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Sacré Charlemagne
Avec Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises, François Reynaert revisite avec érudition et humour les grands mythes de notre roman national.
François Reynaert © Droits réservés Article publié dans le mensuel «homo mais pas que» Hétéroclite
Saviez-vous que Charlemagne, célèbre «inventeur de l'école» était un parfait illettré ? Ou encore que Clovis, le «premier roi de France» est considéré outre-rhin comme un monarque allemand ? C'est ce que l'on append, parmi beaucoup d'autres choses, dans le passionnant livre de François Reynaert «Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises». L'auteur du très drôle «Nos amis les hétéros» retrace l'histoire de France en déconstruisant quelques uns des clichés historiques les plus ancrés dans notre conscience collective. Des images d'Epinal qui, montre l'auteur, sont souvent imposées à des fins idéologiques. Un exemple : l'incontournable référence aux «ancêtres les gaulois» n'apparaît qu'après la révolution, les rois préférant faire commencer l'histoire de France au baptême de Clovis, premier monarque «de droit divin». Le travail de «déconstruction» mené par François Reynaert, lui permet de mettre au jour le rôle, souvent occulté, de certaines minorités dans l'histoire de France : femmes, juifs et homosexuels notamment. Si l'homosexualité d'Henri III est loin d'être certaine, nombreuses sont les figures de l'histoire de France dont la «différence» a été passée sous silence (Philippe de Valois et Louis XIII entre autres exemples). «Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises» est un livre de vulgarisation au sens le plus noble du terme. Son style : vif, clair, souvent très drôle, permet une lecture accessible. On sent que l'ouvrage est le fruit d'un travail de digestion d'une littérature historique riche et complète. «Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises» pourra intéresser du profane à l'historien le plus érudit. Une belle réussite.
Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises, François Reynaert, Fayard 22 euros
Gaspard Dhellemmes


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J'ai lu cet opuscule et doit avouer que quelque soit la sympathie que j'éprouve pour l'auteur dont j'adore les articles dans le Nouvel Obs j'ai été quelque peu déçu ne serait-ce que par ce qu'il revisite des clichés abandonnés depuis longtemps par la plupart des historiens ..et des livres d 'Histoire.
Quite à faire revenir des rumeurs dont par exemple celle que vous citez d'une homosexualité de louis XIII que plus personne ne défend ( si! j'ai croisé un livre qui est le seul a soutenir cette fable il est écrit par Dauphin Claude qui comme chacun le sait est un homosexuel patenté mais n'a jamais étté historien.).
Il eut été plus intéressant et scientifiquement plus pertinent de partir de l'idée simple que l'histoire n'est jamais qu'une ré-écriture .
Voir:
Les mensonges de l'Histoire de France...
Enfin, les medias osent parler franchement de la guerre déclenchée par la France en 1870...
Les archives de l'Occupation bientôt ouvertes.
Les Français ne sont pas mûrs pour la démocratie
etc...
Il faut faire attention à ne pas jeter bébé avec l'eau du bain. Les Gaulois sont sans doute une construction idélologique du Second empire et de la IIIème République cependant, ils ont bel et bien produit un héritage culturel dense et singulier. Les progrès de l'archéologie ont été considérables sur la civilisation gauloise ces dernières années et on commence à peine à découvrir que les Gaules furent autre chose qu'un élément de résistance à un double envahisseur (romain et germain). A Bibracte, se tient actuellement une exposition fascinante sur cet univers gaulois.
OK pour les Gaulois, mais pourquoi ne pas parler des Celtes (en général) dont on trouve les traces en France et en Allemagne par exemple ?
Oui des Celtes bien sûr... mais je ne suis pas sûr qu'ils soient davantage nos ancêtres... Ce que je voulais dire, puisqu'il faut sans doute préciser mon propos, c'est que cette histoire gauloise est tout à fait neuve pour nous. Les commentaires de César ont fait la Gaule de Napoléon III. Les travaux de Goudineau et Brunaux ont mis en évidence tout ceci. En terme d'héritage il faut toujours faire attention, nous sommes autant greco-romain que celto-germain et nous ne sommes rien de cela en même temps car les hommes produisent du nouveau en permanence. D'autre part il y a des origines qui n'ont plus vraiment de poids historique ou culturel (contrairement au droit romain, notre idée de la politique ou le rationalisme occidental) si ce n'est d'un point de vue anthropologique voire philosophique. Je pense aux indo-européens par exemple, aux minoens etc., bref l'avant Socrate...
