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Expérience de vie autarcique en Lozère: bulletin n°1

CREATION ELECTRIQUE.

Le premier poste basse tension se trouve à environ 3 kms de la maison, et mis à part le prix du raccordement prohibitif, ma femme et moi même voulions essayer de produire, de stocker nous même notre électricité. Nous avons tâtonné pendant un an, mais aujourd'hui l'installation est suffisamment performante pour être présentée. Nous avons également durant cette année appris une règle essentielle: la meilleure façon d'être autonome énergétiquement, c'est d'économiser au maximum l'énergie produite. La chasse au gaspillage est draconienne et les appareils dans la maison doivent vraiment être adaptés.

- Les appareils: la première règle est d'apprendre à se passer d'objets fort répandus, mais tellement énergivore et inutile... Le micro-onde, les bouilloires électriques, les plaques chauffantes électriques, le grille pain, bref beaucoup de gadgets qu'on a réussi à nous imposer au quotidien, mais dont on peut en réalité facilement se passer et ce sans retourner à l'âge de pierre... A la place, nous avons une gazinière tout gaz sur laquelle nous faisons chauffer l'eau, dans le four les tartines... Le poêle à bois permet également de chauffer l'eau pour le thé, les bouillotes... Notre frigo est bien sûr classé A+. Les ampoules sont bien sûr toutes à basse consommation et les circulateurs de la chaudière sont également classé A+. Nous avons débranché les résistances de la machine à laver le linge et elle est directement raccordée à l’eau chaude produite par la chaudière à bois. La nuit et en général la journée, aucun appareil ne reste en veille. Tout est éteint, sauf le frigo bien sûr. Tout cela peut paraître un peu compliqué à mettre en place, mais en réalité, rapidement on parvient à changer ses habitudes et à vivre plus simplement. Seule la machine à laver la vaisselle fonctionne toujours classiquement, mais plus pour très longtemps…

- Les panneaux solaires: nous sommes partis avec 4 panneaux solaires, mais c'était vraiment un peu juste, surtout l'hiver qui est rude et long dans nos contrées... Nous venons d'en ajouter 6. Ils sont connectés par groupe de 5, soit 10 panneaux en tout de 135 watts/heure chacun. Notre production maximale est donc de 1300 watts/heure ce qui est honorable. Nous avons considérablement gagné en tranquillité et en autonomie.

Panneaux.jpg

- Les batteries : comme les panneaux, nous avons commencés avec 8 batteries de 12 volts branchées en série de 4 afin de passer en 48 volts. Car toute notre installation est en 48 volts. Nous venons de doubler notre parc batteries, et là encore, ça n’était pas du luxe… Nous sommes maintenant bien équipés pour attaquer l’hiver.

Batteries.jpg

- Le groupe électrogène : il s’agit d’un groupe insonorisé Honda de 5,5 kwa. Depuis que nous avons rajouter les panneaux et doublé le parc batterie, il n’a tourné qu’une heure en 5 jours. Afin de faire tourner la machine à laver la vaisselle (cycle court) et passer l’aspirateur…

Groupe.jpg

- Un régulateur solaire OUT BACK de marque américaine et un onduleur suisse COMPACT C-4000-48. Ces deux systèmes fonctionnent très bien et sont d’une grande fiabilité.

Regulateur.jpg

Tout ce matériel demande un peu d’entretient, et donc qu’on s’y intéresse un minimum. C’est le « prix a payé » pour être autonome, il faut mettre les mains dans le cambouis et cesser d’être uniquement passif devant les aléas et les contraintes techniques. Bref accepter d’être moins dépendant de tout un système, et être du même coup un tout petit peu plus responsable de son destin et de son environnement.

Dernier petit bonheur, nous ne recevons plus de facture électrique EDF, et nous sommes certain que notre électricité n’a rien de nucléaire.

J’espère que ce bref exposé vous a donné quelques pistes de réflexions et qu’il n’a pas été trop « technique »…

Tous les commentaires

14/12/2010, 12:03 | Par Faunus

1/ Savez vous comment sont recyclées les ampoules basse consommation ? et la coût énergétique de leur recyclage ?

2/ quelle est la durée de vie des panneaux solaires ? Et le coût énergétique de leur recyclage ?

3/ Mêmes questions pour les batteries

Je vous pose pas ces question par "esprit taquin" mais parce que vous me paraissez avoir la compétence permettant d'y répondre.

Cordialement

14/12/2010, 14:46 | Par Gregoiredsj en réponse au commentaire de Faunus le 14/12/2010 à 12:03

1/ Nous stockons les vieilles ampoules et nous les amenons à la déchetterie qui assure leur recyclage via une société spécialisée qui récupère notamment le mercure qu'elles contiennent.

2/ La durée de vie des panneaux solaires est d'environ 20 ans. Le coût énergétique de leur recyclage est largement inférieur à l'énergie qu'ils produisent sur 20 ans. Leur recyclage, bien que balbutiant en France est quand même largement moins problèmatique que le traitement des déchets nucléaires par exemple. Domaine dans lequel pourtant la France se vante d'être trés en avance...

