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May

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Parfois j’oublie que je suis une femme

Elle arrive dans le bureau du journaliste avec qui elle a rendez-vous, présentations souriantes, banalités sur le froid du jour, il lui propose une boisson chaude, elle opte reconnaissante pour un café, il lui tend 1 euro : « Puisque vous êtes la femme de la maison, je vous laisse faire, la machine est là, je reviens dans un instant ».

Elle est invitée dans une émission grand public pour évoquer son programme de candidate, le présentateur gouailleur l’interroge : « Tiens ! vous n’avez pas vos lunettes, on vous a conseillé de les enlever ? Alors... vous venez ici pour essayer de vous présenter... Qu’allez-vous faire pour avoir l’air sympathique ce soir ? » (1)

La quarantaine tranquille, trench et chignon, elle entre dans le débit de tabac, le patron, la soixantaine installée, navigue le long du comptoir, des bières pression aux jeux de hasard « Alors, qu’est-ce qu’elle prendra la p’tite dame ? »

Son mari a oublié d’aller chercher l’enfant à l’école, qui l’appelle, elle annule ses rendez-vous, quitte son travail en catastrophe, bredouille des excuses, le soir elle est en colère, il explique : « Cela arrive, qu’est-ce qui te prend, j’ai des obligations qu’est-ce que tu crois ? »

Son ex la harcèle, cent messages en trois heures, il guette tous les soirs sous ses fenêtres, elle finit par appeler la police en pleine nuit, il s’est enfui devant les gyrophares : « Mademoiselle, c’est quand même bizarre, on ne s’acharne pas comme ça, sans raison ».

Elle défend son projet devant un des membres de la commission, elle répond aux questions, fronce les sourcils, argumente serré, il l’écoute et dans la foulée déclare à un autre « j’aime bien quand elle réfléchit ».

A l’aéroport, palpation de rigueur avant l’embarquement. La préposée passe lentement sur ses seins et entre ses jambes. De son côté, son compagnon ne se fait tâter que les côtes et les cuisses.

 

Les hommes ne savent pas ce qu’ils ratent.

 

C’est tout pour cette semaine.

 

(1) Eva Joly, lynchée sur le plateau de Ruquier hier soir, avec une jouissance non dissimulée chez Audrey Pulvar et Natacha Poliny : voir le billet de M AIDARA. 

Tous les commentaires

Parle-nous de tes dents, Hélène...

 

JCD

Quand tu bosses en milieu médical, c'est souvent encore bien plus délicat ....

Faut râler contre les copains, pour qu'ils arrêtent, c'est pas gagné tout de suite, mais on arrive à les calmer (on a été sur les bancs de la même fac, eux et moi, je peux me mettre à leur niveau, ça aide bien, parfois ...).

Je m'en doute, ce n'est qu'un maigre florilège, je n'ai pas parlé de "l'ambiance salle des profs", ça fatigue parfois...

Oui, la permanence, ça rassure...

sans compter que du droit aux moeurs, il faut quelques bonnes dizaines d'années... marrant comme pour certaines choses, on reste vachement lents...

D'autant que le droit est rarement avant-gardiste. Il est même assez souvent en retard de quelques décennies sur les idées, les revendications des "minorités", les actions et les discours militants, sur les prémices d'une modification des comportements .... Alors pour que cette législation tardive mais néamoins nécessaire à l'évolution des moeurs à l'échelle d'une société soit appliquée sans irrégularité, ça prend des lustres.....

Oui, avec ces perles d'inculture on ferait bien des milliards de colliers. GRR

heureusement, on a autre chose à faire, je ne sais pas ce qui m'a pris aujourd'hui, j'étais un peu oisive sans doute... 

Ajout note : 

(1) Eva Joly, lynchée sur le plateau de Ruquier hier soir, avec une jouissance non dissimulée chez Audrey Pulvar et Natacha Poliny : voir le billet de M AIDARA. 

Je n'avais pas lu ce billet.

.

Je n'avais aucune forme de considération pour Ruquier. Je constate qu'en plus il est sexiste et xénophobe. Pour le reste, c'est du journalisme télévisé à la française : au-dessous de tout.

Elles arrivent à trois copines au restau. Elles n'ont pas réservé. Le maître d'hôtel s'enquiert: "Vous êtes toutes seules ?"

SourireSourireSourire

.

Trop bon !

.

jpylg

Rigolant

 " vous êtes toutes seules ? " - Non, on attend notre Maman...

.

notre Maman...

.

Ah, bon ! Parce que les trois sont frangines ? Ça me rassure.

.

Smiley.

.

jpylg

Evidemment  ! 

