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Petite chronique de la mesquinerie ordinaire
«Je pense que le quota est atteint», dit le président de séance en reposant sa calculette sur le bureau, «on va pouvoir commencer!» Le brouhaha qui planait en volutes épaisses sur la pièce se dissipe par lambeaux. Il tapote sur la table avec un petit marteau de cuivre qu'il ne lâchera plus pendant les presque trois heures que durera la réunion. Une vocation de commissaire-priseur contrariée ? Peut-être... Mais personne n'a réellement envie de se pencher sur les possibles déceptions d'adolescence du corpulent M. Lambert, président du Syndic de copropriété Lambert Fils & Masson, pompeusement intitulé, comme l'étaient nombre de commerces vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, « Gestion 2000 ».
Ils sont venus, ils sont tous là. Certains sont même arrivés une bonne demi-heure avant le début de la séance pour faire comme toujours une OPA sur les meilleures places, aux premiers rangs. Et la plupart sont venus en couple, ce qui fait que la secrétaire a dû tirer une sorte de cloison coulissante en zigzag donnant sur son propre bureau pour agrandir l'espace. C'est qu'à 5 appartements par étage sur 5 étages et 7 au 6e étage, ça commence à faire du monde ! Pour pas mal d'entre eux, c'est LA sortie de l'année, et vêtus de leur meilleur costume ou de leur robe la plus pimpante, entassés sur des chaises d'école, la gabardine pliée sur les genoux, le sac à main ou le porte-document posé sur le tout, ils ne comptent pas en louper une miette... Non mais ! C'est qu'on est copropriétaires, nous !
Au premier rang, bien sûr, Mme A. (dite « le Dragon »), présidente du Conseil syndical et son mari qu'elle traîne en laisse comme on traîne un teckel. A côté d'elle, Mme S., sœur de Mme A. (et sa victime préférée), elle aussi affublée de son terne mari. Tout autour, les « affidés », ou plutôt disons ceux qu'elle a convaincus de voter toujours comme elle (d'ailleurs au prix d'un travail acharné) et qui n'osent que rarement protester : la vieille Mme G., le gentil couple F., Mlle B. et son « ami », ancien ingénieur à la retraite qui aime à donner des conseils techniques tonitruants car il est un peu dur d'oreille, Mme M., toujours coiffée d'un impressionnant chapeau pour cacher sa calvitie plus que naissante, les R., la douce Mme A., les P.... Moyenne d'âge dans les premiers rangs : 70 ans. Derrière, le tout-venant, généralement plus jeune mais de toute façon moins « gradé » soit parce qu'ayant mis leur appartement en location (des quasi-traîtres), soit nouveaux arrivants ou propriétaires de simples chambres de bonnes, soit tout simplement pas dans les petits papiers du « Dragon » qui trône sur l'immeuble depuis plus d'une décennie....Bientôt, on ne peut plus ni bouger ni respirer. Les chaises râclent le plancher. M. Lambert redonne du marteau. La secrétaire jette un coup d'œil discret à sa montre et récapitule l'ordre du jour. C'est beau une réunion de copropriété !
Des heures à égrener les comptes, les affaires courantes, les rancœurs, les doléances, les insinuations, les jalousies pas même rentrées. Des heures à marmonner que « quand même, ça fait beaucoup de produits d'entretien, la gardienne doit se servir ! » On en vient à compter les ampoules d'électricité consommées dans l'année pour les parties communes.
Ou à exiger d'avoir le détail des communications téléphoniques passées depuis la loge. On assassine les propriétaires-bâilleurs à cause du manque de civilité de leurs locataires (« De la techno dès 9 heures du matin, vous imaginez ? » « En plus, ils ne referment jamais à clé la porte du local-poubelles » « Vous ne pourriez pas leur demander de s'acheter des pantoufles comme tout le monde ? »).... Viennent ensuite les problèmes récurrents : l'humidité dans les caves, les infiltrations par les balcons du 6e, la descente d'eaux de pluie côté cour à changer.... et le code de la porte d'entrée. Et puis, question cruciale : digicode ou pas, ensuite, à la porte vitrée ? Les « pour », les « contre », les devis à comparer....
Il y eut de belles batailles. Celle de l'ascenseur, notamment, qui dura plusieurs années mais finit par être remportée. Le résultat fut hors du commun : un ascenseur à digicode sans porte palière au premier ! Petite précision qui a son importance, le « Dragon » et ses plus proches partisans (sa sœur, la dame au chapeau, etc.) habitaient les deux premiers étages et n'avaient pas hésité à tenter de convaincre la vieille Mme G., 92 printemps et le dos tout cassé, qui descendait tous les jours ses 6 étages, que sa pauvre petite retraite allait y passer. A l'époque, tous les coups étaient permis et j'avoue que je n'avais pas hésité moi-même, aidée par mon ami J., du 6e étage, à rédiger une belle lettre bien ampoulée à la propriétaire-bâilleuse d'une dame atteinte d'un Parkinson logeant au 5e pour l' « inciter vivement » à participer à l'installation de l'ascenseur ne serait-ce que par « égards » pour sa locataire, à laquelle par ailleurs,... elle ne fournissait pas de quittances de loyer.
