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Vers une hégémonie chinoise
Souvenez-vous de Bismarck...
... car tout dans la Chine actuelle évoque l'histoire de cette grande puissance autocratique que fut la Prusse, de son relèvement moral et patriotique de 1813, en passant par le “coup” de la guerre austro-prussienne de 1866, et sa consécration de 1870. Suite à cet enchainement de coups habiles, de duperies et de réelles constructions nationales tout à la fois, la Prusse est devenue arrogante, enorgueillie d'être entrée “dans la cour des grands”. Elle est devenue par la suite si aggressive qu'elle a détruit son système d'alliances et s'est retrouvée dans la délicate situation que l'on sait en 1914, résultat d'un nationalisme et d'un hégémonisme forcenés. La Chine a connu des phases similaires dans son développement, de la fin de la guerre civile en 1949 et du positionnement allié en 1939-1945, qui valut à une nation sans Etat, militariste, conquérante, divisée et aux antécédants xénophobes avérés, de siéger de manière permanente au Conseil de sécurité de l'ONU, au “coup” du “communisme capitaliste” initié en 1978, qui rendit cette dictature fréquentable aux nations occidentales régies par l'économie. Sa consécration en tant que grande puissance s'est concrétisée en 2008, lors des J.O. d'été de Beijing (Pékin), par ses récents exploits dans le domaine spatial, ou par l'envoi de troupes hors de ses frontières (en Somalie, pour combattre le piratage). Aujourd'hui, renforcée par une crise mondiale qui ne fait qu'érafler sa croissance à deux chiffres, là où les pays occidentaux se voient dans leur majorité condamnés à la faillite à court ou moyen terme, elle a engagé un bras de fer avec l'Amérique de Barack Obama. Cette confrontation marquera probablement le paysage politique mondial de l'après-crise, entre multipolarisme démocratique incarné par la nouvelle administration américaine, et hégémonie dictatoriale incarnée par la République (pseudo-)populaire de Chine.
D'abord cristallisées autour de l'affaire Google, les tensions se sont étendues désormais à toute une série d'affaires directement liées à la “souveraineté” de la Chine1, rappelant par là l'époque des traités inégaux. Qu'en est-il de cette souveraineté ? D'où vient cette soudaine arrogance et cette aggressivité de la Chine ? Et enfin pourquoi ce revirement de M. Obama (après une politique naïvement conciliatrice), qui tend à faire honneur à l'Amérique et à ressusciter à son égard une estime perdue lors de l'ère Bush ?
Un régime autocratique
Bien que la Chine ait inscrit – de manière assez ironique – dans sa “constitution” que “l'Etat respecte et préserve les Droits de l'Homme”, elle représente la dictature la plus répressive et la moins respectueuse des droits de l'Homme de l'ère moderne, si ce n'est plus loin encore. Car enfin, les monarchies absolues n'avaient ni ce vernis d'économie de marché ni une légitimité fondée sur la prospérité et la croissance. Egalement bafouées, la constitution prussienne reconnaissait la liberté de la presse et certaines autres obtenues dans le sang des révolutions successives, tandis qu'en Chine, il est essentiellement destiné à être effacé des mémoires collectives (certains mots-clé comme Tian-An-Men sont censurés et bannis de l'Internet chinois).
80% des exécutions sur décision de “justice” ont lieu en Chine, la torture y est régulièrement pratiquée, les chars y sont la réponse logique à la manifestation. Les droits politiques ou la liberté d'expression y sont inexistants, des milliers de Chinois sont déportés en camps de travail sans autre forme de procès pour “subversion du pouvoir de l'Etat”. Tout est dans la formule : l'Etat est tout-puissant, et le simple fait de le critiquer est un crime. Le simple fait de se déplacer dun point A à un point B requiert une autorisation de l'Etat. Les religions ne sont autorisées que dans la mesure où elles se déclarent en tant que telles auprès de l'Etat et n'entretiennent aucun contact avec l'étranger, là encore pour ne pas entamer la souveraineté de l'Etat. La liberté d'association et de syndicat est extrêmement restreinte, la censure (Internet, courrier postal, communications téléphoniques...) est omniprésente, dans un système dont n'aurait pu rêver la Stasi. Aucun Etat n'a jamais eu autant de pouvoir, au point qu'il se dispense de la promulgation des lois, très rares et souvent contredites.
