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Photographie et journalisme

François Bonnet, rédacteur en chef à Médiapart nous annonce avoir décidé de s’associer au collectif ImageSingulières pour lancer un ambitieux projet de photojournalisme. Il ajoute : depuis 2008, Mediapart a tenté autant que possible de mettre en avant le photojournalisme.

Lu comme je le fais, mettre en avant le photojournalisme, suppose que le mot même ait encore un sens, exprime une réalité tangible. Je mesure la difficulté qu’il y a à critiquer une initiative dont le but déclaré est de réparer le manque de documents photographiques représentant le pays au temps présent. Le mot, photojournalisme, est évidemment la contraction de photographie et de journalisme. Si Médiapart annonce s’associer avec un projet de photojournalisme, cela implique l’établissement d’une différence avec un projet photographique au sens le plus général. Site d’information, Médiapart pourrait se trouver ainsi implicitement en situation corporatiste, soutenant à priori un projet parce qu’il se dit journalistique. Bien évidemment ce n’est pas mon propos de reprocher à Médiapart un penchant corporatiste, je penche plutôt pour son désir de bien faire, d’aider des personnes dont les conditions de travail sont rendues périlleuse par la situation économique actuelle.

Faire le constat qu’il y a peu de sujets traitant de la France par la Photographie relève d’une triste évidence. Le constat fait, on peut se lancer dans ce projet apparemment bien sympathique. On peut aussi se demander quelles sont les causes de cette rareté et là il convient de faire un peu d’histoire et remettre le vocable photojournalisme dans son contexte. C’est en 1928 que Lucien Vogel crée en France VU, le premier magazine illustré par des photographies. Et il ne fallut pas attendre très longtemps pour qu’aux USA Henri Luce crée LIFE magazine, influencé par le travail fait par VU. Lucien Vogel fit appel aux photographes qu’il connaissait et fit notamment travailler André Kertész. A cette époque on disait employer des photographes, le mot de photojournalisme n’est apparu qu’après  la guerre 39-45. Pour illustrer un sujet Henri Luce envoyait le plus souvent plusieurs photographes. L’idée qui l’animait était que plusieurs regards compenseraient la subjectivité inévitable que le talent d’un seul œil impliquait. Il avait, ce faisant, une préoccupation de journaliste. On peut aussi ajouter qu’à cette époque l’unanimité était quasi acquise pour penser que la Photographie, par le sujet qu’elle traitait apportait une information. En écrivant cela je ne peux m’empêcher de penser que la Photographie apporte au moins autant d’information sur son auteur que sur le fameux sujet qu’elle traite.

Après la guerre, avant l’essor de la télévision, la presse magazine illustrée s’est développée dans le Monde entier. Du plus petit journal aux plus prestigieux on disait « envoyer » un photographe en « reportage ». La presse prenait en charge la production, rémunérait les auteurs et assumait les frais de production. C’est aussi à ce moment là que les photographes prirent conscience qu’ils devaient défendre leurs droits d’auteur. En France il fallut attendre 1957 pour que la loi inclue la Photographie parmi les œuvres de l’esprit.

Les photographes que l’ont disait alors reporters, toujours par monts et par vaux et bien souvent loin de France devaient trouver les moyens de diffuser leurs images. Ainsi se sont développées les agences.  On donne souvent en exemple les quatre fondateurs de l’agence Magnum, Robert Capa, Henri Cartier Bresson, Georges Rodger et David Seymour. Agence appartenant à ses membres qui se réunissaient chaque année pour choisir les nouveaux photographes. D’autres agences comme Rapho étaient des entreprises familiales, il fallait plaire au patron pour en faire partie.

Dans le mouvement d’après guerre qui fondait toute la nouvelle protection sociale, les agences optaient pour le statut d’agences de presse qui leur procurait des avantages fiscaux, notamment. Les photographes exerçaient alors leur métier sous des statuts variés de travailleurs indépendants, d’artisans ou même de commerçants. Les reporters furent très heureux de pouvoir devenir journalistes ce qui leur apportait sécurité sociale, retraite et avantages fiscaux associés. Ils créèrent une Association Nationale des Journalistes Reporters Photographes (ANJRP) sous la houlette de Roger Pic. Henri Cartier Bresson en accepta la présidence et dès lors déclarait urbi et orbi qu’il était photojournaliste. Le mot était né.

