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May

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Le bonheur en tête de gondole

 

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« Ce serait un souvenir d'enfance.

On l'achèterait pour presque rien, on l'achèverait dans une impasse.

Ce serait le crépuscule, l'incendie de la fontaine.

Ce serait dix heures du soir et la pluie jusqu'aux os,

jusqu'aux fleurs blanches des os.

Il ferait jour. Il ferait plus que jour... »

 

Pierre Peuchmaurd (1948-2009)

- « Alors on dirait qu'on serait grandes et qu'on aurait notre maison à nous, qu'on mangerait ce qui nous plaît et qu'on ferait ce qu'on voudrait à l'heure où on l'entend... »
- « Tu aurais un mari, toi ? Des enfants ? »
- « J'aurais plein de maris et plein d'enfants... Et plein d'amis aussi. Et toi ? »
- « Je sais pas. Oui, plein d'amis. Plein d'animaux aussi.... »
- « Tu ferais quoi comme métier ? »
- « Un mois, je travaillerais, un mois je travaillerais pas. On échangerait, toi et moi... Comme ça, il y aurait toujours une maman pour jouer avec les enfants, donner à manger aux animaux, ranger, mettre des fleurs dans la salle à manger.... »
- « D'accord.. Promis-juré ? »
- « Promis-juré-craché. Croix de bois, croix de fer...
- « Si je mens, je vais en enfer.... »

 

L'enfer. La marelle tracée à la craie sur le ciment de la cour avec le ciel et la terre de part et d'autre de la croix : 1, 2, 3, 4, 5, 6.... Une vieille boîte de Zan à la violette comme palet. Les grandes chaussettes en laine qui gratte remontées bien au ras des genoux couronnés. Le mercurochrome. La limonade. La Vache qui rit. La Pie qui chante. Le jour où l'on sort le mètre d'arpenteur pour mesurer la cour. Dansons la capucine. Les biscottes beurrées saupoudrées de cacao. La ciboulette du jardin dans les salades des dînettes. Les osselets. La table des multiplications. Le diabolo. 0 + 0 = la tête à Toto. La soupe au tapioca. Placid et Muzo. Les tables de multiplication. Les chefs-lieux de cantons. Les vermicelles en forme de lettres avec lesquels on écrit son nom sur le bord de l'assiette.

 

Et puis tout a passé très vite. Est venue l'heure des blouses bises avec les noms brodés en rouge sur la poitrine. L'heure de trimballer le Gaffiot dans son cartable accroché dans le dos. Mais le grand frère d'Une Telle qui est venu l'attendre à la sortie lundi vous a paru si beau. Les confidences. Les fous rires dans le préau. L'heure des terreurs, aussi, parce que les conjugaisons allemandes (verbe « sein », mais ich « bin » et non ich « seine ») vous paraîtront du chinois ou que la surveillante générale nous aura poursuivies lors d'une échappée belle où l'on aura fait semblant d'accompagner sa voisine à l'infirmerie. Une heure enfermées dans les toilettes, le cœur battant à rompre. A l'horizon de toutes les épouvantes : le conseil de discipline. Au firmament de toutes les envies : au moins le prix de bonne camaraderie. Le vert paradis...

 

A peine un peu plus tard, coup de tonnerre : l'heure déjà de se vêtir de noir et de marcher derrière un corbillard. Voir son nom écrit en toutes lettres sur le faire-part. Refus. Incompréhension. Déni. Continuer à mettre le même nombre d'assiettes le soir en mettant la table. Ne pas se faire à l'idée. Avoir l'impression qu'un meurtre a été commis. Et que personne ne répond aux questions. Si « ulcère » rime avec « cancer », il y a une raison ? Le contrat est signé : ça s'appellera « adolescence perturbée ». On ne sera pas les premières. Ni les dernières. Ni toi ni moi ne pouvions prévoir combien de plumes on allait y laisser. D'ailleurs nous n'aurons jamais le temps de les compter. Personne ne prévient jamais qu'un jour on aura dix ans de plus que son propre père. Ni encore moins qu'il était possible que de cadette, on puisse un jour passer aînée. Dans aucun programme ce genre de choses ne peut figurer.

