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G20 : Régulation et imagination

Lors de sa conférence de presse, le Président Sarkozy a déclaré "Pour dire la vérité, c'est au delà de ce qu'on pouvait imaginer. Nous sommes tous confiants du fait que tout seul, nous ne pouvons rien. C'est émouvant de voir des pays aussi différents de se mettre d'accord " a -t-il souligné , en se félicitant du fait que "pour toutes les mesures, il y a une méthode, il y a un calendrier et un responsable". "

Le lyrisme n'a pas été l'apanage du Président Français . Un nouvel ordre mondial émerge et avec lui nous entrons dans une nouvelle ère de coopération internationale", s'est pour sa part félicité Gordon Brown, l'hôte du sommet des 20 pays développés et émergents. Il s'agit d'un "compromis historique pour une crise exceptionnelle" a pour sa part commenté Angela Merkel, la chancelière allemande.

Si l'on en croit les dirigeants du G20 un terrain d'entente a été trouvé pour apporter des remèdes à la pire crise économique depuis la seconde guerre mondiale. Les marchés ont été enthousiastes, et continuent leur hausse récente.

Cette vision paradisiaque (alors que dirigeants du G20 claironnent la fin des paradis fiscaux) traduit un optimisme qui rappelle l'euphorie des bulles financières. Elle s'appuie sur des mesures qui semblent traduire en revanche que l'imagination des milieux financiers est nettement moins fertile lorsqu'il s'agit de renforcer la régulation que lorsqu'il s'agit de la tourner et d'y créer des "loopholes".

L'annonce que les "hedge fund", vont faire l'objet d'un enregistrement systématique auprès des régulateurs nationaux ne parait pas particulièrement émouvante, l'indication qu'ils seraient contraints à une transparence de gestion peut en revanche susciter l'hilarité nerveuse à l'évocation de l'affaire Madoff.

Le Président Sarkozy se félicite que la France ait obtenu que le renforcement de la réglementation financière soit inclus dans le communiqué final. La réforme fondamentale du système financier se traduirait par le fait que l'encadrement des bonus des traders se réfère aux propositions de la Fédération Bancaire Française (FBF) qui suggère de revoir le mode de calcul de ces primes afin de les rendre moins sensibles aux performances à court terme. On imagine sans peine que les dirigeants de banque tremblent comme l'ont fait les patrons du MEDEF avec le code de bonne conduite en matière de rémunération. Il est vrai que l'on n'imaginait pas que l'on aille, dans les solutions à la crise, jusqu'à prévoir de suivre les propositions d'un organisme aussi sensible que la FBF aux thèses des anarchistes anti-banques qui occupent la City

Il est prévu que les normes comptables soient aussi amendées, avec un assouplissement du principe de la comptabilisation en valeur de marché, et la possibilité, pour les banques, de constituer des provisions dynamiques en période de croissance, afin de préparer les creux de cycle. Il est certain que l'on va au delà ce ce qui était imaginé, car on pensait aller dans le sens contraire!

La France a plaidé pour que les banques soient contraintes de prendre des participations dans les montages de titrisation qu'elles élaborent, afin de ne pas se défaire intégralement du risque sur les marchés. Il convient de rappeler qu'un des problèmes fondamentaux pour les banques concernant les opérations de titrisation a été que les banques financaient les investisseurs qui achetaient les titres issus des titrisations, avec des effets de levier allant jusqu'à 60. On n'avait donc pas imaginé qu'un "ticket modérateur" de quelques pourcent soient dissuasifs de pratiques imprudentes alors que les banques, dont il est vrai qu'elles avaient cédé intégralement les titres, avaient pris des risques des dizaines de fois plus importants que celui qu'on leur demande de conserver.

On avait imaginé que la question du traitement des actifs toxiques, pointée à maintes reprises par le Fonds Monétaire International serait abordée, mais il semble que là encore on soit allé plus loin que l'on ne pouvait imaginer, dans le sens contraire.

On dit parfois que "On n'arrête pas le progrès, surtout lorsqu'il va dans le sens contraire". On n'arrête pas l'imagination, surtout lorsqu'elle va dans le sens contraire. D'autant plus que la lecture des propositions des partis politiques, comme des "cercles de réflexion" et autres "think tanks" ne révèle strictement aucune imagination réellement constructive et permettant de définir un capitalisme rénové.

Tous les commentaires

@cher georges, Seriez vous encore idéaliste ? Ceci dit avec votre expérience et votre connaissance de ces milieux, c'est beau, cela révèle un mental de jeune homme que je vous envie ...

@cher arquius cela en fait révèle un mental de grand père qui continue le combat pour sa petite fille

@ Cher georges, quelle chance elle a d'avoir un tel grand père. moi, je suis toujours dans l'attente, mais ça devrait venir bientôt. En attendant, je ma bats comme vous pour les jeunes.

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Bonjour à tous, Souvenons-nous tout de même d'un des précédents effets d'annonce de notre Tartarin, qui après avoir versé d'énormes subsides d'Etat à 2 constructeurs automobiles Français (PSA et Renault) s'insurgeait haut et fort sur ses petites pattes contre toutes éventuelles délocalisations à l'Est (pas d'Eden mais de l'Europe) des deux bénéficiaires. Une convention avait alors été établie en ce sens entre l'Etat et les deux constructeurs auto. Seulement voilà l'UE n'était pas tout à fait d'accord sur le principe et le Canard Enchaîné révéla deux semaines plus tard qu'une Draft (document confidentiel) émanant du ministère des finances Français assurait l'UE, que ladite convention passée n'avait strictement aucun caractère d'opposabilité contractuelle. Donc, uniquement une déclaration d'intention. On s'amuse bien quand même. @ +NEO-

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