Tout cela est connu depuis longtemps, que le passé (en particulier national) soit une construction intellectuelle, ou idéologique comme l'on veut, n'est pas un scoop. Mais cela mérite mieux qu'un traitement par la pure dérision : ces "fadaises" ont un sens, parce que ce ne sont pas des fadaises justement. Bien entendu Clovis est un roi "allemand" autant que "français", il suffit de deux minutes de réflexion pour s'en apercevoir : les Francs viennent d'où, à votre avis ? Et les querelles sur les ancêtres Gaulois/Germains ("Nos pères les Germains", Montesquieu, L'Esprit des lois) remontent au XVI° siècle.. Lire par exemple Christian Goudineau, Le dossier Vercingétorix, Actes Sud, 2001 (en poche, Babel), ou sur l'ensemble Suzanne Citron, Le mythe national. L'histoire de France revisitée, 1987, nouvelle édition (poche L'Atelier) 2007, qui sont de vrais livres informés en même temps qu'accessibles à tout lecteur, pas une "vulgarisation" résultant de la digestion inachevée de lectures pas toujours bien fiables.
Désolé pour le ton de ce commentaire, mais ce genre de livres et le mépris que leur publication comporte pour celles et ceux qui ont déjà fait intelligemment le travail --sur ce sujet, Suzanne Citron pendant trente ans, par exemple-- m'exaspère. Et qu'on puisse, sans prendre la peine de regarder (un peu) plus loin, les recommander, a fortiori en concluant qu'ils pourront intéresser jusqu'à "l'historien le plus érudit" (!!) me laisse pantois. Quant au profane, il mérite mieux que cela, et en plus ce mieux est en vente libre.
on pourrait ajouter aux références que vous citez l'excellent numéro des collections de l'Histoire de juillet 2009 Intitulé "1500 ans d'Histoire de France" qui traite longuement du "Roman national" et également "L'histoire Bling bling, le retour du Roman National " de Nicolas Offenstadt. Effectivement le chemin parcouru par François Reynaert a déjà été foulé depuis longtemps, notamment et prioritairement par Suzanne Citron.
D'accord avec vous.
Assez d'accord avec vous, sauf que l'enseignent de l'Education nationale actuel est un ramassis de "faits historiques" douteux, comme vous le décrivez avec la Gaule et les Gaulois.
Ce qui a fait la France d'aujourd'hui est une évolution millénaire faite de migrations humaines qu'il ne convient pas de saucissonner de manière politique.
Je souhaiterais une Histoire - et donc une culture - croisée par le regard d'historiens du continent européen, ce qui lui donnerait une plus grande densité et authenticité.
Mais là, le pouvoir central français ne sera sûrement pas d'accord, lui qui veut cultiver une "identité NATIONALE"...
Quand on voit ce qui a forgé les frontières d'aujourd'hui entre lesquelles se forge cette "identité nationale", et quelles en ont été les souffrances imposées, on est en droit de se poser des centaines de questions. La terre et les hommes ont été libres pendant des millénaires...
De Suzanne Citron, on peut aussi lire "L'Histoire de France autrement" aux Editions ouvrières et découvrir les livres d'Howard Zinn.