Ces jours-ci débute au Jeu de Paume (place de la Concorde) une très belle exposition de Kati Horna. Cette femme, née à Budapest en 1912 se perfectionne d’abord à Paris puis part en Espagne en pleine guerre civile. À ma surprise les textes commentant les photographies de Kati Horna, lorsqu’elle montre la vie des espagnols pendant la guerre précisent qu’elle était alors photojournaliste. Il s’agit là d’une utilisation erronée de ce vocabulaire qui n’existait pas à l’époque en question.

Mais revenons à l’ambitieux projet de photojournalisme Images Singulières – Médiapart. Dans les commentaires suivant l’annonce de François Bonnet, Danyves rappelle les importants précédents qui avaient pour ambition de décrire la France d’aujourd’hui. La Mission de la DATAR qui faisait référence lors de son lancement (1983) à la FSA (Farm Security Administration). La FSA créée après la crise de 1929 rendait compte par la photographie des migrations de paysans dans l’ouest américain, en Alabama notamment, conséquence de la désertification des terres liée à l’agriculture intensive irraisonnée. La Mission de la DATAR engagea un directeur qui crut bon de recruter des photographes pour leur qualité artistique. Ceux qui se disaient encore photojournalistes voulaient aussi être reconnus comme des artistes. Ces ambiguïtés perdurent avivées par la confusion qui règne autour du statut professionnel de photographe.

La vidéo qui accompagne la présentation du projet Images Singulières évoque à un moment la nécessité de donner « quelques droits d’auteur » aux photographes. Un Monsieur affirme doctement, sans se présenter à nous comme s’il était un oracle universellement reconnu que Photographe n’est pas un métier mais un état. Je n’ai jamais pensé mon cas en affirmant, l’état c’est moi ! Le silence des initiateurs du projet sur la production des images et sur la manière dont les photographes pourront vivre de leur travail augure mal de la suite, laissant pour moi le malaise s’installer qu’on promeut plus les organisateurs que les auteurs des photographies. Vient ensuite l’annonce d’un jury souverain dans le choix des projets. S’agissant de journalisme, fut-il photographique, comment un jury peut-il précéder la couverture d’un événement ? Un jury peut-il mettre en balance un sujet sur l’élevage en batterie et la vie des Roms dans les rues de nos villes ?

Et pour le financement de cette grandiose opération, c’est à votre bon cœur M’sieur dame ! L’appel aux dons sur une tartine de bonnes intentions est une aubaine pour l’ensemble des institutions dont le rôle serait de produire les travaux photographiques sérieux qui participeraient à donner une image de notre temps dans notre pays et qui ainsi, en toute bonne conscience, pourront se dire tout va bien, la générosité publique pourvoit !

Pour soutenir la création photographique et pas seulement ce qu’on classe dans la rubrique photojournalisme, Médiapart serait, de mon point de vue, plus dans son rôle d’analyser les causes du déclin de la production plutôt que de promouvoir une entreprise particulière pouvant laisser en arrière pensée que d’autres initiatives ne mériteraient pas son soutien.

Tous les commentaires

04/06/2014, 23:09 | Par Marc Tertre

Médiapart serait, de mon point de vue, plus dans son rôle d’analyser les causes du déclin de la production plutôt que de promouvoir une entreprise particulière pouvant laisser en arrière pensée que d’autres initiatives ne mériteraient pas son soutien.

Je pense que l'un n'empéche pas forcément l'autre ! D'un coté l'analyse, de l'autre l'aide concréte, ou plutot l'élaboration d'un projet singulier avec des partenaires singuliers eux aussi. Aprés, tout est dans la mise en oeuvre (comme la photographie, justement)

Car c'est vrai que je suis tout a fait d'accord avec votre méfiance a cet appel à la générosité publique qui peut être aussi un appel à l'irresponsabilité de la part des autorités culturelles dont le role est justement d'aider et de promouvoir une production photographique de qualité

05/06/2014, 13:26 | Par Sophie Dufau en réponse au commentaire de Marc Tertre le 04/06/2014 à 23:09

Bonjour à tous,
Je viens de répondre plus bas à Gilles Walusinski.
Cordialement,

04/06/2014, 23:29 | Par Grain de Sel HV

Et comment ne pas recommander, une fois encore, le blog de Michel Puech qui recèle des mines et retrace inlassablement d'événement en événement, de disparition en récompense, l'histoire, le présent, et tente d'esquisser les possibles futurs du noble métier de photo-reporter ? 