Et puis il y eut la « Chute du Dragon », épisode haut en couleurs qui nous vit, J., Mme C. (surnommée la Dame Blanche à cause de son impeccable mise en plis sur cheveux de neige) et moi-même, lors d'une expédition punitive de fin de journée, exiger de la Présidente du Conseil syndical qu'elle présente devant nous et sur-le-champ des excuses publiques à la gardienne qu'elle avait menacé de « virer » sous prétexte qu'il lui arrivait, en plus de son travail de gardienne d'immeuble, de « prendre » du repassage ou de garder dans la loge deux ou trois enfants. C'est comme ça que nous sommes tous les trois devenus le nouveau Conseil syndical, élu à l'unanimité... et morts de rire d'avoir terrassé le Monstre en deux coups de cuiller à pot !
Cela a duré encore quelques années. Et puis les uns sont restés, d'autres sont morts, d'autres encore ont déménagé. Il y a plus de 10 ans maintenant, que j'ai quitté ce quartier. Mais j'ai toujours un frisson d'horreur quand j'entends les mots « réunion de copropriété ». On rêve d'emporter un magnétophone. On se dégonfle. On finit par donner une procuration à son voisin de palier pour ne pas avoir à y aller. On fait pareil l'année d'après. Chroniques de la mesquinerie ordinaire, oui. A deux pas de chez soi. En bas de l'escalier.
Au fait, je ne vous ai pas donné le code. Pour l'ascenseur, c'était (et peut-être, ça l'est resté) : 1789. Une date, quoi ! Et pour la porte d'entrée, on s'est beaucoup amusés : le dernier en date avant que je parte était : 5A7A2. A prononcer à haute voix, si possible.....
© Images: Toupropre, flick, Century 21, etc.


Tous les commentaires
Un petit joyau votre billet grain de sel !
Qu'ajouter à fiesole ?
Merci GdS.
Tiens, lorsque j'habitais rue Quincampoix, le code d'entrée inchangé pendant 10 ans était 1789 !
Mais je n'étais que locataire (au prix fort).
Petit joyau bobo, très bobo, pur bobo, voire collabobo.
C'est du vecu .
L'année derniere un jeune coproprio , est monté sur sa chaise pour arranguer l'assemblée .
Je lui ais demandé de ne pas se prendre pour Jaures .
Il fut elu au conseil syndical ....... pour en demissioné trois mois plus tard !!!!!
Joli billet .
Merci pour les portraits .
Chez nous c'est aussi folklorique , les MOI JE sont de sortie !
Plus jeunes mais ...... Non pas de raison d'amelioration avec le temps !
C'est la France des propriétaires.
Oui. On se croirait dans les années 40.
Je ne comprends pas pourquoi la mesquinerie, cet air revêche mâtiné de beaucoup de bêtise et d’un peu de méchanceté, se retrouve souvent à la conduite des "affaires".
Est-ce parce qu’on est mesquin qu’on devient copropriétaire ou l’inverse ?
Un petit régal d’ironie ton commentaire.
Il faut dire, Jonas, que Mme A., alias "le Dragon", était quand même un cas. Plus que revêche, carrément hostile, méchante, laide, toujours en pétard et se sentant absolument dans l'immeuble sur SES terres, au point de prendre des décisions (du type fermer les portes d'entrée à clefs après 21 heures) sans en aviser qui que ce soit car elle se sentait quasimment "de droit divin"....
Ce n'était pas elle qui "salariait" la concierge, mais le Syndic, mais elle se donnnait quand même le droit de la "virer " d'un claquement de main et lui parlait toujours comme à son larbin...
Le jour de l'"expédition punitive" qui lui a coûté sa place de président "de l'immeuble" comme elle disait, il y a eu un dialogue d'anthologie à sa porte, que je n'ai pas eu la place de caser dans le billet (déjà long).
On est tous les 3 devant sa porte au 1er, plantés sur le paillasson après avoir croisé la gardienne en larmes au Rdch. On sonne. Derrière la porte:
— Qui c'est ?
— "C'est nous (on se nomme). On vient parler de l'immeuble...
— Je sais, tout le monde se plaint toujours de moi derrière mon dos....
— Ah non, Mme A. Ne dites pas ça: on vient justement vous le dire en face...
Bruits de serrures, de clefs, de râclements de gorge, de soupirs excédés... et elle ouvre enfin. Entrouvre plutôt. Une fente...
— Et bien si vous n'êtes pas contents, c'est pareil. Merde alors. Z'avez qu'à le faire à ma place, tout le boulot que je me tape pour l'immeuble, si vous z'êtes pas contents !
— Et bien, Mme A. C'est une excellente idée. C'est exactement ce qu'on va faire. Mais d'abord vous allez présenter vos excuses à la concierge....
— Je le ferai demain. Elle n'a pas compris, une fois de plus. Avec elle, c'est toujours des embrouilles....
— Non, pas demain, tout de suite et avec nous !"
La suite, vous la connaissez...
c'est vrai que plus de 60000 caractères c'est déjà un peu long.
Oups pardon je voulais dire 6000 !
si on ne peux plus faire des petits commentaires mesquins comme à l'ordinaire...ou va t'on ?
T'inquiète, Lemur, je rigolais ! D'ailleurs moi-même j'y avais pensé, en comptant mes signes....
Bravo, grain de sel! Beau texte, vivant, beaux portaits et belles photos! Que dire de plus?
"Beaux portraits" ? Un peu féroces quand même, non ?
Mais sachez, Sokolo que toute ressemblance avec des personnes réelles, existantant ou ayant existé (selon la formule consacrée), n'est absolument pas le fruit du hasard... Ces personnes existent (ou ont existé) "pour-du-vrai". J'ai vécu dans cet immeuble un peu plus de 10 ans, ce qui fait au moins au bas mot 9 réunions de copropriété....:-))
Beau billet Grain.Pas trop de problèmes chez moi ,je touche du bois ..
