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Des actions et des mots pour la reconquête des libertés
La guerre, c'est le maintien de la paix. L'exécution sommaire, c'est la justice. La concurrence libre et non faussée, c'est la vie. La presse, c'est la vérité. La répression, c'est la liberté. La précarité c'est l'aventure. Le contrôle, c'est la libre circulation. La libre circulation des hommes c'est celle des capitaux. Le droit à l'oubli c'est le fichage... Notre démocratie meurt de ces manipulations du discours et de la réalité.
Et l'on pourrait continuer: facebook c'est l'amitié, le nucléaire c'est la protection de l'environnement. La liberté c'est un pacte d'actionnaire. La vidéo surveillance c'est la protection. L'égalité c'est l'égalité des chances ....le chomage, c'est de la fraude.
Cette novlangue et les manipulations sémantiques ressortent d'un projet idéologique clair.
L'assaut contre le temps de cerveau disponible est devenu une méthode de gouvernement et un projet de société identique à celui que décrivait Georges Orwell dans son roman 1984 (publié en 1949) se met en place.
Comme le disait Orwell " Cette simplification lexicale et syntaxique de la langue est destinée à rendre impossible l'expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique (et même la seule « idée » de critique) de l'Etat et du gouvernement.." Bref à changer la vie.
Nous en sommes là.. Le projet du gouvernement et de certains syndicats droitiers de la police est de faire de la sécurité un principe constitutionnel et tordant complètement le sens de la notion de surêté issue des déclarations des droits de 1789 et 1793. Le citoyen n'a plus le droit de revendiquer une surêté pour lui même contre l'arbitraire de l'Etat, du gouvernement ou et de son voisin..Le droit à la sécurité n'est plus un attribut du citoyen, celui ci est devenu suspect et c'est l'Etat et le gouvernement qui produiront la sécurité et gare à ceux qui ne respectent pas les nouvelles dispositions de contrôle et de sanction dont le developpement s'accélère à chaque fait divers.
Le site OWNI recense 42 lois sécuritaires depuis 2002 avec une accélération à partir de 2007..
Le but est que la liberté se conforme à l'ordre ultra-libéral et capitaliste. A ce sujet la méthode du gouvernement est radicale, il s'agit non seulement avec les médias dominants de de-structurer le sens commun et d'instaurer une police de la pensée mais aussi de marquer dans les chairs ce nouvel ordre dont il y a peu on disait qu'il correspondrait à la fin de l'histoire..
Bien sûr, l'imitation du Patriot Act juste après 2001 et la généralisation de ses procédures dérogatoires de l'Etat de droit dans tous les pays du monde s'est traduit en France par divers textes liberticides: citons chronologiquement les lois sécurité quotidienne, sécurité intérieure qui pénalisent la mendicité, le racolage passif, les rassemblements dans les hall d'immeuble etc,, la loi Perben II qui généralise l'utilisation de la notion de bande organisée avec des pouvoirs exhorbitants de police en matière d'écoutes de surveillance du net, de perquisition de nuit ou de sonorisation..Cette tendance se poursuivra avec la loi sur les peines planchers ..etc.
Il est vrai que cette tendance sécuritaire avait bien commencé à gauche aussi avec le colloque de Villepinte du PS du 24 et 25/10/1999 ( cf par exemple : http://www.liberation.fr/politiques/0101272632-securite-le-zele-des-convertis-ps-contre-la-violence-urbaine-des-elus-socialistes-revendiquent-la-repression-en-plus-de-la-prevention).
L'avenir allait dépasser ces apprentis de l'opportunisme pour un résultat chaotique et maintenant préoccupant.
Mais cet Etat Pénal revendiqué qui rogne continuellement sur les libertés publiques et individuelles va s'attaquer au coeur du dispositif de la République sociale. Les travailleurs sociaux vont devoir partager leur secret professionnel avec les policiers, les maires vont être conviés a prononcer des sanctions pénales, le statut des milices privés et vigiles en tout genre est étendu.
Tout dispositif social devient exclusivement un dispositif de contrôle: ANPE, administration communale, éducation nationale dont le contrôle de l'absenteisme scolaire aura pour fonction essentielle de susprendre les allocations familiales.etc On braque l'instrument pénal sur les plus faibles, les précaires, les jeunes , les étrangers, les fous...Un psychiatrie policée apparaît.
Le coeur de cette nouvelle doxa est la loi prévention de la délinquance de 2006 qui en soi expose ce projet réactionnaire de société.
A partir de cette milieu des années 2000 le déterminisme social devient la règle le comportementalisme est promu au rang d'un mode de résolutions des conflits.. Ainsi sortira le rapport de l'INSERM en 2005 qui propose de dépister, dès la grossesse, les signes avant-coureurs de risques de "troubles de conduites" des enfants, définis comme "troubles oppositionnels avec provocation", et autres "atteintes aux droits d'autrui et aux normes sociales". Les futurs délinquants sont des foetus, il faut les prendre en charge sans désemparer... Les divers rapports Benisti vont accompagner le mouvement.
