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Lettre adressée à Monsieur le Ministre de l'Intérieur...

Madame Guilbert,

Vous êtes députée suppléante dans ma circonscription depuis l'entrée en fonction au gouvernement de Monsieur Cuvillier.

C'est donc à ce titre que je vous prie de trouver ci-dessous copie d'un mail adressé à monsieur le ministre de l'intérieur (sur le site) et de madame la garde des sceaux (sur le site du ministère de la justice).

Vous en souhaitant bonne réception,je vous prie d'agréer, Madame, mes salutations distinguées.

 

 

Monsieur le Ministre de L'Intérieur,

 

J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que j'ai été particulièrement sensible au fait que vous preniez en compte les difficultés et dysfonctionnements au sein des services de police qui m'ont personnellement  affecté en tant que citoyen. Comme vous l'avez rappellé, ces services doivent être soutenus et encouragés. Dans le même temps, l'institution policière ayant été quelquefois mise en cause, il convient de "remettre certaines choses à plat".

Je me permets humblement de vous communiquer ci-dessous copie d'un "billet" publié, entre autre,  sur mon blog.

Vous en souhaitant bonne réception, je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes salutations respectueuses.

G.Belloy

 

 

Le ministre de l’intérieur a rappelé jeudi dernier lors du congrès de l’UNSA Police, à Dreux : «  Ma mission est de vous soutenir, de vous faire confiance et de vous protéger » tout en précisant :"Une institution, pour être respectée de tous, doit être respectueuse de chacun".

 

Comment ne pas applaudir des deux mains à cette déclaration du nouveau ministre de l'Intérieur qui insiste "sur le devoir d'exemplarité" des policiers et son « inflexibilité » sur les questions de déontologie.

 

Il a néanmoins jugé « pénibles » les comparaisons faites entre lui et Nicolas Sarkozy depuis plusieurs jours. A droite comme à gauche, on compare le ministre de l'intérieur à l'ancien président de la République.

 Xavier Bertrand, dans l'Express ne déclarait-il pas: "Valls, c'est Sarkozy sans le son".

 

 http://lelab.europe1.fr/t/comparaisons-sarkozy-valls-c-est-penible-estime-le-ministre-3632

 

Toujours est-il qu’à la question posée par un journaliste du Parisien lui demandant comment il avait trouvé « la maison police » à son arrivée place Beauvau, il avait répondu :

« Je vois des hommes et des femmes qui souffrent et expriment, de façon distincte selon leurs régions, leurs missions, leurs âges, un vrai malaise.

Confrontés à une très grande violence, qui parfois les vise directement, certains policiers ou gendarmes sont profondément marqués, physiquement et psychologiquement. L’affaire Neyret, les dossiers des fadettes, du Carlton… l’accumulation de faits divers médiatiques mettant en cause l’institution policière ont encore aggravé une crise de confiance… »

 Et de préciser : « il faudra mettre des choses à plat au sein de l'inspection générale des services, (IGS), des responsables policiers ont pu être injustement mis en cause". 

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/je-ne-veux-pas-diviser-la-societe-04-06-2012-2031370.php

  

Il est important de rappeler que les affaires ci-dessus n’impliquent en rien les gardiens de la paix et gendarmes mais des officiers ou des commissaires qui auraient agi de façon calculée et préméditée pour des raisons de fric ou, voir ci-dessous avec des cadres de l’IGS, de « neutralisation personnelle ».

 

Le lecteur « profane » doit en effet savoir qu’il existe, « grosso modo », deux types de policiers :

- les gardiens de la paix, en uniforme ou non (Brigades Anti Criminalité), qui interviennent sur le terrain dans l’urgence sans forcément connaître ce qui les attend.

- Les officiers de police et commissaires des différents services : sécurité publique, police judiciaire, DCRI (ex RG+DST)…

 

Il serait donc dangereux de faire un amalgame avec les « bleus » (ainsi appelés en raison de la couleur de l’uniforme) qui, bien trop souvent, en intervention, sont confrontés à des situations imprévisibles, qui doivent garder un contrôle total face quelquefois à des formes de violences extrêmes sous peine de se voir reprocher un quelconque manquement au Code de Procédure Pénale.

