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Depuis que Charles-Edouard est parmi nous…

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Cela devait se passer fin octobre-début novembre,  le ciel était incertain mais un petit vent glacé nous avait fait remonter le col de nos vestes et tenir les mains à l’abri au fond des poches. Nous déambulions dans les rues d’un pas de samedi après-midi, sans but particulier, avec plein de « peut-être » et de « au cas où » dans la démarche, c’est-à-dire aussi bien prêts à tout qu’au moindre petit rien.  C’est généralement le deuxième qui l’emporte : des petits riens, il y en a partout pour qui sait les voir ou les écouter. Sur les murs. Dans les bribes de conversations des passants. Le long des fissures des trottoirs.  Dans les interstices des portes cochères. Dans la lumière d’un soir qui ne va plus tarder à tomber.

 

Ce fut d’abord cette  figure magnifique : un aveugle d’une bonne soixantaine d’années, planté  juste à l’angle du boulevard, le visage tourné vers le ciel, canne blanche dans une main et portable de l’autre. Il riait comme seuls les enfants et quelques rares  grandes personnes savent le faire : de tout son cœur, à pleins poumons, de toute sa joie. « Comment ça, tu ne m’entends pas, rugissait-il dans l’appareil. Moi, je t’entends parfaitement et je suis au moins dix fois plus sourd que toi ! » Et il repartait de plus belle dans ses cascades tonitruantes de bonheur. Heureuse nature.  S’accommoder ainsi de mauvais coups du sort n’est pas donné à tout le monde.  Etait-ce un signe et de quoi ? En le dépassant, j’ai noté qu’il portait un bonnet à pompon rouge sur lequel des petits rennes blancs se poursuivaient. Enfance.

 

Déjà, la même cabine téléphonique que les autres années avait commencé à se meubler. Cartons, sacs poubelles débordant de vieux vêtements, duvet plus ou moins déchiré, couvertures entassées. Pour l’heure, elle n’était pas encore habitée, mais déjà, une sorte de bail avait été signé pour l’hiver qui n’allait plus tarder à s’annoncer.  Serait-ce une fois encore le clochard aux béquilles ou au déambulateur ? Ou un nouveau venu dans cette cabine, à l’angle de ces deux rues ?

 

« Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? » C’est le titre d’un savoureux ouvrage de Perec truffé de figures de style comme un

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bon cake l’est de raisins secs et autres fruits confits. Chaque fois qu’on passe dans cette rue et qu’on le voit, on a ce titre qui revient nous chantonner en tête. Et comme de coutume, on le prononce ensemble à haute voix : « Quel petit vélo… ? » Pas de fond de cour, là, pourtant.  Juste un balcon au deuxième étage d’un immeuble. Et pas de guidon chromé non plus.  Mais un beau VTT noir bien entretenu trônant bien en vue appuyé au fer forgé de la rambarde. Penser à son propriétaire qui doit le descendre et le remonter amoureusement par l’escalier au moins cinq fois par semaine nous met chaque fois en joie. Bien plus efficace qu’un cadenas. C’est qu’on s’y attache à ces petites bêtes-là !

 

Vous les connaissez tous, ces panneaux publicitaires mobiles, généralement placés par deux sans qu’on comprenne bien pourquoi, et qui toutes les deux ou trois minutes défilent pour laisser la place à d’autres.  De véritables horreurs la plupart du temps et qui condamnent ainsi à la double, triple ou quadruple peine les passants. Là, juste sur ce pignon d’immeuble, placés bien perpendiculairement à la rue que nous remontions, c’était le tour d’une publicité pour la nouvelle Classe A de Mercedes-Benz.  Sur les deux affiches, la même photo. Je vous le donne en mille : une voiture ! Mais ce qui faisait toute la différence, c’est les slogans. « Wouaw » pour l’une. « Vroom » pour l’autre.  Quel talent, ces publicitaires ! Mais où vont-ils donc chercher tout ça ?

 

Et puis, c’est là que nous l’avons rencontré. Il trônait dans son cadre dédoré et à moitié démantibulé, sur un amoncellement de tables de nuit à trois pieds, de vieux rideaux tachés, de chaises de cuisine cassées, de montants d’étagères déglinguées, posé sur ce qui avait été un fauteuil de salon revêtu de fausse tapisserie avec berger et bergère se répondant sur un paysage éventré. 0,90 m sur 0,65. Prenant augustement la pose, le bras droit légèrement appuyé sur une sellette, le regard haut, la barbe et la moustache bien taillées, les souliers soigneusement cirés avant d’aller chez le photographe se faire tirer le portrait devant un décor de carton-pâte. L’ancêtre de quelqu'un d’autre, forcément. Et qui se retrouvait là, jeté au rebut sur un trottoir, en pleins courants d'air, sous la pluie qui n’allait pas tarder à tomber. Prêt à partir aux « encombrants » pour laisser la place aux nouveaux arrivants d’un appartement. Notre cœur n’a fait qu’un bond.