 

Le sang des premières règles. Les lectures enfièvrées à la lueur de la lampe de chevet. La colère. La poésie. L'amitié. La liberté. L'impatience. L'envie d'y aller. Les jamais. Les toujours. Les héros. Les premières cigarettes. Les premiers baisers. Les rêves. Les secrets. « Tout l'avenir devant vous », ils ont dit. Justement, dehors, un vent nouveau souffle, qui parle d'espoir. Ça rit. Ça chante. Ça gronde. Ça crie. On va s'y engouffrer et se laisser porter... On va y croire. On va s'y réinventer. On va bien voir ce qu'on va voir. Les lendemains vont forcément chanter. On n'a pas peur d'y aller. Les trois coups sont frappés. Prêtes ? Partez ! Hâte de voir ce que ça va donner...

 

Il y avait des cernes mauves au creux de nos promesses. Il y avait les oiseaux bleus enfermés dans nos poitrines qui n'avaient pas eu le temps d'apprendre à voler et cognaient pour s'évader. Il y avait la peur de perdre. Et aussi celle de gagner. Il y avait cette marelle d'autrefois, sur laquelle il fallait avancer sans marcher sur les traits, et cette fois pour-du-vrai. Il a fallu apprendre à transiger. Il y a eu, surtout, le temps qui a passé, vertige d'heures, de minutes, de secondes, petite ritournelle implacable qui transforme le présent en passé. Rencontres. Voyages. Amitiés. Sourires. Lectures. Amours. Caresses. Larmes. Cris. Examens. Départs. Travail. Espoirs. Succès. Echecs. Rencontres. Luttes. Sourires. Deuils. Soleils. Pluies. Poèmes. Retours. Sourires. Larmes encore. Guérison, comme chaque fois, parce qu'il n'y a pas le choix...

 

Rien ne s'est passé comme nous l'avions décidé. Rien ne se passe jamais comme on l'a imaginé. Qui l'eut cru ? Aujourd'hui, il y a encore des guerres, des morts, des blessés. Des explosions. Des membres arrachés. Il y a même eu ce terme nouveau, « dégâts collatéraux », qu'ils ont inventé tout exprès. Il y a des gens qui meurent de froid, de faim ou de solitude, pas plus loin qu'en bas, au coin de la rue. Il y a des salariés qui perdent leur emploi, d'autres qui préfèrent se suicider que d'endurer ce que jour après jour ils ont à endurer. Il y a des tremblements de terre, des inondations, des incendies, des gens qui vont tout perdre et d'autres à qui cela va profiter. Il y a des gens qui haïssent d'autres gens uniquement parce qu'ils n'ont pas la même couleur de peau ou la même religion. Ce n'était pas le monde que nous voulions. C'est même le contraire de ce que nous voulions. Nous en sommes là. C'est là que nous en sommes. Pourtant nous avions dit « plus jamais ça ». Vous ne vous souvenez pas ?

 

Que s'est-il passé ? Qu'est ce qui n'a pas marché ? Qui a menti ? Qui a trahi qui ? Avons-nous tant changé ? Où et quand avons-nous démérité ? Le ciel de la marelle n'était-il qu'un conte de fées ? Les grands serments n'étaient-ils faits que pour se consumer avec les rêves au fond des cendriers ? Les promesses sont-elles restées gravées quelque part, au fond d'une malle dans un grenier ? Elles n'ont pas été tenues. Pourtant, pour la plupart, nous avons survécu. C'est dur à dire. Nous avons laissé faire ce qui s'est passé. Parfois même sans essayer de protester.

 

« Vinaigre », criions nous, pour faire s'accélérer la corde à sauter.
« Vinaigre ! » « Double vinaigre ! » Ça a été de plus en plus vite, de plus en plus haut, loin du ciment de la cour et des marronniers. Et puis un beau matin, on s'est réveillées. La marelle était effacée. Le sol était dur. Il fallait « faire avec », apprendre à continuer, y aller vaille que vaille. Bientôt, on ne saura plus faire le tri des priorités. On aura toujours des tonnes de lait sur le feu pour s'occuper. Et s'efforcer d'oublier. Le plus beau, c'est que ça finira par marcher. Sans s'en rendre compte, on sera passé de l'autre côté. Ça ne sert à rien d'autre, un agenda chargé.