GdS c'est exactement ça!!!
Lâchement je signe une procuration.....ensuite je paye les factures au syndic!!!!
Je me dis que l'autre a dû y regarder à 2 fois pour accepter le montant!!!
C'est machin qui voulait une France de propriétaires... une France de mesquinerie alors ?
Pour ma part, pas de problèmes, je ne suis que locataire d'une jolie maison en Provence, sans ascenseur et sans râleurs !
Oui, grain, mesquineries à tous les étages, la concierge hait dans l'escalier.
Heureusement, 5A7A2, ou plus... ;-)
5A7A combien, leo ? Tu me fais peur....
5A7A3.
Pour celles et ceux qui pensent qu'on boit mieux à treize...
Moël Jartin.
PS - Encore un savoureux billet, bravo, Grain. On s'y croirait. Je vous fais la même suggestion que pour vos autres textes...
Mon père possédait son appart, dans un immeuble de cinq apparts, un par étage. Un monsieur possédait trois apparts dans le même immeuble. Il était donc majoritaire. Il était en outre l'ami de la syndic. Il fallait éplucher sans arrêt les comptes, les factures, les relevés etc.
Une fois, le monsieur majoritaire fait refaire le crépi des murs extérieurs de ses trois apparts. Que les siens. Il a voulu faire payer les travaux à la copropriété, avec la complicité de la syndic, experte en camouflages et jeux d'écriture. Cela a failli finir en procès. C'était inextricable et mon malheureux père ne savait plus que faire. J'ai bluffé. J'ai prétendu aux deux complices que je travaillais au Canard Enchaîné. C'était faux, je ne suis entré au Canard que deux ans plus tard, et de toutes façons, le volatile ne traite pas ce genre de bisbilles. Le triple proprio, par ailleurs conseiller général, et sa créature ont eu la trouille et ont tout régularisé.
D'ailleurs, en droit, la copropriété est horizontale ou bien verticale...c'est selon.
Un petit bijou de lecture tout sauf ordinaire, merci Grain.
Encore un morceau de roi que ce billet, Grain !
Quelle poisse que de subir ces vieilles revêches décidant de la pluie ou du beau temps : est-ce que ça se peut se passer mieux quelquefois quand même ?...
Payer un loyer, c'est "à fond perdu", mais à te lire, autant rester locataire (en tous cas hors de Paris, ça dépend aussi des régions).
Grain de sel quel plaisir de te lire, de trouver comme naturels les mots qu'il faut pour le monde qu'il ne faudrait pas. Je n'ai vécu que quelques mois dans une copropriété où mon propriétaire a usé de tout son latin pour m'expliquer, menaces à l'appui, presque une fois par semaine, que mon vélo ne pouvait pas rester sur le balcon. La copropriété avait décidé que c'était interdit.
La preuve qu'il se trompait c'est que le vélo y est resté aussi longtemps que moi.
J'ai beaucoup aimé. Dans le fond, vous aimez les gens, ne vous défendez pas.
Vous devriez publier de courtes nouvelles comme celle-là, j'achète.
Disons que j'aime les observer, en tout cas, Pmabec....
Votre billet tombe juste après un médiocre film sur George Sand. Digne d'elle, votre billet. Et je suis berrichon.
Et je vais dormir là-dessus, merci.
**********
Voilà qui est torché !
Je ne suis que locataire...mais ça me fait penser à plein d'autres choses.
Bravo Grain à ton écriture et à ton acuité.
Je disais plus haut que j'aurais voulu avoir un magnétophone pour "fixer" tout ça. En gros, je crois que ma mémoire l'a fait, preuve en est que mon ami J., évoqué dans le billet et avec lequel je suis restée amie, a lu ce billet (je lui avais envoyé le lien) et y a reconnu tout ce joli petit monde....
En fait, je rêverais de voir ce genre de scènes au café-théâtre ou au cinéma. Avec dans le rôle titre, quelqu'un comme l'actrice qui incarnait Tatie Danielle... (et dans le mien, bien sûr, il faudrait Adjani, au moins !
)
Oui, Bérangère, j'ai pensé au 'Locataire' aussi...
Au fur et à mesure de la lecture de votre billet, se dévoile sa fonction sur ce site : satisfaire un certain nombre d’abonnés s’agissant de leur désir de mépris et de condescendance à l’endroit du péquin ; du péquin de droite s’entend : l’abruti endimanché un soir de semaine pour venir discuter la répartition du prix du produit d’entretien des parties communes. Parfaitement calibré par vos soins, il suscite ici l’enthousiasme : car oui, c’est bien lui, l’ennemi de classe dont certaines grandes signatures du club fantasment l’existence pure et parfaite. Si votre habileté littéraire vous permet d’éviter d’évoquer trop directement ces considérations politiciennes, vous n’avez pas résisté, à titre exclusivement illustratif bien entendu, au plaisir d’apparaître, modeste comme vous l’êtes sans doute, au service de la justice sociale face à la barbarie du quotidien. C’est beau comme Joël Martin nous racontant comment il résiste aux argousins racistes sur le quai de Denfert-Rochereau (c’était il y a bien longtemps, mais cela doit pouvoir se retrouver…). Cette cerise de générosité sur le gâteau du courage que vous nous offrez, Grain de sel, ne va pas, bien entendu, sans sa leçon de chose politique, qu’il sied de délivrer en ce moment : les tigres de droite ne sont que de papier ! Mais au fond, dans cette histoire, où sont les puissants qui n’ont que mépris et ricanements faciles à l’endroit des petits ? Et qui sont les petits, dont les vies, les envies, les desseins ne méritent que d’être caricaturés, brocardés et livrés à la moquerie bien sentie des gens de bien ? Bien cordialement, Grain de sel, en toute sincérité.