 

Quant à « l’accumulation de faits divers médiatiques mettant en cause l’institution policière (qui) ont encore aggravé une crise de confiance » pour reprendre les termes du ministre de l’intérieur, il faut nécessairement rappeler que, dans tout pays se réclamant (à tort ou à raison)  de la démocratie, il est fondamental que la « transparence » (mot de F.Hollande) et le contrôle soient d’une rigueur extrême sous peine de créer un fossé entre police et population..

 

Il me semble indispensable de rappeler le gros titre du Point du  17/01 dernier : Daniel Vaillant (ancien ministre de l'Intérieur) :

« Il faut supprimer la police des polices ». 

Il avait estimé qu'en "truquant une enquête contre cinq fonctionnaires, la police des polices s'était définitivement déconsidérée" ajoutant:

"L'I.G.S. , Inspection Générale des Services,  (Soeur de l'I.G.P.N. au plan national) est aujourd'hui entachée. Elle n'a plus lieu d'être, il faut la supprimer. Ce corps d'inspection "maison" ne représente plus les garanties nécessaires d'indépendance et de transparence. Il faut que la police nationale - la préfecture de police comprise - se dote d'un nouveau corps d'inspection. La police qui enquête sur la police, ce n'est plus possible. Parfois, les fonctionnaires ont été amenés à travailler ensemble. Des animosités peuvent resurgir. Beaucoup de policiers partagent mon sentiment. Je pense qu'il y a eu dans la police nationale d'autres victimes des turpitudes de l'IGS . On ne le saura jamais ». 

http://www.lepoint.fr/societe/daniel-vaillant-il-faut-supprimer-la-police-des-polices-17-01-2012-1420331_23.php

 

Des « turpitudes » seulement de l’IGS ? Cf. ci-dessous : 

« Pour être un Super Flic, il faut être aussi un peu Voyou ? »  C’est la question que viennent de poser les deux journalistes d’I-Télé  ce 22 mai dernier à Claude Cancès, ancien patron de la Police Judiciaire de Paris. 

(Claude Cancès   « Les Seigneurs de la Crim »  sur I télé

http://www.dailymotion.com/video/xqzsdx_michel-neyret-flic-ou-voyou_news#rel-page-4

 

Il vient en effet de les interpeller en disant, en se rengorgeant, ayant peine à dissimuler une fierté à peine contenue  « Le Flic de P.J., c’est un chasseur… ..Lorsque j’étais élève à l’école nationale supérieure de police de St Cyr Au Mont D’Or, nous avions un professeur qui nous disait « vous allez être Officier de Police Judiciaire, vous devez avoir en permanence les deux pieds dans le cercle de la légalité ; exceptionnellement, pour raison d’Etat, ou pour danger de mort, vous pouvez mettre un pied en-dehors », je peux vous dire que le pied en dehors, je l’ai mis combien de fois…. !!! »

Au fait, "Avoir un pied dans le cercle de la légalité et un pied au-dehors", ça veut dire quoi? On est dans le respect de la loi ou dans le délit voire le crime. Dans ce domaine il ne peut y avoir de demi-mesure.


A-t-on jamais entendu parler d’une demi- intimidation ? d’une demi-violation de domicile ?d’une demi-fabrication de preuves ? d’un demi-assassinat ?


Allez demander à Florence Cassez ce qu’elle en pense.... 

 

 Et combien de vies brisées ?  « On ne le saura jamais" ! 

 

L'ancien ministre Daniel Vaillant est on ne peut plus clair.

La police doit être contrôlée par un organisme indépendant, à l'abri de toutes pressions d'où qu'elles viennent (comme dans toute démocratie digne de ce nom). 

 Avançons modestement une idée parmi d'autres: par un corps de magistrats instructeurs? 

 

 

G.B. issu de l'Ecole Nationale Supérieure de Police de St Cyr au Mont d'Or.

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