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De la question de la représentation inter-générationnelle et sociale à Médiapart.

Quelques réflexions autour de questions soulevées dans le Club et entre bloggueurs le 21 juin, à la Fête de la Musique médiapartienne.

 

Je serais d'accord pour dire qu'il y a beaucoup de "seniors" dans les principaux intervenants du journal et du club, mais je ne vois ni présence excessive, ni problème intellectuel. Je suis plutôt (largement) heureux de ce foisonnement "trans-générationnel". Ce 21 juin, j'ai vu des mômes partout, assis au premier rang, écouter studieusement du tango ou du grec, des jeunes filles qui me laissent encore un sourire charmé aux lèvres, des cinquantenaires avec qui j'ai échangé de Mediapart, de nos vies, de notre monde... Notre aventure commune est en cela une réussite et je suis heureux de pouvoir cohabiter avec la génération qui est au-dessus de moi, la génération que j'appellerais "68" (je viens de finir le livre de Benjamin Stora ce midi, "La dernière génération d'Octobre", j'en reparlerai sans doute).

 


Depuis combien de temps n'avait-on pas vu une telle symbiose entre mille visages de la France? Ma génération avait jusque là le monopole de l'outil de l'internet, dans une large mesure, la manipulation du "mulot" restant pour mes aînés chose ardue. Aujourd'hui ici, difficilement mais surement, nous avons conçu un outil accessible pour beaucoup, sinon potentiellement pour tous: nous voyons la difficulté de ci de là pour certains de parler "HTML", mais nous arrivons à travailler ensemble, dépasser les conflits d'âge et derrière nos écrans la datation de nos gènes tend à se confondre. Combien de fois ne me suis-je pas senti plus vieux que certain(e)s quinquagénaires (cf. Grain de Sel, clin d'oeil sympathique) qui ont conservé une fraîcheur supérieure à la mienne, plus jeune qu'un lycéen qui se réclame du Figaro (que j'ai d'ailleurs légèrement molesté de ma hauteur de "vieil" étudiant)?

 


Aussi, je suis ravi que la génération au-dessus de la mienne s'investisse à nouveau, par l'intermédiaire de Mediapart, elle que j'ai pu critiquer bien souvent, soixante-huitarde affadie, embourgeoisée, renégate, etc. Alors qu'ici c'est elle qui produit, nous rappelle à ses mémoires enfouies, ses péchés interdits, ses espoirs endormis. Mon premier papier sur Mediapart parlait justement de cela: "L'idée de 68 expliquée à mes parents". C'était un cadeau que je faisais à Mediapart et une forme d'hommage à mes aînés qui ont continué à vivre, faire partager leurs expériences et alimenté sans cesse la flamme de la révolte face à l'inacceptable. Si j'ai par exemple produit ce texte, c'était que Mediapart signifiait cet espace qui arrivait enfin, un lieu de réunion que je ne trouvais pas ailleurs, où les différentes expériences de notre société puissent se croiser et se nourrir réciproquement.

 


J'applaudis donc des deux mains à cette présence, même largement majoritaire, de mes aînés ici: à eux justement de penser la complexité de notre présent, complexité qu'ils ont physiquement accumulée plus que nous, les "jeunes" du groupe. Notre problème de représentation se situe plus dans notre homogénéité sociale. Mediapart reste très majoritairement urbain à mon goût, petit-bourgeois et fortement éduqué. Il est logique structurellement que ce soient les parties les plus connectées aux sources du savoir, celles qui ont le plus fort "capital culturel" (Bourdieu... encore), qui impulsent une telle démarche novatrice. Il nous faut maintenant intégrer des espaces sociaux qui a priori sont distants des lieux de la production intellectuelle: les milieux populaires, du travail salarié dans l'industrie, l'agriculture, les milieux précaires du tertiaire, les périphéries urbaines ségréguées spatialement, socialement, politiquement, ethniquement... C'est vers ces secteurs exclus de ladite "société civile" que doit poindre notre travail d'émancipation intellectuelle, là reste notre défi et tout le problème de nos discours, de notre "éthos" de personnes hautement sociabilisées et cultivées.

 


Qu'en pensez-vous?

 

 

Gwénaël Glâtre

Tous les commentaires

Je vais réfléchir à votre question, j'aurai peut-être des choses à dire, . Mais je voulais tout de suite vous remercier pour votre texte, y étant d'autant plus sensible que je fais partie de cette génération dont vous parlez, et que j'ai (un peu) souffert de voir qu'une des premières réactions suite à la Média-fête, était de constater que la moyenne d'âge était élevée.. j'ai même laissé un commentaire à ce sujet. . Vous lire ci-dessus guérit mon inquiétude ! . Tant que j'y suis, merci pour vos billets souvents instructifs et intéressants, je lis également souvent vos commentaires auxquels souvent également, j'adhère, sans pour autant éprouver le besoin de le/me manifester! . Médiamitiés! . Corinne Newey 52 ans dans un mois et toujours vaillante (comme Kirikou)

