Borloo candidat à son insu et de son plein gré ?
Les informations apparues dans les différents articles de Martine Orange sur Veolia et "l'hypothèse J.-L.B." m'amènent à me poser une question a priori surprenante mais qui mérite, à mon sens, d'être posée. Jean-Louis Borloo est-il candidat aux législatives dans la 21ème par choix ou simplement "faute de mieux" ? Je connais l'homme depuis longtemps, et je repense à certaines réflexions tenues devant moi ou devant d'autres (y compris devant une ministre socialiste du gouvernement Rocard), ainsi qu'une série d'événements bien particuliers.
Lors de la création de "Génération Ecologie" (j'en ai été le premier secrétaire régional, deux mois environ), il était clair qu'il s'attendait à entrer au gouvernement, appuyé par une partie au moins de l'équipe Rocard. Il avait été reçu quatre fois par F. Mitterrand qui l'avait longuement interrogé sur ce qu'il pourrait apporter à la majorité de l'époque et quelles étaient ses projets particuliers. Avaient été évoqués 1) ses contacts internationaux et la possibilité d'attirer en France des investisseurs étrangers. [Il louait des bureaux à Boston, Singapour et Nagoya, entre autres] 2) son intérêt à la question des banlieues et à leur traitement [La Briquette à Valenciennes/Marly, le Défriché à Condé, par exemple].
Quand il "recalé" au gouvernement, il en attribue essentiellement la responsabilité à Pierre Mauroy, alors que la vraie raison est probablement la guerre secrète qui vient d'éclater entre les réseaux de financement occultes du P.S. (SAGES contre URBA, mais on saura plus tard aussi qu'y sont impliqués de "frères" d'obédiences rivales et des loges "spéciales" qui se sont installées hors hiérarchies officielles). Il crée dans la foulée les listes "Borloxygène", bien plus destinées à la vengeance personnelle qu'à l'ambition personnelle de devenir Président de Région. Il paraît en effet que c'est sa mère qui a rêvé qu'un jour il serait président de la République, la Région ne serait pour lui qu'une perte de temps dans un parcours qu'il iùmagine plus flamboyant.
Sa stratégie manque de réussir, mais il n'imagine alors encore qu'une majorité régionale "Centriste-écologiste", avec un appui extérieur de la Droite. Il joue en ce sens et Chirac ira jusqu'à téléphoner en personne à Jacques Legendre (tête de liste RPR pour lui enjoindre de se retirer en sa faveur. Malheureusement pour lui, l'information sera transmise par des dissidents de droite à Michel Delebarre qui ne voit qu'un seul moyen pour "sauver" la situation : se sacrifier lui-même et donner la présidence à Marie-Christine Blandin, ce qui, d'ailleurs, entraînera un rapprochement entre "Verts" et P.S. au niveau national.
Lors des législatives de 1994, alors qu'il est élu au Parlement Européen et qu'il s'y trouve bien, il refuse dans un premier temps de se présenter aux Législatives. A l'époque, l'alliance "Verts-G.E." est créditée de scores importants dans les sondages et le P.S. a de quoi trembler. C'est à ce moment que se déroule un épisode tout à fait intéressant dans la biographie de J.-L.B. : On annonce qu'il a eu un problème cardiaque, et il est reçu assez longuement par J. Chirac. Alors que la 21ème circonscription du Nord (Valenciennes-Condé) est réservé à un candidat G.E. qui pourrait être soutenu dès le premier tour par plusieurs maire P.S., on annonce que, pour celle-ci "Jean-Louis se la réserve". Ce qui se confirme, mais avec une exception surprenante : ce sera la SEULE circonscription où un candidat ne recevra d'investiture, ni du RPR, ni de l'UDF !
Mais dès lors, le destin de J.-L.B. est scellé : ou tu marches avec nous, ou tu devra t'attendre à des représailles... Il tentera bien de se recréer un espace de liberté comme directeur de campagne de François Bayrou, mais il n'a plus le choix, et il rentre tout penaud dans le camp de la Droite, en essayant de s'y positionner comme "unificateur" et comme "porteur d'ouverture. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs compris tout l'intérêt du bonhomme, et il va l'utiliser en lui laissant tirer les marrons du feu. C'est en effet lui qui "débauche" quelques hommes "de gauche" ou assimilés, populaires dans l'opinion comme Bernard Kouchner ou issus de la "diversité" comme Rama Yade ou Fadela Amara. On le chargera aussi d'amadouer les écolos avec le Grenelle de l'Environnement, prometteur sur la méthode, mais comme dirait Pasqua "Les promesse n'engagent que ceusx qui y croient...
On lui promet Matignon, puis on le laisse tomber. Quand il se rend compte qu'il a été floué, il est trop tard. Il a contribué à "flinguer" politiquement ses amis compromis par la prétendue "ouverture", et in fine, quand il menace de repartir dans le privé (d'où il sort) et d'abandonner la politique, on monte une opération particulièrement subtile de déstabilisation avec Veolia.
Quand il annonce aujourd'hui dans la "Voix du Nord" qu'il n'y est pour rien, la première question u'on peut se poser est : "Et pourquoi pas ?"
La 2ème est, quand il annonce qu'il sera candidat est : "A-t-il le choix ?"
La 3ème est : "Les officines des Hauts-de-Seine" et de la GLNF y serait-elles pour quelques chose ?"
La 4ème est : "Y a-t-il encore un avenir au fond du gouffre ?"
... Et donc "A quoi bon s'obstiner, sauf à confondre les rêves et la [très dure] Réalité" ?


Tous les commentaires
"Affaire du financement de la campagne de 20007 par Khadafi" :
Quelle surprise ! Où donc Hafez el Assad a-t-il été initié à la GLNF ?
A Neuilly.
Je le sais d'autant mieux que le Véné de l'époque est un ami personnel, qui aujourd'hui a changé d'obédience, tant il était écoeuré de ce qu'il a vu...
Et si vous lisiez mon blog ?
Sur l'évolution de ces derniers jours, pas de surprise et seulement des incertitudes. La seule question valable est : Quand l'Europe va-t-elle comrendre que l'investissement productif est distinct de l'investissement au seul sens "fiscal" du terme (puis-je déduire ou non de mon C. A. ?), ce qui vaut, évidemment, pour tout achat de produit financier ("toxique" ou non) qui ne produit que de la plus-value en numéraire et non en bien ou service (réel, càd produisant du bien être humain).
Définition réelle de la "valeur-Travail" : tout ce qui est produit doit étre acheté par quelqu'un qui y trouve un véritable intérêt ! Essayez donc d'habiter deux lieux distincts en même temps, ou de regarder 2 postes de télé en même temps si vous n'êtes pas bigleux. Si vous redistribuez à votre famille ou à des amis, c'est quand même de la redistribution.
CQFD