De l'aberration démocratique au devoir d'indignation
Et voilà, à une voix (socialiste ?) près cette aberration démocratique qu’est la réforme constitutionnelle vient d’être approuvée, est passée. Nicolas Sarkozy a raflé la mise, étanchant une fois de plus sa soif inextinguible du pouvoir. Aberration démocratique s’il en est car la révision constitutionnelle aurait dû, normalement, être soumise au vote populaire du peuple constituant. Cependant, et comme l’y autorise l’article 89 de la loi fondamentale, Nicolas Sarkozy a opté pour la procédure du Parlement réuni en Congrès. On peut en comprendre aisément le ressort stratégique compte tenu de sa décote sondagière persistante. Mais cela ne saurait occulter qu’une fois de plus les citoyens voient leur espace démocratique réduit à la portion congrue et se retrouvent, pour les plus vigilants et critiques d’entre eux, seuls avec leur rage :- rage face à cette arithmétique bête à pleurer : une voix, une seule a permis à l’actuel chef de l’Etat de s’arroger un pouvoir exorbitant, celle de l’unique parlementaire socialiste à avoir voté la réforme de la Constitution;- rage encore à l’idée que si le peuple avait pu voter, le différentiel en voix eût été autrement plus significatif et, surtout, auréolé d’une véritable légitimité démocratique.- Rage enfin d’entendre les dirigeants de l’UMP évoquer cyniquement «une victoire du Parlement et des citoyens, qui auront davantage de pouvoirs». Alors que nous attendons toujours l’élection au suffrage universel des conseillers siégeant, délibérant, et votant des impôts au sein des structures intercommunales, sans que nous ayons, là non plus, notre mot à dire. Pour nous faire patienter, peut être, on nous fait l’aumône de la saisine du Conseil constitutionnel, ce qui bien sûr est toujours bon à prendre. Les citoyens ont en effet prouvé qu’ils savaient prendre le chemin de la Convention européenne des droits de l’homme dès que cette possibilité leur en a été offerte, ils sauront assurément prendre celui du Conseil constitutionnel. Mais pour autant, le fossé démocratique est loin d’être comblé.Mais comment en est-on arrivé là ? C’est-à-dire à installer sur le trône présidentiel un monarque absolu. Et peut-on honnêtement être surpris de la tournure inquiétante que prend dès lors l’exercice du pouvoir par l’actuel chef de l’Etat ? J’ai presque envie de hurler : NON !!!! il n’y a pas et il n’y a eu, à aucun moment donné, de pochette surprise. On savait, du moins certains savaient (notamment les habitués des allées du pouvoir qui, pour en garder ne serait-ce qu’une parcelle, n’ont pas hésité à brader quelques-unes des valeurs auxquelles nous les croyions attachés). Tandis que d’autres se sont laissés leurrés ou ont perdu leurs repères (une partie du bas de l’échelle sociale). Mais si la responsabilité est souvent collective, force est de constater que le positionnement politique de certains élus et/ ou responsables de gauche ne pouvait qu’impacter sur le vote ouvrier. Car après les ralliés de la première heure (B. Kouchner, JM. Bockel, F. Amara, M. Hirsch et consorts) nous avons eu droit, au Révision constitutionnelle au Congrès de Versailles, lundi 21 juillet, à un Jacques Lang qui nous a donné à voir ses susceptibilités d’ego :« je voterai le texte [car] j’en sui coauteur » avait-il averti (Libération du 21 juillet). Il se sent donc coauteur d’un texte qui, entretemps, a été quasiment dénaturé par les parlementaires, notamment les sénateurs. Stupéfiant, mais surtout édifiant pour les électeurs de gauche. Et, arsenic sur le gâteau, lorsque des parlementaires socialistes, fidèles à leurs idéaux démocratiques, n’entérinent pas la réforme constitutionnelle, c’est le journal Libération, censé pencher à gauche, qui semble de facto fâcheusement vaciller sur ses bases. Voilà t-il-pas en effet que le directeur de la rédaction, Laurent Joffrin,compare les socialistes qui ont voté «non» à des chiens pavloviens «qui disent noir quand Sarkozy dit blanc, et blanc quand Sarkozy dit noir», et estime en outre que «la pratique sarkozyenne du pouvoir ne dépend pas des textes»(Libération du 22 juillet). Alors que cette réforme, de toute évidence, va le renforcer et le démultiplier.Oui, bien sûr, nous pourrions avoir beau jeu de faire remarquer qu’une partie de la classe ouvrière à voté Nicolas Sarkozy à la présidentielle, mais ce serait oublier que pour exiger de ces électeurs une fidélité indéfectible à la gauche, les élus et responsables de ce bord doivent satisfaire en la matière à un devoir d’exemplarité. Or depuis quelques temps déjà certains d’entre eux semblent uniquement occupés à céder à la tentation centriste, en calculant au plus près les potentialités de son riche nuancier -centre droite, centre gauche, centre tout court– ils en oublient qu’ils sont sous le regard de citoyens/électeurs de plus en plus désabusés. Dès lors, j’ai la faiblesse de penser que si tous les Kouchner, Bockel, Lang et Cie subissaient de plein fouet les effets de la politique sarkozyenne, nous n’en serions pas là. Mais pour eux point d’obligation de flexibilité et/ou de mobilité obligées, auxquelles il convient maintenant d’ajouter la raisonnabilité des offres d’emploi que tout chômeur digne de ce nom se doit d’accepter sans barguigner. Dès lors ils peuvent patienter, en restant uniquement attentifs à être encore et toujours sur le devant de la scène. Et maintenant que nous reste-t-il ? Simplement le devoir d’indignation, façon Daniel Bensaïd (Les Irréductibles, théorèmes de la résistance à l’air du temps) pour qui «l’indignation est un commencement. Une manière de se lever et de se mettre en route. On s’indigne, on s’insurge, et puis on voit. On s’indigne passionnément, avant même de trouver les raisons de cette passion. On pose les principes avant de connaître la règle à calculer les intérêts et les opportunités ».Sans indignation, sans la force de se lever pour dire «stop», si en 2012 nous reconduisons Nicolas Sarkozy aux commandes de l’Etat, nous n’aurons plus qu’à méditer le proverbe arabe suivant : «qQuand le lion est devant toi il est trop tard pour lui dire qu’il a mauvaise haleine». A moinsque nous choisissions de nous consoler en attendant que l’adage d'un historien britannique selon lequel «le pouvoir absolu, rend absolument fou» ne produise tout son effet.


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kairos Si j'ai bien compris, c'est la majorité + une voix, donc 2... Mais n'est-ce pas prêter beaucoup à Nicolas Sarkozy que d'évoquer son pouvoir absolu? Quant à la "flexibilité" de Bernard Kouchner, pour n'être pas celle du chômeur, n'a-t-elle pas celle du courtisan?