Je suis heureux Corinne de pouvoir participer à redorer le blason des vieux dans notre société médiapartienne. On critique souvent le "jeunisme" qui habite les médias au lieu de parler du vide culturel que sous-tend ce concept. Il faut, je crois, réaffirmer la transmission culturelle, les héritages qui nous sont légués, repenser la longue durée du politique, du journalisme, de la vie en société tout simplement. J'apprends aujourd'hui que les plus jeunes que moi, les lycéens actuels, ne connaissent presque plus Astérix par exemple (dixit un collègue prof d'histoire). Je ne veux pas calquer mes attentes et mon apprentissage intellectuel sur les autres, je deviendrais à mon tour réactionnaire. Les mômes d'aujourd'hui fonctionnent avec les nouvelles technologies comme premier support de communication, comme "médium", nous ne devons ni nous réjouir, ni crier au loup techniciste dans ce constat. Il en est ainsi, ce sont des logiques trop profondes pour être refusées ou rejetées, la transmission de la mémoire fonctionnera autrement qu'il y a 10 ou trente ans, c'est un fait. L'important est d'apprendre à utiliser ces nouveaux moyens techniques pour les mettre au service d'un "progrès collectif" (grand mot oublié ces temps-ci). Médiapart justement pour moi cherche à relever ce défi, domestiquer des technologies comme Frankenstein son monstre. Toute société doit apprendre à gérer les outils qu'elle invente pour s'inventer elle-même. Mais un des gros problèmes civilisationnels en Occident est pour moi encore une fois cette relation entre "générations", cette rupture entre les mondes et cette difficulté à rassembler les différentes temporalités: les vieux finissent leur vie dans des espaces reclus, les MAPA, ces mouroirs infâmants, finissent avec une retraite misérable pour certains, prouvant le manque de reconnaissance de la société pour son passé ou justement des comptes en banque qui en font des rentiers méprisants (deux tiers des retraités ont voté Sarko). Chez les "jeunes", même problème, mêmes tensions. On ignore dans le reste de la société les conditions de vie de la majorité de la jeunesse française, la crise du CPE a permis de mettre au grand jour le constat de précarité des 18-30 ans (et plus...) en même temps que les statistiques montrent "des" jeunesses. Les 25-35 ont voté aussi fortement Sarko que les vieux et en 2002, 25% des 18-25 avaient voté FN. Les jeunesses se montent de plus en plus les unes contre les autres, des espaces ségrégatifs de plus en plus forts apparaissent, par la couleur de peau, ou des conflits de "classe", stricto sensu. La relégation sociale des jeunes déscolarisés, en échec scolaire ou dans des filières socialement dévalorisantes poussent pas mal de 18-25 à retourner la violence sociale contre les autres. Beaucoup de racisme dans les campagnes et les couches populaires ou de l'autre côté, le visage hideux du mépris de la "réussite" dans les boites de nuit où suinte l'odeur bleue qui déferle depuis plus d'un an: ils se nomment même "Jeunes populaires" pour certains... Je trouve plus d'excuses aux premiers, malgré tout.

Diviser pour régner... Avant l'apparition de l'écriture, et donc de l'Histoire, les hommes se sont transmis oralement leurs savoirs, leurs traditions pendant des centaines de milliers d'années (voire plusieurs millions d'années : Toumai). Aujourd'hui, on ne sait plus ce qui c'est passé il y a 30 au 40 ans (voir billet au sujet du rappel de Mai 1958, que personnellement je ne connaissais pas, à ma grande honte), alors que nous avons l'Histoire ! Du coup, les hommes se déchargent sur elle de la transmission des savoirs, traditions et n'enseignent plus directement au générations suivantes. Si par malheur les livres sont brûlés, plus de passé, plus de savoir... Quels chemins aurait pris l'humanité si les trésors de la bibliothèque d'Alexandrie n'avaient pas été perdus ! les grecs avaient déjà découvert que la terre était ronde et tournait autour du soleil ; plus de 1000 ans plus tard Galilée a été obligé, devant l'église catholique de renier cette découverte. Résultat ? il y a à peine plus de 200 ans qu'on à découvert que le monde n'a pas l'âge indiqué par la Bible (pas plus de quelques milliers d'années)! . Je m'égare! Diviser pour régner? Insensiblement, mais assez rapidement quand même, on en rentré dans une société très individualiste, axée sur la compétition et la réussite sociale, écraser l'autre pour ne pas soi-même être écrasé. De cellules familiales abritant plusieurs générations solidaires entre elles, nous sommes passés à une société "segmentée". Les jeunes avec les jeunes, la classe active avec la classe active, les vieux avec les vieux ; de plus en plus de célibataires, de plus en plus de solitude... On se croirait dans "Matrix"... . On sait pourtant que l'homme est un animal "social", que c'est notamment cette qualité qui l'a aidé à évoluer (conquérir la planète ?). . Il faut retricoter les relations inter-générationnelles, les relations tout court, elles apporteraient beaucoup de bonheur, et une certaine plénitude... Se poser comme projet et comme but l'amélioration du sort de tous et non plus la réussite individuelle de quelques uns! . J'arrête, je ne veux pas faire trop long, même si ce sujet est très (trop ?) vaste! . Médiamitiés . Corinne

bon, j'ai pas le temps de poster un vrai commentaire maintenant, mais je voulais quand même te dire qu'en tant que futur ex-étudiant néo-précaire, et bin…j'ai 27 ans, et il faut que je paye plein pot mes billets de train. Et ça c'est déguelasse. Je serais plus sérieux dés que j'aurais un peu plus de temps ça s'est bien passé ton épreuve?

Oui! ça doit rouler... ça roule...

La cinquantaine rugissante... et de plus en plus assumée ! D'ailleurs à 20 ans, je me sentais vieille comme le monde... Alors je n'ai aucun mérite !

Plaisir de te retrouver là, après une brève accolade comme on vole un baiser, amical s'il en est!

J'essaie de décider ma mère à s'abonner et à bloguer : 87 ans... Cela permettrait de faire encore monter la moyenne d'age... C'est pas gagné mais tout espoir n'est pas perdu. Vous auriez accès au point de vue de quelqu'un ayant eu 20 ans en 1941, aimant écrire et être lue. La doyenne de Mediapart, probablement, si elle veux bien s'y mettre - mais ce journal est sans doute trop excessif pour elle... Fille de boulanger auto-éduquée, c'est encore trop petit bourgeois ?

. Ce serait chouette, en effet; çà rajeunirait pas mal de monde ... mais votre mère ne serait pas la doyenne, j'ai cru comprendre samedi qu'il y avait une dame de 88 ans, précisément abonnée par sa fille. . jpylg

Ce serait génial en tout cas! Si on pouvait rassembler sur l'internet toutes ces voix qui ne se parlent plus... J'oserais pas encore proposer à ma grand-mère, 86 ans, vieille paysanne bretonne qui n'a pas vraiment idée de ce que c'est que cette toile bien étrange qui connecte les continents. Pour l'anecdote, quand je revenais pour la première fois d'Amérique latine, "mémé" me dit pleine de perplexité dans les yeux et le patois en bouche: "mais qu'est-ce tu vas donc faire là-bas, à l'autre bout du monde où y crèvent de faim, t'es ti pas bien avec nous au Pommier Agan?" Le Pommier Agan étant le petit hameau où je vivais jusque mes dix-huit ans, dans le bocage breton, entre campagne profonde et périurbanisation rampante, à 15 kilomètres de saint-brieuc. Ce serait moi le plus perdu si je voyais ma "mémé" débarquer dans notre jungle médiapartienne, ce serait beau...