Vous n'imaginiez tout-de-même pas que c'était une de ces soirées  "entre fillespour enterrer une "vie de garçon" ? Sourire

Et du vécu toujours. Elles sont deux copines et se sont fait agresser en rentrant de chez des amis, dans le même quartier, vers 23 heures et des poussières. Le lendemain, elles vont porter plainte au commissariat. "Mais qu'est ce que vous faisiez toutes seules dans la rue à cette heure-là, aussi ? On peut dire que vous le cherchez !"

C'était dans les années 80, mais à peu près sûre que ça n'a pas trop changé....

Oui Grain, et le viol emprunte la même logique... comme je sais que vous êtes une vieille habituée (pardon pour le qualificatif, ne le prenez pas mal, hein ?), je suppose que vous avez déjà vu passer ce sujet... mais bon, comme vous le dites, il n'y a rien de nouveau sous le soleil... et il y en a auxquels il faut ré-expliquer longtemps...

vieille habituée, moi ? Criant Bon, je veux bien....Clin d'œil

Bravo pour ce billet.

Ruquier, comme "le grand journal" participe de l'idéologie beauf du " tous pourris". Quant à Baffie, ce type est d'une bêtise à manger du foin.

Mais il est vrai que pour aller sur un plateau comme celui de Ruquier, il faut pouvoir répondre du tac au tac, comme Mélenchon sait le faire.Ce n'est pas dans le tempérament d'Eva Joly., qui est une personne calme en public en tous cas

.Je m'aperçois que mon commentaire est hors sujet... Désolée ! Sourire

Je trouve insupportable que le passage dans une émission de ce " style" soit décompté du temps de parole d'un candidat. Qu'est-ce que ça apporte au débat qui intéresse les Français ? Rien. Le vide.

Tout à fait d'accord avec vous Netmamou, et c'est étrange qu'Eva joly ait accepté ce genre d'interlocuteur, mais peut-être n'a-t-elle pas eu la choix ? Ruquier souligne que c'est la direction de France 2 qui leur a demandé de... de quoi au juste ? qui décide de quoi dans l'affaire ?

@ Hélène Genet

Je pense qu'il n'y a aucune obligation de passer dans cette émission.

C'est à Ruquier que France 2 a imposé de recevoir Marine Le Pen alors que l'animateur ne voulait pas l'inviter.

Je crois que François Hollande n'a pas prévu d'y participer. 

NETMAMOU .

Ruquier , "bete à manger du foin "

Tu es bien gentille !!!

D'une inculture  "FÊNOMENALE " (oui je sais comme PHarmacien )

Quant à Baffie ? 

Sans commentaire , celà vaut mieux

Excusez moi , Hélène pour cette intervention hors sujet .

 

Joli billet  .

En quelques lignes  .

Vulgarité du quotidien !

Peut être parfois la mémoire de nos différences vous revient de façon plus plaisante ? J'ai tendance à penser aujourd'hui qu'une relation entre une femme et un homme devient précieuse lorsque surgissent entre eux des points de rencontre, de reconnaissance, de ressemblance, alors que dans un même temps, et dans un mouvement opposé, ils réussissent à maintenir - l'un pour l'une et l'une pour l'un - leur altérité radicale, leur merveilleuse étrangeté. Une très bonne semaine à vous, Hélène.

Oui, ne vous inquiétez pas, je voulais juste faire état de la grossièreté ordinaire et souriante, celle qu'on remarque à peine, qui mérite à peine d'être relevée... sauf quand insidieusement, elle devient moyen d'intimidation, ce qui arrive aussi.

Loin de moi les postures féministes rigides : égalité totale et mathématique en droit, mais dans le réel de la confrontation, que de différences, oui, heureuses différences à cultiver, à faire jouer aussi, notamment dans le rapport au langage et au pouvoir. Eloge de tout ce qui nous sépare, ce sera un prochain billet.

Très bonne journée.