 

Depuis, Charles-Edouard vit avec nous. Le chat, après une brève inspection, debout, tendu, dressé jusqu’au visage pour le renifler  — vraiment une photo que j’ai loupée — l’a également adopté.  Nous avons réécrit son histoire.  Né dans les années 1880, dans une famille non pas d’aristocrates (aucun bijou, même pas de montre-gousset, pas de costume, juste une veste en tweed pied-de-poule sur le meilleur pantalon sorti de l’armoire pour l’occasion) mais plutôt de commerçants aisés, il devait avoir dans les 27 à 28 ans quand la photo a été prise.  Il devait venir de prendre la succession de son père à la tête de la grande quincaillerie du bourg.  Ou de la graineterie-jardinage-articles de pêche. Il se sentait fier. L’avenir lui souriait.  Il allait être à la hauteur, il le sentait, il l’espérait.  Peut-être même, au printemps, oserait-il demander la main de la belle Madeleine, la rayonnante caissière des Dames de France.  Et puis la guerre a éclaté.

 

Depuis que Charles-Edouard vit  parmi nous, rien n’a vraiment changé. Il est là, c’est tout.  

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

23/12/2012, 16:40 | Par FARID

Je lui donnais plutôt une petite quarantaine moi, à Charles-Edouard. Fier du chemin déjà accompli.  Chef de famille Ricorée... Mais bon, vous le connaissez mieux que moi.

23/12/2012, 17:06 | Par grain de sel en réponse au commentaire de FARID le 23/12/2012 à 16:40

Rigolant... Non, je vous assure, Farid, vu de près, une petite trentaine à tout casser ! Et puis à l'époque... Mais, c'est vrai, déjà une silhouette un peu enrobée. On n'était pas trop céréales, à l'époque, et sa maman avait dû le gâter en tartines au petit déjeuner ! Clin d'œil

23/12/2012, 16:47 | Par GILLES WALUSINSKI

Une bise à Charles Edouard et attention en posant le pot de fleur, qu'il évite de tout renverser. La toile peinte mérite un musée...

23/12/2012, 17:09 | Par grain de sel en réponse au commentaire de GILLES WALUSINSKI le 23/12/2012 à 16:47

Pas de danger, Gilles ! Comme tu peux aisément l'imaginer, sûrement, le dessus de la cheminée est bien trop encombré pour y loger un pot de fleurs... Clin d'œil Quant à l'embrasser, non, peut-être pas... Ce n'est pas parce que maintenant il fait un peu partie de la famille qu'on en est arrivés à une telle intimité ! Innocent

23/12/2012, 16:56 | Par Mithra-Nomadeblues_

Charles-Edouard, Charles-Edmond, Gontran, Raoul, Baudouin, Vanceslas, d'un côté..., et de l'autre, Lucien, Marcel, Roger, Germaine, Yvette... Ce sont les prénoms choisis en fonction de sa grande ou petite bourgoisie, qui me laissent toujours rêveuse... Mais ce Charles-Edmond-là, s'il ne porte pas de montre-gousset, a quand même belle allure (disait-on autrefois)...

Bien vu, Grain de sel !

23/12/2012, 17:10 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 23/12/2012 à 16:56

Oui, un beau parti, je vous dis.... Le gendre idéal dans les années 1910, sûrement !

23/12/2012, 17:25 | Par Jonasz

Cher Charles-Edouard,

J’ai eu un de ces chocs. Figure-toi que je suis tombé sur une photo de toi. Non pas celle où tu poses en sous-off des Bat’d’af à bandes molletières à Notre-Dame-de-Lorette en 15. Non ; l’autre, celle d’avant que tu te maries avec la rousse que je me souviens pas le nom. Non ! Non ! Pas la pute, l’autre qu’est devenue collabo pendant la guerre. Oh ! Comment qu’elle s’appelait, déjà ? Oui. Marguerite. C’est ça.

Tu me diras que c’est qu’une photo. Mais c’est dingue la tête qu’on peut avoir quand on sait pas ce qui va nous arriver. Bon ! Tu me diras que c’est tout le temps qu’on ne sait rien des récoltes avant. Mais là, quand même, tu donnes l’impression de penser que tu n’auras jamais d’emmerdements. On dirait presque un notaire. Tu me diras que quand on se fait prendre en photo, on évite d’afficher l’intérieur. Vaut mieux d’ailleurs ; y’en a, autant y sont beaux à voir, retouchés par le photographe, autant ils sont laids à l’intérieur quand on y regarde de plus près.