Ce libelle ne s'adresse pas à moi mais je ne puis résister à la tentation de donner mon point de vue, Sylvain Lovefab.
Je ne vois pas du tout le même pékin que vous dans ce billet. Je reconnais le pékin probablement de droite, certes, mais de cette droite étriquée, gagne petit qui voudrait bien avoir l'air mais qui n'a pas l'air du tout. Qui, faute de jouir de tous les privilèges d'un authentique arrivé de droite se contente comme il peut avec quelques attributs dérisoires, quelques signes de classe qu'il pense décisifs, un sortilège. Il ne mérite ni le titre, ni la lutte que l'on engage contre un authentique ennemi de classe. Non. Juste une petite peinture de moeurs assez réjouissante. Ce billet, justement.
Une physiologie (une "peinture de moeurs" comme le dit Jonas2). Dont beaucoup, au XIXème, étaient écrites par des auteurs pas forcément "de gauche".
A vouloir recentrer le débat, on rate la cible.
(Souvenir d'un immeuble dans lequel une amie louait un appartement. Etage élevé. L'ascenseur ne s'y arrêtait pas. Les proprios de cet étage n'avaient pas voulu payer pour l'ascenseur en question...)
J'ai du mal lire le billet de Grain, car je n'ai pas vu une seule attaque contre quelqu'un de droite.
Quand à ma "résistance" aux argousins racistes, elle s'est limitée à ne pas bouger d'un pouce.
Fouillez mieux dans vos souvenirs JoëlMartin !
Cela ne vous rappelle rien ?
Quel rapport avec le billet de Grain ?
Elle n'attaque pas la profession de concierge. Elle attaque certaines personnes en disant précisément pourquoi.
Relisez mieux, monsieur "le revizor".
Je ne voulais pas faire directement allusion au billet de Grain de Sel, que je trouve fort bien troussé, mais bien plutôt aux quelques réactions qu'il suscite.
Tout est politique dans une copropriété.
C'est même la plus petite institution politique que nous ayons inventée pour régenter nos vies, et, trop souvent, les empoisonner. Une survivance, odieuse pour des esprits républicains, de l'exécrable suffrage censitaire par lequel ceux qui possèdent la plus grande part ont seul voix au chapitre, suscitant par là même la haine et la jalousie des "minus habens". Un système inégalitaire, où se font et se défont les majorités, destiné à réguler les effets indésirables de cette promiscuité subie entre des murs où circulents eaux vannes et aigreurs de voisinage. Promiscuité et entre-soi. Dans certains arrondissements de Paris, en ces heures de fièvre immobilière, les conseils syndicaux prennent l'aspect de cercles de millionnaires, inaccessibles au commun des mortels parisiens.
Si j'ai exhumé cette affiche, si laide, du PS conçue pour les élections législatives de 1986, c'est qu'à mes yeux, elle illustre à merveille, à travers la concierge d'immeuble, les désillusions d'une gauche qui vient d'enterrer ses idéaux. Place à la caricature du peuple de gauche par des conseillers en communication mal inspirés qui s'apprêtent à abjurer leur foi mitterandienne pour crier au chant du coq "fors de Rolex, point de salut". Rien d'autre.
Peut-être, mais moi je commentais le billet de Grain, pas les réactions.
Pourquoi m'avoir conseillé à moi spécialement de fouiller dans mes souvenirs ?
Moi toujours pas comprendre...
M. Lovefab vous aura mis de mauvaise humeur.
Nullement, je suis juste intrigué.
C'est quoi, votre réponse ?
"La propriété c'est le vol". Et la copropriété le convol.
Préférons le concubinage et la colocation.
Mais pourquoi donc, Sylvain Lovefab, avoir mis ce billet dans vos favoris ?
Si c'est pour pouvoir en faire le suivi et répondre aux diverses réactions à ses commentaires, Sylvain Lovefab aurait pu se contenter de sa page "mon suivi" dont voici l'adresse
http://www.mediapart.fr/club/perso/mon_tracker
et qui se trouve sur sa page perso à l'onglet "les contributions".
Mais ça peut être aussi tout simplement à cause d'une erreur de clic, ça perso ça m'est arrivé plusieurs fois, avec en plus difficultés à ensuite me débarrasser de ces "favoris" que je n'avais choisi que par erreur de souris.
Pas difficile du tout en cas d'erreur de clic : il suffit de cliquer sur “xx favoris”, entre “x nouveau message” et “xxx activités des contacts”. La liste des favoris apparaît sous forme de tableau, avec l'option “supprimer” dans la dernière colonne.
C'est là que j'avais connu mes problèmes: impossible d'accéder à cette ±!@#$%^&* de dernière colonne, donc impossible de supprimer mes favoris qui ne l'étaient pas.
Ènième bug que seuls les Lemur Cata et autres DanN avaient su contourner pour moi.
Non, Anne, je pense que S.L. veut justement le garder parmi ses "favoris" parce que ce billet est, comme il l'a dit plus haut, représentatif de tout ce qu'il déteste sur ce site ("bocal").... Il a bien le droit ! ;-))))
Ce qui m'étonne, c'est qu'il n'ait pas aussi classé dans se "favoris" celui-là: http://www.mediapart.fr/club/edition/rires/article/180111/honni-soit-wiki-mal-y-pense
où il avait pourtant frappé plus fort encore !