05/06/2014, 05:15 | Par Joseph G

Je signe, Gilles. Si c'est pas la photojournaliste, c'est la faute à qui ?

05/06/2014, 06:56 | Par Michel Puech

Bravo Gilles ! J'ai bien rit en lisant ton billet de blog. J'aime ton franc-parler, sans soucis de savoir si ton blog sera mis en avant ou pas par la rédaction. 8-)

Une petite correction toutefois sur ta citation de François Bonnet. La phrase complète est plus amusante :

Depuis 2008, Mediapart a tenté autant que possible de mettre en avant le photojournalisme. Non pas par un flux quotidien d’images d’actualités, souvent redondantes et inondant tous les médias.


J'aime paticulièrement "non pas le flus d'actualité... souvent redondantes et inondant tous les médias".

Ce qui me donne envie de dire à François Bonnet : ben c'est sur mon "colon" c'est une question de pognon l'originalité !

Si, comme Mediapart tu n'as qu'un seul abonnement à une seule agence de presse, Reuters en l'occurence, et que :

1) ton budget d'achat de droit de reproduction de photo est voisin de zéro, et

2) que ta rédaction n'a pas vraiment le soucis de lier des contacts avec les photographes... 

Il te reste pour "illuster" Mediapart que Reuters et les ifounes-tofs des journalistes !

Bon, j'ai encore d'autres choses à dire sur le sujet, mais j'ai une urgence d'actualité.

Merci Gilles.

05/06/2014, 08:02 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Michel Puech le 05/06/2014 à 06:56

ifounes-tofs des journalistes

Ben ça veut dire que médiapart investi dans l'achat d'iphone pour ses journalistes. moi je croyaient qu'ils étaient obligé de construire eux même leur sténopé et qu'il se servaient de la salle de conf de rédaction comme d'une chambre noire

scoop : le matos dont disposait les journalistes de médiapart à la création du journal :

stenop00.JPG

05/06/2014, 14:18 | Par Sophie Dufau en réponse au commentaire de Michel Puech le 05/06/2014 à 06:56

Bonjour Michel,

Il n'y a pas que Reuters et les ifounes-tofs :-) Tu oublies les portfolios hebdomadaires, les webdocumentaires de photographes... que Mediapart achète. Mais je sais... ce n'est pas suffisant...

Cordialement

05/06/2014, 20:44 | Par Dominique Conil en réponse au commentaire de Sophie Dufau le 05/06/2014 à 14:18

Et chère Sophie,

tu oublies les heures que l'on peut passer à chercher des photos, des travaux, qui n'ont rien d'ifounes-tofs: quand on parle littérature, le moins est aussi d'accorder une attention à ce qui se photographie ou se peint. Prochain article: cinq heures sur les divers sites polonais de photos "Ifounes-tofs", qui en font autre chose, et comment! Sinon bien sûr on peut aussi mettre la tête de l'auteur sur fond de livres, photo libre de droits fournie par l'éditeur...1mn.

Ce n'est qu'un exemple, même si je comprends parfaitement que l'on en ait un peu assez de l'"état" photographe, comme on peut en avoir marre de l'"état" écrivain ailleurs: l'attention imparfaite à la photographie, comme l'attention imparfaite à ce qui s'écrit, voilà qui mérite discussion, pas condamnation peut-être et encore moins dépréciation hâtive.

Et pardon de si peu distinguer photojournalisme de photographie: la distinction est parfois flagrante, parfois, pas du tout.

05/06/2014, 21:37 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Dominique Conil le 05/06/2014 à 20:44

Par ailleurs, la situation générale dans le champ de production des images fixes est extrémement compliquée, les usages de la photographie nombreux et complexes (et les usages et normes qui en découlent tout aussi nombreux et complexes) Cela dit, dans le champ bien précis du photojournalisme (qui est trés différent d'une pratique photographique qui peux être promu dans le champ d'intervention qui est celui de "la culture" dit de façon générale) il est peut être légitime de s'interroger sur une façon qu'aurait médiapart de se "faire mousser" (c'est à dire produire baucoup de mousse avec peu de détergents) ?