 

Quoiqu'il en soit, aujourd'hui, je peux le jurer, croix de bois, croix de fer, cela n'a rien à voir avec ce qu'on nous avait vendu. L'avenir radieux prévu, auquel, bêtement, et c'est le pire, nous avions cru... Ce chaton de calendrier, papattes en rond dans sa corbeille. Ce caniche de celluloïd en tutu pailleté. Cette perruche enrubannée. Ce sucre d'orge de fête foraine. Cette carte postale ripolinée nous souhaitant de joyeuses fêtes année après année. Ce bidule qu'ils appelaient le « bonheur » et avaient placé en tête de gondole. Par quoi on s'est laissé bercer. La fable ne le dit pas, mais certaines des Belles au Bois dormant ne se sont jamais réveillées. Elles s'en étaient trop laissé conter. Un jour, l'avenir aussi appartient au passé. Mais il ne faut pas le répéter.

 

Il ne reste alors que de belles choses et de belles personnes pour vous réconcilier.

 

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©2009 Bettmann/Underwood & Underwood/Corbis

Tous les commentaires

Pour-du-vrai, c'est du vrai, ce que tu nous dis là, chère grain. Dommage que toujours le vrai promis se transforme en mensonges avérés... Et pourtant il faut vivre.

Mensonges avérés ? Peut-être, Tony. Pour moi, c'est peut-être juste l'histoire des trahisons ordinaires... Je crois que finalement, on ne devient peut-être adulte qu'à ce prix !

Je trouve que cette chanson que j'aime bien, de Bénabar irait très avec votre texte : Le cahier de solfège by Bénabar Il y aura hier des années de ça, nous étions tout de suite aujourd'hui déjà. La course cycliste qui remonte la rue, les épaules de mon père, ce sera le début. Pour le défilé, je tenais un fanion, j'aurai un chiot et je perdais mon chien. Le mois d'après, y'a longtemps nous rirons, ce sera les vacances quand c'était le mois de juin.
Mais que ferai-je du cahier de solfège, de temps en temps...
J'ai répondu "présent", quand questionne la maîtresse, j'en ai eu du chagrin et les larmes je les sèche. J'apprenais bien après la concordance des temps, il est déjà trop tard parce que je serai grand. Quand j'étais écolier je serai lycéen, mais pour l'instant c'était encore loin. Dans l'école de musique, celle de mon quartier, j'étudie le solfège et j'avais un cahier.
Mais que ferai-je du cahier de solfège, de temps en temps...
Quand c'était maintenant, un bébé sur les genoux, il s'endort notre enfant, tu verras entre nous. La semaine dernière j'espère qu'il a fait beau, je t'emmène à la rivière, nos six pieds dans l'eau. Il y aura un jour, mais c'était dans longtemps que j'ai retrouvé, par hasard en rangeant, ce cahier griffonné qu'on m'a donné demain, ce cahier de solfège que je tiens dans les mains.
Mais qu'en ferai-je de tous ces arpèges, ça me revient...
Il y aura hier des années de ça, nous étions tout de suite aujourd'hui déjà. La course cycliste qui remonte la rue, les épaules de mon père, ce sera le début.

Par contre,je n'arrive pas à la présenter correctement et si quelqu'un sait mettre du son, ça serait encore mieux ;

http://www.youtube.com/watch?v=g-wC-BM_ezw

Comme cela F Denizot ?

 

 

 

?

 

Bravo, merci.

Merci à vous deux, F Denizot et Michbret ! Décidément, cette chanson me plaît...

Grain, chère,

ton texte colle à la peau.

Comment fais-tu ?

Je ne commente pas plus, parce qu'en fait c'est "exactement ça". Je vais le relire jour après jour, plutôt. Me le prendre pour moi, et l'envoyer à mes soeurs.

Ton texte qui m'arrive au jour où ma fillette enjambe enfin allègrement sa première corde à sauter, en espérant la tombée de deux dents pour cette nuit...

Tu dis juste, et tu dis tout, avec un coeur si ouvert et pourtant si pudique.

 

Merci belle.

Grain, ton texte me rend muette, alors je m'accroche à Claire qui a fait le commentaire qu'il me fallait.

J'ai juste envie d'ajouter ma première pensée : texte à garder pour toujours.

Et qu'il répond si bien pour moi à un autre texte qui m'a rendue complètement muette, celui de Pierre.

Le tien me redonne un peu de voix - celle de l'espoir des rencontres improbables, encore maintenant, encore et jusqu'à toujours.

Bonjour Grain de sel,

Magnifique texte. Comme d'hab.

Concernant la marelle, je dirai que nous sommes toujours à cloche-pied entre Terre et Ciel depuis l'enfance et que malgré les années nous attendons toujours de pouvoir retomber sur nos pattes ! Sourire

Cordialement.