Sous couvert de “discrimination positive” et de “développement économique” des provinces n'appartenant pas à la Chine propre, la situation est là encore catastrophique. Avec un nombre de minorités à faire pâlir l'Autriche-Hongrie (55 reconnues) et un système répressif qui, appliqué à cet empire hétéroclite, l'aurait maintenu en vie encore 100 ans. La méthode est simple : militarisation, colonisation, exécutions et répression. Dans les provinces connues comme séparatistes, c'est-à-dire en premier lieu le Tibet, mais aussi le Turkestan oriental, la Mandchourie et la Mongolie intérieure (au fort mouvement rattachiste), la politique de la Chine est invariable, avec un succès égal depuis 61 ans. Au Tibet, la colonisation han a surpassé la population tibétaine (5 millions pour 4 millions), la répression des émeutes régulières depuis l'annexion de 1959 se fait dans le sang, les séparatistes étant ou exécutés ou envoyés en camp de travail. Bien que le Dalaï-Lama ait fléchi sa position en 1979 et tende à revendiquer l'autonomie au sein de la Chine, l'Etat reste intransigeant. Au Turkestan oriental (par opposition au Turkestan occidental c'est-à-dire l'ex-Turkestan russe : Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan et Kirghizstan) ou Xinjiang de son nom sinisé, turcophone et musulman, la répression prend plus aisément l'apparence conventionnelle de la lutte contre le terrorisme, sur le modèle de l'argumentaire poutinien en Tchétchénie. Les indépendances mongole et mandchoue, enjeux majeurs des guerres d'influence de la fin du XIXe siècle et de la Seconde Guerre mondiale en Asie, en sont d'autant plus impopulaires auprès des pays occidentaux, ce qui là encore facilite la tâche macabre de la Chine.
Des volontés hégémoniques
Sur le plan international, la Chine transpose tout naturellement cette politique d'intransigeance, nationaliste comme peu de pays le furent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui marqua la faillite du concept. L'échec de la Conférence de Copenhague marque avec fracas l'inflexibilité de la Chine malgré les pressions internationales, le peu d'ambition, de crédibilité et d'objectifs concrets ayant assez largement contribué à l'échec de ce “Kyoto II”. La polique monétaire aggressive de la Chine, récemment dénoncée par Barack Obama, est aussi une marque du nationalisme et du peu de considération de la République populaire pour l'économie mondiale. En dépréciant le yuan de manière si importante, elle augmente la compétitivité de ses produits à l'étranger, tout en diminuant celles des produits étrangers sur son sol, et dope artifiellement l'économie... chinoise, tout ceci se faisant évidemment aux dépens des économies étrangères.
Mais bien au-delà de ces marques de dédain pour le reste du monde, la Chine est récemment devenue bien plus arrogante et aggressive. Les bourbiers afghan et irakien, la mauvaise image des Etats-Unis induite par l'ère Bush et avant toute chose la crise économique mondiale, tout en affaiblissant les puissances occidentales en général et les Etats-Unis en particulier, renforce considérablement le pouvoir de la Chine, qui n'a pris part à aucune guerre hors de son sol depuis 1949, faisait partie plus au moins implicitement de la Fronde anti-Bush (puis anti-Etats-Unis : dont Cuba, le Venezuela, l'Iran, la Syrie, la Libye, la Corée du Nord ou la Russie comptent parmi les plus ardents acteurs), et très peu affectée par la crise économique mondiale, qui ne fait que ralentir une croissance exponentielle. Elle redonne donc de la vigueur à ces anciennes revendications territoriales, et en crée de nouvelles, tendant des relations d'ores-et-déjà électriques avec ses voisins, y compris des alliés avérés telle que la Birmanie (ou plutôt sa junte militaire). Elle revendique des territoires maritimes énormes à l'est, conteste des frontières mal définies au nord avec la Russie, au sud avec le Vietnam ou surtout l'Inde. Bien que ses possessions méridionales dépassent largement les limites de la Chine propre (entre autres au Cachemire chinois). Enfin, elle maintient sa revendication de Taïwan et envisage toujours une “réunification” (l'île n'a appartenu que peu de temps à la Chine, de manière formelle), bien que de manière plus musclée. C'est d'ailleurs autour de cette affaire en particulier que se cristallisent les tensions avec l'administration Obama, la Chine menaçant (contre ses propres intérêts) de sanctionner une série de sociétés américaines impliquées dans le contrat d'armement de Taïwan et de ne plus coopérer (ce que de facto elle ne fait déjà plus, bien que dans ces dossiers l'apparence soit importante) sur des dossiers internationaux sensibles. Une manière de taper du point sur la table, et d'engager un bras de fer décisif avec la première puissance mondiale.