Si les plus de 60 rejoignent les moins de trente, bravo tant mieux et tant pis pour les autres. Après tout c'est dans le regard des autres que l'on prend conscience de son âge et ici toutes les frontières disparaissent. Ce qu'il manque justement à la communauté Médiapart c'est la tranche intermédiaire et il faut se battre pour qu'elle progresse. Merci pour cet article.

Je fais partie de ceux qui se rapprochent des 70 ans. Nous n'avons plus grand chose à apporter aux jeunes...sauf, faire ce que j'ai lu quelque part: "mettre un peu de vie" dans la vie des autres. C'est à dire "des mots" sur les choses. Pas des conseils, pas des critiques, mais simplement comment, à notre âge, avec le recul, nous voyons les choses. Sans juger. Simplement énoncer. Et, il me semble, les jeunes (je veux dire les moins de 20 ans!) ne détestent pas. C'est un peu comme des balises, des petits repères qui leur servent à se situer, eux. C'était avec les amis des parents qu'on avait les meilleurs conversations, pas avec les parents. Devenons les "amis" des jeunes! PS -Normal que les vieux prennent tant de place chez Médiapart: retraités, ils "ont le temps", eux! -Attention au projet de proposer un blog à un vieux. J'ai offert et fait installer un PC chez mon frère aîné: resultat la CATA! Un an à merdoyer! Que de frustrations: j'en pleurais! Il faut tenir compte des circuits neuronaux. Avec le temps, tout devient plus dur QUAND C'EST NOUVEAU! (exemple: déménager)

Vous avez des tas de choses à nous apporter, et vous le dites très bien. Je pense que nous avons aussi des choses à vous apporter, là non plus, sans conseils, sans critiques, sans jugement. Bref, nous avons des tas de choses à partager, et Mediapart nous offre un espace pour le faire, ce qui est un fait rare aujourd'hui. Pour l'anecdote, nous avons, avec mon frère fait acheter un imac à ma maman (qui n'a que 64 ans, mais tout de même) il y a quelques années. Elle a un peu patauger, mais du moment qu'elle a comprit qu'elle converserai plus facilement avec nous par mail que par téléphone où lettre, tout est allé très vite ! Le summum à été atteint lorsqu'elle s'est aperçu que par ce biais, elle pouvait recevoir des photos de sa petite fille ! La semaine dernière, elle s'est abonné à Mediapart ;)

génial... la fibre (optique) prend petit à petit... je peux aussi penser à mes parents, ma mère en particulier, à qui j'ai dû faire des cours d'informatique pour lui apprendre à envoyer un mail. maintenant je sais qu'elle suit ce que je fais, elle peut même envoyer des photos, écouter la radio par le net, mon père faire des recherches sur wikipédia, etc. je vais essayer de les convaincre pour s'abonner à médiapart, mais l'internet reste tout de même pour eux un outil marginal, le JT pour mon père étant la première source d'information et pour ma mère, la radio, parce qu'il faut juste appuyer son un bouton "power"... enfin, on verra, encore salut nico!

La plupart des commentaires ici sont un peu tristounets. Pas étonnant après ça que les entreprises se débarrassent des plus de 50 ans et ne veuillent pas embaucher de séniors. Je connais nombre de séniors qui vient intensément, plus que certains jeunes ... qui conduisent, vont voir des pièces de théâtre et films d'avant garde, s'intéressent aux nouveautés ... et surf sur internet comme des poissons dans l'eau. Ceux que je décris attirent les jeunes qui sont à l'aise en leur compagnie et même la recherche. A vous lire à partir de 60 ans il faudrait passer des heures pour les mettre à niveau. Je pense qu'on est et qu'on reste ce que l'on a été plus jeune et qu'il faut cesser de ranger les gens par catégorie d'âge ce qui génère en partie nos problèmes de société actuels. Il y a à l'évidence de la tendresse dans vos propos mais une tendresse compatissante qui n'a pas toujours lieu d'être.

Pardon dominique pour cette "tendresse compatissante" mais c'est une question de principe de réalité aussi. ma génération a connu l'arrivée des nouvelles technologies depuis une vingtaine d'années et c'est impressionnant ce qu'on a acquis comme capacité à manier ces nouveaux outils. mon père par exemple a une formation d'informaticien mais il se trouve aujourd'hui bien perdu pour installer des logiciels, une live-box, etc. et un certain complexe s'installe parce que "ça ne marche pas", "c'est mal foutu", etc. Nous devons passer cette transition technologique pour arriver à une démocratisation totale de l'outil technologique qui est devenu un outil social, de valorisation et de communication. les mômes aujourd'hui utilisent l'internet comme avant on apprenait à écrire des lettres, avec des avantages et des défauts, il faut voir ce qui se passe, ce qu'on perd et gagne pour tirer vers le haut le rapport aux NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) comme on dit en langage savant. Si j'ai plutôt un discours "empathique" envers mes aînés, c'est que je l'ai félicite aussi pour un travail d'adaptation qui n'est pas du tout acquis d'avance. Nous pourrions parler de révolution anthropologique avec l'internet, il faut bien voir la mutation que cela engage dans le rapport à l'espace et dans notre relation à autrui. Voila ma réponse en tout cas... Bien à vous!