J'ai bien apprécié votre texte. J'y ai retrouvé comme un peu de "Les Années" d'A. Ernaux. Quelque chose que je ne peux imaginer être écrit par un homme, au delà des détails spécifiques. Pourquoi? Je ne sais.

Parce que vous, vous jouiez plutôt aux billes, non ?

Ah, oui, ça c'est sûr, j'en oubliais même l'heure du repas et me faisais engueuler pour mon arrivée tardive! La honte, arriver quand toute la famille est à table et mange sa soupe en silence! Bonheur d'être jeune!

"Il faut mettre son coeur dans l'art, son esprit dans le commerce du monde, son corps où il se trouve bien, sa bourse dans sa poche et son espoir nulle part." Flaubert.

Bonjour à tous. Ravie de vous retrouver là, dans ma petite cour de récré à moi...


marelle1210x292.jpg© Tikayu

 

En fait, c'est ce poème de Pierre Peuchmaurd, que m'a fait connaître Patrice Beray (merci à lui mille fois) et dont le recueil ne quitte plus ma table de chevet, qui m'a fait repenser à tout ça. Et puis l'autre jour, cette carte postale de la corde à sauter à la devanture d'une librairie. Je n'ai pas résisté. Il me la fallait. Ça a donné ça...

 

PS1: Et un merci tout spécial à F Denizot pour les paroles de cette chanson, que je l'avoue, je ne connaissais pas...

 

PS2: La concordance des temps, tout est là !

 

PS3: "Est-on jamais assez l’enfant
Qui, en jouant à la marelle
Et en riant éperdument,
Pousse le palet en plein ciel..."

Maurice Carême*

(*Vous vous souvenez ? Celui des récitations et des dictées...)

 

Un coeur ouvert et pudique, c'est exactement ça, Grain de Sel. L'évidence aussi, quand on passe de l'autre côté de l'écran. L'amitié depuis des années, toujours sans doute. La rencontre un peu plus tard, parce que la vie recèle de ces tours. Les bons et les mauvais. La connivence jusque là. Dans ce déni, ces retours du bâton quand certaines dates rodent ou que des évènements, des regards, un mot rappellent au réel.

Et puis, ces mots si beaux, si lourds. Acidulés et épais. Uniques.

Et cette chanson, en boucle :

 

Christine, ce n'est pas pour vous faire concurrence. Loin de là, car cette chanson colle tellement bien au magnifique billet de Grain de Sel.

 

 

 

A écouter en boucle en espérant que le son soit un peu meilleur et que les images reflètent ce beau billet, même si l'on n'y voit que peu Fred et Catherine.

 

Merci Grain de Sel. Osons : Bises si je peux me permettre.

Il ne reste alors que de belles choses et de belles personnes pour vous réconcilier.

Oui, chère Grain de sel, parce que les belles choses rient en nous, jamais de nous, comme le rire des proches, à jamais en nous.

Et pour le reste, libre soit cette infortune.

 

La carte postale avec les fillettes jouant à la corde à sauter a été éditée par les Editions du Désastre, Patrice... Ça ne s'invente pas !

Encore merci pour Peuchmaurd. C'est un cadeau inestimable que tu m'as fait !

C'est cadeau... d'ami, chère toi.

C'est très beau, moi aussi aujourd'hui j'ai le blues.

Il y avait des cernes mauves au creux de nos promesses.

Sans voix, sans mots. Je suis. Merci.

Oui. Merci Grain.

Très, très, très beau... Merci. * Diminutif . Menu Menuet les filles sont fillettes, aux talons claquettes ; les gamins sont gars : les hommes les gamins ; les femmes 'damoiselles : et aussi jeunes, et aussi belles ! . . pour toi gds

Toujours beaux tes mots et la musique que j'entends derrière eux, toujours l'espérance qui fait l'âne et qui finit par avancer même si c'est d'abord à reculons, toujours des réveils où le prince charmant a oublié de remonter ses ressorts, où la princesse est restée accrochée à ses rêves mais avec un soleil qui continue à lire ses chiffres pour ne pas être en retard. Toute la poésie est dans le regard comme disait l'ami Gide.

Benabar, Blanchot, Ernaux, Flaubert, Gide, Mitsouko, Schultz, Souchon..., vous les avez tous convoqués ! Ça va faire un peu trop, non ? Je vous embrasse tous, et pardon de ne pas vous répondre individuellement. Dites moi juste si parfois, ça vous fait ça aussi, si vous ne vous demandez pas, vous aussi, ce que le temps qui passe a fait de nous et de tout ce que nous nous étions juré....