Bonjour, Ce n'est point de la flexibilité de B.Kouchner dont je parle, je souligne simplement que si celles et ceux qui fréquentent assidûment les allées du pouvoir subissait de plein fouet les effets de la politique mis en place par le gouvernemenmt Fillon/Sarkozy, ils seraient plus enclin à distinguer les différentes idéologiques entres la droite et la gauche. Je souligne donc que ni Kouchner ni Bockel etc, n'ont à subir le tryptique flexibilité, mobilité, raisonnabilité. Mais vous avez raison par contre de penser que le terme pourrait leur être appliqué sous l'étiquette «courtisanerie». Sauf que la flexibilité d' un Koucher and Cie est choisie et non subie '( clin d'oeil à la politique très humaniste d'immigration du tandem /Sarkozy/Hortefeux) et qu'elle rapporte beaucoup plus gros. Ce ne sont certes pas eux à qui l'on conseillera d'aller travailler à Pondichéry pour un plat de lentilles. Sur l'arithmétique du résultat du vote de la réforme constitutionnelle, vous avez raison, et je savais qu'il fallait la majorité plus une voix donc deux. Pour autant force est de constater que si J. Lang n'avait pas votè, certes la revision serai passéen, mais l'opinion publique se serait alors focalisée sur le vote non traditionnel du président de l'Assemblée B. Acoyer. Les valeurs que je défend étant opiniâtretement de gauche, j'eusse préféré ce cas de figure là. Par ailleurs, pour parler toujours arithmétique, il ne vous aura pas échappé que les quotidiens nationaux, notamment Libération et Le Monde, pour ne citer que ces deux, ont évoqué eux, aussi 1 voix : ainsi de Libration dans son édition du mardi 22 juillet et en couverture titre «réforme de la Constitution à l'arraché» suivi du résumé suivant, toujours en 1ère page : «malgré d'intenses pressions et manoeuvres, la réforme voulue par Sarkozy a été adoptée avec une seule voix d'avance». Le Monde du 23 juillet dans les pages intérieures et sous le titre :« Président, Parlement, citoyens : nouveaux droits,nouveaux pouvoirs», entame ainsi son article :«ce fut donc très juste : la majorité des trois cinquièmes, plus une voix. Mais c'est passé....». Enfin toujours Le Monde, mais du 24 juillet cette fois, qui sous le titre «Le Parti socialiste ne parvient pas à régler le cas «Lang» écrit dans le corps de cet article «la fameuse «voix d'avance» qui a permis au gouvernement de dépasser la stricte majorité requise pour l'emporter, décidément ne passe pas.
kairos Je vous ai chicanée , sans doute maladroitement sur 1 ou 2 voix, excusez-moi (on peut dire, par exemple, que la mort de Louis XVI a été voté à 1 voix: la moitié + 1)... La même chose pour Kouchner, je me moquais, du moins j'essayais... Toutefois, j'aimerais votre commentaire sur ce "pouvoir absolu" que vous attribuez à Nicolas Sarkozy: est-ce une formule surtout rhétorique ou une définition politique de principe?
Cest une formule surtout rhétorique. Cependant, la première définition qu'en donne un simple dictionnaire Larousse, est la suivante : «L'absolutisme est un type de régime politique où « le détenteur d'une puissance attachée à sa personne, concentrant en ses mains tous les pouvoirs, gouverne sans aucun contrôle ». Sous cet angle là force est de reconnaître reconnaître que la défnition est en voie de coller à la perfection à N.Sarkozy, notamment en termes de concentration des pouvoirs... mais il est vrai pas sans aucun contrôle. Bien qu'il ait récemment essayé de contourner l'avis du Conseil Constitutionnel, sur le principe de non rétroactivité(un des principes généraux du droit) au moment du vote de la loi sur la récidive en août dernier. A souligner égalemement le fait que la plupart des lois votées depuis son élection sont déclarées «en urgence», soit une seule lecture dans chaque assemblée. Cordialement.