Bien sûr que vous êtes pardonné. Je voulais simplement signifier qu'il y a une différence entre une obligatoire adaptation technologique difficile pour certains (et pas toujours uniquement pour les plus de 60 ans) et une regression intellectuelle, un détachement progressif aux problèmes de la société. Il faut éviter la confusion. Il me semble que dans cette période charnière que nous vivons, je rencontre plus de gens "d'un certains âge" sensibles à la perte progressive des valeurs de solidarité sociale. L'individualisme prend le pas progressivement chez les jeunes générations. Les politiques en jouent constamment pour faire passer des mesures de plus en plus libérales. La perte de la mémoire des conquêtes passées (qui ont créé les classes moyennes, l'ascenseur social), et qui passent par l'expérience d'un vécu sont préjudiciables au bien être des nouvelles générations. Mais je suis d'accord avec vous. Alors il conviendrait d'être plus pédagogique pour qu'au moins le plus de gens possible soit au moins des utilisateurs des nouvelles technologies sans en être les créateurs ou les "installateurs". Comme vous l'aurez compris je fais partie de la "génération 68" et je n'ai pas l'intention de m'en laisser conter à cause d'une simple ignorance de ce que signifie une balise ou HTLM. Alors on compte sur votre génération pour une formation approfondie pour pouvoir continuer la lutte, à vos côtés, contre le rouleau compresseur. Bien à vous.

Bon, beh entre la tranche des plus de 60 ans et celle des moins de 30 ans, me voici, moi, une de la tranche du milieu (39 ans) et je vous fais de gros bisous à tous petits et grands, jeunes et moins jeunes!!!

M. Philips le dit plus haut, et en connaissance de cause visiblement : « Avec le temps, tout devient plus dur » Évidemment et heureusement, les sexagénaires et plus vivent intensément, et de plein pied avec leur monde, mais c'est vrai que plus l'apprentissage est tardif, plus il est difficile. Je serais bien en peine de dire s'il s'agit ou non des circuits neuronaux, mais c'est un fait. Je m'aperçois d'ailleurs que moi-même, alors que j'ai grandi avec, je suis largué au niveau des jeux vidéos aujourd'hui, je les trouve trop compliqué, plus très amusant, j'ai la flemme d'essayer de comprendre. Je pense qu'on en revient à ce que je disais précédemment, tout devient très facile quand on y voit un intérêt. Mais c'est vrai qu'il y a un aspect « expert » qui rebute. En tant que musicien amateur, je préfère toujours me confronter à des pédales d'effets analogiques que numériques, parce que je préfère avoir des gros bouton à tourner et écouter ce que ça fait, plutôt que de programmer des trucs sans comprendre quoi que ce soit sur un écran (et aussi parce que le son numérique est trop lisse mais bon, c'est un autre débat). Internet c'est pareil, il y a une langue internet qui crée l'illusion d'une complexité, et qui donne envie au profane, jeune ou vieux d'ailleurs, de passer son chemin. On la retrouve peu sur Mediapart, elle a même été tourné en dérision dans le feuilleton HTML. C'est bien, comme l'a écrit Axel J en commentaire à un autre billet, la technique est là pour s'effacer. Je crois que j'ai fait un hors-sujet là, enfin, il y a un lien logique dans ma tête, mais la retranscription est confuse…

ben non, tu es tout à fait dans le débat et j'ai les mêmes problèmes avec les jeux vidéo qui deviennent de plus en plus compliqués. je verrai plus tard pour poursuivre la discussion, faut que je me mette en marche. et ton mémoire au fait? pas trop pris par la touche médiapart sur la barre des taches...

pff, m'en parle pas, ce site est en train de me plonger dans l'échec scolaire... Je retourne d'ailleurs de ce doigt aux conséquence de la dictature de Primo de Rivera sur le nationalisme catalan...

Pour ce qui me concerne, l'évolution de la technologie (informatique, Internet, le four à micro-ondes, etc) n'a jamais été un problème. . Secrétaire pendant 20 ans, j'ai débuté dans la profession (1984) avec les premières machines à écrire électroniques à mémoire. Les premiers micro-ordinateurs s'annonçaient et, en formation continue, on apprenait à écrire des petits programmes en basic... je crois bien que j'ai connu tous les logiciels de traitement de texte, de tableurs, de PAO... . Je me suis souvent dit, que sans cet outil qui pardonne les coquilles et les fautes d'orthographe puisqu'on peut les corrriger avant d'imprimer les textes, je n'aurais pas pu exercer ce métier, qui se pratiquait auparavant avec une gomme à encre, des feuilles carbonne et du papier pelure, pour avoir plusieurs exemplaires, car j'en faisait beaucoup, des fautes... . J'ai sans doute été une des premières utilisatrices du minitel (1985 ?), cher mais pratique, et dès 1999, j'étais connectée à Internet à mon domicile : pratique et pas cher - J'ai donc vécu l'époque des connexions en bas débit (RTC), qui ramaient pas mal ! - avant le confort présent du haut débit... . Mais, fervente lectrice de science fiction (Van Vogt, C.D. Simak, I. Asimov...), j'attends avec impatience d'autres innovations : le voyage spatial et la découverte d'autres mondes habités, la téléportation, le voyage dans le temps... . Vous l'aurez sans doute soupçonné, j'ai vu toutes les séries (et saisons) de "Star Treck", La Porte des Etoiles, Atlantis... j'ai regardé aussi Battlestar Galactica, on en a parlé sur Médiapart, mais je l'ai trouvé extrêmement violente et elle m'angoissait beaucoup (les fermes de reproduction humaine par les tylons! j'ai arrêté à peu près là, pour ceux qui connaissent). . C'est un fait, pour me distraire des choses sérieuses qui prennent beaucoup la tête, je regarde des séries, j'en ai découvert des formidables, pleines d'humour, d'humanité et de talents... mais il s'agit là d'un autre sujet... PS : mon époux (de mon âge) joue en réseau sur le net. Il y a peu, quelqu'un lui a fait une réflexion : "Tu dois être vieux, car tu fais des cadeaux et tu partages, les jeunes eux ne partagent rien et ne font aucun cadeau !" . @+

hihihi, c'est en partie pour ça que je ne joue pas en réseau, je trouve que les gens y sont méchants!