Que quoi ? Que c’est qu’après que tu es devenu laid à l’extérieur, toi ? Oui. Je sais. Remarque, quand on voit le train d’emmerdes que t’as eu, tu pouvais pas rester intact. On en causait quèquefois à la manille avec les autres de comment tu t’es jamais bien remis de ta faillite, tes gosses en taule, ton procès pour le marché noir, ta femme avec l'Honoré, la vie quoi. Et pis le picrate, les banquets républicains, la goutte… La goutte surtout ça finit par te foutre les grimaces comme une carapace. Et après t’as l’âge qu’arrange rien.

 Breffle ! Qu’est-ce que ça peut être trompeur une photo, quand même ! Enfin. Si tu la reveux je sais où elle est. C'est des potes. Y devraient pas faire d'histoire pour me la donner.

Ton poteau de la poste aux armées qui ne t’oublie pas.


Désiré Patembert

15/01/2013, 23:47 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de grain de sel le 23/12/2012 à 19:02

magnifique histoire!!! wa=ouaaahhhhhh

16/01/2013, 09:44 | Par grain de sel en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 15/01/2013 à 23:47

Merci, Kak ! On s'amuse comme on peut, tu vois, par les temps qui courent....Clin d'œil

24/12/2012, 07:56 | Par Jonasz

Cher Charles-Edouard,

Je reprends la plume pour te donner de mes nouvelles qui sont bonnes. Je lis que tu me pardonnes pour des choses que j’ai pas à me reprocher ; c’est gentil à toi. J’en  attendais pas moins d’un poteau. Juste deux mots quand même.

Si je me souviens de la Marguerite ? Alors, moi je veux pas être médisant mais je te demande plutôt qui c’est qui s’en souvient pas de la Marguerite. Passe que rapport à l’entregent, comme dit Monsieur le Maire, elle se posait là, la Marguerite, si tu vois ce que je veux dire.

Pour les sous maintenant, d’abord c’est pas 18 mais 12 que je croyais que c’était réglé entre nous avec tous les timbres de la poste aux armées que je t’ai donné. Je vois que t’as pas changé à toujours compter les œufs dans le cul de la poule comme à tricher à la manille.

Patembert.

Poste scritom : Je te mets le décompte des carnets de timbres juste pour te donner une idée. Et me réponds surtout pas ; ça te fera toujours ça d’économisé.

24/12/2012, 10:13 | Par grain de sel

"18, pas 12, Désiré ! Ah je vois que tu n'as pas changé.... Et qu'est ce que tu veux que j'en fasse de tes timbres, maintenant que je suis encadré ? "

C. E. P.

24/12/2012, 11:49 | Par Marc Bontoux

Bien joli texte

Merci

24/12/2012, 12:14 | Par grain de sel

Le film de ma vie....

 

 

 

 

 

C'est-y pas un peu triste, quand même, pour quelqu'un qui semblait si bien parti ?

24/12/2012, 14:24 | Par Jonasz en réponse au commentaire de grain de sel le 24/12/2012 à 12:14

Six clichés qui finiront dans une boite à chaussures chez le brocanteur du coin alors qu'ils ont fait l'orgueil de la famille. C'est la seule photo qui manque à la fin; la boite à chaussures.

Terrible raccourci pour les Charles-Edouard que nous allons devenir !

 

25/12/2012, 11:51 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Jonasz le 24/12/2012 à 14:24

Décidément, Jonasz, il n'y a que toi que les aventures de notre ancêtre d'adoption semblent passionner, Jonasz ! Clin d'œil Remarque, je savais bien que les cicatrices de 14-18 te tenaient à cœur. Je me souviens d'un billet....Innocent  Bon, de passage par là, je souhaite un joyeux Noël à tous: ceux qui sont partis en vacances et ceux qui sont restés, ceux qui ont festoyé et ceux qui n'ont pas festoyé, ceux qui sont seuls et ceux qui sont entourés, ceux qui sont abonnés et ceux qui ne le sont pas. Bref, tous, quoi ! Et pour ceux qui ne les aiment pas, juste un mot: rassurez vous, le plus gros est passé. Bientôt "les Fêtes" seront terminées...Bouche cousue

Un gros paquet d'amitié...Bisou

25/12/2012, 18:41 | Par Jonasz en réponse au commentaire de grain de sel le 25/12/2012 à 11:51

Vous avez une photo, j'ai peut-être les épreuves. Avec un peu de chance, on pourrait faire album commun.Sourire

30/12/2012, 17:21 | Par Marc Bontoux en réponse au commentaire de Jonasz le 24/12/2012 à 14:24

Non, je ne pense pas ( il faut être optimiste).

Voyez , la photo de Charles-Edouard a permis à celui-ci, tel un Phénix de renaître.

 

25/12/2012, 11:40 | Par Hors Ligne

Ont recycle les êtres humains, ont lui donne tout un descriptif, normal il ressemble a une bonne vielle brocante .Rigolant

Merci pour ce billet d'humeur du 25 décembre .

