plus proche de ma pensée.

 

(commentaire disjoint de mon 1er commentaire)

"OK! mais pourquoi, un seul homme serait le salut?" (Rose du Sud)

D'accord avec vous (je me passerais bien de l'appel final !) Mais les analyses de Frédérick Stambach sont intéressantes et permettent des discussions.

S'il y a une solution à cette crise ou état du système économique, elle ne viendra pas d'un seul côté, groupe ou personne.

Ajout (lu la réponse de F Stambach ci dessus, dont acte)

Merci à vous pour vos fréquentes réactions à mes billets.

"les marchés":

en fait il s'agit d'une dictature financière sur l'économie (et qui va plus loin, vu la place de l'économie dans la vie sociale). Ne pas confondre "les marchés" dans leur jeu réel et "les marchés" comme référence croquemitainesque. De même "Bruxelles" (c'est la faute à -).

 

Le Front de Gauche est respectable et mérite une critique sérieuse. En d'autres termes il est criticable et mérite du reste de la gauche le respect qu'on doit à des concurrents, futurs partenaires (sous réserve de réciprocité; mais parfois il faut être unitaire pour deux).

 

 

J'attends avec intérêt le discours de Melenchon à la fête de l'Huma, et dans ce discours, le paragraphe concernant la sortie du nucléaire.

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