Mille à amitiés à vous tous !

Depuis déjà longtemps, je me suis dit que je ne pouvais jurer...de rien.

grain de sel,

C'est un des privilèges de l'âge, non?, que de pouvoir, et/ou de vouloir, se pencher vers son passé, de le regarder comme l'histoire d'un autre et de s'interroger sur ce que vous évoquez, à savoir: "Serais-je devenu quelqu'un d'autre si j'avais pris un autre chemin? N'aurai-je pas dû avoir moins peur et choisir une autre voie, écouter cette petite voix qui me disais fais ceci ou fais cela?". Heureusement la vie nous donne souvent des armes fanfaronnes qui nous permettent de nous dire :"Tu t'en es quand même plutôt bien sorti, tu as quand même plutôt bien fait, tu peux donc être plutôt satisfait de toi, aujourd'hui que ta vie est derrière toi et que tu n'en attends plus trop!!" Clin d'oeil

Merveilleux texte grain de sel.

Alors je me suis demandée ce que je pourrais vous offrir pour vous remercier de ce don de vous, si vrai et si émouvant, deux caractéristiques assez rare sur la toile.

Et aussitôt, quelques notes ont résonné dans ma tête.

Pour vous Grain, un Lamento Eroïco somptueux, à l'image de votre billet.

 

http://www.dailymotion.com/relevance/search/Rhapsody+Lamento+ero%C3%AFco/video/x3dhpw_rhapsody-lamento-eroico-live-from-c_music

 

Néfertari.

Mille mercis, Pharaonne... Ce chant me va droit au cœur (et son titre aussi) !

C'est un texte puissant, riche et poivré...

C'est dur, si tendre à coeur et si beau.

La vie.

Merci, Grain de sel...

Petits hasards amusants de la mise en page en Une du Club... La photo de Bettman est juste au-dessus du billet de Claude Lelièvre sur 'la réussite des filles' !

 

A part cela, merci de ce billet, chère grain de sel, vous évoquez si bien les atmosphères.

Juste un petit bémol : Bénabar ? Ne l'a-t-il pas mis en chansons son cahier de solfège ? Alors, oui, il y a les compromis concédés au monde extérieur, mais il y aussi parfois les désirs intimes, forgés dans l'enfance et l'adolescence, que nous réalisons en nos vies : là, à chacun sa petite boussole intérieure.

Un GRAND MERCI , grain de sel.

Je ne sais touver les bons termes pour vous remercier, alors je vais me coucher les yeux humides et de l encre violette plein les doigts.

Demain c est dimanche , il va falloir mettre ses beaux habits; sur les cheveux de la "brillantine" pour les garçons, pour les filles un joli noeud bien ajusté.(pour passerl apres midi chez tata jeannete)

"surtout vous ne touchez à rien, et je ne veux pas vous entendre."

(quelle barbe les dimanches on n' a meme pas le droit de jouer! )

 

L emotion est un peu passée.

Alors dites moi ,grain de sel, qu'allons nous raconter à nos petits enfants ?

Je suis presque certain, que plus rapidement(que nous) ils s' appercevront

qu 'ils vivent ' que nous survivons dans un monde de faussaires .

Excusez moi je casse l ambiance.

bien à vous , et encore MERCI cordialement

 

Et les paroles d'une chanson que kairos m'a permis de découvrir : "C'était menti", d'Alain Souchon... Merci vraiment kairos, c'est tout à fait ça !

 