25/12/2012, 21:43 | Par OLALA

Il  a pu se perdre dans la campagne et il est tombé sur des  bisons et  sa femme l'a pris en photo 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oui je sais cépapossib'  Embarrassé, j'avais envie de lui faire prendre un peu d'air frais à Charles-Edouard !

26/12/2012, 10:10 | Par grain de sel en réponse au commentaire de OLALA le 25/12/2012 à 21:43

Tu as raison, Olala, tout cela aurait pu arriver. La campagne, les bisons, l'appareil photo.... Tu trouves vraiment qu'il sent le renfermé mon Charles-Edouard que tu veux lui faire prendre un peu d'air frais ? Innocent Il est vrai que coincé dans son cadre, appuyé sur la cheminée, le fouillis autour, le chauffage, et la fumée des cigarettes... Mais au moins il est au sec et a un toit pour l'abriter, non ?

J'ose même pas imaginer si on ne l'avait pas ramassé ce jour-là, dans quel état il serait maintenant... C'est que les éboueurs ne font généralement pas de quartier avec les décharges sauvages qui pullulent dans le quartier.... Les lendemains de Noël, c'est généralement des cartons d'emballage même pas repliés et des jouets cassés. Triste. Et dans quelques jours les sapins déplumés....En pleurs

© GdS

 

26/12/2012, 12:03 | Par oregon

Une bise de Noël à votre Charles-Edouard qui a bien de la chance de vivre dans le fouillis et la fumée des cigarettes; c'était un quincailler-poète Charles-Edouard alors forcément il se plait chez vous!

27/12/2012, 17:29 | Par grain de sel en réponse au commentaire de oregon le 26/12/2012 à 12:03

J'ai vu en passant par chez Abouadil que vous étiez vous aussi une adepte de l'herbe à Nicot, Oregon ! Oui, de ce côté, Charles-Edouard ne sera pas privé. Des mauvaises langues pourraient même dire qu'il risque de vite jaunir, mais bon....

Quincailler-poète, je trouve que ça va bien ensemble. J'ai toujours été très sensible à la poésie des établis et des caisses à outils...

Joyeuses fêtes à vous, amie, et de belles longues bouffées à profiter. Et quelques bonnes goulées aussi, en cette fin d'année !

31/12/2012, 18:43 | Par oregon en réponse au commentaire de grain de sel le 27/12/2012 à 17:29

Que c'est joliment dit!

Bonne année à toi et à Charles-Edouard et surtout ne pas oublier de le faire profiter des belles longues bouffées! En ce qui concerne les bonnes goulées je ne manquerai pas de penser à lui! 

27/12/2012, 13:09 | Par gérard jacquemin

Il y a eu un bug dans la transmission de patrimoine, soit Charles Edouard n'avait plus de descendants soit, s'il en avait encore, ils sont indignes de l'avoir abandonné sur le trottoir. Le culte des ancêtres était sans doute un rite païen mais comme le dit Paul Valéry, on ne peut avoir une bonne vision de l'avenir que si on une bonne connaissance de son passé.

27/12/2012, 18:24 | Par grain de sel en réponse au commentaire de gérard jacquemin le 27/12/2012 à 13:09

C'est le principe-même du rétroviseur, Gérard. On ne peut bien avancer que si on connaît ce qu'il y a derrière. J'en suis moi aussi intimement persuadée et depuis des années.... Et rien à voir avec la nostalgie, juste une histoire de racines !

Quant à notre ancêtre d'adoption, je pense que sa descendance s'est clairsemée sinon éteinte. Un/e de ses dernier/es représentant/es, devait vivre là, à deux pas de chez nous et peut-être même l'avons-nous déjà croisé/e. Mais qui sait, peut-être un jour un de ses arrière-arrière-arrière petit on ne sait quoi passera par là et  reconnaîtra Charles Edouard, allez savoir ? En ce cas, on le lui rendra, ce portrait, mais... seulement après consultation du livret de famille ! :-)))

Faut dire que les nôtres aussi se sont faits rares, d'ancêtres, alors d'adoption ou pas, en attendant, il sera ici chez lui... Même si les murs ne sont pas élastiques, quand il y a de la place pour deux, il y a de la place pour trois, et quand il y en a pour trois,... etc. 

Cela dit, il y a déjà les brocantes, les Puces, les marchés, les vide-greniers, alors si maintenant on se met aussi à faire les décharges et les poubelles, je ne vous dis pas ! Bientôt, on ne pourra plus circuler dans l'appartement...

 

27/12/2012, 18:31 | Par grain de sel

Et ça y est,  tout à l'heure, en rentrant, j'ai vu, à peu près au même endroit qu'on avait trouvé Charles-Edouard, le premier sapin abandonné. Il avait encore toutes ses aiguilles et était parfaitement vert: rien à lui reprocher (si ce n'est bien sûr, mais ce n'est pas de sa faute, d'être sans ses racines  puisqu'il avait été coupé !)