J'imagine que le profil des blogueurs médiapartistes est assez étroit : des gens qui bloguaient déjà ailleurs ou fricotaient de près avec l'Internet. Abonnés au Monde, Libération ou autre, à divers heddo. C'est mon cas. Passionnés d'information tous azimuts. . J'ai débuté sur IBM 360 avec cartes perforées dans les années 1972-73, et n'ai jamais lâché l'informatique depuis, utilisée comme auxiliaire de travail, mais je ne suis pas informaticien de profession (cristallographe). Je programme en vieux FORTRAN, et pratique plus ou moins les langages HTML, PERL, PHP, bases de données MySQL, serveur Apache. Scotché à Internet depuis 1993-95, date à laquelle j'ai ouvert un premier site Web. Vieux mais quand même pas encore débranché. Egalement fan de SF et Fantasy depuis toujours (encore rien à ce sujet sur Mediapart, alors ?). Egalement rebuté par les jeux vidéos violents, je ne supporte pas de tuer, même virtuellement. Les jeux où on se promène en toute liberté dans un monde imaginaire sans se faire agresser toutes les 10 secondes sont trop rares, et les jeux d'énigmes sont tout aussi casse-pieds pour moi. J'aime flâner sans stress... Ouvreur de listes de discussion scientifiques non modérées. Bref, quoi d'étonnant que j'atterrise parmi vous ? . Je pense que Mediapart a fait le plein rapidement avec des inconditionnels de l'échange écrit tels que nous (apparemment), mais qu'il sera bien difficile d'atteindre l'objectif des 60000 en trois ans (prèts à casquer pour cela alors que des tas de produits concurrents sont gratuits)... . On trouve des packages en boite cartonnée pour se connecter à Internet dans les FNAC, ou dans tous les grands magasins. Une boite d'abonnement à Mediapart, contenant un logiciel explicatif et les archives sur CD-ROM ou DVD pourrait avoir du succès. A distribuer aussi en kiosques à journaux ? Hum... Je n'y crois pas tellement. Bouffer de la télé est la solution de facilité pour les gens fatigués ou décervelés. Autre suggestion : une version anglaise ouverte au reste du monde...

Oui, oui, une version anglaise pour le reste du monde ! j'y ai pensé dès que j'ai vu des commentaires dans cette langue (et longs en plus !), après tout beaucoup de sujets concernent toute l'humanité (ça fait un peu ampoulé, mais c'est l'idée...) HOU, HOU, Médiapart ! que pensez-vous de cette idée ?

Bon, je vois que la partie "représentation inter-générationnelle" a été abondamment commentée. Étant pré-quadra, côté dames, c'est vrai que je me suis sentie minoritaire à la réunion du vendredi.
Mais surtout je me suis sentie totalement décalée du point de vue social. Un OVNI. Mais ce n'était pas la première fois. Il y avait eu un précédent dans le pré-site. J'avais eu l'outrecuidance de signaler que ce site serait par nature fermé aux plus faibles économiquement parlant, je l'avais illustré par mon petit exemple perso, et s'en était suivi une volée de bois vert, en grande majorité. En gros j'avais eu l'impression que les "gens" avaient vu une clocharde faire la manche dans les commentaires. Quelques autres avaient réagi de manière positive, l'un en proposant un parrainage, un autre en proposant de m'offrir 3 mois de sa poche. J'avais souhaité bénéficier du parrainage, ce fut trop compliqué, Mediapart m'ayant envoyé seulement l'adresse de celui qui voulait payer. Et moi je trouve l'aide financière directe et personnelle trop "lourde", je l'ai donc déclinée cette offre. Je ne suis revenue que le 9 juin. Et j'avais prédit que le site, une fois passées les adhésions purement militantes, allait connaitre un tassement des abonnements à cause de la politique commerciale. Je confirme qu'en matière de stratégie de développement, il y a comme un souci.
Le 9 juin, j'ai eu un speed parrainage de Bonne-voglie avec qui j'ai des contacts de forum chez @rrêt sur images*, jusqu'au 11 juin. C'est un peu court jeune homme. Je me suis donc offert un mois, royalement, mais tarif chômeur. Ah oui, je fais partie de la catégorie "abonné militant".
Ce qu'il leur faudrait aujourd'hui c'est la masse d'abonnés lambda, ceux qu'il faut aller chercher par la main, mais sans les effrayer par un militantisme qu'ils pourraient assimiler à du fanatisme. Il faudrait qu'ils s'abonnent juste parce c'est une excellente source d'info, actuellement la meilleure à mon goût.
*Site payant sans pub (mais sans Club), où je suis abonnée jusqu'en 2010, un an offert par le site (suite à une demande argumentée pour bénéficier d'un abonnement dit "fauché', et un an offert par d'autres abonnés quand on a cru que je n'avais que 3 mois et qu'ils se terminaient. Mon compte leur a "rapporté" 30€, et m'a couté 0€... On frôle l'utopie non?

Je crois qu'on va devoir sérieusement passer par là, par l'adhésion "militante", penser que s'inclure dans le projet Médiapart est un acte citoyen, de recherche d'une information libre et indépendante qui a évidemment un coût. Médiapart doit créer une économie, accumuler un certain capital pour que ce soit une entreprise pérenne mais dans ce que j'avais appelé précédemment une économie "non-capitaliste" et même clairement une politique "anti-capitaliste". Je pense aussi à un ami qui gère le site du 69.3, mon journal d'origine, qui travaille actuellement pour le site bakchich et à qui j'ai donné un parrainage. Les revenus qu'il n'a pas ne lui permettent pas en effet de débourser automatiquement 5 euros par mois. Nous pourrions penser à un parrainage pour une personne ou deux ou trois qui soit totalement gratuit ou pour ceux qui peuvent payer 9 euros, voire quinze, un soutien direct à un autre médiami. Comment donc faire coexister ce devoir "militant" d'inclusion dans un projet et les difficultés financières de certains? C'est sans doute le grand défi de notre projet. Aussi, nous devons provoquer le "passage à l'acte" pour ceux qui peuvent mettre le prix de deux paquets de clope sur un mois pour effectivement la meilleure source d'information quotidienne en France, sans discussion... Je vois donc deux défis majeurs, celui que je soulevais d'une meilleure représentativité générationnelle et sociale, qui passe par un travail de pédagogie technique et une ligne éditoriale la plus inclusive possible et celui d'une intégration strictement matérielle pour faire en sorte que le péage à l'entrée de Médiapart signifie uniquement une prise de responsabilité par les internautes citoyens et non une barrière censitaire qui exclurait cet outil pour les plus précaires d'entre nous. Il faudrait sans doute trouver le schéma le plus souple de financement, des soutiens horizontaux, pour faire de Médiapart un "volcan" auto-instituant, comme j'aimerais à le nommer, un geyser qui apparaît depuis le cœur du corps social, l'émanation du Peuple, en somme...