La Chine profite d'ailleurs de la confusion des grandes puissances sur lesdits dossiers pour se constituer une zone d'influence solide, là et ailleurs. Fort de ce soutien – pour l'instant – implicite, Mahmoud Ahmadinejad a d'ailleurs d'ores-et-déjà rompu les négociations avec les Six (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) sur l'enrichissement à l'étranger de son uranium, qui étaient la seule garantie tangible que l'Iran ne tentait pas d'assembler des ogives nucléaires, et ordonné à l'Autorité Iranienne de l'Energie Atomique d'enrichir l'uranium iranien à 20%. Au-delà des “protectorats” traditionnels de la Corée du Nord et de la Birmanie, dont les régimes dictatoriaux et militaires ne se maintiennent face aux pressions internationales que grâce à leur suzeraine, la Chine a entrepris d'étendre sa zone d'influence à l'Afrique, en y investissant massivement, afin d'alimenter un marché chinois de plus en plus consommateur de matières premières dont le continent pauvre... est riche. Une manne tant économique que politique pour les dictatures qui forment la majorité des clients chinois. Ainsi le seul obstacle à des sanctions de l'ONU contre le Soudan, dont le président, Omar El-Béchir, est poursuivi par la Cour Internationale de Justice de La Haye pour crimes de guerre, crime contre l'humanité et génocide (au Darfour et au Sud-Soudan, ou un référendum doit se tenir l'année prochaine sur une possible indépendance), est le véto opposé par la Chine au Conseil de Sécurité.
Un dragon de papier
Aujourd'hui, la Chine se retrouve dans la position de la Prusse d'après 1870, arrogante, expansionniste et nationaliste. Bien qu'à l'instar de l'Iran, les dictatures ont compris le parti qu'elles pouvaient tirer du droit international et de l'hésitation des démocraties, la Chine ne semble plus connaître de droit que le sien. Ainsi en va-t-il de la dépréciation du yuan, des droits de l'Homme ou de la question taïwanaise. En s'engageant dans un bras de fer avec les Etats-Unis, la Chine ne se laisse que deux alternatives : une ouverture vers l'hégémonie mondiale dans un monde d'après-crise, ou un isolement à la prussienne2.
Dans le second cas, c'est-à-dire si les grandes puissances rejoignent les Etats-Unis dans le camp des démocraties et font pencher la balance en faveur des droits de l'Homme et du droit international, cet isolement fatal servirait inexorablement des dissidents jusque là ni reconnus ni soutenus au niveau international, qui pourraient ainsi saper l'ouvrage de 1949 et ouvrir la voie à la démocratie. En effet, l'immense Etat chinois est potientiellement miné de l'intérieur. Les mouvements séparatistes et rattachistes au Tibet, au Turkestan oriental, en Mongolie intérieure et en Mandchourie, les éléments restés démocratiques à Hong Kong et Macao, enfin les dissidents démocrates à l'intérieur-même de l'ethnie han – sans compter la masse des mécontents et des laissés-pour-compte dans un pays où les disparités sociales sont gigantesques – sont autant de bombes à retardement qu'un affaiblissement de la position chinoise au niveau international favoriserait.
D'ailleurs la Chine joue gros aussi sur le plan économique. Le système politique actuel et la négation pure et simple des droits de l'Homme ne se justifiait jusqu'alors que par le développement et la croissance incessants. Mais l'économie chinoise est fragile car très dépendante des relations internationales : elle n'a pas de large marché intérieur (surtout comparativement à sa population) et est basée essentiellement sur les délocalisations occidentales et la dépréciation du yuan (destinée à ces mêmes pays). Prendre des résolutions à leur encontre et s'isoler sur la scène internationale serait donc désastreux pour la Chine elle-même. Elle n'est donc rien d'autre qu'un dragon de papier, imbue de sa nouvelle – mais illusoire – puissance, qui ne peut encore se rebeller contre la communauté internationale sans lourde contrepartie. Si la Première Guerre mondiale fut pour la Prusse celle des combats à proprement parler, la guerre qui se prépare pourrait bien être une guerre diplomatique, dont la clé résiderait en cet unique point : quelle position prendront les démocraties occidentales ?
