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Gangs of New-York : Allégorie de la barbarie capitaliste ?

(Désolé pour ceux qui ont déjà lu ce billet, j'ai remis à jour mon blog, et remets en ligne un certain nombre de billets déjà parus ici...)

L'obscurantisme est déjà au pouvoir avec l'UMP et les réseaux néolibéraux qui soutiennent les leaders de ce parti. Le FN n'est qu'un parti faschiste dépassé, le vrai faschisme aujourd'hui est celui qui a commencé à être expérimenté aux USA depuis Nixon et au Chili en 1973 quand Alliende a été assassiné (« Il faut écraser ce fils de p... le plus tôt possible », répétait Richard Nixon à qui voulait bien l'entendre). La prise de pouvoir par Pinochet au Chili a toujours été considéré comme le symbole de l'avénement du néolibéralisme dans le monde, autrement dit, du capitalisme triomphant et sans frein et par conséquent, d'un système barbare où le profit devient le seul moteur de la société, où la finance est maître du jeu, et où les gouvernements n'ont plus que pour seule fonction d'être les courroies de transmission des maîtres du monde : les financiers. Les institutions politiques sont réduites alors progressivement à leurs uniques fonctions régaliennes, le "sécuritaire" prédomine au dépend du social. Le résultat de ce processus est une  division communautaire du peuple, un succès croissant des religions comme "valeur morale refuge", et une société de plus en plus violente.

 

Alors que je réfléchissais à ce système destructeur, la meilleure représentation qui m'est venue à l'esprit instantanément, à la fois pour illustrer et mieux comprendre les effets du système néolibéral, me semble être le film "Gangs of New-York" de Martin Scorsese : une population déracinée et flexible (tous les immigrants venus d'Europe), divisée par la religion, révoltée et inorganisée, un lumpenproletariat qui partage parfois les mêmes valeurs que la bourgeoisie (petites mains de la bourgoisie), un état de guerre permanent, une bourgeoisie qui n'hésite pas à raser des quartiers populaires avec les cannonières, des candidats mafieux soutenus par les bourgeois, des candidats populaires assassinés, des pasteurs et des troupeaux, des patriotes fous exacerbant le sentiment nationaliste contre les nouveaux arrivants, des émeutes contre la conscription, et enfin, des crimes racistes dans les rues. Toutes ces images, tous ces symboles, toutes ces divisions et confrontations, tous ces antagonismes et toute cette violence, concentrés dans un seul film, m'ont soudainement apparu plus clair. Il ne s'agit pas seulement d'un film historique sur une période obscure de l'histoire de New-York (en 1863 un quartier entier de New-York brûlait), il s'agit d'une véritable allégorie sur l'époque actuelle.

 

Le film se termine par une vue sur les deux Tours du World Trade Center pour nous rappeler que son propos est contemporain. Attention, semble nous dire Martin Scorcese, aux mêmes maux les mêmes effets sont possibles. Le néolibéralisme est une boîte de pandore d'où sortent tous les maux de la société : corruptions, pulsions de mort, et désir de puissance.  Gangs of New-York est aussi un célèbre ouvrage du XIXe siècle du journaliste, historien et conteur H. Asbury publié pour la première fois en 1928. Ce livre eût un grand retentissement dans la toute jeune école de sociologie américaine de Chicago, pour son aspect descriptif et urbain même si les universitaires doutèrent longtemps de la fiabilité du texte de l'auteur trop brodé à leur goût. Cependant, le film de Scorsese ne s'embarasse pas de ces considérations universitaires, le réalisateur s'approprie l'ouvrage, et il me semble,  en fait une oeuvre cinématographique dont la signification n'en est pas moins contemporaine, et voire même, quasi-universelle et atemporelle. Ce film est une immense allégorie extrêmement bien réussie sur l'obscurantisme d'un capitalisme tout puissant.

 

Je  vous invite à le revoir avec ce regard...

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