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David Pujadas contre le « journalisme des bons sentiments »

Invité ce matin à débattre avec des étudiants du Centre de formation des journalistes (Paris), le présentateur du JT de France 2 a répondu à l'accusation de servilité dont il fait l'objet et a raillé la bien-pensance journalistique.


Détendu et souriant, David Pujadas a répondu pendant une heure et demie aux questions des étudiants du CFJ. Une rencontre qui lui a permis de faire le point sur les nombreuses attaques auxquelles il a dû faire face, de la part de Pierre Carles et Jean-luc Mélenchon notamment. A l'origine de ces critiques, une interview du syndicaliste Xavier Mathieu, responsable CGT de l'usine Continental de Clairoix. David Pujadas lui demande s'il « regrette » les dégradation commises dans l'usine. En visionnant cette interview pour le documentaire de Pierre Carles Fin de concession, Jean-Luc Mélenchon traite le présentateur du 20 Heures de "salaud" et de "laquais". « A l'époque où je l'ai enregistrée, l'interview de Pierre Mathieu n'a suscité aucune réaction, avant que Pierre Carles s'en saisisse pour faire la promo de son film» assure David Pujadas aux étudiants. « Croyez-moi, si j'avais été un peu désobligeant ou un peu sec avec lui, j'aurais eu droit à un déferlement de critiques le lendemain » ajoute -t-il. A la suite de cette interview, Pierre Carles remet à David Pujadas la « laisse d'or » du « journaliste le plus servile » et repeint pour l'occasion le scooter du journaliste. Une initiative qui selon David Pujadas « manquait d'humour » : « je les ai trouvé un peu effrayant, pas très souriant » a -t-il confié.
Le journalisme contre la politique
En écho à la polémique suscitée par l'interview de Pierre Mathieu, David Pujadas est également revenu sur sa condamnation du « journalisme des bons sentiments », et, s'appuyant sur les réflexions de Marcel Gauchet, le présentateur a appelé les journalistes à réfléchir à la place du journalisme dans la cité. Une vision qu'il avait déjà eu l'occasion de développer dans le documentaire « Huit journalistes en colère » de Claude Imbert diffusé sur Arte le 9 février 2010. « De même qu'il y a une littérature des bons sentiments il y a un journalisme des bons sentiments » avait il alors déclaré, critiquant l'idée selon laquelle « le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l'entreprise, l'administré contre l'Etat, (...)». Devant les étudiants du CFJ, il persiste et signe: « j'ai l'intuition profonde, et Gauchet le dit mieux que moi, que le journalisme est du côté du droit et jamais de la politique», précisant: «  le journaliste fait plus souvent la promotion des revendications des des individus dans ses droits, au détriment des projets politiques qui ne peuvent pas s'incarner ». Et le présentateur du JT de France 2 de conclure : « l'intérêt public ne se filme pas, les droits des individus si. Le risque est donc pour le journaliste de rendre toute action politique vaine et dérisoire »

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Merci pour ce compte-rendu intéressant.

Une remarque sur l'argumentaire de Pujadas :

" j'ai l'intuition profonde, et Gauchet le dit mieux que moi, que le journalisme est du côté du droit et jamais de la politique"

En l'occurence, chez lui, c'est plutôt du côté droit de la politique qu'il s'est placé, je m'explique :

lorsque Sarkozy lui a demandé avec insistance s'il pensait qu'il était impliqué dans les cambriolages et l'espionnage de ces confrères, il aurait du répondre que ce n'était pas aux journalistes de répondre sans preuve à cette question mais au droit, à la police et à la justice. Au contraire, en répondant "non" ou "oui", il se place du côté de la politique.

Et en ayant répondu "non", il se place plutôt du côté droit de la politique !

CQFD :-)

 

Je ne comprends pas bien, l'intétêt de ce billet. Je ne vois pas bien pourquoi le présentateur du 20h pourrait être qualifié de journaliste? Il fait des enquêtes? Il cherche? C'est un chien de garde voilà tout, son travail c'est comment taire, non? Je me trompe? comme un éléphant dans un magasin de porcelaine?

Justement, sans être enquêteur il supervise des enquêtes, ce qui du point de vue de la déontologie lui donne, sinon les mêmes responsabilités de détail, du moins les mêmes responsabilités d'ensemble. Ainsi Pujadas me sera crédible quand il m'aura répondu :

http://www.delpla.org/article.php3?id_article=289

 

La seule façon dont il me permette d'interpréter sa non-réponse, c'est qu'il estime en avoir assez fait en envoyant son enquêteur, Daniel Wolfromm, au charbon. Or Wolfromm me l'ayant joué "c'est sympa d'avoir des réactions de téléspectateur, mais j'ai bien fait mon travail", alors que c'était faux et que sa réponse même faisait apparaître un montage d'images trompeur, c'était bien à son boss de prendre le relais... en satisfaisant ma modeste revendication d'erratum.

 

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