Jusqu'à maintenant elles ont toujours reculé face à la Chine, pour des raisons économiques, mais le nouveau courage d'Obama pourrait bien – et il faut l'espérer – faire des émules, car l'enjeu est le paysage mondial de l'après-crise, entre hégémonie chinoise et multipolarisme démocratique.
1 Notamment l'affaire Google, la vente d'armes à Taïwan, des conflits commerciaux spécifiques, la rencontre prévue du Dalaï-Lama et du président des Etats-Unis d'Amérique, la dépréciation artificielle du yuan, le soutien chinois à l'Iran, aux dictatures africaines (en particulier le Soudan), la responsabilité chinoise dans l'échec de la Conférence de Copenhague, etc...
2 En 1914, la Prusse avait renversé complètement son système d'alliances, et se trouvait cernée, à l'ouest par le Royaume-Uni et la France, à l'est par la Russie, ce qu'elle avait habilement su éviter en 1870. On connaît quelles en furent les conséquences.
Pour mieux voir les documents et les liens vers les sources (sites des gouvernements en exil ou de la Charte 08) c'est ICI.


Tous les commentaires
On dirait bien que vous avez un souci avec les chinois vous ?
Je n'ai aucun souci avec les Chinois, mais avec l'Etat chinois, et plus précisément la République populaire. Pas d'amalgame.
Beau travail!
Tout d'abord, bienvenue au "club"!
Si vous me le permettez, l'expérience (les miennes et celles des autres) m'a appris plusieurs choses au sein de MEDIAPART :
- Ne jamais répondre aux commentaires stériles, agressifs ou nuls. Si l'agressivité est gratuite, intégrez bien que votre interlocuteur aurait besoin de se faire soigner. En clair, vous n'êtes pas concerné.
- MEDIAPART ne fait aucun tri : les billets (des médiaparticipants) les plus bêtes, comme les billets les plus sérieux, restent visibles pendant moins d'une journée : c'est frustrant pour les (bons) auteurs (qui ont "travaillé" leur sujet), et c'est la négation même du principe de "participation" au sein de ce "journal".
En "UNE", le saint des saints, vous pouvez trouver du n'importe quoi (billets repris en colonne de droite) pendant des semaines alors que, derrière le rideau, il y a des "billets" de très grande qualité qui seront vus par moins d'un lecteur sur 1.000 ou même sur 10.000.
- Les journalistes de MEDIAPART sont (en règle générale) d'un excellent niveau. C'est une bonne nouvelle mais cela veut dire que, chaque fois que l'un d'entre eux dérape (c'est rare), il faut le remettre sur le chemin de l'information et de l'investigation ; il faut donc lui faire comprendre qu'il tombe ou retombe dans le piège des "journal-eux d'opinions" ("eux" pour leur ego), et qu'il ne fait pas le boulot que l'on attend de lui.
Voilà, c'est le premier volet de mon intervention.
Je vais vous revenir sur votre article.
J.M
Suite : parlons de votre (premier) billet!
Evidemment, je le trouve excellent sinon je n'aurais même pas écrit le premier commentaire.
En ce qui concerne la première partie de votre billet (Souvenez-vous de Bismarck...), vous connaissez le dicton: "Comparaison n'est pas Raison".
Autrement dit, la comparaison de la Chine avec la Prusse fait peur (époques, continents, histoires, mentalités : tout est différent), mais vous vous en sortez bien car vous avez retenu les principaux éléments d'un moteur commun : le complexe d'infériorité d'un Etat qui prend conscience de sa nouvelle "puissance" ; et donc, en corollaire, le nationalisme, le militarisme et l'hégémonisme.
Sur les autres parties (Un régime autocratique, Des volontés hégémoniques), je suis OK à 100% : oui, le parti unique de la Chine est dangereux car il est en pleine dérive dès le moment où "ignore" et il méprise le reste du monde! Tous vos arguments sont factuels et fouillés : bravo!
Sur la partie "Dragon de papier", il y a une première assertion qui me gêne : "la Chine ne se laisse que deux alternatives : une ouverture vers l'hégémonie mondiale dans un monde d'après-crise, ou un isolement à la prussienne2".
Mon sentiment est qu'il n'y a pas d'alternative du tout : si la Chine poursuit une stratégie d'hégémonisme (ce qui fut le cas de la Prusse et du Nazisme), elle entrera dans la spirale inévitable de l'isolement et du conflit armé.
Autres divergences avec vous (qui sont soumises à discussion) :
Sur le plan politique, la fermeture des frontières se traduirait par un système encore plus inaccessible pour les démocrates chinois en puissance : voir l’exemple de l’ex-URSS et celui de la Corée du Nord actuelle.