On est exactement le 27 décembre, à deux jours et demi du réveillon exactement.... Décidément, je ne comprendrai jamais les gens !

27/12/2012, 18:39 | Par la dame du bois-joli

les mormons baptisent tous les êtres vivants contre leur volonté,  pour la plupart ..  et grain et son mari adoptent un très vieux monsieur dont plus personne ne voulait, mais lui, charles edouard il le voulait, il s'est mis sur votre chemin, comme un chien abandonné se jette sur son nouveau maître et le choisit, et maintenant il a comme une brillance dans les yeux et sa moustache s'est redressée d'un bond, le voilà qui flirte avec l'éternité ..

27/12/2012, 22:29 | Par grain de sel

Ecoute, DdBJ, je peux te jurer croix de bois-croix de fer que nous sommes tout sauf mormons ! Surpris

30/12/2012, 11:59 | Par Claire Rafin

On devrait mettre les rroms sous cadre ! Il est bien propre sur lui ce Charles Edouard, il a l'air de bonne compagnie. Mais son copain Patembert, il n'a pas l'air commode. C'est sur que depuis son vieux grenier tout poussiereux, il doit être un peu jaloux. Bien le bonjour à tout le monde !

30/12/2012, 16:43 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Claire Rafin le 30/12/2012 à 11:59

Bonjour à toi, Rafinette !  Oui, Charles-Edouard est de bonne compagnie: pas un mot plus haut que l'autre, pas trop remuant non plus, il se fond sans problème dans le décor (déjà très chargé, comme tu peux l'imaginer !) 

Pour les Rroms, il faudrait quand même un jour imaginer une solution plus vivante, plus humaine et surtout plus globale. Ni sous cadre, ni sous cloche, ni dans ces camps de fortune en bouts de carton et en cageots accumulés qu'ils construisent le long du périphérique pour s'y entasser, ni à la rue comme on a de plus en plus l'habitude d'en croiser, et pas seulement sur les reportages photos de qui-tu-sais....

Quant à Patembert, non, je t'assure, c'est un brave gars, un vieux poteau à moi. Sûr qu'il est parfois comme il est, mais bon, on se refait pas ! Jaloux, tu crois ? C'est bien possible, mais je ne lui en veux pas. C'est que quand même, moi j'ai eu bien de la chance d'atterrir là ! Le seul truc qui me chiffonne, c'est que j'aimerais bien qu'il me rende les 18 sous qu'il me doit... Mais ça !

30/12/2012, 17:58 | Par Jonasz en réponse au commentaire de grain de sel le 30/12/2012 à 16:43

Charles-Edouard,

Oui ! J'ai pus du tout envie de te donner du "Cher" après ce que t'as dit. Ce serait-t'y que tu m'accuserais d'être un voleur ? Et pis, toujours à chouiner dans le giron des dames à c'que j'vois. D'après Riton du 127ème de ligne, t'en aurais même parlé à la bignole qui se répand partout de ces gnorles sans preuve. Bravo !

Les 18 sous, faut-y que je te l'rappelle, y sont remboursés en timbres de la poste aux armées. De toute façon, je voye pas bien à quoi y te serviraient boulevard des allongés.

Tu veux que j'te dise ? Ben, j'te salue même pas. J't'ignore.

Patembert

31/12/2012, 11:16 | Par Claire Rafin en réponse au commentaire de Jonasz le 30/12/2012 à 17:58

Tu sais Charles Edouard, je crois que le Patembert, il est un peu timbré. Je peux même te dire que c'est suite à son histoire avec la demoiselle des postes. Tu te souviens comme il essayait de l'apercevoir à travers les trous de son bigophone ? Ca faisait rire tous les drôles du quartier : «Patembert a mis son oeil à l'envers !», qu'ils chantaient sur son passage... Mais ceci dit, t'as raison, c'est un bon bougre. Et il a marié une gentille petite femme, bien de chez nous, qui lui amis du plomb dans la cervelle. Ca compense avec celui qu'il a gardé dans le le mollet. Depuis il marche droit !

La Berthe large

31/12/2012, 18:38 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Claire Rafin le 31/12/2012 à 11:16

Oh et ben la Berthe, j'ai failli ne pas te voir, coincée entre Jean-Yves et le Désiré ! C'est que tu t'étais fait discrète... d'ailleurs t'aurais pas un peu beaucoup maigri depuis toutes ces années ? Je me souviens de toi, comme une belle femme, bien en chair, quoi, et là, tu te fais toute petite souris... J'ai carrément failli ne pas te voir, tu sais, toi qu'avec les poteaux on appelait la "Grosse Bertha" !