Bonjour, Ce n'est point de la flexibilité de B.Kouchner dont je parle, je souligne simplement que si celles et ceux qui fréquentent assidûment les allées du pouvoir subissait de plein fouet les effets de la politique mis en place par le gouvernemenmt Fillon/Sarkozy, ils seraient plus enclin à distinguer les différentes idéologiques entres la droite et la gauche. Je souligne donc que ni Kouchner ni Bockel etc, n'ont à subir le tryptique flexibilité, mobilité, raisonnabilité. Mais vous avez raison par contre de penser que le terme pourrait leur être appliqué sous l'étiquette «courtisanerie». Sauf que la flexibilité d' un Koucher and Cie est choisie et non subie '( clin d'oeil à la politique très humaniste d'immigration du tandem /Sarkozy/Hortefeux) et qu'elle rapporte beaucoup plus gros. Ce ne sont certes pas eux à qui l'on conseillera d'aller travailler à Pondichéry pour un plat de lentilles. Sur l'arithmétique du résultat du vote de la réforme constitutionnelle, vous avez raison, et je savais qu'il fallait la majorité plus une voix donc deux. Pour autant force est de constater que si J. Lang n'avait pas votè, certes la revision serai passéen, mais l'opinion publique se serait alors focalisée sur le vote non traditionnel du président de l'Assemblée B. Acoyer. Les valeurs que je défend étant opiniâtretement de gauche, j'eusse préféré ce cas de figure là. Par ailleurs, pour parler toujours arithmétique, il ne vous aura pas échappé que les quotidiens nationaux, notamment Libération et Le Monde, pour ne citer que ces deux, ont évoqué eux, aussi 1 voix : ainsi de Libration dans son édition du mardi 22 juillet et en couverture titre «réforme de la Constitution à l'arraché» suivi du résumé suivant, toujours en 1ère page : «malgré d'intenses pressions et manoeuvres, la réforme voulue par Sarkozy a été adoptée avec une seule voix d'avance». Le Monde du 23 juillet dans les pages intérieures et sous le titre :« Président, Parlement, citoyens : nouveaux droits,nouveaux pouvoirs», entame ainsi son article :«ce fut donc très juste : la majorité des trois cinquièmes, plus une voix. Mais c'est passé....». Enfin toujours Le Monde, mais du 24 juillet cette fois, qui sous le titre «Le Parti socialiste ne parvient pas à régler le cas «Lang» écrit dans le corps de cet article «la fameuse «voix d'avance» qui a permis au gouvernement de dépasser la stricte majorité requise pour l'emporter, décidément ne passe pas.
En effet, tout le début de votre article est fondé sur de fausses informations. La réforme a été voté non pas à une voix près mais à deux. Le nombre de voix nécessaire était de 538 voix, la réforme en a obtenu 539. Ensuite, plus important, le nombre de 538 voix ne représente pas la majorité du congrès, mais 60%. Comment, dès lors, parler d'aberration démocratique sans sombrer dans l'anti-parlementarisme ? Si "le peuple" avait voté (mais il a voté, par la voix de ses représentants), la réforme aurait pu passer avec un différentiel moins significatif, au contraire, puisqu'elle aurait pu être adoptée avec 50,1% des suffrages exprimés. Enfin, sur la deuxième partie de votre article, tenons-nous en à ce que l'on voit : comment peut-on dire que Sarkozy soit un monarque absolu ? Peut-on parler d'un pouvoir absolu qui recule sur toutes les réformes qu'il entreprend, qui n'ose pas s'attaquer ni aux taxis ni aux sénateurs ? Quelle réforme aussi radicale avez-vous vu qui puisse vous faire penser que son pouvoir est absolu ? De la courtisanerie, c'est certain, il y en a. Des pressions sur les médias, tout autant. Une dérive présidentialiste qui déstabilise nos institutions, sans doute, mais c'est autant la faute de la majorité que de Sarkozy. Surtout, une grande incohérence et l'impression que tout ce monde là navigue à vu (et encore, dans le brouillard), j'en suis tout aussi convaincu. Mais un pouvoir absolu!