Mais des goûts et des couleurs....
Voilà donc où je l'avais déjà croisé ! Ce commentaire sur l'article de Dominique fonctionne comme un “portrait en creux” de son auteur.
Aucune importance, en effet. Mais penses-y, Grain, afin de l'intégrer, ordi de rien, dans tes croquis criants de vérité…
Joël, Jonas, merci à vous. Chacun a le droit d'apprécier ou non un billet, mais je crois surtout, pour l'avoir déjà croisé ailleurs il y a peu, que M. "Lovefab" a choisi un pseudo assez mal adapté....
Sur le reste, ni gauche ni droite, ni grands ni petits, des gens atroces et d'autres sympathiques, comme dit dans le billet, mais surtout....peu envie d'avoir à me justifier !
"Lovfab" est le contrepet de" folle bave"...
Bonne nuit, Grain, et bravo, Jonas. A demain, peut-être
Dans Le Sapeur Camember de Georges Colomb, alias Christophe, le sapeur ne frappe pas à la loge d'un concierge car il pense qu'il n'est pas là.
En effet, à côté de la porte de la loge est apposée l'annonce suivante :
"Mon colonel peut s'ingurgiter par soi-même que le sapeur ne la point-z-enduit d'erreur, puisque c'est-z-écrit fort malement que le pip'let n'est point-z-ici, comme mon colonel peut se l'obtempérer lui-même par sa vue visuelle et subséquente."
Merci à Jonas2 pour sa contribution intéressante; j'observe que vous reconnaissez qu'il y a bien un message politique dans le billet de Grain de Sel: il s'agit bien de condamner des gens pour la représentation qu'on s'en fait, ici, entre gens de gauche de haut niveau intellectuel. Une classe parle (mal) d'une autre, en protégeant ce qui fonde sa position sociale: le surplomb intellectuel en l'espèce. Le large succès du billet, ma foi fort bien écrit, en découle très directement. Que le péché soit véniel, oui sans doute. Il y a tout de même un grave danger à traiter son prochain, qu'une vie parfois ne suffit pas à connaître, en considérant son costume, un de ses propos, en le réduisant à un schéma social du fait des moeurs qu'on croit pouvoir lui attribuer.
A Cristine Marcandier-Bry: oui, on peut croire qu'on est ici dans la lignée de Sinclair Lewis ou de Balzac (pour le XIXème). Mais l'exercice ici est un peu court pour approcher la profondeur d'un auteur qui prend tout un roman pour peindre des moeurs. Quand à la cible, peut-être n'en étais-je pas si éloigné: ça n'était pas Grain de Sel, c'était la petite société d'ici, à l'aise dans son bocal, et un peu obscène, en l'espèce, dans l'expression de son mépris satisfait. N'est-il pas utile d'y instiller un peu de doute ou de retenue?
A M. Martin: "folle bave", qu'est-ce que vous êtes drôle!! Encore bravo; à un humour sans égal, vous ajoutez, trop parcimonieusement à mon goût, des tranches de vie qui dessinent en fait, ne rougissez pas, une figure de héros de nos temps modernes: JM résiste à la police à Denfert, JM tape un boeuf avec un curé ouvert en toute simplicité, JM. fait respecter le droit de la copropriété à l'avantage des minoritaires... J'en oublie malheureusement; vous avez pensé à une compilation?
A Grain de Sel: une suggestion? Allons voir (ensemble?) ces gens que vous brocardez. Faisons les lire ce que vous avez écrit. Écoutons ce que cela leur inspire. Retranscrivons ici. Bien à vous.
"Rumoresque senum severiorum


Omnes unius aestimemus assis"
@ S. L.
Le problème vient-il donc du fait que ce n'était pas une fiction (et en plus assumé comme tel) ? Déjà rencontré ce problème sur un autre billet.... Mais alors, ne peut-on écrire, peindre, photographier, décrire, dépeindre, croquer ou autres... que de ce qui ne relève pas du réel ? Intéressante question....
PS: dans la photo ci-dessous, vous ne voyez QUE du mépris ? C'est juste un test, je ne me compare bien sûr pas à ce qui est à mes yeux un maître.... Mais j'aimerais savoir....
© Robert Doisneau
Le « problème » dépasse votre billet : vous avez choisi de nous donner à lire des croquis littéraires de certaines personnes. Peut-être n’est-ce pas totalement volontaire de votre part, mais ainsi, vous offrez aux membres de ce club, la satisfaction de l’entre soi. Elle est suscitée par un procédé classique et efficace : la description ravageuse de l’autre, celui qui, par définition bien comprise des membres du club, ne saurait lui-même en être (d’ailleurs, le pauvre, il ne connaît pas Mediapart…). Le problème est là : votre billet est bien écrit, amusant… Mais ce qui suscite son succès quantitatif ici (jugé au nombre de recommandations et de commentaires laudateurs), c’est qu’il conforte un sentiment d’appartenance au bon camp, par description des défauts de membres de l’« autre camp » ; qui sont bêtes et méchants ; alors qu’ici, on est fier d’être intelligent et ouvert. Pour vous le dire autrement, je ne crois pas que votre billet, plein de ses qualités, aurait ce succès ailleurs, confronté à la diversité réelle. Parce que, j’en reviens, à mon premier commentaire, il a ici une fonction : il permet aux clubbers de clubber en rond.