Ecoute, oui, je sais pour le Désiré qui, à force de roucouler aux demoiselles des Postes (enfin celles qu'avaient pas de moustaches !) a fini par devenir un peu timbré (il est d'ailleurs persuadé m'avoir remboursé en TIMBRES les 18 sous qu'il me devait, c'est dire !) Tu sais comment on le surnommait, même, à l'époque ? "Fidèle aux Postes" ! Les factrices, les opératrices, les télégrammistes et graphistes, plus fort que lui, il pouvait pas résister... Et tout le temps fourré au téléphone, à sussurrer on ne sait quoi dans l'hygiaphone et à balader l'écouteur contre sa joue comme la photo d'une bien-aimée. Ça se trouve, il faisait seulement semblant de téléphoner pour reluquer les jambes de la demoiselle  sous son bureau !

Et ben ravi d'apprendre qu'il s'en est marié une, de demoiselle, et que ça lui aura mis un peu de plomb dans la cervelle.... Rouquine, je parie, elle est ! C'est qu'il avait un faible pour les rouquines, le Patembert ! Comme ça, il sera peut-être un peu moins timbré ! Ben si tu le croises, la Berthe, tu pourrais lui glisser que maintenant qu'il est en ménage et un peu installé... il serait peut-être largement temps qu'il me les rembourse mes petits sous qu'il me doit ? Et pas en timbres périmés, cette fois !

Allez, bien à toi. Je te claque la bise, Bertha ! A la prochaine...

Ch-Ed P.

30/12/2012, 19:11 | Par Jean-Yves Mège

Et c'est Charles-Edouard qui offre le champagne pour le nouvel an ?

Sourire

30/12/2012, 20:52 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Jean-Yves Mège le 30/12/2012 à 19:11

Non, JYM, c'est moi... Lui est coincé dans son cadre, peut plus bouger le pauvre ! Alors je passe une de ces 4 (mais très vite) en bas de chez toi, je te passe un coup de fil... et on trinquera à sa santé ? Disons à lui... et à plein d'autres ! Innocent

A tout bientôt, ami...

30/12/2012, 21:32 | Par Chevalier Culblanc

Le Charles-Edouard, il était du genre bien élevé, même quand les Boches nous envoyaient des grenades, au Bois-le-Prêtre. Nous, on gueulait, on leur en voulait aux Boches. Forcément, vu qu’on était bloqué à moins de 100 mètres, dans la tranchée d’en face, on voyait même leurs casques à pointe. Il disait que ça servait à rien de gueuler, l’Charles-Edouard. C’était un taiseux, lui. Il a eu les oreilles gelées, elles pelaient, ses oreilles. Il ne se plaignait jamais, l’Charles Edouard. On commençait à y être habitués, presque des camarades, les Teutons après un an à se tirer dessus. Il supportait plus d’être là à guetter, l’Charles-Edouard. C’est pour ça qu’il est monté sur le bord de la tranchée et qu’il s’est mis à gueuler « sales boches ». Ils ont canardé, il est tombé, ça a éclaboussé à cause de la boue. Je l’ai tiré par les pieds, mais il souriait, il ne gueulait plus. Sa vareuse était pleine de sang. J’ai creusé sa tombe avec le Georges. 

Gustave.

31/12/2012, 11:55 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Chevalier Culblanc le 30/12/2012 à 21:32

Saperlipopette ! Après le Désiré, v'là t-y pas que c'est le Gustave qui pointe le bout de son nez... Si on m'avait dit que tous mes vieux poteaux d'antan, j'allais les retrouver ! On peut dire ce qu'on veut d'Internet, moi-même j'y croyais pas trop à ce machin en forme de toile d'araignée, mais quand même, ça permet presque la célébrité ! Bien content de te retrouver, le Gus ! Mais comme je suis toujours le taiseux que tu as connu, j'irai pas trop plus loin dans ma bafouille. Passe bien le bonjour à ta dame et à toi, je te serre la pince très fort, mon pote. Et à Georges aussi, si tu le voyes encore ! Et merci encore pour la sépulture. Heureusement que ça existe encore, l'amitié !

Charles-Edouard Papelin

16/01/2013, 09:46 | Par La Louve ἄλφα en réponse au commentaire de grain de sel le 31/12/2012 à 11:55

Y pointeront pas tous leur nez les poteaux. Y en a qu'ont pris la tangente. Tu t'rappelles le Jacques, lui c'était un têtu, qui radotait sur Joffre et Nivelle. L'a disparu. Mais bon  y' a des chos's dont on ne parle pas. On trouve pas son nom su'l monument aux morts.

Tiens v'la la photo où on l'voit quand i part à Craonne. L'est sur la gauche avec sa casquette.

Ben à la revoyure.