Si les jeunes sont a surveiller, tous les étrangers aussi; et les malades psychiatriques aussi qui ne devront jamais plus quitter leur camisole chimique...Les peines deviennent des mesures de surete sans délai de fin de peine....
A chaque fois les opposants à ces dispositifs dans les différents secteurs penseront que c'est un malentendu, que le pouvoir va reculer...Il n'est est rien car c'est un projet global de société de contrôle qui est à l'oeuvre. Ce projet est clairement relayé par la mise en place d'un réseau de fichiers de population ( stic, fnaeg). Il faut surveiller, croiser les fichiers sociaux, pénaux faire ermerger dans la population un sentiment de crainte et une culture de soumission face à un arbitraire de l'Etat et de sa police.....
La protection de la CNIL a fait long feu, aujourd'hui l'offensive de ce contrôle touche l'Internet sous prétexte de régulation . Loi LOPPSI II et plus encore le décret du 1° mars 2011 oblige désormais les fournisseurs de services sur Internet à conserver pendant un an mot de passe, traces d'achats ou commentaires laissés sur le web par les internautes. La police pourra y avoir accès lors d'enquêtes, ainsi que le fisc ou l'URSSAF et de fait à toutes les informations confidentielles: la correspondance privée n'existe plus. Le forum E G8 qui s'est tenu fin mai est caractéristique de la méthode: allier le developpement du commerce et le contrôle et l'interdiction sous prétexte de lutte contre la pédophilie ou de respect des droits d'auteur ( loi Hadopi)
La mise en place d'un Schengen virtuel pour le net va définitivement clore la liberté du net dans l'espace européen avec des listes de sites censurés à priori.
Aussi revenir sur ces processus mortifères et re-conquérrir cette liberté individuelle et publique suppose non seulement du courage politique mais la mise en perspective que cette liberté individuelle et publique est l'un axe essentiel du projet de révolution citoyenne qui peut s'articuler autour de ces points en matière pénale:
-L'abrogation pure et simple de textes portant atteinte aux principes constitutionnels et / ou dégagés par la Cour européenne des droits de l'homme, notamment en cas de disproportion entre les peines encourues et les faits commis
- Un balayage législatif pour supprimer toutes les infractions inusitées ou désuètes qui, par leur existence même pouvant à tout moment être ravivée, contribuent à instiller de l'arbitraire dans les poursuites pénales.
- La dépénalisation d'infractions qui seront avantageusement remplacées par des dispositifs sociaux et / ou médicaux ou l'application de règles de droit
civil, social ou administratif : usage de stupéfiants, séjour irrégulier d'étranger, par exemple
- L'arrêt des poursuites pénales à l'initiative du seul ministère public, voire des alternatives aux poursuites, pour des faits ou des comportements courants
(même si désagréables...) de la vie en société (injures, tapage...).
Bref il faut restaurer dans le Code pénal une vraie échelle progressive des valeurs qui protège le citoyen mais lui restitue sa liberté. Ceci passe l'inversion des choix actuels en matière de pénalité, le droit doit servir le citoyen, non l'asservir.
Dans ce sens, il fut aussi lutter et s'affranchir de la loi des marchés financiers et spéculatifs, cela suppose bien évidemment de pénaliser cette délinquance que l'on dit invisible c'est à dire financière afin d'assainir la vie des affaires (la corruption, le trafic d'influence )..


Tous les commentaires
Super résumé de toutes les saloperies du libéralisme. J'espère que l'occupation des places publiques dans toute l'Europe par les indignés va aboutir à quelque chose.
Merci pour ce billet.
Les " forces de l'ordre" s'en chargent des manifestants! Ah si tout le monde avait vraiment conscience du vrai changement de société qui se met en place "en douceur" (? )... Mais chez nous -bien sûr- "au pays des droits de l'homme" ( lequel? ) c'est impossible!
Il ne s'agit même plus de droite ou de gauche; sur certains sujets, nous pourrions facilement tomber tous d'accord. A condition de vouloir y croire bien sûr.
Article à recommander et diffuser sans modération.
à voir: los invencibles de la plaza Cataluña:
http://www.youtube.com/watch?v=fiW-NesA-YM
A la fois Magnifique et Terrible Analyse de l'Etat de notre Societe et de son Evolution Future si nous continuons a nous laisser doucement anesthesier et bercer par les Sirenes de la Peur (Peur de l'Autre,Peur de toute Difference,instillees par un Pouvoir Omnipresent,Omnipotent,Omniscient...)! Eh Oui,bien malheureusement ORWELL et ses Alter Egos HUXLEY,BRADBURY,entre autres etaient premonitoires!! Mais pourquoi l'Homme est-il si soumis,si servile? Sempiternelle Question, sans Reponse Satisfaisante depuis la Nuit des Temps,sinon a considerer qu'il apprecie au trefonds de lui-meme cet etat de fait!!
