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Franc CFA: De la nécessité de nouvelles monnaies en Afrique Francophone

“L’abandon du franc CFA est la seule voie pour la Côte d`Ivoire de sortir de la pauvreté. » Mamadou Koulibaly (MK), président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire…”

Quelle thérapie pour l’économie d’Afrique?La thérapie que propose le professeur d`économie est-elle la solution à la pauvreté qui frappe la Côte d’Ivoire particulièrement et les pays de l`Union économique et monétaire de l`Afrique de l’ouest (UEMOA) ? La réponse est incontestablement non lui répond un journaliste du même pays. Les deux citoyens ivoiriens vivent certainement la même réalité quand a l’impact de la monnaie unique sur l’économie de la Côte d’Ivoire. En revanche la divergence dans l’interprétation de cette réalité semble trahir l’apparent consensus en terme de bénéfices du franc CFA sur les économies des quatorze (14 pays) membre de l’union monétaire en Afrique francophone. Dans ce qui suit, nous nous focalisons essentiellement sur l’impact du franc CFA sur les économies de la région et essayerons d’argumenter sur une probable alternative selon notre compréhension du sujet.

Apport de Nicolas Agbohou le Franc CFA et l’Euro contre l’AfriqueIl nous semble difficile de parler de la Zone franc CFA et ignorer l’apport de Nicolas Agbohou dans « Le franc CFA et l’Euro contre l’Afrique». L’auteur a clairement mis en exergue combien la monnaie unique joue contre le développement économique de la région. Au risque de nous répéter, nous essayerons d’éclairer l’opinion sur l’impact réel des décisions de politique économique dans la vie de tous les jours. Notre soucis est de montrer que mise à part la dévaluation comme seule politique monétaire connue par le citoyen lambda en Afrique francophone, il y existe une puissante gamme de techniques financières beaucoup moins choquantes. Notons que ces outils de la finance moderne incluent entre autre le marché de la dette. Ailleurs ces leviers de politique monétaire se traduisent aisément en sources évidentes de prospérité pour quiconque décide de les utiliser, les exemples, parmi tant d’autres, de la Chine et du Brésil sont édifiants.

Rôle de la monnaie pour le développement économique d’une nationCela dit, qu’est ce la monnaie, quel est son rôle dans le processus de développement économique et financier de la nation ? En quoi son interaction avec d’autres monnaies nationales auras une incidence sur la vie du citoyen. Ceci nous conduit à poser la problématique de l’orientation des décisions prises par les autorités monétaires en Afrique francophone. En effet, chaque jour, à moins d’être complètement isolé du monde, chaque citoyen participe à des échanges avec d’autres pour satisfaire ses besoins. Généralement il efface ses dettes contractées lors des échanges avec de la monnaie en tant que moyen de paiement. Nous nous bornons à cette définition de la monnaie qui caractérise mieux son rôle quand bien même qu’elle sert aussi de réserve de valeur ou d’unité de compte. Ainsi donc la monnaie est un moyen d’échange qui se présente sous plusieurs formes telles que la monnaie papier( les billets de banque) et les pièces frappées par le trésor. Les billets de banque proviennent de la banque centrale qui en dernier ressort ordonne leur création.

Autorités monétaires, famine et pauvretéL’on se demanderait alors pourquoi les autorités monétaires ne distribuent pas de l’argent à tout le monde pour freiner la famine, la pauvreté !? Les choses ne semblent pas si faciles que cela puisque la banque centrale a pour principale rôle, de veiller à la maitrise de l’inflation et de prévenir ou juguler toute situation de récession. La banque centrale dispose, pour atteindre ces objectifs entre autres leviers, de la manipulation de taux d’intérêt directeur en fonction du niveau de l’inflation et/ou du pouvoir d’injecter directement une quantité de monnaie dans le circuit de l’économie.

Outil économique le “Quantitative easing”Les deux techniques participent à l’ajustement du niveau de la masse monétaire nécessaire au bon fonctionnement de l’économie. Prenons un exemple concret : la crise financière mondiale même si elle semble faiblir, a causé une récession relativement forte a travers le monde. Malgré la baisse des différents taux d’intérêts a un niveau proche de zéro, la capacité de production de certaines économies a l’instar des Etats-Unis restaient sous-employées. La FED (la réserve fédérale qui fait office de banque centrale) a déjà par deux fois utilisée le « Quantitative easing » en injectant des milliards de dollars dans l’économie. Notons que ces action sont restées lettre presque morte jusqu’à maintenant. Dans la zone euro outre la crise de la dette qui menace plusieurs « petits pays » de l’union, la Banque centrale Européenne (BCE) commence à relever le loyer de l’argent (Taux d’intérêts) afin de freiner une inflation rampante. La Chine de son cote a entame sa guerre contre l’inflation en relevant son taux directeur qui pourrait à court terme réduire sa croissance et donc menacer certains pays exportateurs de matières premières vers la Chine. Le Brésil se démêle pour contrer une éventuelle baisse du dollars contre le “Real” (monnaie brésilienne). Ici encore le taux d’intérêt banque centrale sera encore à l’honneur. Comme on peut le constater les autorités monétaires à travers le monde exercent leurs fonctions.