Gustave

30/12/2012, 23:06 | Par Amsahe

Edouard Leclerc et la Légion d’honneur: une décoration qui passe mal

CONTROVERSE - Père de Michel-Edouard, fondateur des hypermarchés du même nom et désormais titulaire de la Légion d’honneur, Edouard Leclerc n’en a pas fini avec les questions entourant son rôle durant l’Occupation. Si l'ancien épicier de Landerneau (Finistère) a bien été blanchi à la Libération des accusations de collaboration portées contre lui, les raisons du non-lieu apparaissent mal établies, comme le montre, document à l’appui, le journaliste d’investigation Bertrand Gobin sur son blog. Celui-ci révèle que la Cour de justice de Quimper aurait, en 1945, prononcé le non-lieu en reconnaissant l'accusé “irresponsable de ses actes” sur la foi d'un certificat médical. Une version sensiblement différente de la thèse défendue par l’intéressé lui-même dans son autobiographie (parue en 1974) où il affirme avoir été innocenté “grâce à un travail d’archives”. L’article du journaliste rennais aurait été qualifié d’”immonde” par Michel-Edouard Leclerc, lors d’un dîner parisien. Reste que la remise de la Légion d’honneur, le 14 décembre dernier à l’Elysée, à son père, laisse pour le moins dubitatifs les associations d’anciens combattants et de médaillés de la Légion d'honneur tandis que la famille de François Pengam, un résistant de Landerneau victime de la gestapo en 1944 à la suite d’une dénonciation, a exprimé son "profond désarroi".

PHA

source liberation

31/12/2012, 13:58 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Amsahe le 30/12/2012 à 23:06

Rien à voir, Amsahe. Nous, on est de la famille Papelin. Et chez nous déjà, les Leclerc, on les aimait pas trop. C'est pas parce qu'on a (en partie seulement) le même prénom ! A l'époque, vous savez.... Des Edouard, c'est pas ce qui manquait ! Ensuite, il y a eu les enfants d'Edouard qu'ont pas très bien fini, d'ailleurs. Mais bon, c'est une autre histoire !

31/12/2012, 10:06 | Par patrick rodel

J'adore le paysage ! et le texte aussi, bien sûr. Un coup de crayon tendre et lucide. Que l'année qui vient soit moins pire que prévu et vivement 2014 puisqu'il paraît que le millésime en sera meilleur !

31/12/2012, 11:47 | Par grain de sel en réponse au commentaire de patrick rodel le 31/12/2012 à 10:06

Oui, moi aussi, j'aime le paysage, Patrick. Du moins j'ai fini par l'aimer. C'est mon quartier et comme à la présence de Charles-Edouard appuyé contre la cheminée, j'ai fini par m'y habituer... Et même, quand il me permet d'assister à une scène comme celle de l'aveugle au portable ou du petit vélo accoudé au balcon, comme à d'autres, d'ailleurs, que je ne cesse d'emmagasiner et tente ensuite de vous restituer, je crois que je me suis mise à ressentir pour lui une sorte de tendresse particulière. C'est la petite musique du quotidien qui lui va si bien au teint.

Bonne année à vous, cher Patrick ! Et vivement, en effet, une année... un peu meilleure ! Sourire

31/12/2012, 19:17 | Par Chevalier Culblanc

T’es drôlement bien tombé, cette fois-ci, mon Charles-Edouard, ils ont l’air gentils tes nouveaux proprios, tu vas avoir chaud, il paraît même qu’il y a du chauffage dans toutes les pièces, alors, tu penses bien, sur la cheminée t’auras plus froid aux oreilles, mon poteau ! Tiens, j’vais boire une absinthe à ta santé et à celle du Georges qui aimait bien ça aussi, surtout quand il faisait froid.

J’te souhaite la bonne année, à toi et à ta nouvelle famille, sûr qu’elle sera bonne, dans ton coin d’paradis.

Ton camarade Gustave.

31/12/2012, 21:20 | Par WataYaga

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01/01/2013, 10:54 | Par grain de sel en réponse au commentaire de WataYaga le 31/12/2012 à 21:20

Oh la belle bleue, oh la belle verte, oh la belle jaune, oh la belle rose, oh la belle jaune, oh la belle violette....

Mille amitiés à toi, Wata et tous mes vœux !

01/01/2013, 00:35 | Par Dominique C

Supren...

01/01/2013, 10:53 | Par grain de sel en réponse au commentaire de Dominique C le 01/01/2013 à 00:35

C'est quoi "Supren", Dominique, un médicament contre le mal de tête ? Innocent

02/01/2013, 20:56 | Par Chevalier Culblanc en réponse au commentaire de grain de sel le 01/01/2013 à 10:53

C'est de l'Esperanto. Vi ne konas la internacian lingvon, Grajno ? (Tu ne connais pas la langue internationale, Grain Déçu).