D’où ma proposition d’aller faire lire votre production aux personnes concernées. Peut-être serions-nous surpris ; par leur rire, leur tristesse, l’angoisse, la colère, le récit de souvenirs différents ; au moins aurait-on réellement affronté l’adversité. Au risque de devoir se passer, pour la dessiner, de la caricature et d'une certaine facilité.
Je ne vois aucune nécessité de compiler, mais S. L, si, semble-t-il.
Il a du temps à perdre.
S. L. semble allergique à beaucoup de choses qui n'ont rien d'héroïques et ne sont que du civisme, semble ne pas aimer la musique d'ensemble, c'est son problème et voit des messages politiques partout.
Cela s'appelle des procès d'intention dans le meilleur des cas, et le transfert ou la projection dans le cas médical.
Toujours est-il que S. L. bave beaucoup.
Je ne pense pas perdre mon temps à rassembler les pièces du puzzle "JoëlMartin", modestement laissés ça et là en ce site par vos soins. Ce n'est pas seulement une passion, que j'admets bien volontiers. C'est une opération utile: il s'agit de laisser une trace, un peu construite, digne de vous, aux personnes qui n'ont pas pris la mesure du phénomène qu'elles croisent de temps à autre, par messages interposés. Au fonds, des hommes de votre envergure ont besoin d'un secrétariat,. Permettez, M. Martin, de me considérer avoir modestement contribué au travail qui devrait être le sien.
C'est bien ce que je dis, vous avez du temps à perdre...
Et vous faites perdre le leur à autrui.
© besançon.fr
"Mais l'exercice ici est un peu court pour approcher la profondeur d'un auteur qui prend tout un roman pour peindre des moeurs" (S. Lovefab).
Non, les physiologies ne sont pas des romans, justement. De courts textes, de la littérature panoramique, des portraits publiés dans des journaux, liés à l'essor de la presse, dans les années 1830. Souvent accompagnées d'une caricature, ce qui dit bien l'enjeu : le grossissement. Pour cette raison, longtemps dédaignées par la critique. Depuis Benjamin, Therenty, d'autres, sur le sujet. Passionnant.
Quant à votre "l'exercice est un peu court", dont je ne sais s'il faut le lire au sens quantitatif ou qualitatif, il est hors de propos dans les deux cas. Court, oui, c'est la loi du genre. Quelques pages. S'il s'agit de "court" comme un jugement de goût, je vous renvoie à votre propre définition du mépris. Qui vous revient comme un boomerang.
Merci pour vos références, je vais m'y intéresser.
Vous avez raison, certains de mes propos sont sans doute hors de propos. Et méprisants. Dont acte.
J'ai néanmoins la faiblesse de penser que vous vous barricadez derrière votre culture (d'aucuns penseraient que votre manière est un peu méprisante, mais ils ne sont sans doute pas de ce club) pour refuser de voir ce que le billet de Grain de Sel et les réactions de ravissement qu'il a suscitées révèlent d'un système à l'oeuvre ici (voir ma dernière réponse à Grain de Sel), en ce club. Un système où, comme dirait l'autre, on est bien dans le mal; sans trop se l'avouer.
Ce monsieur Vole-baffe se fait plus rare que Boddi, mais en une ou deux apparitions, il arrive à déverser encore plus de fiel...
A rapprocher à mon avis de ce billet... et des 130 commentaires qu'il avait déclenché. On prend les autres voisins, et on recommence.
Oui, Olivier, justement, j'y pensais.... Et je me souviens que vous n'aviez pas non plus trop aimé, ce qui est votre droit le plus strict.
Ce qui m'étonne, c'est que toujours dans le genre "tranches de vie" (un de mes genres préférés il est vrai), celui-là:
http://www.mediapart.fr/club/edition/pole-emploi-mon-amour/article/160109/parcours-du-combattant-acte-i
qui n'était pas forcément plus "tendre", n'avait pas attiré critiques ou malaise... Je me demande bien pourquoi.
Very simple (les boutons de médiapart sont maintenant en anglais??) :
* dans les deux cas je suis impressionné et admiratif du style (précision, humour...)
* dans le cas de vos voisins vous vous en prenez à des individus, à des "proches". Dans le cas du pôle emploi vous attaquez une institution, une administration, un service public. Même si les employés sont eux-mêmes odieux ou mesquin, on peut imaginer qu'ils le sont à cause du système, de leur chef, des procédures, etc etc...Cela fait pour moi une énorme différence.
Merci de m'avoir répondu, Olivier. J'entends bien ce que vous dites. Mais dans aucun des cas je n'avais l'impression de "m'en prendre à", comme vous dites.... Juste de décrire des tranches de vie vécues, avec le "pour" et le "contre", l'"entre-deux", un peu comme ce qu'on ressent dans la vraie vie...
Dans cette copropriété, il y a des gens dont j'étais proche, et même certains avec lesquels je suis restée amie: mon ami J., la "douce Mme A.", aujourd'hui malheureusement décédée. Il y avait aussi le "gentil couple F", la locataire parkinsonnienne du 5e, tous perdus de vue mais m'ayant laissé un bon souvenir.... Et d'autres carrément odieux, déjà évoqués. Quoiqu'il en soit, ces séances étaient une véritable corvée... et c'est ce que j'ai voulu décrire. Ce souvenir.
Dans le cas d'Edmond ("Une autre planète"), le reproche avait été carrément formulé sur le fil: "si encore" ç'avait été une fiction, (sous-entendu ç'aurait été "supportable"), mais de savoir que c'était un croquis "vrai", d'un personnage existant et avec lequel nous avions "contre toute attente" finalement passé une bonne soirée et que nous avons chaque fois "malgré tout" plaisir à retrouver (on lui a même adressé une carte de vœux pour la nouvelle année), là du coup, ça devenait une forme de trahison....
