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Oct

MEDIAPART

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BLOG À PART – 6 –

Voilà, le pire était advenu. Un pseudo du fil de Médiapart avait traité Charlotte de patate. Marc Duchrétien venait juste de lire un article passionnant sur les dernières recherches qui s’étaient annoncées prometteuses sur la culture hors-sol du tubercule que Parmentier avait ramené dans son chapeau ainsi que la légende le dit.

Il eut beau inviter Charlotte, une fois encore au Sans Sushi, et lui faire gouter la salade de méduse, rien ne la consola ni ne la convainquit de se désengluer d’une addiction malsaine, la blogatine.

Il avait même tenté d’expliquer à Charlotte que mangé froid, en salade, le topinambour pouvait être délicieux en accompagnement des lanières de méduse, et que froid il ne provoquait aucune flatulence mais favorisait la conception des contrepets.

Il avait avoué à Charlotte son manque d’entrain à écrire l’épisode suivant du « Dos des Pseux », de crainte que l’actualité ne vienne perturber le plan-plan de la Place Paul Décibel.

« LE DOS DES PSEUX » épisode n°6

Il est temps pour faciliter la lecture de nos affidés de leur donner une description plus précise de la Place Paul Décibel. Quelques établissements alentour vous sont déjà familiers. Vous aurez compris que je ne peux citer précisément sa localisation parisienne, étant lié par une sorte de devoir de réserve à l’égard des personnes publiques qui passeraient par là, au fil des épisodes. Trois rues qui portent des noms de généraux ou d’artilleurs faits héros de guerres passées, noms que j’ai choisi de passer sous silence, mènent Place Paul Décibel.

Inégalement distribué le terre plein central planté d’arbres apprentis de leur survie est devenu le parking des motos et scooters des bonobos du quartier. Oui voilà un bo qui m’a échappé tant il est convenu de les nommer bobos. Les bancs publics ont été effacés par le Maire de l’arrondissement au prétexte des SDF qui pouvaient y élire un campement provisoire. Les pauvres petites dames et leur bichon étaient ainsi privées d’une halte ensoleillée, l’été venu. Les bichonneurs de bécanes rutilantes ne tolèrent pas les déjections des petits bichons à leur maman mais imposent leurs pétarades à ce Décibel entouré d’immeubles néo-bauhaus.

Fermé depuis le décès de Fulbert Orsoni le Maréchal, voilà t’il pas qu’il était à vendre. Les économies soigneusement cachées à l’administration par Gersainte et Justin ne permettaient pas d’espérer mettre la main sur l’établissement qui avait le privilège d’une terrasse immense quand le Splendid ou le Canon de la Place devaient se contenter d’un bout de trottoir minable.

Je ne vous ai pas encore parlé du Salon. Sur des photographies anciennes, les cartes postales telles qu’on les éditait au début du vingtième le Salon était nommé populaire. C’est en 1925 qu’on suréleva les immeubles couverts de la brique de Vaugirard. Le coiffeur négligeait un peu sa clientèle, laissant à son épouse les teintures et les bigoudis. Il passait tout son temps à peindre, sa passion avouée, des copies de la Joconde. Sa recherche obstinée du sfumato n’aboutissait pas et les toiles encombraient le salon et les murs de leurs sourires si pâles copies qu’on en pleurait.

L’ami des pains avait coincé son fournil entre le Splendid et le Canon. Sa production de pains de tradition était rendue aussi irrégulière en débit qu’en cuisson, la consommation du blanc sec au Splendid compensant sa soif éternelle de récits de ses chasses « au cochon » les fins de semaine. Pascal pouvait échanger avec Quentin Tamarre les dernières nouvelles des hauts faits des chasseurs de gibier et des récits des dernières corridas de Nîmes. Quentin avait conservé juste ce qu’il faut de tendresse avec une ex – qui l’avait viré – pour un asile provisoire le temps des férias.

L’arrivée de Fabrice Dugenou, sa Selmer à la main fit diversion, Quentin pouvait défouler sa domination suffisante sur son clarinettiste souffre douleur.

Marc s’interrompit, la déclinaison photonique hivernale risquant de nuire à son hors-sol, il se précipita pour allumer son ensemble de lampes bleuies de je ne sais quel ultra chimique malsain. Il ne dit rien à Charlotte des quelques patates qu’il avait tenté de faire cohabiter avec les topinambours.

À Charlotte il n’avait pas avoué son ingestion quotidienne d’Harpagophytum qui n’avait rien d’une médication contre l’avarice mais sous le nom populaire de Griffe du Diable soulageait son début d’arthrose. La semaine qui s’annonçait lui laisserait t’elle le temps d’un septième épisode, vous l’apprendrez dans le septième épisode…

Tous les commentaires

03/02/2013, 17:43 | Par lucile longre

cet épisode -là, voit s'approfondir les relations entre Marc et Charlotte et se préciser encore mieux le décor  et c'est bien. Concernant l'addiction à la blogatine, je ne connais aucun remède et j'en suis moi- même très atteinte, lol. J'espère que le temps pour un septième épisode pourra être trouvé, car sinon, je vais être en manque, ça va être terrible !!!

Bonne soirée, Gilles

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