Supren... ici ça veut dire "super" je pense. Elle aime bien ton billet, Dominique Sourire

01/01/2013, 09:17 | Par OLALA

01/01/2013, 10:51 | Par grain de sel

03/01/2013, 12:01 | Par La Louve ἄλφα

Pourquoi ne souriaient-ils jamais tous ces Charles-Edouards et Marguerites pris en photos à cette époque alors qu'ils croyaient encore avoir la vie devant eux ?

 

Laisser une image de soi à la postérité était certainement un devoir sérieux.

 

Merci de vos instantanés mélancoliques Grain de Sel. En  ce jour grisâtre et sans attrait, j'ai peur de ne pouvoir les supporter au coin de ma rue. Je vais donc rester à rêver au chaud. Je me suis débarrassée de tous les portraits des Charles-Edouard de mon passé.

 

Bonne année dentelée de sourires.

11/01/2013, 23:55 | Par millepertuis en réponse au commentaire de La Louve ἄλφα le 03/01/2013 à 12:01

"...alors qu'ils croyaient encore avoir la vie devant eux ?" Peut-être justement pour cela ! Poser pour la postérité, c'est intimidant ! :-))

 

12/01/2013, 13:07 | Par La Louve ἄλφα en réponse au commentaire de millepertuis le 11/01/2013 à 23:55

ou prescience de ce qui les attendait.

11/01/2013, 18:38 | Par patrick 44

Bonne année Grain et que Charles Edouard t'apporte chance, santé et harmonie.

12/01/2013, 10:25 | Par grain de sel en réponse au commentaire de patrick 44 le 11/01/2013 à 18:38

@ La Louve: vous vous êtes "débarrassée" des Charles-Edouard de votre passé ? Pas en les mettant sur le trottoir, j'espère ! Clin d'œil

@ Millepertuis: vous n'avez pas tort. A l'idée de poser pour la postérité, ça doit crisper pas mal les commissures... Sourire

@ Patrick 44: c'est gentil, Patrick. Mais "malgré" (ou "à cause" de) Charles-Edouard on va dire que 2013 de ce côté a plutôt mal commencé ! Déçu

12/01/2013, 13:36 | Par La Louve ἄλφα en réponse au commentaire de grain de sel le 12/01/2013 à 10:25

les Charles-Edouard de mon passé, je les ai semés au gré du vent comme des feuilles mortes et ceux qui s'accrochaient, je les ai posés délicatement bien au fond de mes souvenirs et n'ai laissé aucun petit caillou sur le chemin du retour.

12/05/2013, 18:13 | Par iszbel

Pour moi, ce Charle -Edouard me fait plus l'effet d'un cousin d'Amérique... vu son costume, son col et sa cravate.. Ses chaussure me semblent bien comfortables pour un homme de 1880 ! Et sa cravate bien claire..mais .. n'y aurait il pas un costumier ou une costumière qui pourrait nous dire ?

Ou alors un Russe !!!!

12/05/2013, 18:52 | Par grain de sel en réponse au commentaire de iszbel le 12/05/2013 à 18:13

Pour le moment, aucun costumier ne s'est présenté à l'accueil, Iszbel... Je le regrette, d'ailleurs ! Mais quelqu'un m'a fait parvenir une photo de ses aïeux à cette époque (couple + enfants chez le photographe) et ça semblait concorder de situer ça vers 1880... Rien de sûr, mais bon ! Les chaussures, dites vous ? C'est vrai que c'est souvent des détails comme ça qui permettent de dater (le Diable se niche dans les détails)... mais perso, j'ai pensé que ses chaussures soit étaient flambant neuves, soit avaient été lustrées à mort avant la séance de photo...

Un cousin d'Amérique  ou un Russe ? Pourquoi pas ? La seule chose que je me demande c'est comment il aurait atterri sur ce tas de gravats dans une petite rue du 13e arrondissement de la capitale.... De toute façon, pour nous, maintenant, hors de question de le rebaptiser. Ni Sam ni Dimitri ou Sergueï: il restera Charles-Edouard à jamais !

28/06/2013, 11:55 | Par oregon

Charles-Edouard sois gentil et fais-lui un petit clin d'oeil de ma part de temps en temps. Tu auras compris que c'est vraiment pas facile en ce moment alors montres-toi à la hauteur. 

28/06/2013, 13:44 | Par Jonasz en réponse au commentaire de oregon le 28/06/2013 à 11:55

Sourire

28/06/2013, 14:07 | Par partie en réponse au commentaire de oregon le 28/06/2013 à 11:55

Oui pas facile...mais pas du tout alors...

Dis lui qu'elle nous manque, qu'on pense à elle, qu'on l'embrasse tendrement et qu'elle revienne vite, merci Charles-Edouard Embarrassé

30/09/2013, 22:30 | Par oregon

 

Coucou Charles-Edouard, depuis quelques jours je pensais très fort à vous deux et là .....

 

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