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Coopératives d'habitants, c'est reparti ...
Habiter autrement, décider soi-même de l'endroit et de la manière dont on va vivre, lutter contre la spéculation foncière, adopter un fonctionnement démocratique ... autant de souhaits qui semblent relever de l'utopie pour la plupart d'entre nous. Et bien, pas tant que ça. En suivant depuis deux ans et demi un groupe de résistants, d'acharnés, d'irréductibles citoyens, je me suis rendu compte qu'une belle idée mise à mal il y a 40 ans était en train de renaître : les coopératives d'habitants.
Ce groupe s'appelle Le Village Vertical et va s'installer en 2013 sur la commune de Villeurbanne, dans le Rhône. J'ai donc suivi, avec ma caméra, les différentes réunions de travail qui ont permis d'aboutir à un résultat impressionnant : la construction d'un bâtiment dessiné par ses futurs habitants, en collaboration avec les architectes qu'ils se sont choisis. Un bâtiment où l'on aurait vraiment envie de poser ses valises, non seulement parce qu'il respire, mais aussi parce qu'il propose un autre mode de vie. Des espaces communs, des jardins, une buanderie, des chambres d'hôtes ... autant d'aménagements pour lesquels il aura fallu se battre, mais qui vont permettre à chacun d'imaginer une vie collective plus riche que dans un immeuble "traditionnel".
Prenant exemple sur la Suisse, l'Allemagne, le Québec et l'Argentine, et avec l'aide de l'association Habicoop, ce groupe de 11 ménages prouve par sa ténacité qu'une autre autre voie se dessine en matière de logement. Ni propriétaires, ni locataires, les futurs habitants proposent de créer un statut spécifique dont le but sera de faire en sorte que la valeur des logements n'augmente pas plus que le coût de la vie.
En novembre dernier, dans la grisaille des brouillards de l'agglomération lyonnaise avait lieu une petite cérémonie pour la pose de la première pierre du bâtiment, qui sera inclus dans un projet immobilier plus vaste. L'occasion pour moi de présenter in situ le projet dans sa phase de concrétisation.

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Je ne comprends pas très bien le principe : est-ce que des gens comme vous z'et moi peuvent y habiter ?... Est-ce que c'est cher ?... Est-ce que c'est confortable ?...
Plus précisément, si ces gens ont le privilège de vivre "autrement", sont-ils d'absolus privilégiés, qui désormais peuvent se moquer pas mal du déluge autour ?... Peut-on savoir comment ils se sont retrouvés ?... comment s'est précisée leur collaboration ?... combien de temps ça a duré ?...
Si je rêve de faire la même chose avec des potes, que pourrais-je faire ?... qui pourrai-je avoir comme interlocuteur ?... à quelles difficultés dois-je m'attendre ?... qui peut m'aider à les dépasser ?...
Ce n'est pas de rêves dont j'ai besoin, c'est des moyens de les réaliser.
Jean-Jacques M’µ
Cela fait beaucoup de questions, auxquelles je vais répondre dans l'ordre.
(Mais en fait, je publierai aussi différentes vidéos, petit à petit, dans lesquelles les membres expliquent le fonctionnement de leur coopérative).
N'importe qui peut habiter dans ce type d'immeuble. Le "loyer" dont s'acquitteront les coopérateurs (qui permet de rembourser l'emprunt collectif) est d'environ 11 euros le mètre carré. Mais il faut savoir que les factures seront sans aucun doute bien inférieures à celle d'un logement traditionnel. Je pense que ce sera très confortable ; en tout cas ce sont les futurs habitants qui ont décidé de la plupart des éléments fondamentaux (type de chauffage, d'isolation, disposition des pièces ...) comme vous le verrez dans la prochaine vidéo.
Non, les habitants ne se moquent de ce qui se passe autour et leur principal souci désormais consiste à faire évoluer la législation de façon à ce que leur "modèle" puisse être reproduit à grande échelle.