Paroles "C'était Menti"
Alain Souchon

"Tout ce que tu m'as dit
Vieux Scott Joplin maudit
Tout ce que tu m'as dit
C'était menti
Tu disais le bonheur c'est un gros pétard
Caché dans les crinolines des autos Panhard
Tu disais l'industrie et l'agriculture
Tu disais la vieille Sissi sur la côte d'Azur
De Karl Marx la rêverie
Et le tsarévitch Alexis
Tout tout était menti
Scott Joplin maudit
Tout ce que tu m'as dit
Vieux Fats Waller maudit
Tout ce que tu m'as dit
C'était menti
Tu disais le bonheur c'est un gros pétard
Dans les mains d'AL Capone à Chicago le soir
Tu disais les Métro Goldwyn les Dessoto les Packard
Lilly Palmer un jour j'aurai ma part
Armstrong et Stormy Weather aussi
Le charleston et Mussolini
Tout tout était menti
Fats Waller maudit
Tout ce que tu m'as dit
Vieux Bob Dylan maudit
Tout ce que tu m'as dit
C'était menti
Tu disais le bonheur c'est un gros pétard
La révolution une forme d'art
Marianne Faithfull et des jolies dents qui claquent
Enroulée dans l'anorak de Jack Kerouac
Katmandou et la mort à bas prix
Et les limousines hors de prix
Tout tout était menti
Bob Dylan maudit
Et toi tes mots d'amour au piano
Est-ce que c'était tout du pipeau ?
Toi qui disais que tu m'aimais
Comment c'était ? "

Perso moi, Souchon, en même temps je suis bercé et me sens bien, mais si j'écoute un peu trop les paroles ça me braque, je sens comme une sorte de démagogie facile qui cherche à flatter mon penchant neurasthénique, dans le genre...

 

«Tu la voyais pas comme ça ta vie»

«Doucement la vie t'a mis KO»

...tu 'ois?

Je ne sais pas, Axel. Je connais trop mal. C'est vrai que dans les paroles de cette chanson, c'est les autres les coupables, jamais nous... Et que je pense que nous aussi nous avons changé... et peut-être trahi certaines choses que nous nous étions jurées. Mais que finalement "c'était menti", c'est bien vrai. Tu veux peut-être dire qu'il a fait un peu son fond de commerce de l'enfance ? Je ne saurais pas te répondre. En plus, je crois que ce n'est pas à ceux qui ont su garder une part d'enfance en eux qu'il faut jeter la pierre en premier. Si pierre il y a à jeter...

Bien à toi (et à ta neurasthénie, parfois partagée !)

«L'avenir radieux prévu, auquel, bêtement, et c'est le pire, nous avions cru...»

 

Oui, on y croyait dur comme fer, et pas bêtement mais avec un bel et enthousiaste optimisme, et cette confiance absolue qu'on avait dans la technologie et "le progrès", scientifique bien sûr!

 

Vous souvenez-vous de cette façon qu'on avait de parler de "L'An 2000"..?

 

Les rythmes d'alors n'avaient pas gagné la frénésie actuelle, si bien que ces dates nous semblaient très lointaines, comme inaccessibles "de notre vivant", cela malgré le simple calcul rationnel qu'on pouvait faire à tout moment, comme par exemple celui de se demander,

«ça te fera quel âge, quand on se reverra, promis-juré, le 1er Janvier 2000, à Midi sous la Tour Eiffel?»

...

« Un mois, je travaillerais, un mois je travaillerais pas »… et oui, ça semblait être une bonne idée pourtant.

Pourtant, ça ne s'est pas vraiment passé comme ça, finalement, Nicolas....

Bin ça alors, tu viens de passer dorée !

Le bleu ne te suffisait plus ;)

- edit : AH non en fait, petit bug passsager vraissemblablement

C'est un bug, Nicolas... Juste ça !

Bonjour Grain de sel,

Et moi qui croyais que vous aviez lézarder pour devenir dorée ! Rire

Cordialement.

Et bien non, désolée de vous décevoir, mon cher Lézard. Je n'ai rien fait pour devenir "dorée" comme vous dites ! Ce n'est pourtant pas faute de lézarder...

Bien à vous...

"Que s'est-il passé ? Qu'est ce qui n'a pas marché ? Qui a menti ? Qui a trahi qui ? Avons-nous tant changé ? Où et quand avons-nous démérité ?" = et bien sans doute qu'"on" a commencé à prendre ses désirs pour la réalité, donc à refuser de voir la réalité en face car elle n'était pas belle et à lui préfèrer une réalité enjolivée, sans tâche, sans vague, où tout baigne et où tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Certes, il y avait bien des gens qui disaient le contraire de ce que "nous" disions, un nous qui inclut faussement tout le monde car tout le monde n'est pas responsable de ce qui n'a pas marché. Tout le monde n'a pas suivi le troupeau. Il ya eu des gens qui se sont levés pour crier, pour alerter, pour mettre en garde. "Nous" n'avons pas voulu les entendre et "nous" les avons fait taire. "Nous" les avons réduits au silence. Maintenant, on peut bien le leur reprocher : oui, pourquoi, eux, qui prétendaient mieux faire et mieux savoir que la majorité d'entre nous, pourquoi n'ont-ils pas alors chercher à nous convaincre en faisant entendre leur voix discordante, hein, en "nous" laissant parler plus fort qu'eux, oui, pourquoi ?