Je suis tombé sur ce beau texte de Lou Andréas-Salomé, qui date de 1899, et j'ai eu envie de vous le transmettre.« Bien que sans doute les temps disparaissent peu à peu où les femmes s’imaginaient devoir imiter l’homme en tout domaine où elles voulaient donner des preuves de leur valeur, et par conséquent œuvraient sous des pseudonymes masculins - pas seulement lorsqu’elles étaient écrivains - nous sommes encore trop loin d’imaginer avec respect tout ce qui est propre à la femme. Tant qu’elles ne le feront pas, tant qu’elles ne chercheront pas à se comprendre aussi passionnément et aussi profondément qu’il se peut dans leur différence d’avec l’homme - et tout d’abord exclusivement dans cette différence -, en utilisant à cette fin, scrupuleusement, les moindres des indices de leur corps comme de leur âme, elle ne sauront jamais avec quelle ampleur et avec quelle force elles peuvent s’épanouir, en vertu de la structure propre à leur essence, et combien, en fait, les frontières de leur monde sont vastes. La femme n’est toujours pas assez présente à elle-même, et par conséquent n’est pas encore assez devenue femme (…) Une chose au moins est sûre : que précisément dans une telle lutte pour la vie il faudrait avant tout souhaiter à la femme de montrer qu’elle a l’estomac solide et peut digérer jusqu’aux morceaux les plus durs sans rien perdre de la beauté qui lui est propre, - d’imposer aux choses son sceau de femme, au lieu de renoncer en leur faveur à sa féminité, même si cette fidélité doit entraîner quelque atténuation de ses qualités de concurrente : elle devrait mettre un peu d’âme féminine, de tiédeur familière et d’harmonie là où elles sont absentes, mais pourraient peut-être agir discrètement. Qui sera le plus fort , La femme, ou alors ce qu’elle s’arrache de non-féminin ? Le temps seul pourra nous l’apprendre. »

Lou Andréas-Salomé, L’humanité de la femme, dans Éros, Ed. de Minuit, 1984, p. 28/29.

à Alexis

La femme n’est toujours pas assez présente à elle-même, et par conséquent n’est pas encore assez devenue femme

Tout discours sur ce qu'est , ou devrait être, une femme (ou un homme) en général est forcément réducteur. Il y a des milliards de femmes, il y a des milliards d'hommes. La Femme et L'Homme ça n'existe pas. Le "propre" de la Femme ça n'existe pas. Et tout discours sur la FEMME m'exaspère, parce que nous ne savons pas de quoi nous parlons (ce serait la même chose pour l'HOMME, rassurez vous !Sourire)

OLALA que de certitudes en si peu de mots... (là, normalement j'aurais voulu insérer un petit visage tout jaune qui sourit, mais mon vieil ordinateur ne me permet pas de smiley) J'entends que le genre masculin ou féminin ne vous intéresse pas, en ce qui me concerne, comprendre quelque chose de cela m'occupe depuis l'enfance, soit près de 40 ans (j'en ai 43 aujourd'hui) et la lecture de Lou Andréas-Salomé me passionne pour ce qu'elle livre de sa réflexion de femme sur le genre féminin. Ses écrits ont plus d'un siècle et sa sensibilité me pousse à la lire et la découvrir davantage, et me donne envie de partager ces lectures. Elle a réalisé, avec Nietzsche et son mari de l'époque une photo très drôle qui s'appelle, je crois, "L'étrange attelage du désir". Elle pose dans un petit chariot, un fouet à la main, et les deux hommes sont attelés devant elle. Le tout est assez joyeux. Je ne peux pas l'afficher ici (ma bécane ancestrale) mais je vous donne un lien, si vous avez envie d'y jeter un coup d'œil. Bien cordialement. http://soleildanslatete.centerblog.net/6580016-lou-andreas-salome-une-femme-liberee

OLALA que de certitudes en si peu de mots

Je ne connais pas Lou Andréas-Salomé , j'aurais fait la même réflexion pour quiquonque parle de la Femme et prétend la décrire.SourireSourireSourireSourireSourire (faites un copié-collé des smiley , ça marchera peut être ??)

SourireSourireSourireSourireSourire J'ai suivi vos conseils, tout de même un résultat, non ?

J'ai recommandé votre commentaire, Alexis. Je suis 100% d'accord !

Merci Grain de sel.

Et je suis très curieux, Hélène, de ce prochain billet, notamment sur ces différences dans notre rapport au langage.

:-)

(il y a sur ce fil un commentaire, masculin, à - si l'on est de bonne composition - interprétations multiples;

comme je l'ai pris, moi, ce commentaire, tel un uppercut supplémentaire à mon âme féminine, je me dis que, chez certains hommes, décidément, la condition féminine et son tourment n'affleurent pas même leurs neurones bandés; la femme, jamais, n'est  parvenue jusqu'à eux; faut-il en rire, faut-il en pleurer ? perso, et d'aussi loin que je me souvienne, il me vient des bouffées de rage, des envies de combat)

(mais je me suis peut-être trompée...)

Merci Arpège de pointer cela, j'ai été sidérée comme vous, me suis demandée quelle était l'intention, comment répondre, l'écrit instantané cause tant de malentendus... dans le doute, j'ai orienté le propos comme bon me semblait... j'ai choisi l'humour...

