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Aoû

MEDIAPART

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sans souci de l'heure ni du lieu

Ici, c'est un ici très particulier. On n'y fait que parler, envoyer des images. Parler tout seul, parfois, mais pas pour se parler à soi-même ;quoique...

Parler surtout par écrit.. On ne peut être trahi par une attitude, une expression, un geste ; on peut (on doit) revenir sur ce que l"on vient de dire, le compléter, le corriger, en prenant ou en volant le temps. On peut "entendre" les autres, avec le même temps possible de retour sur ce qu'ils ont dit, de réflexion sur les motifs et les raisons de ce qu'ils -elles disent. On peut "écouter" quelqu'un qui ne sait pas même que vous existez, lui parler sans savoir qui elle-il est. On peut avoir un vilain mot, ou une phrase trop rapide ; mais jamais un vilain geste.

On a, ici, les moyens de se montrer "raisonnable et humain", tels que le papa d'Axel Kahn l'adjurait d'essayer d'être. On peut ridiculiser et haïr la bêtise, sans étendre la haine à ceux qui en sont affligés. On peut, petit à petit, connaître certaines et certains, qu'on va fréquenter de plus près, sans mordre sur leurs temps contraints, ni qu'ils empiètent sur les vôtres. Ces certaines et certains-là peuvent être de partout et de nulle part, d'aujourd'hui ou d'avant-hier, de goûts et activités innombrables et si divers, qu'on n'aurait pu les rencontrer nulle part ailleurs. On les rencontre comme on a rencontré Rabelais ou Shakespeare, avec l'énorme avantage qu'ils peuvent répondre ou interpeller.

On peut s'exprimer, informer et s'informer, discutailler ou débattre, raisonner. On sait qu'on aura des témoins imprévus, et il faut l'assumer. On sait qu'ici, les paroles s'envolent moins vite. On sait aussi qu'on peut parler de n'importe quoi, mais pas n'importe comment, sous peine de se voir abandonné ou dénoncé très vite, et à longue portée.

Rabelais, Voltaire, le papa d'Axel Kahn, et tant d'autres de mes amis livresques, auraient adoré cette Thélème post-moderne. Continuons de l'agrandir, de la meubler, de nous y retrouver quels que soient le lieu et le temps. A vous tous, fraternité !

Tous les commentaires

05/03/2012, 08:45 | Par la dame du bois-joli

ici, on peut  toucher, doucher, regarder , mais on ne touchera  jamais, en vrai

ici, c'est une parenthèse

on prend ses aises 

un repos

un lit jonché d'idées et de mots

ici, des nuages bleus qui trouent le grain gris de la vie

ici, c'est possible

ici, c'est beau

05/03/2012, 09:34 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de la dame du bois-joli le 05/03/2012 à 08:45

Chère dame, continuez de nous envoyer des vues de votre bois. Quiand les mots s'envolent, c'est qu'ils sont musique...

05/03/2012, 09:17 | Par C'est Nabum

Gilbert

Je donne bien plus d'importance à ces écrits que je ne considère pas comme des paroles planantes. Je sais qu'elles tombent souvent à côté, qu'elles ne trouvent que trop rarement regard attentif, mais si je les lance ici et ailleurs, c'est pour y mettre ma vie, beaucoup de moi-même et espérer avoir quelques échos.

C'est un acte désespéré et quand le silence me renvoit l'indifférence des autres, je suis au plus mal.

Quant à penser qu'il y a sur la toile espace à la littérature, je doute et pourtant je poursuis mon chemin de quelques mots soignés.

Alors, la bouteille à l'amer, je suis un des ces naïfs dont vous êtes tout autant

05/03/2012, 09:33 | Par Gilbert Pouillart en réponse au commentaire de C'est Nabum le 05/03/2012 à 09:17

Non, pas "naïfs". Actifs , et optimistes : la bouteille à la mer, c'est unacte, et pas "gratuit". Si on peut aider ( notre Annie,par exemple), faire plaisir (particper à un délire, s'amuser à poéter plus haut qu'on n'a le luth), s'instruire, séduquer (self, co et hétéro : on mange à tous les râteliers), on ne perd, ni sonh temps, ni celui des autres. Courage, cher frère pas con...

25/03/2012, 22:57 | Par pim

""On peut "écouter" quelqu'un qui ne sait pas même que vous existez, (...)"

Hé ! Hé !

"On peut avoir un vilain mot, ou une phrase trop rapide ; mais jamais un vilain geste."

ça, c'est vrai, c'est assez pratique !...

Du coup, on s'autorise ...

Ah ! les charmes du confessional, de la distanciation, du "Écoute ! Mais pas touche !" ( variante du "Regarde ! Mais pas touche !")

En un mot, tous les charmes de la séparation, du on vit ensemble, on a besoin les uns des autres, mais ... de loin, surtout !..

J'ai lu quelque part que le système des castes serait né, en Inde, d'une volonté de la cate sacerdotale, notamment, de prendre de la distance dans la promiscuité.

Mais cela n'ôte rien à la qualité de votre texte.

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