Bonjour, Concernant les fausses informations du début de mon article, je vous fais la même réponse qu'à Kairos, à savoir que : Sur l'arithmétique du résultat du vote de la réforme constitutionnelle, vous avez raison, et je savais qu'il fallait la majorité plus une voix donc deux. Pour autant force est de constater que si J. Lang n'avait pas votè, certes la revision serai passéen, mais l'opinion publique se serait alors focalisée sur le vote non traditionnel du président de l'Assemblée B. Acoyer. Les valeurs que je défend étant opiniâtretement de gauche, j'eusse préféré ce cas de figure là. Par ailleurs, pour parler toujours arithmétique, il ne vous aura pas échappé que les quotidiens nationaux, notamment Libération et Le Monde, pour ne citer que ces deux, ont évoqué eux, aussi 1 voix : ainsi de Libration dans son édition du mardi 22 juillet et en couverture titre «réforme de la Constitution à l'arraché» suivi du résumé suivant, toujours en 1ère page : «malgré d'intenses pressions et manoeuvres, la réforme voulue par Sarkozy a été adoptée avec une seule voix d'avance». Le Monde du 23 juillet dans les pages intérieures et sous le titre :« Président, Parlement, citoyens : nouveaux droits,nouveaux pouvoirs», entame ainsi son article :«ce fut donc très juste : la majorité des trois cinquièmes, plus une voix. Mais c'est passé....». Enfin toujours Le Monde, mais du 24 juillet cette fois, qui sous le titre «Le Parti socialiste ne parvient pas à régler le cas «Lang» écrit dans le corps de cet article «la fameuse «voix d'avance» qui a permis au gouvernement de dépasser la stricte majorité requise pour l'emporter, décidément ne passe pas. Ensuite, vous soulignez, à juste titre, que les 538 voix représentent 60% du Congrès, score plus qu'honorable certes. Sauf, et là je sors de l'arithmétique pure ( mail il en faut) pour m'attarder sur le fait que ces 60% ont été obtenus par le biais de nombreuses tractations, voire de pressions. Ce type d'agissements étant bien sûr plus facile sur un nombre restreint de Parlementaires que sur des millions d'électeurs. Je maintien donc le terme d'aberration démocratique car ce sont la moitié des articles de la Constitution qui sont modifiés, et que par conséquent les électeurs auraient dû avoir leur mot à dire.Quant au pouvoir absolu, point n'est besoin de s'abîmer dans une profonde réflexion pour constater le démantèlement des acquis sociaux de 1945 (protection sociale), la réduction du périmètre de l'Etat (et donc de tout ce qui fait lien social et cohésion sociale) pour le recentrer uniquement sur les fonctions régaliennes de l'Etat. Et tout y passe : hôpitaux, casernes, tribunaux. Alors s'il a reculé effectivement sur les taxis, ce n'est en regard que broutille. Sans parler, le plus important, la main mise sur la presse et la télévision...
Je suis d'accord avec Afeneuil, ne nous emballons pas dans un procès d'intention, un procès anti-sarko systématique. Certes Nicolas Sarkozy a des pratiques agaçantes et parfois révoltantes pour des citoyens comme nous tous qui sommes engagés dans la vie de la cité, mais pour bien d'autres, moins engagés, ses pratiques sont celles d'un président qui agit beaucoup (trop?) et qui a une volonté de changement. Ce n'est peut-être pas le changement que nous attendons mais il a été élu par une majorité confortable (53%) , ce sont aux mêmes personnes qui l'ont élu de s'en défaire par les urnes; en attendant rien ne sert de taper sur sarko et de bouffer du sarko à toutes les sauces, c'est un lynchage primaire et pas constructif. Les meilleures armes contre un omniprésident ne sont pas celles du lynchage systématique mais celles de la critique continue, fine, constructive, une critique qui se joue dans les détails, qui s'appuie sur les mécanismes les plus subtils de nos institutions et sur certaines personnes très bien placées au sein de l'appareil d'état et qui estiment que le président va parfois trop loin (et il y en a je vous assure !)
