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Livret A: le hold-up de ce début d'année

Voici un résumé de l'entourloupe de ce début d'année 2012, anticipée par mediapart la semaine dernière. Comme vous devez déjà le savoir, notre cher et tendre gouvernement vient de refuser de remonter le taux du livret A de 0,5%.

Un calcul automatique du taux du livret A avait été instauré par le gouvernement Raffarin "'afin d'éviter l'intervention de décisions politiques",
d'après wikipedia. Les détails du calcul de la rémunération du livret A mentionnent deux exceptions à l'application de son résultat:
"Toutefois, lorsque, à l'occasion de son calcul, la Banque de France estime que des circonstances exceptionnelles justifient une dérogation à l'application de l'un ou de plusieurs des nouveaux taux calculés selon les règles fixées au I du présent règlement, ou que l'application de la règle mentionnée au I 1° du présent règlement conduit à un nouveau taux des « livrets A » (Arrêté du 28 juillet 2008) ne permettant pas de préserver globalement le pouvoir d'achat des épargnants, le Gouverneur transmet l'avis et les propositions de taux de la Banque de France au ministre chargé de l'économie, président du Comité de la réglementation bancaire et financière. Dans ces cas, les taux sont maintenus à leur niveau antérieur et le Comité de la réglementation bancaire et financière examine l'opportunité de les modifier. (Règlement n o 2003-03 du 24 juillet 2003)"
Voilà l'argument retenu par le gouverneur de la Banque de France sur Europe 1 la semaine dernière (à 6min20) pour justifier de ne pas relever le taux du livret A:
«Ce que je regarderai, c'est l'inflation qui va venir, parce que ça ne servirait à rien que le taux augmente légèrement pour rebaisser immédiatement ensuite (...)  Si l'inflation baisse il n'y a pas de raison d'augmenter le Livret A, en effet.»
Si ma compréhension du français ne défaillit pas, cela ne correspond aucunement à des "circonstances exceptionnelles" et surtout pas à une "préservation du pouvoir d'achat des épargnants"... De plus, la loi ne parle que des taux d'inflation passés et non à venir... surement parce qu'on se plante à chaque prédiction... Cette décision est donc en quelque sorte illégale!

La prochaine révision de ce taux se fera dans 6 mois, ce qui prive donc assurément les petits épargnants français de 0,5% sur la moitié de l'année. Par ricoché les épargnants du livret de développement durable et du livret d'épargne populaire, indexés sur le livret A, seront également privés de ces 0,5%. En Décembre 2011, les encours du livret A et du livret de developpement durable étaient de 280 milliards d'euros. Donc 0,5% correspond à1,4  milliard d'intérêts par an, soit 700 millions d'intérêts volés à l'ensemble des petits épargnants français sur 6 mois! A l'échelle d'un épargnant qui a atteint le plafond de son livret A, 15 300€, et de son livret D, 6000€, cela correspond à 53,25€ que personne ne refuserait pour bien commencer l'année.
En bref, Baroin a discrètement socialisé "par effraction" un hold-up de plus de 0,7 milliard d'euros.

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C'est un peu comme les coups de pouce au Smic, rien de plus mais rien d'enlevé non plus...

Dans les deux cas, notre rogne est vaine, le baîllon nous est mis vu qu'il nous sera toujours répondu que ça venait s'ajouter à notre tirelire.

Silence est fait sur les denrées de consommation courante, toujours en hausse par étapes les traîtresses, dix à trente centimes d'euros par ci, cinquante par là, ça se répète deux à trois fois dans l'année, les grandes surfaces, les enseignes réputées économiques autant que les autres sinon plus !

À titre d'exemple, 30 centimes de hausse, il y a huit jours,  sur un paquet de bombons au miel de 2,50 €, c'est 12 % de hausse.

 

Depuis l'instauration de l'€, il y a dix ans, les hausses des produits courants n'ont pas cessé d'augmenter, compensé dans l'indice des prix par le coût d'un ordinateur,  d'un téléviseur rendu indispensable par le passage à la TNT. Mais pas contre, ne sont pas pris en compte toutes les hausses de taxes, manipulations des cotisations et prestations sociales, etc...

 

Dans le même temps, après la suppression de la taxe professionnelle 30 milliards d'€, la TVA sociale pour payer les cotisations sociales des entreprises 30  à 40 milliards d'euros.

 

En douceur, sans même le dire, Sarkozy-Fillon-Barrouin-Pécresse imposent progressivement à 90% des Français, 100 milliards d'austérité, avec le cortège de récession, de chômeurs, de précarité, de surrendettés que cela va entraîner et aussi de baisse du pouvoir d'achat, au profit des banques qui empruntent à 1% à la BCE pour prêter entre 4 à 8%, quand ce n'est pas 18 à 20% avec le crédit renouvelable dit revolving.

Mensonge par omission, JamesInParis, les communicants d'aujourd'hui sont les bons vieux curés d'hier !

C'est là qu'on mesure notre infime marge de manoeuvre pour ce qui est du quotidien, manger, payer ses factures, renouveler un appareil défectueux, impossible de passer son temps à extrapoler comme un vieil apothicaire à chaque sortie ou rentrée d'argent. Sans compter le risque que représente toujours le déplacement de ses fonds vers des banques nouvelles qui assurent ne pas nous voler, puisque tout devient sable mouvant même ceux qui affichent aujourd'hui la solidité !

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