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Théâtre Strasbourg Au-delà

Pôle Sud et le Maillon

"AU - DELA"

Pôle Sud et le Maillon invitent régulièrement les Ballets C de la B, une compagnie belge que nous suivons toujours avec intérêt, car la qualité de leurs prestations les situe au plus haut niveau de la création contemporaine.

Intitulé  Au-delà, la nouvelle création de A. Koen Augustijnen évoque à travers les évolutions et prises de paroles de cinq personnages, quelques moments cruciaux de la vie de chacun. Et comme pour rendre en quelque sorte plus réaliste ce parcours personnel, il se trouve que l'un des danseurs Claudio Girard, après s'être cassé le bras lors d'une répétition, a décidé de continuer les spectacle avec un bras en écharpe.
C'est une voix en anglais allant en répétant: Oh my God qui retentit en ouverture du spectacle au milieu de cris d'exclamations, de bruits d'orage. Peu à peu de la pénombre se dégage une forme blanche qui apparaît de plus en plus nettement , et le magnifique solo de Fatou Traoré avec grâce et violence nous introduit dans le monde troublant de l'au-delà, un voyage qualifié par le chorégraphe de "réel, surréel, irréel".
Eprouvé par la mort récente de son père, sensibilisé à son proprevieillissement, Koen Augustijnen tente de montrer à travers une danse physique et des témoignages personnalisés ce que le temps produit en nous. Expérience qu'il mène avec ardeur et conviction entouré de quatre danseurs évoluant parfois en solo, parfois en chorus, tous étant préoccupés de donner à leur danse cette envergure, cette sensualité qui la rend belle et suggestive. C'est la musique de Keith Jarret qui les porte et les transporte. Ainsi l'a voulu Koen Augustijnen qui l'écoutant dans son enfance, continue à apprécier la finesse de ses variations

.Être tourmenté qui ne conçoit pas la danse sans une réflexion préalable sur la vie, sur la condition humaine, Koen Augustijnen tient à en construire une mise en perspective dans ses spectacles, chaque danseur devenant le porte parole de cette exigence, d'où ces interventions parlées où l'un après l'autre vient témoigner de la disparition d'un être cher ou d'expérience de mort imminente. Des jeux de lumières mettent en valeur les moments de paroles ou les évolutions dansées. Se dresse en arrière fond un arbre de fleurs, symbole paradisiaque d'un monde merveilleux que l'un ou l'autre escalade pour atteindre un au-delà dont il peut revenir s'il le souhaite par un tunnel aménagé à son pied. Ouvert sur des possibles infinis, c'est un voyage lumineux et réconfortant que nous offre le chorégraphe accompagné pour cette prestation par Claudio Girard dont on a découvert la voix de haute contre, Fatou Traoré, Florence Augendre et Gil Ho Yang dont les talents de mime sont étonnants. Tous remarquables

Marie-Françoise Grislin

 

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