Pas sûre d'avoir bien compris, Lincunable. Je ne reprochais rien de particulier à personne. C'est juste la façon dont, en grandissant, on apprend à transiger avec le principe de réalité et à trahir insensiblement ses propres idéaux que je voulais tenter d'évoquer. Les "promesses non tenues", c'est "nous" qui les avions faites... et oubliées le moment venu. Je ne cherche pas de coupables !

Bien à vous...

Grain,

je lis ces jours-ci "le coeur cousu", de Carole Martinez. Qui m'a donné envie de venir te relire.

Je vais copier ton texte qui fait du bien sur le papier, et le mettre dans ma besace, tu sais, dans ce petit coin perdu dans le sac à main où l'on sait retrouver le bout de papier si usé à force d'être lu, qui nous fait du bien, qui nous fait du bien. Une minuscule parcelle de stabilité vite maintenue au creux de la main quand le monde semble vaciller tout autour...

 

Merci à nouveau.

 

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Chère Fleur de sel,

 

"De ne pas avoir de sœur, il ressentait une grande frustration qu’il compensait en continuant à se nourrir de moments de rêve et de merveilleux qui auraient dû s’évanouir face à l’attitude d’incompréhension peinée de se parents. Ces derniers tentaient bien de le raisonner et de le ramener aux réalités honorables dont il ne mit pas longtemps à réaliser qu’elles n’étaient constituées que de réalités avouables…." Mes Chroniques Alexandrines

J'ai rêvé ce que tu as écris, je l'ai vécu en garçon, avec les gamlns qui se moquaient du jeune roumi ( européen en arabe) aux pieds tendres... Alors, en plein été,sur la corniche d'Alexandrie, je me suis planté en plein bitume, bouillasse infernale et je me suis fait des semelles douloureuses... Mais, à présent, je pouvais courir comme eux dans le sable brûlant, derrière les cabines de la plage, là où les herbes coupantes et les débris de verre nous offraient refuge et impunité temporaires... ce fut ma marelle à moi, le temps de l'innocence...

Mais le soir, tu imagines l'accueil de la maman...

Merci

Pierre

Touchée-coulée, Pierre, je ne sais pas quoi répondre d'autre.... Vos "semelles douloureuses" me vont droit au cœur !

Chère amie, ton texte a de la gueule, il est preste, et frisé d'un peu de nostalgie, il vient nous chercher ...je ne redirai pas tout ce que t'ont dit les autres.

Je tente de te dire une chose : je ne suis pas bien d'accord quand on dit "on" ou "nous" ! Disons "je". Et pourtant tu as raison ce "on" c'est l'époque, l'air du temps.

Et ces trahisons ? quand est-ce que je me suis trahie toute seule ? quand est-ce que la trahison d'un autre m'a arrangée au bout du compte ? quand est-ce que l'âge mûr, adulte a été une bonne excuse ? quand ..... ?

Et puis je glisse ici une idée qui me plaît, entendue dans une bouche : le chagrin est un péché. (attention : ceci ne parle pas de ton texte, mais c'est en plus)

J'aime bien ton texte pour toutes ces questions qui en sortent aussi.

Bonjour Grain, Avec beaucoup de retard j'ai lu hier ton billet. Génial. Si juste...Cela m'a fait penser à quelques lignes que j'avais gribouillées en mai dernier, lors d'une nuit blanche, dans mon calepin. C'est moins perso, mais après lecture de ton "bonheur" je n'ai pu résister de les mettre dans le "Tank" hier soir, illustré d'une photo que j'adore car s'y devine le cœur battant à tout rompre du petit enfant qui voit arriver les tambours magiques. C'est une autre "strate" dans la montagne de questions que nous nous posons.

Je tenterai de passer un peu plus vers chez toi. Ca fait du bien!

amitiés,

Tink.

Un grand merci d'être passée par là, Tink ! Je vais de ce pas regarder dans ton Tank... Oui, c'est bien mon bonheur qui était donné à lire, mais peut-être aussi un peu de mon désenchantement ! Des strates, oui, c'est bien des strates de questions que nous nous posons....