A la base (en 2006), il y avait quelques familles qui n'avaient pas les moyens (ou pas la volonté) d'acheter, qui ne voulaient pas louer un logement HLM, qui ont réfléchi à ce qu'elles pouvaient faire ensemble. Ensuite, les autres se sont adjoints soit par le bouche à oreille, soit par le biais de l'association Habicoop, soit en fouinant sur internet.
Beaucoup de groupes se sont déjà constitués en France ; certains avancent bien. L'acquisition du foncier et la discussion avec les banques sont souvent le point le plus délicat. L'association Habicoop a pour vocation de les aider à constituer les dossiers, leur fournit le cadre législatif dans lequel ils peuvent s'inscrire.
Les difficultés ? Principalement le temps, parce que ce type d'opération demande à chaque participant un investissement considérable. Patience et bonne volonté. En tout cas, cela ne concerne pas uniquement un "public" de nantis, bien au contraire (parmi les membres du Village Vertical figure notamment un jeune ouvrier chez Bosch, une dame atteinte de la sclérose en plaques dont les revenus sont très modestes ...).
En somme, il ne s'agit pas de chimères, mais bien de la réalité en marche, malgré les réticences politiques.
Géraldine.
Ça me plaît.
Ça m'intéresse.
Je suis sérieux.
Jean-Jacques M’µ
www.abceditions.net
Je mettre en ligne dans la semaine une réunion de travail avec les architectes que j'avais filmée il y a quelque temps, pour que vous puissiez voir le fonctionnement. Pour ce qui est des renseignements, vous en trouverez notamment sur ces deux sites :
http://www.village-vertical.org/
http://www.habicoop.fr/
Celui d'Habicoop mentionne les différents groupes constitués, région par région.
Très intéressant. On attend la suite avec impatience. En attendant on va aller explorer les chemins ouverts. Nous avons vraiment besoin de ce genre de bonnes nouvelles intelligentes et constructives. Merci Géraldine. A bientôt.
Oui vraiment une initiative concrète qui" fait sens"dans cette nouvelle société qui doit changer ses modèles pour survivre.
Merci à vous. Je suis persuadée de l'intérêt du sujet, qui a pourtant bien du mal à trouver un diffuseur ... (sujet trop "politique", nous a-t-on répondu ...)
Vous êtes éditée ?
Bonsoir et merci de rendre compte de ces changements;
quand on touche au foncier, c'est...trop politique!
Quoi qu'on touche, c'est toujours trop (ou pas assez) politique quand on ne veut pas entendre. Des expériences de vie dans des milieux choisis, il y a longtemps que beaucoup en rêvent. Moi, en tout cas.
Ce que j'aimerais savoir (mais Géraldine ne nous donne les informations qu'au compte goutte, il faut croire, sans doute par crainte de passer pour prosélyte en arrivant sur un site), c'est s'il s'agit d'un refus de diffusion d'un film ou d'un livre. Si l'information existe sous forme de photos ou sous forme de video... Bref, où est ce qui bloque, pour essayer d'identifier ce qui pourrait nous aider à débloquer, éventuellement, sait-on jamais ?
Bonne soirée.
Deux films me reviennent en mémoire à propos du vivre ensemble :
La vie est belle, de Franck Capra, ou comment un philantrope ayant donné un toit à chacun les a sauvés de la misère, de la prostitution, de l'alcool et de la mort.
La Cecilia, de Jean-Louis Comolli, ou comment une poignée d'anarchistes italiens essaient de tenir une communauté sur une île où ils ont été exilés par l'archiduc.
Jean-Jacques M’µ
C'est en fait un diffuseur télé que nous cherchions, mes producteurs et moi-même. La chaîne Parlementaire nous avait d'abord donné son accord, avant de se désister.
Quant à la personne en charge des documentaires sur France Télévision, celle-ci nous a répondu avec beaucoup de condescendance que, dans la mesure où une partie significative du film se déroulait "en région", il ne pouvait pas être considéré comme un sujet d'envergure nationale ...
Pourtant, mon projet consiste à resituer cette renaissance des coopératives dans un contexte historique, et à comparer notre système de fonctionnement avec ce qui se fait à l'étranger (notamment en Suisse et en Argentine).
Mais je ne sais pas si tout cela pourra voir le jour ...