Je suis d'accord avec la plupart de vos observations. Économie anti capitaliste, dites vous. Allez le dire à leur banquier, ou trouvez leur un banquier anti capitaliste (et présentez le moi dans la foulée!). Quelque soit la volonté et l'éthique (que je respecte et auxquels j'adhère) de ce site, il lui faut de l'argent pour pouvoir durer. Cet argent doit venir des usagers qui sont aussi des citoyens. Or ils ont un peu la dépense prudente en ce moment. Leur vendre un produit de luxe, si, si, le vrai journalisme est devenu un produit de luxe, est un vrai défi. Il faudrait que ça devienne comme un placement, un investissement qui peut me rapporter une plus-value au niveau de la remise en cause des acquis du pouvoir. Cest en aidant à faire bouger les choses que je peux espérer les voir changer (et surtout pas en râlant chez liberation.fr pour faire connaitre au vaste monde ma fabuleuse opinion qui consiste à dire que Carla Bruni-Sarkozy est un vieux cintre aphone et Joffrin un paillasson).
Le site Mediapart.fr propose deux "produits". Un gratuit (limité au Club, aux titres du journal, à la conférence et aux revues de web; et passif : lecture seule) et un payant (complet et interactif : lecture et écriture) . Le produit payant est proposé à deux tarifs: 9€ ou 5€ en tarif "jeunes et précaire".
En période d'incertitude économique et de politique anxiogène, il faudrait travailler la communication commerciale pour survivre. Et diversifier les offres, être très très créatifs, et savoir se débarrasser du carcan financier avec autant de zèle que pour les pressions extérieures politiques ou médiatiques.
Or, tout comme le journalisme de qualité, le conseil commercial, la politique économique, et les stratégies de développement ne peuvent être gratuites. Je me lancerai bien dans l'élaboration d'un business plan ambitieux et d'une nouvelle politique commerciale qui tiendrait compte des contraintes actuelles et des possibilités du monde virtuel et de sa com très spécifique, mais je n'ai que 24h par jour et un découvert monstreux à combler je ne sais comment. Et c'est hélas cette dernière problématique qui doit m'occuper le plus, sinon... Nous pourrions chacun donner de très bonnes pistes, de très bons conseils, eux de leur côté les synthétiser pour les rendre opérationnels, sauf que ça prendrait un temps fou, et ce n'est pas leur métier, ils en ont un autre qui les occupe à plein temps, et pour celui là que nous on paie.
D'où le souci.

Bonjour Gwenael, Je veux bien parrainer une personne a la seule condition, c est qu elle soit du 93, proche de chez moi. Si vous connaissez une personne au chomage avec peu de ressouces,, une personne qui percoit l AAH ( alloction aux adultes handicapees) ou autres , vous me faites signe. Pas d autres criteres demandes. Marie Paule.

Je jubile de voir le tour qu'a prit ce débat. Il y a peut, on se demandait pourquoi Mediapart était payant, et quelle échéance on lui donnait pour passer à un modèle gratuit+pub, aujourd'hu on en est à se demander comment faire pour faire bénéficier ceux qui ne peuvent pas débourser la somme de l'abonnement de l'information de Mediapart. Et Il est question de solidarités entre lecteurs. Je vois une utopie réalisable. SI facilement. Effectivement créer un "fonds de soutien" ou quelque chose comme ça. Waow, c'est trop beau, et pas tellement compliqué pour que ça devienne vrai. Mais un problème subsiste. Il est faux de penser que Mediapart coûte 5, ou 9€ par mois, si c'était ça ce serait trop beau. le calcul serait vite fait : Le Monde = 15€/ Mois, le Midi Libre (acheté en kioske)=10€/semaine (en gros), la redevance TV = 106÷12= 8,9€ Mediapart coûte en réalité : 1 ordinateur + 1 ligne téléphonique + 1 abonnement Internet + 5 ou 9€ par mois ou bien : 2€/heure dans un cyber café + 5 ou 9€ par mois ou bien 5 ou 9€ par mois + le temps passé à ne pas bosser au bureau puisqu'on lit des articles, des commentaires, et même qu'on y répond envisagé comme ça, c'est vrai que les 5 ou 9 € par mois dont le site a tant besoin tiennent de la quantité négligeable par rapport à ce que coûte Rue 89 par exemple. Mais de fait, comme le dit SylvN, ce site est par nature fermé aux plus faibles économiquement.

Oserai-je dire que c'est un volume terriblement important de notre société? Or, les capitalistes les plus cyniques ont compris ça depuis longtemps et le marché de la pauvreté est un des plus lucratifs et des plus dynamiques. Voir ce qui a donné la crise des subprimes, avant d'exploser cette bulle financière fut la plus rentable vue depuis longtemps.

Vous pouvez oser le dire oui… vous pouvez même oser dire que c'est un volume qui a plutôt tendance à croitre qu'à s'amenuiser.