Sur le plan économique, le boycott de la Chine par les trois grands partenaires à l’origine des délocalisations (USA, UE et Japon) se révèlerait problématique pour la Chine qui devrait choisir entre deux alternatives (cette fois, elles existent) :
Dans le premier cas, la démocratie y gagnerait peut-être (voir ce qui se passe en Europe : la ploutocratie a supplanté la démocratie) car, pour produire, il faut des consommateurs, et donc il ne faut plus des robots politiques mais des robots économiques (notre modèle).
Les points de tension se multiplieraient avec les anciens partenaires (hégémonisme pour la guerre des matières premières et des énergies) et donc, la Chine développerait quand même sa « machine de guerre ».
Dans l’autre cas, la Chine rentrerait dans une phase de glaciation ultra-dangereuse pour ses propres voisins (Inde, Japon, Taïwan et même la Russie), et elle serait encore plus dépendante de ses importations.
Donc, sa "machine de guerre" serait une priorité…
A mon avis, elle pourrait « tenir » ce deuxième schéma sur une période bien plus courte que l’ancienne URSS ; c’est pourtant la voie qu’elle semble vouloir suivre.
Pourquoi l’horizon d’une glaciation chinoise serait-il plus court ?
Déjà pour la simple raison que les Chinois ne sont pas aussi dociles que les Russes d'hier et d'aujourd'hui : d’une part, les révoltes et la liberté d’expression des Chinois sont bien plus manifestes ; d’autre part, les Chinois ont approché de plus près le système des libertés individuelles que les moujiks russes de 1917…
Enfin, parce que les peuples occupés par les Hans sont bien plus terrorisés que les peuples soumis par les Russes dans les ex-territoires soviétiques.
En conclusion, les paris sont ouverts. A mon avis, ils se révèlent plus ouverts dans la direction d’une fermeture progressive des relations commerciales que par une évolution brutale vers la Démocratie : par nécessité pour les apprentis sorciers d’une « mondialisation heureuse » ; par dogmatisme pour les autorités chinoises.
L’avenir n’est donc pas radieux, ni pour les Chinois, ni pour leurs voisins immédiats, ni pour les peuples qui seront producteurs de matières premières et d’énergies qui seront « contrôlés » par les Chinois (dictature birmane, chaos en Afrique de l’Est…).
J.M
Merci de votre commentaire à la fois critique et constructif.
Sur la partie Un dragon de papier, je préciserai ce que j'entends par l'alternative qui semble se présenter à la Chine.
Il me semble aussi évident que la Chine poursuit une course aux armements (spatiale, nucléaire etc.), mais à mon avis elle vise moins le conflit armé et l'isolement nationaliste que l'intimidation des puissances actuelles.
En effet, dans l'immédiat elle n'aurait rien à gagner à un conflit direct.
Les démocraties occidentales ont jusqu'à présent assez démontré leur naïveté et leur attachement à l'assujettissement de la politique (droits de l'Homme, droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, démocratie) à l'économie.
Ceci a pour effet de renforcer (ou de constituer ?) une confiance chinoise dont l'avenir seulement saura dire si elle était excessive.
D'où le conflit avec les Etats-Unis, encore réputés première puissance mondiale. C'est pourquoi j'entraperçois ces deux alternatives :
- l'issue souhaitée par la Chine, et pour ainsi dire le casus belli implicite, c'est-à-dire la soumission diplomatique des puissances occidentales, auquel cas la "machine de guerre" chinoise n'aura pas à se mettre en branle
- ou bien une coalition des démocraties et du libéralisme (au sens noble du mot et non économique) qui aura pour effet l'isolement de l'Etat chinois, le conflit armé n'étant même dans ce cas là qu'une hypothèse, la clé résidant dans la position de la population chinoise.
Vous donnez l'exemple de l'ex-URSS et de ses satellites, mais si on peut aujourd'hui l'appeler "ex-", ce n'est pas grâce à l'effort des Etats-Unis, et moins à cause de la faillite des technocrates soviétiques, que grâce à un mouvement populaire.
Ayons raisonnablement confiance en la liberté de l'Homme.
Les Chinois, tels autrefois les Russes et autres slaves soumis à des dictatures amies, auront le pouvoir d'éviter la 3e Guerre mondiale.
A condition que les puissances occidentales engagent le processus en se rangeant du côté de la démocratie...