 

*** en retatrd ... mais là ... avec ces temps cinglant , j'ai enfin déniché votre gondole, chère grain de sel ... Je ne me serais pas pardonnée de l'avoir râtée !

Des émotions jaunies commes de vieilles photos se sont ranimées.

Nous avions une gondole dorée dans la tête à l'époque, peut-être pour figer, à tout jamais, comme pour un musée Grévin de l'histoire la guerre et ses horreurs.

Le cinéma faisait des stars, nous en avions plein les yeux. Action, nous nous emballions. Les méchants étaient infailliblement malheureux, punis, honnis, les bons pour toujours aimés.

Sandalettes, toboggan, monopoly, vagues des grandes vacances : tout était possible ! Nous fûmes, en ce pays, pour un temps, la génération dorée, de l'or des rêves de nos parents.

Nouveau, c'est beau. Le ciel est à nous. La planéte aussi. L'éternité bientôt...

Chère Grain, puis sont arrivées " des cernes mauves au creux de nos promesses" cette image m'a faite trembler...

Ce mauve a chassée l'or, mais nous reste l'étincelle, l'énergie des rencontres, des partages modestes.

Certes, iI faut ramer... bah, ramons !

Et comme avec votre texte, quand l'autre donne du bel et bon, on a au coeur de faire de même.

Gondolière poursuivez !

 

De belles rencontres....

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C'est encore plus vrai en décembre, pour moi, le fossé entre ce qu'on avait imaginé... et ce qui s'est vraiment passé. Ô Sole mio, les gondoles ne cessent de s'éloigner. Et les promesses sont parties en fumée.... J'ai mal à l'hiver, souvent. En fait, tous les ans....

Moi aussi, j'ai mal à l'hiver; mais quelques fois, un sourire, un enfant, un ami, ça aide à oublier, ça aide à espérer...

Relu aujourd'hui, en décembre froid.
Pensé à l'An 01 :

un jour fatigués

on ira s'assoir sur le trottoir d'à côté

Mais on ne s'est pas assis ensemble, on a continué séparément.

 

Sans doute la nostalgie se nourrit-elle de la distance. Mais, il y a quelque chose, un lien entre l'éloignement et l'universel. Un éloignement comme un renoncement. Un nécessaire renoncement.

 

L'An 01 de Gébé ?

Oui, je crois, Grain. Mais peut-être que je mélange plusieurs choses, c'est flou (ou c'est fou).

Il était question de tous s'assoir. De ne plus participer au monde tel qu'il va, quelque chose comme ça.

ça m'aurait bien plu.

Mais ce n'était sans doutee pas assez... pas assez quelque chose ?

Et puis l'an 01 est arrivé et passé sans vagues aucune, tout continue, nous faisons tourner la machine ! (ou presque, bien sûr).

Je vous ai suivie sur ces chemins qui sentaient encore la noisette, et qui nous ont amenés, ici, ensemble, où nos mêmes souvenirs emmêlés se sont posés un instant pour se faire écho... C'était à la fois doux et amer, merci Grain de sel...

"Rien ne s'est passé comme nous l'avions décidé. Rien ne se passe jamais comme on l'a imaginé."

 

La vie brise les rêves des enfants. Mais, souvent, après que beaucoup de temps soit passé, les mots qu'ils écrivent les font vivre éternellement. Ainsi, les rêves d'enfant resteront des rêves et nous accompagneront, posés sur notre épaule, pour nous chuchoter des trucs tout au long de cet étrange voyage.

 

Posés sur notre épaule ou blottis dans notre cœur, Jules ! Bienvenue à vous.....Et ravie de découvrir ici et là vos chuchotis !

"rien ne se passe comme nous l'avions décidé" dis-tu dans la belle broderie ciselée que tu nous offres à lire

 

ne décidons rien, vivons tout

 

il m'a fallu tout ce temps pour apprendre cette élémentaire évidence

Quel bonheur de vous retrouver dans la cour de récré.

Peut-être, Jean-Yves, mais ce billet a plus de deux ans, et ça fait bizarre de le redécouvrir.... et aussi de découvrir le nombre de gens qui l'avaient commenté et sont désormais en grisé !

L'un des premiers billets de vous que j'avais lu.

Trop plein d'émotions Grain

de "toi", Isa, non ? Depuis le temps....

Oui c'est vrai, depuis le temps...Et c'est fou comme il passe vite le temps

A toi Grain, à vous deux qui combattez, je voudrais transmettre un peu de ma force

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