05/06/2014, 07:10 | Par Jean-Louis Legalery

Ton propos, cher Gilles, est d'autant plus intéressant qu'en même temps que l'expo Cartier-Bresson, le hasard a fait qu'il y en a eu une autre, plus brève à l'Hôtel de Ville de Paris, celle de Brassaï. Or ce dernier a fait un portrait de Paris des années 1920, 1930 et 1940 par des photos magnifiques. Cette œuvre n'a pas été classée dans le photojournalisme (parce que le terme n'existait pas encore, bien sûr), et elle témoigne d'une époque et d'une histoire, tout autant que le travail, magnifique aussi évidemment, de Cartier-Bresson.

05/06/2014, 07:36 | Par GILLES WALUSINSKI en réponse au commentaire de Jean-Louis Legalery le 05/06/2014 à 07:10

Merci Jean-Louis de citer ces expositions de Brassaï et de Cartier Bresson. Tu as parfaitement raison. J'ai eu la chance d'avoir été ami avec ces deux "grands". Brassaï eut toute sa vie beaucoup de difficultés et notamment avec un statut professionnel inadapté. Ce n'est finalement qu'à la fin de sa vie que sa qualité d'auteur lui a été reconnue.

Comme me le dit justement l'ami Michel Puech le mot "photojournalism" a probablement été inventé aux USA avant guerre. Je me suis contenté de parler de la France, le sujet du projet mis en avant par François Bonnet...

Brassaï retouchant une de ses photos, le 24 décembre 1978Brassaï retouchant une de ses photos, le 24 décembre 1978 © Gilles Walusinski

05/06/2014, 08:15 | Par Mireille Poulain-Giorgi en réponse au commentaire de GILLES WALUSINSKI le 05/06/2014 à 07:36

Je vous recommande, cher Gilles, un excellent petit bouquin, intitulé:

Dix ans après

LES LIBRAIRIES

Tete de jean Rouaud, photographies de Gilles Walus(z)inski. Préface de Jack Lang.

Avec en sus, une photo - toujours noir et blanc - de 1987 Au Petit Bénéfice

 

Et quand j'aime beaucoup, je veux faire partager. Alors, j'ai appelé mon mari (qui, lorsque nous étions jeunes, me squattait ma salle de bains dans notre H.L.M. noircissait la fenêtre, calfeutrait avec des couvertures, s'enfermait comme un alchimiste avec des cuvettes, des trucs bizarres pour développer des photos noir et blanc.... et que même moi, à l'époque j'me disais qu'c'était une drôle d'idée d'aimer ça alors qu'la couleur c'était tellement plus beau! et pis qu'javais envie de retrouver mon lavabo et ma baignore.)

 Oui. Je disais donc que j'ai appelé mon mari pour lui montrer les photos de librairies et lui dire qu'il pouvait en faire autant.

Pourquoi a t-il éclaté de rire en ricanant : "Non, mais, tu ne te rends vraiment pas compte!..."

Les hommes sont incompréhensibles. Et les femmes tellement plus sensibles et romantiques. Sourire


 

05/06/2014, 09:40 | Par GILLES WALUSINSKI en réponse au commentaire de Mireille Poulain-Giorgi le 05/06/2014 à 08:15

Chère Mireille,

Si vous le voulez bien, oubliez ce (z) qui pourrait laisser croire à certains que j'ai quelque chose en commun avec Zorro !

Bien amicalement,

Gilles

05/06/2014, 21:20 | Par Mireille Poulain-Giorgi en réponse au commentaire de GILLES WALUSINSKI le 05/06/2014 à 09:40

Ze veux bien.

05/06/2014, 08:51 | Par Jean-Yves Mège

Cher Gilles,

Magnifique. Ce billet je me l'imprime pour le garder dans la bibliothèque, près de moi. Merci.