Nous aussi ( Les Corses) on nous apprenait à l'école: " Nos ancêtres les gaulois"... et qui a entendu parler de l'histoire de la Corse? Par exemple, SAVIEZ -VOUS que ?: C’est au couvent d’Orezza en Castagniccia, au milieu du XVIII ème siècle, que fut votée la première constitution démocratique de l’histoire. Dans un manifeste du 28 août 1769, Pascal Paoli définit et c’est la première fois au monde : - « Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » La Corse a été indépendante (1755-1769) avec un régime constitutionnel qui fit l’admiration de l’Europe des Lumières et inspira la constitution des Etats-Unis.( Six localités des USA portent encore de nos jours les noms de Paoli et deux le nom de Corsicana ).Les femmes votaient en Corse depuis le XVème siècle (La terre des communes) et sous Pascal Paoli (1755) tout citoyen, même étranger, vote à partir de 25 ans.En France les femmes votent pour la première fois le 29 avril 1945 sur ordonnance du général De Gaulle.Pour information les femmes votent aux Etats-Unis en 1869 (Wyoming), en 1893 les Néozélandaises, en 1893 les Australiennes… Il est encore en Europe, un peuple capable de législation : c’est l’Ile de Corse.La valeur et la constance avec laquelle ce brave peuple a su recouvrer et défendre sa liberté mériterait que quelque homme sage lui apprit à la conserver. J’ai quelque pressentiment qu’un jour, cette petite Ile étonnera l’Europe ».J.J.Rousseau dans le contrat social ( livre II,chapitre X).
Et pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, voici ce que disaient Voltaire, Rousseau, Mirabeau et autre Napoléon.
En 1768, Gênes vend la Corse à la France pour 2 millions de lires. Reste à savoir si : « Des hommes ont le droit de vendre d’autres hommes » (Voltaire)C’est sous le signe de la roue que sera inaugurée le « règne du Roi très chrétien »- 3 mai 1769 :- « N’épargnez ni les moissons, ni les vignes, ni les oliviers de ceux qui refuseront de se soumettre, c’est le seul moyen de leur imprimer la terreur et de les ramener à l’obéissance ». (Le comte de Vaux)Les patriotes de Paoli sont écrasés par les troupes françaises à Ponte Novu. La répression sera terrible et durera plus de 40 ans. - « L’expédition de Corse, inique et ridicule, qui choque toute justice, toute humanité, toute politique et toute raison » (J.J Rousseau).- « J’avoue, messieurs, que ma première jeunesse a été souillée par la conquête de la Corse » (Mirabeau à l’assemblée Nationale).L’opinion publique s’émeut en Hollande, Grande Bretagne, Italie, Autriche, Prusse… Que disait Bonaparte à l’époque :
*Juin 1789 : « Je naquis quand la patrie périssait, 30 000 Français vomis sur nos côtes, noyant le trône de la liberté dans le sang »*À Brienne : « Mes compatriotes chargés de chaînes qui baisent en tremblant la main qui les opprime. »* En 1789 Bonaparte envisageait d’écrire un livre sur la Corse et il dit : -« Je sens qu’il soulèvera contre moi la nombreuse cohorte d’employés français qui gouvernent notre île, mais qu’importe il y va de l’intérêt de la patrie ». Et puis…il devint… « Napoléon »… Empereur des Français et se pressa de nommer en Corse « l’homme qu’il faut là ou il faut » : Le sanguinaire Général MORAND.
C'est une bonne chose de vulgariser ce que l'on sait depuis longtemps, à savoir que l'histoire de France enseignée en classe a été largement ré-écrite dans le but d'exalter la conscience nationale, autrement dit, le nationalisme, avec la création de véritables mythes (exemplaire, celui de Jeanne d'Arc, que notre bon Villon désigne comme "Jeanne, la bonne Lorraine qu'Anglais brûlèrent à Rouen" -et la Lorraine étant terre d'Empire, ce que tout le monde savait à l'époque, c'est tout de même un comble d'en faire une héroïne nationale dans une guerre qui opposerait deux nations alors qu'elle n'a fait que s'interposer dans un conflit entre deux princes de souche française qui avaient des prétentions au trône également légitimes mais dont les partisans avaient des intérêts divergents).
De très nombreux livres ont été écrits sur la ré-écriture de l'Histoire de France retenue par l'Education Nationale, largemente soutenu par des "historiens" comme Michelet .
Un point qui n'est jamais abordé : l'histoire enseignée en France est non seulement mythique, mais aussi, elle fait l'apologie de la victoire, essenteillement par la violence. Nous voyons le pays se former et traverser les siècles par une suite de guerres victorieuses, de conquêtes, d'assauts repoussés.