Je suis d'accord avec Afeneuil, ne nous emballons pas dans un procès d'intention, un procès anti-sarko systématique. Certes Nicolas Sarkozy a des pratiques agaçantes et parfois révoltantes pour des citoyens comme nous tous qui sommes engagés dans la vie de la cité, mais pour bien d'autres, moins engagés, ses pratiques sont celles d'un président qui agit beaucoup (trop?) et qui a une volonté de changement. Ce n'est peut-être pas le changement que nous attendons mais il a été élu par une majorité confortable (53%) , ce sont aux mêmes personnes qui l'ont élu de s'en défaire par les urnes; en attendant rien ne sert de taper sur sarko et de bouffer du sarko à toutes les sauces, c'est un lynchage primaire et pas constructif. Les meilleures armes contre un omniprésident ne sont pas celles du lynchage systématique mais celles de la critique continue, fine, constructive, une critique qui se joue dans les détails, qui s'appuie sur les mécanismes les plus subtils de nos institutions et sur certaines personnes très bien placées au sein de l'appareil d'état et qui estiment que le président va parfois trop loin (et il y en a je vous assure !)
Bonjour, Vous avez entièrement raison, sans l'ombre d'un doute, les meilleures armes sont celles de la critique continue, fine, constructive etc... ne serait-ce que parce que la lecture en est nettement plus agréable et instructive. Hélas, je n'ai pas eu la chance, par déterminisme social, de faire ou de poursuivre des études. C'est donc avec uniquement une BEPC complètement démonétisé en poche que je me suis « faite sur le tas». Pour autant ma modeste contribution a pour objectif premier de vous donner à voir; sans prétendre bien sûr représenter tous mes semblables, l'approche, le ressenti, et l'interprétation que les électeurs du bas del'échelle sociale (dont je fais partie) peuvent avoir de la chose publique. Accessoirement, je me permettrai d'ajouter qu'une ananalyse fine demande aussi beaucoup de temps et de disponibilité. Ce dont je je dispose pas non plus, puisque je travaille et qu'en outre, comme la plupart des femmes je fais les deux huit (activité professionnelle + tâches domestiques). Je profite donc aujourd'hui de mon jour de RTT pour vous répondre. Vous êtes journaliste et donc rompu à développer un argumentaire construit, fin, constructif. En lisant vos billets je serai donc à bonne école. Et vous en remercie
Je suis d'accord avec Afeneuil, ne nous emballons pas dans un procès d'intention, un procès anti-sarko systématique. Certes Nicolas Sarkozy a des pratiques agaçantes et parfois révoltantes pour des citoyens comme nous tous qui sommes engagés dans la vie de la cité, mais pour bien d'autres, moins engagés, ses pratiques sont celles d'un président qui agit beaucoup (trop?) et qui a une volonté de changement. Ce n'est peut-être pas le changement que nous attendons mais il a été élu par une majorité confortable (53%) , ce sont aux mêmes personnes qui l'ont élu de s'en défaire par les urnes; en attendant rien ne sert de taper sur sarko et de bouffer du sarko à toutes les sauces, c'est un lynchage primaire et pas constructif. Les meilleures armes contre un omniprésident ne sont pas celles du lynchage systématique mais celles de la critique continue, fine, constructive, une critique qui se joue dans les détails, qui s'appuie sur les mécanismes les plus subtils de nos institutions et sur certaines personnes très bien placées au sein de l'appareil d'état et qui estiment que le président va parfois trop loin (et il y en a je vous assure !)
"Les meilleures armes contre un omniprésident ne sont pas celles du lynchage systématique mais celles de la critique continue, fine, constructive, une critique qui se joue dans les détails, qui s'appuie sur les mécanismes les plus subtils de nos institutions et sur certaines personnes très bien placées au sein de l'appareil d'état et qui estiment que le président va parfois trop loin (et il y en a je vous assure !)"; Ca c'est ce qu'on appelle des jeux florentins. Et c'est justement ce dont les Français ont assez. Ils veulent une opposition qui s'oppose (cf. les sondages). Cela fait tout simplement partie du jeu démocratique. Quant à l'antisarkozysme, y en a-t-il vraiment un de primaire et un de noble ? Quand on connaît les moyens de débauchage et de chantage employés par le dit-sarko, moyens d'ailleurs qui viennent de trouver une 1ère traduction concrète avec la nomination du triste Lambert, avec la promesse de na pas supprimer d'implantations militaires, avec bientôt la nomination de Jack Lang comme "défenseur des droits".