Taux d’intérêts en Afrique Francophone liés à l’EuroCependant en Afrique francophone ou le franc CFA est directement liée à l’euro, les taux d’intérêts restent très souvent inchangés malgré les perspectives de « pressions inflationnistes » dues au prix du pétrole et des denrées importées. En effet le comité de politique monétaire de la Banque Centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) ne semble pas avoir autre choix vu le niveau actuel déjà trop élevés des taux directeurs. Notons au passage qu’augmenter le taux d’intérêt qui est le prix de location de l’argent conduit nécessairement à réduire la capacité des banques commerciales à faire crédit aux consommateurs donc à réduire la masse de monnaie dans l’économie ce qui minimise le pouvoir d’achat et l’inflation. Que reste t il quand l’économie a du mal à redémarrer malgré des taux d’intérêts faibles ? Aux Etats-Unis, la FED a pourvu des milliards à l’économie, au Royaume-Uni la “Bank of England” n’est pas restée les bras croisés. Les deux pays ont simplement fait usage de leur souveraineté monétaire pour garantir la fin de la récession.

Autorité monétaire, garantie , accroissement liquidité Union EuropéenneA notre connaissance aucun fond n’a été prévu pour aider la Côte d’Ivoire qui a plusieurs fois fait défaut sur sa dette publique. On a plutôt préféré recourir à plus de dette… Les autorités compétentes ont certainement des raisons valables à cette méthode mais la réalité, en terme de prospérité économique justifie difficilement ou pas du tout cette stratégie. La récession est un pan du cycle économique en Zone CFA. L’inflation est presque restée dans les limites objectif en zone CFA. Malgré cet exploit l’état de crise économique est permanent dans la zone monétaire. Les créations d’entreprises sont rares, la dette publique est intenable, le chômage est des plus élevé en Afrique. Partout dans le monde, les banques centrales ont d’une manière ou d’une autre accru la liquidité pour booster leurs économies respectives. Par contre il est difficile de voire ce que fait la BCEAO et la BEAC (les deux banques centrales de la zone monétaire en Afrique francophone) pour faire assurer la croissance.

Causes à effets de la pauvreté en AfriqueNotons que contrairement à l’inflation, le niveau nettement insuffisant de la masse monétaire dans l’économie semble être la cause la pauvreté en Afrique. C’est ici que nous attendions les banques centrales pour non seulement réduire la location de l’argent mais surtout injecter directement de la liquidité en achetant massivement par exemple les bonds des différents gouvernements. Si cela ne s’est jamais réalisé depuis plus de cinquante (50) ans le diable dans le détail est peut être a chercher dans les textes qui régissent la création même du franc CFA. Dans cette perspective, nous comprenons l’expertise du comité de politique monétaire qui est certainement irréprochable. Par contre la liberté d’action pour orienter l’économie vers la croissance quand il le faut est nécessairement inexistante. Cet état de fait se justifie aisément vu que le franc CFA est arrimé à l’Euro et ce processus est garanti par le trésor public Français en pattie à hauteur de 50%. Ceci revient à se demander si une taux fixe représente au mieux les intérêts économiques de la zone CFA. Vu le coup de « garantie de la convertibilité » du franc CFA d’une part, d’éventuelles pertes en compétitivité due à la fixité du taux de change et la visible sur-évaluation de l’euro d’autre part, il semble raisonnable de mettre en cause la monnaie unique africaine dans sa conception actuelle.

Globalisation de l’économie mondiale et financesEn effet, dans un contexte de globalisation de l’économie et des marchés financiers la fixité rigide du franc CFA à l’Euro rend un éventuel effet positif du taux de change inexistant. C’est bien dommage car pour des pays aussi neuf qui entament leur développement économique, il serait préférable que les exportations de matières premières bénéficient de l’atout de taux de change faible même si il est évident que la monnaie prenne de la valeur au fil des années. La course aux taux de changes faible a commence et malheureusement les autorités monétaires en Afrique Francophone ne semble se donner aucune possibilité d’y participer malgré leur position d’exportateurs net de ressources naturelles.

Franc CFA et Trésor Public FrançaisLe Franc CFA est lié de fait a l’euro a travers le trésor public francais. L’euro est fébrile mais reste fort face aux principales monnaies. Les pays de la zone CFA restent faibles et leurs développements sont fortement plombés par un euro fort. Aucun pays en Afrique francophone n’a les moyens de partager la même monnaie que l’Allemagne ou la France car non seulement les capacités de production différent mais ces deux groupes sont très loin d ‘avoir une politique fiscale commune. S’il est vrai que le franc CFA en tant qu’ensemble de lettres ne saurait être la base d’un quelconque appauvrissement. Par contre la structure de la monnaie unique en tant que moyen de développement pose problème. En effet les pactes coloniaux (Accords secrets de défense) qui existent toujours ne laissent aucun autre choix de que naviguer vers une politique d’endettement plus accrue sans la possibilité d’un réel développement économique. Nous proposons, donc que la zone monétaire éclate pour faire place à des monnaies nationales. Des pays comme la Cote d’Ivoire, le Gabon ou le Cameroun ont les moyens pratiques de créer et gérer chacun une monnaie nationale ( nous y reviendrons). Devenir un pays émergeant est à ce seul prix. Les temps ont change il faut que les mentalités suivent dans les faits. L’Afrique y gagnerait parce ce que “Ce qui noie quelqu’un, ce n’est pas le plongeon, mais le fait de rester sous l’eau.” Paulo Coelho.”

Tous les commentaires

La question de la monnaie franc Cfa ne se pose pas uniquement pour la Côte d'Ivoire mais aussi pour chaque pays d'Afrique Francophone qui vise la voie de developpement. Nous souhaitons , surtout , que les autorités politiques Comoriennes prennent conscience qu'il n'y a aucun developpement possible sous le joug du colonialisme monétaire.Nous ne pouvons pas etre arrimé à une monnaie que nous ne maitrisons rien .Les Comores et les autrs pays de la zone franc Cfa doivent la quitter s'ils espèrent un jour voir la prospérité.

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