Pourquoi l'homme est-il si soumis, servile ...Ou plutôt comment en arrive-t-on là..? Pas de gaité de coeur...C'est peu à peu que tout ça se met en place...parce que ceux qui en ont les moyens, le pouvoir, ne font que ça, infléchir les choses, qui sont les choses de la cité quand-même, dans un sens qui leur convient. Ils n'ont que ça à faire, c'est leur occupation, c'est leur ouvrage, et ils remettent leur peine dessus, et ils tissent, tissent jusqu'à ce que ceux qui n'avaient pas ça à faire et dont ce n'était pas la tache, leur tache, les choses de la cité, et qui avaient autre chose à faire, qui avaient à s'occuper de leur vie qui les occupe presque la plupart du temps, jusqu'à ceux là qui n'avaient pas que ça, ni pas ça du tout à faire, se retrouvent pris dans la nasse, un beau jour ou l'autre, les uns ou les autres, les uns aprés les autres, et aprés les uns et les autres presque en même temps, dans un mouvement général qui a pris une grande ampleur, et que c'est trop tard. C'est Gulliver, qui à son réveil, se retrouve tout ficelé.
Alors pourquoi des contre-pouvoirs n'ont-ils-pas fonctionné ?...Parce que, pour faire très bref, la constitution de la république l'a permis...Les lois de la république l'ont permis. Et des hommes se trouvaient prêts et désireux de le faire. Et d'autant plus prêts que prompts dans l'exécution car la méthode est indolore. Et appliquée de main de maître.
Si elle ne passe pas inaperçue, elle fait parfois se lever le sourcil, quelque sourcil, elle ne soulève pas les foules. Et quand bien même elles se souléveraient, qu'elles se recoucheraient pas forcemment bien vite, mais peu aprés; quasiment d'elles-mêmes.
Nous sommes bien embêtés...
C'est à de nouvelles lois et à une nouvelle constitution d'une réelle démocratie à inventer, que d'assurer à ce peuple, dont la capacité de s'insurger s'est étiolée, dont le goût d'une insurrection à venir semble s'être gaté, son désir fané, gagné peut-être, dévoré tranquillement, envahi pour beaucoup par une sorte de délectation un peu hautaine, presque emprunte de quiètude, un rien anglo-saxonne, presque détestable, et qui ne sied pas à la france, la coupe de ses racines, de ces forces de la vie qui l'inspirent, qui l'ont de tout temps inspirée et mise en mouvement, en branle, la france en branle, un avenir politique serein, où ce qui prime, où la préocupation première, dans l'esprit des choses de la cité, est, bel et bien, et, uniquement, enfin, le soin et le souçi des siens, du corps des citoyens et le bonheur de chacun d'entre eux.
Hier soir sur BFM TV un représentant du "syndicat Alliance" (police) affirme que les enfants renversés par un gendarme (1 fillette de 8 ans décédée et 16 blessés) venaient d'une zone de cités violentes (Joué les Tours) dans laquelle les policiers sont accueillis à coup de pierres!
Que sont les journalistes complaisants qui n'ont d'autre idée que de tendre un micro à ce syndicat "toujours prêt"?
J'ai vu cela: la honte. Ce sont des larbins, qui servent la soupe aux pires flicards tant aimés de sarko et de ses sbires...
Salut, Monsieur Sainati!
Pourriez-vous avoir l'obligeance de nous faire connaître quels sont les programmes politiques qui incluent vos excellentes propositions.
Merci de votre travail
JCD
C'est une vraie question! Car enfin avec un peu de mémoire et de lucidité, il faut bien constater que les réactionnaires sont loins de n'être qu'à droite: nous vivons aussi les conséquences désastreuses de nombre de dispositions liberticides adoptées lors de la réforme du code pénal consuite par la "gauche plurielle" de triste mémoire...
ce début de programme est à la croisée de deux engagements:
-le syndicat de la magistrature, où je coordonne un groupe de reflexion sur la dépénalisation et une fois aboutie, nous interpellerons tous les candidats
- le Parti de gauche où je co-anime le groupe de reflexion au niveau national justice et liberté/ nous organisons un forum le 18 juin à l'assemblée nationale à ce sujet
J'essaie de faire passer ces idées partout où j'interviens, y compris aussi dans les reunions débats que j'assure dans toutes le pays avec les Alis du Monde diplomatique, et la LDH principalement
GS
très bien
merci
c'est la politique de l'oxymore. Encore un effort, et ce sera comme aux US.
Aux US, les hommes noirs pauvres en prison (2ème secteur éco....après la grande distribution = Wal Mart) ; les femmes noires pauvres à l'assistance sociale avec des budgets de misère. En France, on s'achemine vers ça avec la privatisation d'abord de la construction des prisons, puis après, de leur gestion...et puis, on enferme tous les exclus "d'orignine magrehbine ou noire", les protestaires, ceux ayant des vélléités de protestation....pour que les riches puissent dormir et exploiter en paix.