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Nous entrons dans une nouvelle période de révolution sociale possible...

Toute révolution apporte son lot de désordre, et ce désordre entraine souvent une réaction contre-révolutionnaire. Le néolibéralisme est une révolution ! Mais il est une révolution par le haut, ce sont les riches qui ont amené le désordre total dans le monde entier en brisant tout ce qui pouvait freiner leur appétit insatiable. spacer.gifCe qui est amusant, par conséquent, c'est de penser que les exploités peuvent appeler à plus de socialisme pour re-mettre de l'ordre dans ce capharnaüm mondialisé. Seraient-ils donc contre-révolutionnaire ? spacer.gif

De ce syllogisme amusant, on peut entrevoir de nombreuses contradictions d'où naissent tous les dangers. Les riches créent le désordre, les pauvres retrouvent ses modèles révolutionnaires pour remettre de l'ordre, cependant les riches proposent eux-mêmes leurs solutions pour remettre de l'ordre sans perdre leurs privilèges : la social démocratie, c'est-à-dire un capitalisme régulé permettant la conservation des privilèges des riches avec une dimension progressiste, ou le fascisme, c'est-à-dire un état totalitaire, on pourrait même dire, un état de guerre permanent. Aucune des deux propositions n'est véritablement satisfaisante et surtout pas la deuxième, évidemment. La social-démocratie proposée par le Parti Socialiste n'est qu'une pirouette des riches pour continuer à s'enrichir sans changer le système des privilèges ; et d'autre part, le fascisme est un système dangereux, il peut entrainer des génocides, des massacres, nous le savons déjà. En Tunisie, il semblerait que le désordre économique ait apporté la révolution sociale, mais en contre partie, les dernières élections l'ont démontré, fait réerméger les forces réactionnaires pour rétablir l'ordre : la religion. En quelque sorte, la droite tunisienne a remporté les dernières élections au dépend des forces progressistes, voire révolutionnaires. La peur, durant ces périodes d'incertitude, est souvent la meilleure alliée des opposants à une révolution sociale. Mais durant des mois, et encore aujourd'hui, le peuple tunisien a cherché à créer de nouvelles institutions sociales avec lesquelles il aurait pu faire corps, ce que j'ai appelé dans un autre billet, des institutions empathiques. Les femmes, victimes de la domination masculine depuis des temps immémoriaux sont souvent au centre des processus révolutionnaires, et encore une fois, la Tunisie ne dément pas cette assertion maintes fois observée.

 

Reste une autre façon d'aborder le social que je n'ai volontairement pas encore évoquée, l'anarchie, car elle ne figure pas dans ces configurations capitalistes. L'anarchie est un système politique peu éprouvé en apparence, et pourtant on le vit à chaque fois que l'on coopère, que l'on partage, que l'on donne et reçoit, que l'on échange, que l'on se réunit pour trouver une solution, que l'on cherche à s'émanciper, etc. L'anarchie est donc un système politique qui se réfère à l'essence même de notre nature sociale sans pour autant oublier notre égoisme. Elle est plus un système social qu'un système politique, elle existe à travers la raison pratique et au sens pratique des classes populaires : s'organiser pour résister, pour manger, pour exister, pour assurer l'avenir de ses enfants. Pour certain, il n'est point besoin de la nommer, l'anarchie est un fait social commun, qui va de soi, elle est la vie. Elle est aussi l'anti-thèse du capitalisme. Ce système ne fait aucune concession aux privilèges, tout en maintenant l'idée d'un individu libre et autonome dans une société solidaire, libertaire et égalitaire, il est au coeur de cette dialectique d'une façon encore plus forte et plus prégnante que chez n'importe quel républicain de notre république bourgeoise. L'autogestion est le centre de cette conception politique qui n'est ni idéelle ni métaphysique, ce n'est pas une vue de l'esprit, mais une multitude de pratiques sociales quotidiennes. Bien entendu, à chaque fois que les anarchistes ont tenté de mettre en oeuvre un système social autogestionnaire, les socio-démocrates, par conséquent les riches, ou dans les cas les plus extrêmes de notre histoire, les fascistes, soutenus par les riches, et dans leur ensemble, les capitalistes, se sont toujours opposés à ce système de solidarité particulier, en tuant, en massacrant, ou en faisant sombrer ces tentatives par tous les moyens de persécution et d'oppression possible. 

 

Pourtant, les meilleures institutions que nous ayons créées dans notre société sont souvent issues de l'anarchie : les mutuelles, les coopératives, le syndicalisme, etc. Et à chaque fois que le capitalisme se durcit et amplifie ses effets de désordre, d'injustice et de corruption, comme c'est le cas aujourd'hui, à l'opposé, les principes de l'anarchie (mutuelles, coopératives, solidarité, partage, etc.), qui sont le coeur même de la vie sociale, reprennent de la vigueur.

 

Nous rentrons alors dans une période de révolution sociale possible...

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