Violence machiste, qui exclue les femmes du pouvoir où elles ne peuvent être que de piètres politiques -l'exemple le plus percutant étant cette falote Isabeau de Bavière, la traîtresse qui conclut le déshonorant traité de Troyes ; certes, on admet que d'autres pays ont eu de grandes souveraines, mais les Elisabeth I, Catherine de Russie, Marie-Thérèse avaient en commun ces traits virils, cette volonté de domination et de commandement qui ne sont pas l'apanage d'une femme française "normale", à qui sied la frivolité, la culture des arts et des lettres. De grandes figures de l'histoire, une Yolande d'Aragon, une Frédégonde, sont totalement ignorées ou largement sous-estimées. En revanche, on fait la part belle à des favorites -pas d'évocation sérieuse de l'influence de Mme de Pompadour a Du Barry est une cocotte royale, et on a tout dit sur l'influence détestable de Marie-Antoinette, décrite comme la femme superficielle à l'excès qu'elle aurait du rester au lieu de chercher à devenir une détestable conseillère, ayant probablement une responsabilité majeure dans la chute de la royauté.
Nos cours d'histoire nous ont, à notre insu, imprégné de cette idée qu'une politique réussie ne peut être menée que par un homme, un vrai. Cherchez l'erreur, quand vous voyez la classe politique française actuelle.
Formant nos chères têtes blondes au culte de la victoire par la violence, ces cours font largement l'impasse sur la lutte, qui n'est noble que lorsque celle-ci trouve son aboutissement dans la prise de pouvoir. C'est faire peu de cas des mouvements importants qui ont milité en faveur de l'émancipation de la femme, de la fin de l'esclavagisme, de l'évolution du droit -qu'il soit civil ou pénal, comme si tout cela nous était tombé du ciel par la grâce de gouvernants éclairés. Si l'on connaît tout de même Voltaire, quel manuel d'histoire relate l'importance des luttes d'une Olympe de Gouges, d'une Théroigne de Méricourt ?
Bref, une histoire mythique, une histoire faite par des hommes finalement très respectueux de l'ordre qu'ils ont établi ou qu'ils servent, souvent à leur insu.
Excellent, pingouin.
Ce que vous écrivez est tout à fait juste.
J'en discutais hier avec mon compagnon allemand féru d'Histoire, parfaitement francophone, qui s'étonnait de l'enseignement "victorieux" d'une France que l'Histoire ne voit pas ainsi dans les faits réels. Il suffit de lire les textes historiques.
Exact aussi pour le mythe autour de Jeanne d'Arc et autres "héros".
En fait, les gens formés ainsi par le mensonge historique, sont fiers de mythes, fiers d'avoir été trompés toute leur vie.
Je rappelle ce que disait le président actuel pendant la campagne électorale, applaudi à tout rompre par un auditoire flatté, lui fils d'immigré qui disait:
La France n'a pas commis de crime contre l'Humanité...
La France est le pays du monde qui a inventé les Droits de l'Homme.
La France est le pays du monde qui s'est le plus battu dans l'UNIVERS [excusez du peu] pour la liberté des autres."
Il faut dire que l'exagération ne l'étouffe pas, lui qui flatte les gens avec des mensonges éhontés.
Cette vidéo a fait le tour des radios-tv allemandes en 2007 ainsi que cette photo:
Une journaliste allemande rentrant de Paris m'écrivait:
"Mais qu'est-ce que cela me rappelle ?"
(plus tard, elle m'a confié que lorsqu'elle est entrée dans ce hall d'entrée, un frisson lui a parcouru le dos, souvenir d'un autre portrait, flanqué de flambeaux. )
Elle poursuit dans son mail: "Qui s'intéresse encore à cet article du Nouvel Obs? " étouffé lui aussi:
Big Brother, rue d'Enghien
Une cellule des RG fiche les riverains du QG de Sarko
Début janvier, Nicolas Sarkozy établit son QG de campagne 18 rue d'Enghien, dans le 10e arrondissement de Paris. Le candidat a choisi ce quartier pour s'éloigner des arrondissements chics, les 8e et 16e.
