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Musées gratuits, démocratisation. Musique gratuite, piratage
C’est extraordinaire. Au moment où Hadopi revient au Parlement, je vous encourage vivement à vous rendre sur le site du ministère de la Culture qui met en avant la nouvelle mesure de gratuité des musées pour les moins de 26 ans. La vidéo produite par le ministère constitue un hymne à la gratuité!
Le communiqué de presse indique ainsi que l’expérimentation de la gratuité pendant 6 mois dans dix musées et quatre monuments a démontré l'intérêt de la gratuité pour la classe d'âge des 18-25 ans (l’étude du DEPS en appui à cette affirmation est téléchargeable ici) : "Les jeunes visiteurs ont en effet exprimé très majoritairement leur satisfaction de pouvoir entrer librement dans les musées. Cette mesure facilite l’accès aux lieux culturels pour des générations dont la situation financière est souvent fragile." Ça c’est une suprise ! Et Christine Albanel de surenchérir : "cette mesure constitue une étape importante pour la démocratisation de notre vie culturelle". En revanche, quand les djeuns téléchargent de la musique, ce n’est pas en raison de la fragilité de leur situation financière, ce n'est pas de la démocratisation, c’est parce qu’ils veulent spolier les artistes et l’industrie afférente, ce sont des PIRATES on vous dit !
Le parallèle est facile, d'accord. On a d’un côté le patrimoine, le grand, beau et ignoré patrimoine qu’il faut transmettre aux jeunes générations et, de l’autre, la musique, dont les jeunes se gavent tout seul… Et puis on sait depuis le célèbre article de Walter Benjamin (1935) que la reproductibilité technique de l’art change notre relation à l’œuvre et que l’on peut dans ce sens difficilement comparer le morceau de musique enregistrée et la relation directe à un tableau ou une statue (y compris dans le modèle économique de ces deux domaines). N’empêche, il y a également des peintres et des sculpteurs vivants ! Déjà qu’ils sont malmenés les artistes plasticiens (pas d’intermittence, souvent au RMI avec une application très aléatoire des droits de présentation publique…), cette mesure ne risque-t-elle de les fragiliser davantage, comme sont (seraient? le conditionnel est plus approprié) fragilisés les musiciens en raison du téléchargement gratuit ? Pas du tout, le ministère l’affirme : "Cette mesure de gratuité sera intégralement compensée selon un principe de stricte neutralité budgétaire. Tout en facilitant l'accès aux collections permanentes, la gratuité n'aura donc pas d'impact sur la capacité d'action des établissements." Comme quoi quand on veut…


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Il ne faudrait pas aller vite en besogne car il y a de réelles difficultés en ce qui concerne la gratuité des œuvres d'arts. Celles des auteurs vivants - dont je fais partie. Et, en plus, il y a des créateurs d'autant plus fragiles financièrement qu'ils œuvrent dans des domaines exigeants que d'aucuns considèrent comme élitistes. En effet, quelle est l'économie du milieu de la musique contemporaine, la connaissez-vous ? La diffusion de cette musique se fait par le biais de partitions imprimées que des instrumentistes, où ils le désirent, peuvent jouer où bon leur semble, dans des lieux où on les invite pour jouer cette musique. Ces partitions ont un coût. Le compositeur ne peut les louer ou les vendre sans créer une société à but commercial ou encore passer par le biais d'un éditeur (ce qui est mon cas). Un éditeur est un passeur, une courroie de transmission voire, quelquefois, un agent. Il est normal que cet éditeur - qui emploie du personnel - soit rémunéré. Pour aller vite, la gratuité, mettrait à mal tout un circuit qui est déjà en danger pour de multiples raisons qu'il serait trop long d'expliquer dans ces lignes. Que certains, éditeurs de toutes sortes (éditeur de disques, de partitions) ou des producteurs se goinfrent de manière éhontée, c'est exact mais on n'établit pas une règle uniquement en fonction des brebis galeuses. Les adeptes de la gratuité pense essentiellement musique rock, populaire ou autre (mettons tous les adjectifs voulus). Cette musique est dans un réseau de diffusion quasi industriel. Et ce système, allié à la gratuité, ne fonctionnerait que pour les plus aisés. Le succès irait au succès, laissant les autres sur le bord de la route. Mais rien n'est simple dans ce domaine, je le concède. FD
Lorsque l'on connaît le vide budgétaire de la culture, on s'interroge sur cette gratuité. En tout cas à Marseille, le problème me semble-t-il n'est pas de faciliter l'accès aux musées, mais de bien vouloir faire quelque chose de ces musées. Si ce discours peut sembler très localisé, il suffit de le recentrer sur les centres d'art contemporains. Coup médiatique à la Andy pour un gouvernement neo bling-bling, se confronter à la surface pour triompher dans l'apparence. Dans l'état de la politique culturelle, au vue de ses finances et de la situation de ses acteurs, comment légitimer cette réforme? "Les jeunes sont pauvres aidons les" ? Alors que les musées et fondations soient gratuits pour les étudiants boursiers; ça serait une idée sans éclat, hélas. Tant de chose à faire et à améliorer avant cela! Commencer par la fin, c'est sans doute pour enrayer le problème: on y répond pas, on ne le posera plus.
Merci pour ce parallèle. On peut, il faut, aller plus loin... Hors quelques happy fews adoubés qui se font payer très (trop?) cher, il est “normal “ de faire payer les peintres et plasticiens vivants pour exposer leur travail et participer ainsi à la vie culturelle du pays... - (PS: pour ma part je n’oppose pas Hadopi à la gratuité mais à la licence globale qui n’est rien d’autre que la transcription aux techniques actuelles de ce qui se passe depuis 40 ans)