05/06/2014, 09:11 | Par gérard jacquemin

Merci Gilles pour cet éclairage et ce rappel historique, Grain de Sel a employé le mot de photos-reporter. Le Petit Robert explique le mot reporter (de l'anglais) par reporteur(trice) et le reporter photographe comme un "journaliste envoyé en reportage...chargé de ramener des informations visuelles".

05/06/2014, 09:35 | Par GILLES WALUSINSKI en réponse au commentaire de gérard jacquemin le 05/06/2014 à 09:11

Notre cher cousin Robert peut, place oblige, faire des raccourcis qui n'enlèvent rien au sens des mots. Journaliste est à la fois un métier mais aussi un statut professionnel. Un photographe peut aussi s'envoyer lui même glaner des informations visuelles, une bonne manière de s'envoyer en l'air (du temps...) !

05/06/2014, 10:42 | Par Danyves

Cher Gilles,

Pour Magnum, ne pas oublier, même éphémère, le cinquième, William Vandivert, pour les photographes, sans oublier les deux dames, Rita Vandivert and Maria Eisner.

05/06/2014, 10:33 | Par Danyves

Marc Riboud fut écarté du projet Datar, parce que trop photojournaliste.

J'ai, comment dire, vécu de près l'inititiative de ce qui devint la DATAR et ses dérives dans la préciosité artistique.

05/06/2014, 10:39 | Par Danyves

Exemple :

RISTELHUEBER Sophie | Datar - Mission photographiquemissionphoto.datar.gouv.fr/en/ristelhueber-sophie

En utilisant aussi bien la photographie, la vidéo et le son, Sophie Ristelhueber traite de la complexité de notre relation au réel et de l'ambiguïté de nos émotions.

05/06/2014, 10:40 | Par Danyves

05/06/2014, 10:42 | Par Danyves

datar-D&G-1984.jpg

Despatin & Gobeli

Autoportrait Sucy en Vaux Mission photographique de la Datar 1984 .

Bienvenue Photo Commande MPD Portraits de Français

 

http://despatin.gobeli.free.fr/mpd/autoportrait.mpd.1984-2.html

05/06/2014, 11:09 | Par Danyves

Voir La France de Profil, de Paul Strand et Claude Roy

La France de profil | Photo d'encrewww3.unil.ch/wpmu/livre-photo/guilde-du-livre/la-france-de-profil/

La France de profil est publié par la Guilde du Livre en 1952. Fruit de la collaboration du photographe américain Paul Strand et de l'écrivain français Claude ...


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05/06/2014, 11:09 | Par Danyves

05/06/2014, 11:26 | Par Danyves

Discussion Topic: The FSA Photography Project Of The 1930swww.misterdann.com/postdisfsaphotography.htmTraduire cette page

The Photo Section of the New Deal's Farm Security Administration struggled, in important ... David Gonzalez, "Jack Delano's American Sonata," New York Times, ...

 

LeTemps.ch | Quand Dorothea Lange photographiait la crisewww.letemps.ch/.../Quand_Dorothea_Lange_photographiait_la_crise

3 nov. 2012 - De 1935 à 1942, la Farm Security Administration mandate des ... Lynsey Addario, reporter pour le New York Times et l'agence VII, travaille .

05/06/2014, 11:31 | Par Danyves

  1. The Case of the Inappropriate Alarm Clock (Part 1)

    By 1937 (because of intense Congressional pressure) it had been folded into a new agency, the Farm Security Administration (F.S.A.) designed ...

    October 18, 2009 - By ERROL MORRIS - Opinion

  1. 05colo75.jpg

    Red, White, Blue and Kodachrome

    Culled from a collection of little-known color images made by photographers from the federal Farm Security Administration and the Office of War ...

    September 5, 2005 - By ELIZABETH OLSON - Arts / Art & Design - Print Headline: "Red, White, Blue and Kodachrome"

05/06/2014, 12:00 | Par Arpège

Mais qu'est-ce qu'i dit, j'ai rien compris.

05/06/2014, 12:41 | Par Sophie Dufau

Cher Gilles Walusinski,
Même si vous interpellez François Bonnet, je me permets de vous répondre étant celle qui, dans la vidéo de présentation du projet La France Vue d'Ici, intervient aux côtés du "docte monsieur" (Gilles Favier, d'ImageSingulières comme il est présenté en sous titre de la vidéo que l'on peut voir ici). Tout d'abord, merci de restituer la naissance du mot photojournalisme et son évolution.