Monarque absolu ? On peut toujours en discuter; même Louis XIV ne pouvait tout se permettre, il devait tenir compte des pressions de l'Eglise, des courtisans et magré tout du peuple qu'on pouvait préssurer, mais quand même ne pas trop provoquer. Dans la situation contemporaine, la dérive monarchiste de nos institutions date exactement de la naissance de la V-ième république. De Gaulle, Mitterand ont usés du pouvoir personnel tout autant, sinon plus que Sarkozy, il est vrai, avec plus d'élégance. Plus qu'un devoir d'indignation, nous avons le devoir d'expliquer, à contre courant, qu'il faut, pour la démocratie supprimer l'élection présidentielle au suffrage universel. Il me semble que c'est ce que fait E. Plenel sur Médiapart et cela me convient.
Bonjour, Oui, d'accord avec vous et E. Plenel concernant l'élection du Président de la République au suffrage universel. Je me permettrai d'ajouter que je me positionne aussi résolument pour une «démocratie continue» thèse défendue par Dominique Rousseau , et dont les formes et les lieux restent encore à inventer. Je ne me suis jamais abstenue pour aucun vote, par contre il m'est souvent arrivé de voter par défaut. Je pense donc que les citoyens électeurs ne devraient pas être cantonnés uniquement à une démocratie représentative.
Moi je reste avec ce proverbe arabe: «Quand le lion est devant toi, il est trop tard pour lui dire qu’il a mauvaise haleine»
je veux bien parler d'arithmétique et de comptabilité "démocratique", ce système-là est défini par la culture du droit comme "monarchie républicaine" et tout le travail mis en place par Sarko et la droite est de sortir la vie politique et économique française du contrôle par les citoyens, c'est-à-dire du Peuple, c'est-à-dire de la démocratie.
Le premier geste démocratique à faire est donc d'être anti-sarkoziste comme la gauche républicaine du XIXè se devait d'être anti-bonapartiste.
d'accord pour l'analyse fine et pointue qui est notre arme, à nous intellectuels et citoyens de gauche, parce que la critique déconstruit le nuage sémantique que produit tout pouvoir. Mais qu'on ne me dise pas que laisser voter une nuit de juillet des députés d'un seul "parti-Etat", c'est défendre la démocratie? Tous ces vieux notables d'un système politique qui dilapide la richesse nationale et casse toutes les sécurités collectives que la France s'est donnée? Non, qu'on ne me le dise pas... Un peu de conscience des rapports de force, de vision d'ensemble et de sens des réalités ne fait pas de mal: Sarko ne me représente pas, je ne reconnais pas la présidence républicaine comme une représentation essentiellement démocratique, sinon bonapartiste et son premier but à sarko (ou plutôt celui que l'artistocratie actuelle lui a concédé officiellement au fouquet's un soir de mai 2007), c'est de mettre à bas toute idée de liberté-égalité-fraternité dans ce pays.
Rappelons-nous que ce 6 mai au soir, nous avions affaire à une politique de couvre-feu anti-insurrectionnelle. Les mots n'ont pas été mis officiellement, mais les gardiens de l'ordre le savaient.
Don oui, l'ANTI-SARKOZYSME, comme préalable à la démocratie!
Napoléon III a eu son Kouchner : il s'appelait Emile Ollivier. Et ce fut en fin de parcours, pas au débu t: n'idéalisons pas les républicains du passé. La chute fut d'ailleurs plus rapide et définitive : jamais plus Ollivier ne fut quelqu'un ni quelque chose dans la vie politique.
Je note mon cher René Lorient, mais on ne peut pas rayer d'un revers de la main toute projection, tout sens qu'on donne à l'histoire, tout projet -sartrien- du seul fait du kouchnérisme qui est, vous me le concéderez; universel.