3/ Les batteries contiennent essentiellement du plomb et de l'acide. Donc elles termineront leur vie à la déchetterie aussi. Le recyclage d'une batterie permet de récupérer du plomb refondu, réutilisé après raffinage. Des sociétés spécialisées s'occupent de retraiter ce type de déchet (ex Soc MétalBlanc.fr ou vous pouvez suivre la chaîne de traitement des batteries).

Là encore, il n'y a pas de solution miracle... Mais je continue de croire qu'en étant responsable de sa production électrique, on est forcément plus attentif à notre environnement. Nous avons réappris à vivre avec ce qui est strictement nécessaire, réappris à profiter des jours trés ensolleillés pour faire tourner l'outillage qui nécessite beaucoup d'énergie, réappris à profiter du temps qui passe.

J'espère avoir répondu à vos questions...

 

14/12/2010, 23:22 | Par Faunus en réponse au commentaire de Gregoiredsj le 14/12/2010 à 14:46

@Gregoiredsj

Vous avez très bien répondu à mes questions et je vous en remercie. Je ne conteste d'ailleurs pas que, dans le cas d'un habitat isolé, la production énergétique familiale, que vous préconisée, puisse être la solution écologiquement la meilleure. Par contre je doute que cette solution soit adaptable à un habitat urbain. La production centralisée, dans ce cas, me paraît écologiquement préférable tout comme le sont les transports en commun par rapport à la voiture, serait-elle électrique.

Cordialement

14/12/2010, 15:17 | Par âge du faire

Vous m'intéressez beaucoup, parce que je pense depuis longtemps à dépenser moins et à réfléchir donc, et à être indépendante.
Mon ancien pavillon en semi-campagne finalement me coûtait les yeux de la tête!

Et il fallait une voiture!

Alors, comment voyagez-vous dans votre campagne : à dos de mulet?

Finalement, retraitée, j'ai vendu le pavillon, je suis en location,sans télé et sans voiture, en collectivité .J'ai acheté très cher un radiateur d'appoint qui ne consomme pratiquement rien!

Pour les ampoules basse-consommation:zéro!

On n'y voit RIEN pour lire à 75 ans malgré de bons yeux.

J'en ai acheté une de forte puissance un prix fou et stupeur; elle est cancérigène. je ne l'allume que pour le décor!

Les expériences sont intéressantes et doivent, il me semble s'adapter au travail et au mode de vie.

PS; chez moi, jamais de lave-vaisselle qui bouffe de l'eau, on fait la vaisselle à la main en bavardant avec plaisir!

14/12/2010, 16:06 | Par Gregoiredsj

Rose,

Notre maison est perdue au milieu des bois, et l'école des enfants est à 10 kilomètres...donc nous avons une voiture. Comme vous nous vivons sans télévision, et ça c'est vraiment une expérience que beaucoup d'entre nous devraient s'autoriser car c'est un pur bonheur de ce débarrasser de cette cochonnerie... Une vrai libération, possible aussi bien en ville qu'à la campagne, et qui pour le coup ne coûte vraiment rien...

PS: avec 3 enfants, on a décidé de garder le lave vaisselle, car autant la faire en bavardant, c'est sympa, autant la faire 3 fois par jour dans les cris c'est trés vite pénible.

Bonne journée à vous.

14/12/2010, 16:27 | Par âge du faire

Votre démarche m'intéresse beaucoup.

j'ai eu trois enfants et en effet, la vaisselle....mais je pense maintenant, que j'aurais pu, faire mieux. C'est que le père de mes enfants était parfait dans son travail exterieur, mais à la maison, triple zéro. Je l'ai quitté et ne voulant pas être dépendante, j'ai réfléchi comme vous.

Le plus important dans cette démarche, c'est de réfléchir, de confronter ses expériences, et surtout d'être heureux.

la "pauvre Liliane" à se faire servir, du matin au soir, en perdait la tête et avait simplement envie de rire!

Votre billet était vraiment très bien, comme les idées de Pierre Rabhi.

16/12/2010, 14:31 | Par Gregoiredsj

@Faunus

La solution que nous avons mis en place aurait certainement pu être étendue à certains petits îlots urbains ou pour certains villages via une autoproduction électrique mutualisée. On aurait pu imaginer l'implantation d'un parc solaire et éolien alimentant directement les besoins de villages ou de petites villes. Mais le choix national qui a été fait après guerre n'a pas était celui de la responsabilisation des citoyens. Nous avons été dirigés vers une solution de surconsommation et de dépendance à un réseau essentiellement nucléaire sur lequel nous n'avons aujourd'hui aucune prise.

EDF augmente chaque année ses tarifs, 3 % cette année et en tant que citoyen quel est votre recours ? Vous ne payez pas, on coupe le jus... Je suis sincèrement persuadé que le système dans lequel nous sommes est le fruit de différents choix politique et industriels. Avec tout l'argent qui a été investit dans le nucléaire, n'aurions nous pas pu essayer de développer d'autres alternatives énergétiques induisant d'autres comportements plus responsables et moins énergivores ? Tout n'est qu'une question de choix. Avons nous emprunté les bons chemins ? L'avenir risque de trés rapidement nous le dire.

Bonne journée

01/10/2013, 13:43 | Par Marc Poveda

Bonjour,

Bulletin n°1 : 14 décembre 2010.

Ben vous en êtes où 3 ans après (c'est que ça me démange moi aussi comme démarche...).

au plaisir de vous lire

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