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Crier avec les loups

La polémique sur les stock options fait sortir les loups du bois. Le directeur général d'un cabinet de conseil aux actionnaires , Deminor, déclare "Il ne faut pas crier avec les loups" en affirmant "Il y a des bonus qui me sembleront normaux, logiques" . L'argumentation de Fabrice Remon traduit en fait le problème structurel des stock options dans la philosophie du capitalisme financier. Il soutient en effet "Le bonus incite la personne à bien travailler dans l'intérêt de la société mais également dans l'intérêt des actionnaires. Si l'on casse tout type de bonus, on va casser le principe même de la motivation". Il s'agit là de la philosophie de la "valeur actionnariale" qui a été un dévoiement de la philosophie du "gouvernement d'entreprise" : la théorie du gouvernement d'entreprise traduisait la défiance envers le capitalisme managérial, dont les errements avaient provoqué la crise des années 1970 et demandait aux administrateurs d'exercer un contrôle effectif des dirigeants et d'assumer leur rôle dans la définition de la stratégie de l'entreprise. La "théorie de la valeur actionnariale" a voulu faire prédominer les intérêts des actionnaires sur ceux de la société, au profit d'actionnaires qui ne sont que des investisseurs très temporaires dans la société qui viennent pour extraire des flux financiers par une saignée excessive détournant exagérément des flux financiers et s'octroyant des plus values artificielles. Les dirigeants et cadres , sous la pression de ces actionnaires de contrôle en ce qui concerne leur désignation ou leur maintien à la tête des sociétés et avec l'incitation des stock options et des bonus, ont ainsi géré et agi dans l'intérêt de ces actionnaires. Ce qui est susceptible de qualification pénale au regard de l'abus de biens sociaux pour les dirigeants a en tout état de cause été très préjudiciable aux sociétés , et aux différents intérêts en cause en particulier ceux des salariés. En soulignant que les bonus stock options sont importants dans la motivation des dirigeants et cadres (tels que les traders) et les font agir dans l'intérêt des actionnaires, qui sont poru les clients de Deminor comme de l'ADAM en fait les loups qui vampirisent les sociétés, Fabrice Ramon ne fait que démontrer que les bonus et stock options doivent être refusés

Tous les commentaires

Il est effectivement intéressant de voir la notion de "motivation" utilisée pour justifier les bonus stock options. Elle a probablement une place non négligeable dans l'engrenage des mécanismes permettant la fluidité de certaines formes de corruption financière.

C'est pour cela qu'a mon sens l'actionnariat spéculatif devrait être fortement pénalisé fiscalement parlant. On peut définir l'actionnariat spéculatif comme un actionnariat court-termiste, dont le seul but est de faire une plus-value rapide sur une action, sans aucune notion d'investissement ou de gestion industrielle. C'est cet actionnariat-là qui recherche le rendement à tout prix et "motive" les dirigeants formés à cette école. Ecole qui dit que la liberté de l'activité boursière garanti l'allocation optimale des ressources. C'est sans doute vrai dans un monde parfait modélisé dans un ordinateur, mais ca n'a rien à voir avec la réalité. C'est pour éviter cela que de nombreuses PME de grande taille (plus de 1000 employés), notamment en Allemagne, ne sont pas cotées en bourse, et ne sont pas soumises à des dirigeants ayant perdu tout sens de ce qu'est réellement l'outil industriel.

L'actionnariat court termiste n'est pas restreint aux sociétés cotées, c'est aussi le cas des private equity funds

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