Ça m'interroge. En fait, je crois que je ne suis pas douée pour la fiction. J'aime regarder les gens, les observer, les écouter, les croquer, avec selon, plus ou moins de distance ou plus ou moins d'émotion, parfois, peut-être, il est vrai, un peu de cruauté (ce type de l'ANPE, honnêtement, je l'aurais bouffé et je ne l'ai sûrement pas enjolivé dans ce billet), mais parfois aussi une forme d'attendrissement décalé, ou d'émerveillement devant la variété du genre humain... (voir le billet sur un troquet, intitulé "la Touche Pause").
Je ne sais pas. Je me pose réellement des questions. Ne peut-on écrire que de la fiction ou écrire des billets militants ? Parler de gens existants, est-ce péché ? Tenter de parler du monde par le petit bout de la lorgnette, le quotidien tel qu'il vient, est-ce déroger à une quelconque règle non écrite sur les thèmes qu'il convient ou non d'aborder ?
Ici, sur ce site, depuis que je suis là (et cela répondra sûrement en partie aussi aux interrogations de Sylvain Lovefab), je n'ai en gros fait que ça: parler d'autre chose, que ce soit sur mon blog ou dans les éditions auxquelles je participe: de souvenirs, de lectures, d'enfance, de choses vécues, de moments difficiles ou non à passer, de petits bonheurs, de grandes déceptions, de la vie, de rencontres, de mémoire. Par pour "créer un entre-soi", non, parce que ça me fait du bien d'écrire, parfois ça me délivre, parfois, ça m'occupe, parfois ça m'amuse, parfois juste pour le plaisir... Je suis d'ailleurs loin d'être la seule à faire ça. Il y en a plein d'autres sur ce site !
Et si des gens viennent et commentent (et parfois même recommandent) ce genre de billets (ou d'articles d'éditions), ce n'est je crois pas à cause d'une effet "bocal" mais simplement parce que ça change.... Evidemment, on aime ou on n'aime pas, c'est la loi du genre, et c'est le jeu. Nul besoin d'en venir aux mains. Ni de pratiquer une guerre de tranchées.... D'autant que ce type de billets offre aussi (et peut-être surtout) cette possibilité: échapper aux insultes, aux noms d'oiseaux et aux batailles rangées. Une alternative, en somme.
Bien à vous, Olivier !
Grain, vous nous offrez une tranche de vie brossée avec une rare sensibilité.
Laissez baver les tordus qui y projettent des connotations politicardes tapies dans leurs fantasmes.
Le titre "mesquinerie" ne me semble pas particulièrement affectueux. Disons que le fait de "juger" les gens en public me gêne. Faire leur portrait, les catégoriser en trois phrases, sans rien savoir d'eux me gêne aussi. La vie n'est pas facile, pas tendre non plus, je ne vois pas trop en quoi enfoncer les gens peut faire du bien, mais bon, comme je l'avais dit dans le billet "Edmond", il n'y a pas mort d'homme, et c'est mon problème. Moi aussi, j'ai assisté à des réunions de co-propriétaires et me suis aussi dit que mettre une caméra pendant toute la séance nous aurait montré une belle tranche de la vie en "société", tout comme à La Poste le samedi matin.
Oliv92, en ce qui me concerne, c'est à Sylvain Lovfab que je pensais.
La copropriété c'est l'essence même de la propriété dont vous avez bien su saisir la dimension existentielle.
Le réquisitoire est implacable
Exact.
On peut ajouter qu'on se choisit entre amis, on se subit entre voisins.
Un petit bijou, votre billet Grain de Sel, et au combien vrai ...
Bravo et Merci à Grain de Sel .... Super !
Bravo Félicitations Super
Et pourtant nous n'avons jamais habité le même immeuble, Grain... C'est vrai que les noms ne correspondent pas. L'ambiance, si, exactement. Sauf peut-être dans un (encore) autre immeuble où, là, c'était carrément avec des frères et soeurs... Exponentiel. Yallaaaaaa !
Comment ais-je pu louper un tel billet ? Je me donne une grosse tappe sur les doigts !
Sensible, bien écrit, épousant les griefs au rythme lent d'un ascenseur asthmatique, j'ai aimé la rencontre d'une tribu dont je connaissais déjà les failles béantes car si répandues. Merci pour ce témoignage qui sonne juste, tout en retenue et flashs rapides ne portant pas à caricature.
Quant aux élucubrations de Lovefab, laissons leur le soin d'offrir à ce dernier la possibilité d'alimenter à peu de frais sa sélection d'écrits pêchés ça et là dans Médiapart pour en démontrer tous les vices... Ca l'occupe.
Merci encore pour ce texte délicieux.
J'ai pris plaisir à vous lire, merci.
J'ai réunion de "copro" le 15/02. Merci Grain, je me sens moins seul et ma complice du rez de chaussée idem. Vous ayant lue, nous allons avoir des sourires complices durant la réunion, vos personnages étant des archétypes !
Voilà un billet plein de vérités, et ma foi bien agréable à lire, bravo !
Je ne pense pas qu'il faille analyser et disséquer ce qui fait l'humour, le plaisir...
Il y a des sites dédiés à des contenus informatifs sur la copropriété (http://www.copro-facile.com , etc...) : ce post de Grain de Sel est là pour distraire, dans un domaine peu empreint d'humour, et il n'en est que plus remarquable... merci !