Ensuite, vous dites que Mediapart serait, de votre point de vue, « plus dans son rôle d’analyser les causes du déclin de la production ». Nous l'avons fait ici, , et , certes il y a déjà un peu de temps, mais le constat reste le même.
Et Michel Puech (qui intervient aussi les commentaires de votre article) le fait aussi régulièrement.
Nous continuerons, tout en tentant de nous associer à des initiatives qui visent à trouver des ressources pour produire ce genre journalistique. Nous l'avons fait en 2008 avec l'agence VU' (lire ici le billet d'Edwy Plenel, en défense justement du photojournalisme) en proposant à nos lecteurs d'acheter des tirages.

Photojournalisme et pas photographique, soulignez-vous. Si nous employons ce mot, c'est plutôt pour signifier que vous souhaitons documenter la France d'aujourd'hui et non offrir de superbes images artistiques telles que l'on peut les voir dans les musées, les galeries. J'entends déjà la riposte : les galeries exposent aussi de superbes photos qui documentent la France d'hier ou d'aujourd'hui. Je sais. Mais "photojournalisme" pour moi, signe un ancrage dans l'actualité, même si la différence est parfois ténue.

Vous regrettez notre « silence sur la production d'images et la manière dont les photographes pourront vivre de leur travail ». Tout le détail de l'opération et les budgets sont ici, et pour chaque photographe qui entrera dans le projet, il est prévu une enveloppe de 2500 euros. Ce n'est pas assez, mais les photographes peuvent aussi vendre leurs photos aux magazines, aux journaux, poursuivre ce travail commencé par la publication d'un livre, l'organisation d'une exposition… Dans la même phrase, vous regrettez aussi que  ce projet « promeut plus les organisateurs que les auteurs des photographies ». Excusez moi... mais il semble que vous mettez la charrue avant les bœufs. Ce projet se lance et nous le présentons, c'est tout. Ce n'est que s'il voit le jour que les auteurs des photographies pourront l'intégrer, s'en emparer, le promouvoir. Pour l'instant, c'est une idée, une proposition, un désir que nous avons. Mais au final La France Vue d'Ici est un site pour la photographie, pour les photographes et qui ne se fera pas sans eux. Vous n'imaginez pas que l'exposition annuelle des travaux, prévue dans le projet, promouvra autre chose que les photos… ?

(La suite dessous)

05/06/2014, 12:41 | Par Sophie Dufau en réponse au commentaire de Sophie Dufau le 05/06/2014 à 12:41

(Suite)

Vous mettez aussi en doute le choix d'un jury pour définir les projets. Ce jury (qui nous permettra de ne pas rester entre nous et changera tous les six mois si le projet s'étale sur trois ans comme nous le souhaitons) devra bien sûr faire des choix éditoriaux. A partir d'un projet et de quelques images présentant la démarche du photographe, il me semble que l'on peut mettre en balance des sujets : sur des critères de pertinence de regard, de prise de vue, au vu aussi des sujets déjà engagés par d'autres photographes, afin de diversifier les thématiques.  

Enfin le financement de cette opération. Je regrette que vous le voyez comme « une tartine de bonnes intentions », « une aubaine pour l’ensemble des institutions dont le rôle serait de produire les travaux photographiques sérieux ». Oui, ce serait sans doute aux institutions de le faire, comme la Datar ou la FSA l'ont fait en leur temps. Mais il semble, hélas, que ce ne soit pas dans les priorités budgétaires du moment. On pourrait attendre… on peut aussi tenter autre chose qui n'empêchera pas les institutions de reprendre la main. Car on ne fera pas tout, on ne documentera pas tout.


Enfin, financièrement Mediapart ne peut pas tout. Chaque semaine, nous achetons un portfolio à un photographe. Parfois, nous payons des frais de reportages. Mais, vous l'avez vu, si la photographie comme récit particulier du réel a sa place notre site, ce n'est pas le cœur du projet de Mediapart qui doit chaque jour faire aussi avec ses contraintes budgétaires. Alors nous faisons des compromis, et de temps en temps, comme avec La France Vue d'Ici, nous nous associons à une idée qui nous semble pertinente.

