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A propos des bonus des banquiers

Il ne s'agit pas seulement d'empêcher les banquiers de se verser des bonus, de continuer à se verser des rémunérations abusives et de se faire attribuer des stocks options indécentes. Il faut revoir un système de rémunération et de stock options qui est une incitation à une gestion dangereuse, contraire à l'intérêt de la banque et qui est à l'origine de développement de risques systémiques. Il faut s'interroger par ailleurs sur les rémunérations passées des banquiers, qui étaient fondées sur l'illusion d'une compétence démentie par le défaut manifeste de maitrise de la fabrication des produits financiers, qui se sont révélés toxiques pour les banques et pour l'économie, sur des stocks options dont l'exercice a généré des profits qui étaient artificiels.

Il ne s'agit pas seulement de remettre en question la rémunération future et passée des banquiers, mais aussi de tous ceux qui se sont enrichis d'une manière qui se révèle totalement abusive sinon frauduleuse. Il s'agit des honoraires et commissions des auditeurs, cabinets d'avocats, banquiers d'affaires, assureurs qui ont conçu, mis en place ou approuvé, cautionné et garanti les montages ruineux et frauduleux , les produits toxiques et les techniques financières spéculatives qui ont créé une crise qui ébranle les fondements même de la société.

Il s'agit d'exiger la restitution de ces profits illicites et sinon d'exercer les poursuites civiles et pénales pour en obtenir restitution.

C'est par cette restitution que pourront être financées les mesures nécessaires de revitalisation de l'économie. C'est par ces sanctions que pourra être restauré le contrat social et évité une très grave crise sociale et une remise en cause violente du système.

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Restitution, oui bien sûr. Ça me semble si naturel, si normal, que je suis toujours aussi surpris que personne n'en parle jamais.
Ces montages, ces manoeuvres, on pourrait très bien les analyser comme du vol ou des escroqueries, alors pourquoi ne le fait-on jamais? (ne serait-ce que pour démentir le cas échéant)
S'il y a de l'argent qui est volé, et bien il faut le rendre, c'est pourtant simple!

Il est vrai, Georges, qu'il faut nettoyer les écuries d'Augias, car elles débordent de sanies et autres produits toxiques. Qui va s'atteler à ce travail, vu les forces en présence et leur infiltration dans tous les secteurs ?

Eh ben, la gauche joyeuse, naturelle et voluptueuse, quand elle aura pris des forces. Pour les écuries d'Augias, il faut un Hercule, et pour l'Hydre de Lerne aussi; idem pour le Lion de Nemée et pour les neuf autres travaux. C'est pourquoi il faut que la gauche joyeuse, naturelle et voluptueuse mange sa soupe et se couche tôt après avoir dit bonsoir et s'être brossé les dents.

Le problème, je suppose, est que pour qu'il y ait une action en justice il faut un plaignant et une cause juridiquement recevable (sans parler d'un juge honnête, mais ca c'est un autre problème). Or si les dirigeants des banques ont bénéficié de conditions de rémunération indues, c'est quand même parce que l'assemblée générale à validé ce mode de rémunération. Si les actionnaires ont été trompés sur la compétence de ces dirigeants, c'est d'abord à eux de leur faire un procès. La seule alternative efficace serait une "class action", mais je ne crois pas que cela existe ici?

La class action, encore une de ces "techniques d'action" anglo-saxonnes qui manquent cruellement à nos habitudes culturelles, comme aussi par exemple le boycott, lui aussi redoutable d'efficacité.

On retrouve ici le problème de l'intérêt à agir v/http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/230309/question-d-interet

Pour ma part, je considère que c'est la régulation du système qu'il faut questionner et changer. Dans son billet Georges de Furfande évoque de façon rapide la responsabilité des auditeurs. Je voudrais prolonger cet aspect. Toutes les entreprises, à commencer par les banques, qui depuis six mois ont annoncé des pertes abyssales surgies des profondeurs de leur bilan, font pourtant l'objet d'un contrôle annuel de la sincérité de leur comptes en vue de leur certification. Un contrôle apparemment tout ce qu'il y a de plus rigoureux et pour lequel sont grassement rémunérées des firmes internationales (PWC, Ernst&Young, KPMG etc...). Des normes internationales,réformées pour plus de transparence , devaient parachaver ce bien bel édifice de contrôle. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes comptables. Or que constate t'on ? Rien, elles n'ont rien vu venir ! Rien, pas même une petite alerte, un petit signe. Non elles découvrent comme le citoyen lambda en ce mois de septembre 2008 que Lehman Brothers est en faillite. Elles ne savent ni comment ni pourquoi, ni de combien. Alors quelques petits sujets de méditation : - L'auditeur est rémunéré par l'entreprise qui le nomme et le révoque. N'y aurait-il pas quelque chose à changer ? -L'auditeur n'assume dans les faits aucune responsabilité laquelle pourtant est écrasante. N'y aurait-il pas quelque chose à changer ? Plus généralement, la posture morale dans lequel se drappent les gouvernements en écho à l'indignation de leurs opinions publiques ressemble de plus en plus à un rideau de fumée. Où sont donc les propositions de transformation radicale non pas du système mais de son mode de régulation ? Pas vu dans les partis politiques. Pas vu dans la sociêtê civile. La verrons nous au G20 ? Il est plus que temps qu'êmergent des propositions clefs, pas forcément spectaculaires, mais qui par leur logique pourraient donner un cours nouveau à une économie de marchê, plus juste et plus solidaire. Comment coaliser et faire émerger le savoir collectif de tous ceux qui peuvent construire ce nouveau mode de régulation ? Un manifeste ? Signê par des millions de citoyens ? Relayê par chacun dans ses multiples rêseaux d'influence ? Le temps presse. Ou bien allons nous laisser les mêmes qui nous ont conduit dans cette impasse, les mains libres pour rêformer le système à leur façon, leçon de morale en prime.

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