Dès le premier jour, la rue d'Enghien est mise sous haute surveillance policière. Dans la foulée, tous les habitants des trois immeubles qui font face au QG reçoivent une étrange enveloppe saumon, sans cachet de La Poste. A l'intérieur, une lettre, datée du 15 janvier (voir document), leur demande de répondre au plus vite à un recensement de sécurité. On leur communique un numéro de téléphone. Au bout du fil, un policier questionne : nom, prénom, date de naissance. Au cours de la conversation, le policier se fait plus précis. Il suggère à son interlocuteur de ne pas recevoir de paparazzi chez lui, évoque avec lui les dangers terroristes, la présence d'un éventuel sniper planqué sur les toits. En quelques minutes, l'habitant de la rue d'Enghien est mis sous pression. Le voilà devenu un riverain fiché par la police. En fait, le fonctionnaire est un agent du service enquêtes des Renseignements généraux de la Préfecture de Police de Paris, basé rue aux Ours, dans le 3e arrondissement. Cette cellule des RG enquête généralement sur les mariages blancs, les candidatures pour les postes particulièrement signalés. Sa mission : fouiller le passé de certains citoyens pour le compte de l'administration. Des riverains sont choqués par la méthode. Pour la Préfecture de Paris, il n'y a rien d'illégal dans cette activité. Est-ce si sûr ? Des habitants fichés par la police pour le seul motif d'être logés près du siège du candidat UMP. Alors qu'aucun autre prétendant à l'Elysée n'a bénéficié de ce « régime de faveur ». Pour qui travaillent ces fonctionnaires des RG ? Pour le candidat Sarkozy ou pour le locataire de la Place-Beauvau ? Devant sa porte, une habitante ironise : « C'est une annexe du ministère de l'Intérieur, ici. »
Léna Mauger
Le Nouvel Observateur
Après l'élection, le pays a eu droit aux tentatives de manipulations historiques avec la lettre de Guy Môquet à lire le même jour dans toutes les écoles (!) - comme en dictature soviétique ou nationalsocialiste - la tentative heureusement avortée de faire porter par tout enfant de 10 ans le poids d'un enfant juif tué pendant la guerre, le refus de parler de la torture en Algérie et ailleurs (refus de ce qui est appelé "repentance", etc. etc...)
On construit un mythe à coup de déclarations médiatiques... et surtout d'influence sur l'Education de tout un pays, car c'est là que se forgent les mythes, dans le souvenir de choses apprises à l'Ecole et donc considérées comme vraies.
Lutter contre ces mensonges est très difficile pour des Historiens qui n'ont pas accès aux médias.
Il est quand même étrange, face aux âneries de la droite qui nous gouverne sur la nation, d'opposer d'autres âneries. N'en prenons qu'une : "la conscience nationale, autrement dit le nationalisme"! Le pays où nous vivons s'est construit en prenant conscience peu à peu, par le travail des historiens, des strates successives de cultures diverses qui, en se mêlant, ont fait ce qu'il est devenu. On a appelé cela : la nation, somme de tous ceux qui l'ont constitué au cours du temps. Les gaulois en ont été, comme nos immigrés devraient en être. La Révolution a ajouté à cette belle idée de la nation un sens politique : elle en a fait le fondement de la démocratie. Depuis, la nation c'est le peuple ainsi constitué par des cultures mêlées au cours du temps, mais de plus le peuple s'organisant politiquement, c'est-à-dire démocratiquement. Depuis, le seul phénomène politique véritablement mondial est la constitution de tous les peuples de la planète en nations, dans ce sens de prise de conscience historique de soi et d'organisation politique ; il n'y a pas, à cette échelle, la nation, mais des nations, et l'international, rapports entre nations et non pas dépassement de la nation, bute sur les histoires différentes et décalées dans le temps de ces nations en formation constante.Cette histoire a été tragique certes, mais c'est aussi elle qui nous a amené vers plus de démocratie, plus de bien être. Laissons tomber les rigolos qui ne comprennent pas plus les Gaulois que les aspirations des Français d'aujourd'hui, et les prophètes de tous les dépassements, de la mondialisation heureuse comme du grand soir. La gauche veut-elle réinvestir l'inter-national et donc réinvestir la nation telle que l'histoire l'a portée en se fixant les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité, ou continuer à écouter ceux qui s'en sont fait leur fonds de commerce par appropriation frauduleuse sous le nom de front "national", justifiant au passage les esprits forts - et fort incultes - de la presse des bisounours germano-pratains de "gauche"qui détourne l'attention du tumulte des peuples saignés par les multi-nationales?