Pour répondre à SylvN premièrement, qui me répond sur mon terme "anti-capitaliste". Je n'ai pas dit "économie anti-capitaliste" chez Mediapart, mais "non-capitaliste", c'est-à-dire qu'à moins d'être très forts, nous ne pouvons depuis ce site d'information changer radicalement le mode de fonctionnement de notre société. Il s'agirait ici par contre de penser comme ligne directrice dans la pratique et dans l'ambition du site un souci "non-lucratif" à notre entreprise, dans le sens de projet; ça devient tellement rare d'utiliser ce terme ainsi. Une communauté dont le premier but serait de se vivre comme communauté pensante et agissante au service du plus grand nombre et du Bien commun. Incroyable, j'ai l'impression de sortir des mots de ma bouche que je n'ai pas entendus depuis l'école primaire. Donc avant tout, revenir aux fondamentaux de la presse, selon les plus belles lignes d'un Beuve-Méry ou d'un Camus, la presse comme contre-pouvoir, celle envisagée par le Conseil National de la Résistance (nos aëux) qui ne serait inféodée ni aux puissances politiques, ni aux puissances financières, idéologiques, etc.
Dans cette idée, nous pourrions effectivement penser à une sorte de caisse collective, publique, qu'est-ce d'autre que le capital de Médiapart aujourd'hui, si ce n'est le pot commun de tous ses adhérents? Donc se construire comme un collectif autonome, auto-suffisant, auto-régulé avec des outils de solidarité et d'assistance pour les coups durs de certains, cette problématique doit être mise sur la table. Aussi, comme a pu le dire Emmanuelle Caminade ailleurs, penser à une souplesse possible dans l'abonnement, que la participation ne soit jamais un fardeau pour les comptes en banques et qu'on ne serve pas à remplir la Bourse de nos agios et autres intérêts sur... Même si en premier lieu, l'ambition reste de fidéliser les médiapartiens.
Economie non-capitaliste, qui ne cherche pas à faire de profits, sinon ceux plus méritoires d'une volonté de faire progresser les consciences. Ici serait alors la force, la légitimité et l'originalité de Médiapart, conditions de sa pérennité. être un centre de contre-pouvoir, structurellement. De fait, Rue89 et les autres sites d'information ont refusé de relever ce défi, ce pourquoi je ne vais pas chez eux. Parce que refuser d'intégrer un capital externe, par la pub ou un généreux donateur côté en bourse, c'est se poser dans un champ médiatique où la parole et le regard sur notre monde sont libres. Cela n'existe nulle part ailleurs, hormis dans le journalisme militant qui reste obligatoirement cantonné à la marginalité ou à une minorité agissante, dans l'entre-soi.
Médiapart au contraire a vocation à s'imposer comme un nouveau journal de référence sur l'internet, comme Le Monde l'était sur le papier. Il doit se poser comme un journal "majoritaire", dans le sens où il doit intégrer tous les horizons, tous les discours, les introduire dans un "méta-discours" journalistique, objectif, voire scientifique. Il est dans le même temps minoritaire en tant qu'il engage des lignes de réflexions, d'appréhension de notre monde toujours contingentes et fuyantes, contradictoires, créatrices, critiques. Je vous invite à retrouver les mots deleuzo-guattaristes sur le "devenir-minoritaire" ou le "devenir-révolutionnaire" si vous voulez aller plus loin.
Enfin, génial Marie-Paule, cette proposition de soutenir quelqu'un qui en aurait besoin. Je ne sais pas comment on pourrait réaliser cela concrètement, je pense que nous devrons rapidement songer à organiser une "société des Médiamis", aussi pour mettre en forme la jungle des blogueurs, soutenir le journal et être l'autre poids de la balance. Et potentiellement ouvrir des possibilités de soutien, de contrôle des flux financiers, d'intégration de lecteurs en difficulté mais motivés, etc...
Voila quelques idées encore une fois, continuons le débat...

Si, on peut lancer une enquete sur le club; pour les details, je vous laisse reflechir. Il faudrait laisser cette enquete jusqu a la rentree ou alors la preparer et la mettre en ligne a la rentree ? Je pense que nous devons ajouter a nos devises, le mots SOLIDARITE, c est ce qu il fait le plus defaut depuis quelques temps, solidarite envers les plus faibles. car MEDIAPART M A REDONNE L ESPOIR.

Hum, je reviens à la charge, je pense que l'on se trompe de problème. Il y a un problème endémique au format numérique, que l'on ne résoudra pas avec toute la solidarité dont peut faire preuve le club, je veux dire l'infrastructure nécessaire : L'ordinateur et la connexion internet. On peut mettre en place un système de solidarité pour payer l'abonnement de ceux qui sont à 5€ prés pour boucler leur mois (et je sais qu'il sont nombreux), mais on se coupe, de toute façon, d'une partie de la population, qui pourrait mettre l'équivalent de 5 ou 9€ par mois dans un journal papier, mais qui n'ont pas les moyens de s'équiper en informatique (et je ne doute pas qu'ils sont encore plus nombreux) Je ne trouve pas de solution à ce problème, je tourne dans tout les sens jusqu'à en oublier que sous ma fenêtre firefox, j'ai les relations entre la république et les autonomies régionales qui clignotent...