En espérant vous avoir répondu (à défaut de vous convaincre)
Cordialement
Sophie Dufau

 

06/06/2014, 09:08 | Par GILLES WALUSINSKI

Merci Sophie Dufau d'avoir pris la peine de cette longue réponse. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt les interventions de Dominique Cosnil et de Marc Tertre. Je suis désolé, Sophie, mais pour me convaincre il faudrait utiliser des arguments plus convaincants qu'une défense du site. J'ai pris le soin dans mon billet de ménager Médiapart que je respecte et apprécie pour ses qualités. Je vais préparer une réponse plus détaillée sur ce qui m'apparait maintenant vraiment grave dans ce projet et je mettrai cela en rapport avec les efforts que moi et d'autres menons avec les institutions pour "faire bouger les lignes".
Je reçois ce matin sur mon adresse e-mail une publicité Médiapart-ImageSingulières qui fait la demande aux abonnés de participer financièrement au projet qui ne peut voir le jour sans cela.

Dès maintenant je tiens à dénoncer le fait que vous fassiez état d'une somme (2500€) qui ne correspond à rien des usages professionnels, fixe par la même un montant que d'autres institutions se feront un plaisir de mettre en avant pour s'y aligner. Quand à l'argument, vous pourrez revendre vos photos ailleurs, il s'agit de ce que j'entends depuis mon début d'activité (1970) pour ne pas payer le travail de création, indépendamment des droits d'auteur. Je persiste à dénoncer l'idée du jury qui est d'une banalité confondante pour favoriser très vite le copinage et n'a rien de comparable avec un vrai travail de rédaction en chef.

Je suis vraiment désolé de devoir écrire que sous les apparences des "meilleures intentions" le projet ImageSingulières n'est pas sérieux, est contre productif dans le désir d'aider la création. Pour faire simple plutôt que de photojournalisme j'écrirai que ce projet inaugure le boyscoutojournalisme...

07/06/2014, 18:33 | Par kakadoundiaye

Je ne peux ici qu'approuver et souligner les craintes de Gilles, rappelant qu'il fut vice-président du Jeu de Paume et partant très engagé dans la défense du statut de photographe , titre qu'il a eu la modestie de taire.

Pour en revenir brièvement sur le concept d'objectivité qui serait l'alpha et l'omega du journalisme - rendre compte- et partant du photojournalisme ( qui travaille avec un objectif) je tiens à faire remarquer qu'il ne peut s 'agir là que d'une billevisée. Nous sommes tous tributaire d'une vision du monde et quand nous décrivons le réel, par la plume ou la caméra, nous décrivons NOTRE réel, celui que l'on voit qui opère nécessairement vis à vis de la réalité un tri : nous soulignons et gommons, sans cesse, la réalité inconsciemment le plus souvent ; c est le propre de notre " nature" de classe.  

Enfin faut-il rappeler, il n'en  a jamais été question, que l'écrit se prête aussi à des éditions pérennes - le livre- voire à des conférences qui permettent au journaliste de percevoir des revenus.

Enfin ne peut on faire con fiance à Gilles quand il dénonce une opération - louable bien évidemment-mais qui prendrait racine, tout en cherchant à défendre les photographes, loin de leur représentation syndicale et des combats qu'ils ont déjà menés?

cordialement

 

08/06/2014, 17:04 | Par GILLES WALUSINSKI

Cher Kakadoundiaye, tu es bien aimable de parler du Jeu de Paume. Mon intention, ici, n'était pas de tout mélanger. Pour la photographie je préfère m'intéresser à ce qu'elle a de meilleur, peu m'importe qu'elle provienne d'un "photojournalisme" mal défini ou d'un projet intéressant. Ce qui m'inquiète le plus dans ce projet soutenu par Médiapart c'est l'appel à la générosité publique pour produire un travail qui se veut professionnel. Ma longue expérience des jurys me permet  d'exprimer toutes les réserves contre  ce choix, sans compter que je ne vois rien de journalistique dans l'idée de montrer la vie  de notre pays. Le mot documentaire arrache la bouche des cultureux, lui trouvant un sens péjoratif à mon avis à contresens.

Bien amicalement à toi, Gilles

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