Merci, Psydoz ! En plus, en cliquant sur votre pseudo, je me rends compte que c'est votre tout premier commentaire, alors bienvenue parmi nous, et tous mes remerciements pour votre regard sur un billet.... que j'étais loin de m'imaginer aussi polémique !
Bien vu, bien écrit, ce pétillant tableau de la petitesse entre voisins trouve bien des échos. Merci à Grain de Sel de nous donner l'occasion d'en sourire ! Et d'aborder peut-être nos prochaines assemblées de copropriétaires avec un peu plus à l'esprit cet humour salvateur.
Alors de grâce, sans interpeller personne, que l'on arrête de voir de la lutte droite-gauche partout. C'est épuisant de ne plus pouvoir lire trois lignes joyeusement écrites sans qu'il leur soit attribué aussitôt une coloration politique.
S'il est bien réel qu'il existe dans de nombreuses copropriétés une ou un enquiquineuse(eur), promu ou non, avide de faire valoir ses pouvoirs de petit chef, il n'y a aucun critère d'appartenance ou de milieu social attaché à la fonction !
Evocation très réussie de "l'attitude petite-bourgeoise-individualiste caractérisée qui donne la priorité à son confort personnel immédiat sur l’intérêt général".
J'ai trouvé ce petit quelque chose qui agrémente bien ce billet:
http://cham.collectif404.com/2010/12/09/357-le-zodiac-de-la-boite-aux-lettres/
C'est très drôle, merci pour les sourires Vincent.
(Si vous trouvez quelque chose sur les téléphones, je suis preneuse) .
J'ai ça en stock:
Génial, Vincent, merci, c'est tout à fait dans l'ambiance ! Et figure-toi que dans l'immeuble que j'habite maintenant, on a une affichette en bas, dans le hall, demandant à tous les résidents d'"harmoniser" leur plaque de boîtes aux lettres et d'étiquettes pour l'interphone ! Donc incroyablement d'actualité....
C'est surtout ce personnage qui m'a fait penser à la Dame blanche et sa sainte horreur de l'espèce la plus vile, juste après le rat et le pigeon: le locataire (et à peine avant une autre engeance: le propriétaire qui n'a pas les moyens de se payer un ravalement, et qui donc n'avait qu'à rester locataire au lieu de vouloir s'élever au-dessus de sa condition).
Il y a aussi la concierge portugaise qui voue une haine tenace à l'Espagnole du quatrième (qui le lui rend bien, et qui vous-croyez-que-je-sais-pas-que-vous-facturez-deux-fois-la cire-pour-les-escaliers) sans que l'on ait jamais bien compris pourquoi, sinon pour des raisons séculaires et ibériques à côté desquelles les Montagues et les Capulets, c'est de la gnognotte.
Et des voisins bien gentils du sixième dont vous vous apercevez par l'entrebaillement de la porte en leur portant une lettre qui s'était égarée sous votre paillasson que c'est un mémorial à la gloire de Louis XVI et que le jour où le roi reviendra, ils ne vous raterons pas, espèce de gueux régicide.
Tiens, c'est bizarre, Vincent, on dirait presque que tu connais l'immeuble.... Et que tu as la dent encore plus dure que moi sur les protagonistes !
J'avais imprimé ton texte, Grain pour le lire plus à plaisir/loisir, et le faire lire à l'occasion (j'aimais bien les photos).
A relire aujourd'hui le fil de discussion, je le trouve intéressant. A l'opposé des tentatives de clore le débat (ce que tu ne fais pas non plus) Olivier a rappelé la précédente controverse sur un de tes billets "portraits de voisins".
Je ne saurais pas plus qu'avant me prononcer "définitivement" sur le fond.
Ce que je sais : comme dans beaucoup de sujets conflictuels, je préfère que ces sujets soient mis au jour - il faut donc quelqu'un pour les décrire, écrire,et de préférence avec style !Et ensuite qu'ils ouvrent une discussion s'il y a lieu.
Plutôt que de dire non, n'écrivons pas car ce serait clivant.
Je me retrouve en partie dans le commentaire de Jado, un peu au dessus :
"il est bien réel qu'il existe dans de nombreuses copropriétés une ou un enquiquineuse(eur), promu ou non, avide de faire valoir ses pouvoirs de petit chef"
Je pense aussi que c'est réel. Dans toute collectivité ça peut arriver. (ajout*)Et on fait quoi dans ce cas là ? chacun de nous se positionne comment, prend quelle place face à ces "enquiquinements" ?
(*tout lien avec les questions de Marielle n'est pas fortuit, ses questiosn me poursuivent !)
Puisque ces phénomènes sont réels et interfèrent avec nos vies en groupe, je pense qu'ils sontà faire apparaître. Et que pour ça il faut des écrivains, des photographes, des cinéastes,des journalistes, etc. (des chroniqueurs, des croqueurs de "faits divers" ?)
Après, que va provoquer l'intervention "révélation" ?
Je ne sais pas, mais c'est une question que je me pose tout le temps.
Dans ce fil sont exprimés certains effets possibles ? imaginés - de tels révélateurs. Je trouve plus intéressant ces avis là que les autres avis excommunicateurs (des "deux" bords).
Bravo Bravo !
« Je ne suis que locataire… mais ça me fait penser à plein d'autres choses. » (le 20/02/2011 à 10:28)
Quel talent, ne changez rien ! « Ça sent l'être », comme dirait Artaud dans Pour en finir avec le jugement de Dieu.