Nicolas Chapelle: “L'ordinateur et la connexion internet. […] une partie de la population, […] n'a pas les moyens de s'équiper en informatique […] Je ne trouve pas de solution à ce problème”
Le monde de demain, il faut le penser connecté, et (presque) tout le monde équipé d'un ordinateur. Prenez en compte le paramètre du retard de la France: couverture téléphone mobile sur chaque centimètre du territoire mais aussi, loi toujours aussi restrictive sur les téléphones portables sans carte, télévision toujours pas numérique et beaucoup de territoire non équipé du câble, et bien sûr, internet (surtout le haut débit) qui en est à peine à ses premières timides années pour beaucoup de gens, par rapport aux autres pays occidentaux forts consommateurs (Allemagne, les cinq scandinaves, Italie, Espagne, Irlande, Belgique, Hollande, Corée mais aussi des pays "tout-internet-tout-informatique" comme l'Estonie, et bien entendu Royaume Uni, sans parler des US et du Canada et bien sûr le Japon). Prendre en compte le cas français pourquoi? Parce que nous allons bientôt atteindre une nouvelle étape du monde où, non plus seulement les pays occidentaux riches, mais aussi l'Inde et bientôt comme une gigantesque démocratisation tout le reste du monde à commencer par la Chine, tout le monde sera connecté, et la France suivra (en traînant la jambe comme à son habitude et en faisant la gueule comme toujours mais elle suivra), tout ça pour dire: L'ordinateur va se démocratiser et peut-être même généraliser une facilité intuitive à la Apple (s'affranchir un peu de l'empire Microsoft), voire inventer des petits systèmes très simples pour les portables etc, avec le strict minimum de l'internet et du mail. Donc, les prix vont encore baisser, et pour ce monde bling-bling où on n'a pas les moyens de manger de la nourriture saine mais où par contre on a tous (≈) notre superécranplasmaDarty, l'ordi va devenir encore plus accessible à l'achat, et donc, le calcul de se baser sur le Net, pour un journal de référence comme le fut Le Monde en son temps, et bien c'est un bon choix. Meilleur que le papier.
Le choix des pères de Mediapart est aussi un choix qui s'inscrit dans l'optimisme de l'évolution technologique du pays et du monde (et de ses abonnés pionniers, et ça, si c'est pas un truc qu'on peut balancer à "ceux de droite" pour qui nous serions "d'archaïques gauchistes" ancrés dans le refus de l'avenir?)
Les gens liront Mediapart sur leurs iPhones ou leurs Nokia connectés 24/7/365. À Helsinki, pour prendre un seul exemple, le tramway est déjà équipé WLAN, et on peut imaginer la suite sans peine: équipement du couloir jusqu'à la station de métro ou les quais de la gare, pour ne subir aucune interruption même pas en pleine rue, etc.

Axel, C'est amusant, il y a quelques semaines, sur un tout autre sujet, vous m'avez écrit que vous enviiez mon optimisme, je peux aujourd'hui vous retourner cette phrase :) Votre point de vue est précieux, il nous permet de nous décentrer de la France, et je suis d'accord avec vous, un journal de référence doit aujourd'hui trouver sa place dans l'environnement des NTIC. De toute façon, le projet Mediapart dans son ensemble repose sur l'utilisation d'internet, c'est même le premier journal pensé pour internet. Mais je voulais juste remettre les choses au clair sur deux point : - La gratuité n'existe pas. Aucun site internet n'est gratuit, ni Rue89, ne lemonde.fr, ni 20min.fr, ni même googlenews. La gratuité est un mythe, un argument de vente en fait. - Ce qui coute cher dans Mediapart, je le répète, ce n'est pas l'abonnement, c'est l'ordinateur Et en attendant ce jour où le monde entier sera connecté, jour qui viendra, j'en suis sur aussi, une infrastructure informatique onéreuse est nécessaire à l'abonnement à Mediapart.

Bonjour, Un poil hors sujet générationnel.. mais concernant le paiement de Médiapart, un "bouchon" c'est la carte bleue. J'imagine qu'ils y ont réfléchi, mais pour l'étranger paypal, serait l'idéal. En France il y aurait aussi les numeros surtaxés (mais ce sont des services qui coutent, donc il y a de la perte en cours de route?) mais cela permetttrait de mettre des crédits points(?) avec des unités de son télephone portable (ou celui qu'on a piqué... non je blague!) La diffusion pourrait ou devrait (?) se faire par l'associatif, le seul réel contre pouvoir et outil de formation permanente. Ils ont souvent des ordis, découvrir, travailler en petit groupe ? réfléchir? participer? les assocs savent faire (+ou - bien ;o). Blogs associatif, écritures et commentaires collectifs pour commencer, pour essayer donner envie, et roule ma poule après, si on veut. Se brancher avec les ??? groupes la bas si j'y suis (j'ai le nom sur le bout de la langue). bon...il va bien en sortir quelque chose de tout ça!! vive les veunes et les jieux! ;o)

Vous pensez aux "auditeurs modestes et géniaux" : AMG ? . J'écoute souvent l'émission de Daniel Mermet, les messages que les auditeurs laissent sur le répondeur en début d'émission sont particulièrement intéressants et souvent très émouvants. Les sujets traités sont également souvent passionnants et informatifs. Toutes les émissions sont stockées sur un site "non officiel": http://www.la-bas.org

Nicolas Chapelle: “Ce qui coûte cher dans Mediapart, ce n'est pas l'abonnement, c'est l'ordinateur.”
C'est bien vrai, et c'est aussi un bon élément pour baser mon sentiment d'incompréhension des choix financiers de beaucoup, quand ils acceptent sans broncher et à longueur de temps, toutes sortes de dépenses captives et inutiles, ou ineptes (un repas MacDo = un abonnement Mediapart) mais qu'ils rechignent à payer une somme si modique en regard du trésor inestimable que représente un tel havre de qualité et de liberté dans un environnement complètement confisqué par les marchands de vent.
À part ça, jolies couleurs, Nicolas, et Bon Anniversaire! :-)

Je ne peux pas m'exprimer sur les couleurs pour l'instant, mais…je dois être mal réveillé, pourquoi bon anniversaire? C'est celui de Georges Orwell aujourd'hui, pas le mien... (il aurait 105 ans le bougre, et le fait que des inconnus discourent de la sorte sur des machines l'aurait à la fois fasciné et profondément inquiété)

Je croyais que la barre fatidique des "27 ans plein tarif partout" (mentionnée à Gwénaël plus haut) était toute proche: et j'ai tendance à noter, presque malgré moi, l'anniversaire des Gémeaux dont je suis. J'oublie, donc, ok ok. A propos des couleurs: Attention quand même à l'échec scolaire!.. Concentré, concentré! :-)

aaaaaaaaH ok Non, j'ai dépassé la barre il y a 2 mois déjà, mais je n'avais pas repris le train depuis ! Oui, oui, je me concentre sur mon mémoire, promis (Gwenaël m'a déjà fait la remarque en privé ;-))

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