C'est très intéressant ça, la difficulté à relever, puis à répondre (il se fout de moi ou pas ?), ici sur ce fil, ou dans la vie, l'effet de sidération, face à ces petites phrases que je cite : remarques voilées, faites avec le sourire, au 2de degré peut-être mais c'est pas sûr, qqfois on joue sur les deux niveaux... de telle façon qu'il ne faut pas prendre au sérieux, sauf à encourir le reproche de susceptibilité, ou pire de paranoïa... c'est un dispositif pervers. Je crois qu'il faut essayer d'en rire chaque fois que c'est possible, c'est-à-dire quand la personne n'a sur vous aucun pouvoir de nuisance.

 

Merci de votre remarque. 

LN

Bien sûr le malentendu est toujours possible. C'est pourquoi j'ai évoqué ce commentaire pour éventuellement permettre à son auteur de lever cet éventuel malentendu. L'humour est une bonne réponse toujours, et votre réponse "humoristique", Hélène, est particulièrement percutante: c'est tout une civilisation qui défile dans cette réponse...

A vrai dire, et je vais le dire bien lourdement: plutôt que de vous parler de vos dents, l'auteur, qui est par ailleurs un brave homme, aurait tout aussi bien pu vous demander si, par hasard, vous n'aviez pas vos "ragnagna" (mon dieu que je n'aime pas devoir mettre certains points sur les "i"), façon de vous demander si vous n'aviez pas précisément à cet instant une dent contre un quelconque homme, dans le but implicite de relativiser votre propos, donc en l'espèce de purement et simplement vous renvoyer dans vos cordes de femme aux propos futiles, forcément futiles...

Je pourrais discourir pendant des heures et des lignes sur ce sujet tant il me tient à coeur et à corps. Espérons simplement que JCD, car oui, c'est bien de lui dont il s'agit, reviendra expliquer sa "touche" d'humour, qui comme tout humour recèle la vérité lapsée de la pensée.

A moins qu'il se maintienne dans un silence burné.

(certains sujets me font sortir de mes gonds)

Bon c'est dit, c'est bien.

Je n'ai pas voulu relever, non seulement pour déjouer la fameuse "réplique des ragnagnas" et pour laisser jouer les commentaires à partir des faits, mais aussi parce que c'était le 1er commentaire et que je ne voulais pas que le fil démarre ainsi, qu'il soit piégé dans cet humour douteux que précisément je pointe. 

En plus, il y a ce tutoiement...

Ce qui est intéressant aussi, c'est que personne avant vous n'a relevé... mais peut-être que JCD est connu pour ça, et qu'on l'évite ? ça se passe exactement comme ça dans les petites situations que j'évoque... l'indifférence est la règle, souvent salutaire, parfois dévastatrice.

CQFD

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la fameuse "réplique des ragnagnas"

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Kézaco ?

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kézacokézaco© .
jpylg


à JEAN_PAUL_YVES_LE_GOFF.

la fameuse "réplique des ragnagnas" kesaco

Bien sûr que vous la connaissez c'est  : qu'est ce qu'elle a celle-là à nous em... elle a ses règles !

 

Dévastatrice, Hélène, parce que complice. Complice d'une certaine immuabilité des genres.

Il y a, ici comme ailleurs, des amitiés souterraines qui clouent certains becs. En amitié, parfois le silence est bon, parfois il est lâcheté.

JCD, ou tout au moins le JCD que nous lisons ici et selon notre propre grille est un être virtuel complexe. Apprenti-jardinier-psychiatre, comme il aime à se définir. Loup et agneau. Son statut en impose. Sa mélancolie attendrit. Ses colères volcaniques, dont il se défend, sont effrayantes. Je ne voudrais pas paraître définitive sur cet homme virtuel, que loin d'éviter je percute à loisir, mais j'avancerai ici qu'entre lui et les femmes, de toute évidence, le fluide passe ailleurs... dramatiquement ailleurs.

@Arpèje

mais j'avancerai ici qu'entre lui et les femmes, de toute évidence, le fluide passe ailleurs

Ah ?

Trop peu d'échange de ma part avec lui ? Mon genre masculin ? J'avoue ne pas avoir eu cette sensation. Mais il est vrai que c'est un thème que je ne me souviens pas avoir abordé avec lui.

@Hélène

Ce qui est intéressant aussi, c'est que personne avant vous n'a relevé... mais peut-être que JCD est connu pour ça, et qu'on l'évite ?

En ce qui me concerne, j'ai perçu (présumé d') un humour décalé. Sorte de continuation d'une liste à la Prévert que le billet avait initiée. Simple perception personnelle (et masculine), bien sûr. Par contre, JCD n'est en aucun cas un interlocuteur que j'évite.

Je n'ai pas interprété comme Arpège l'injonction à parler des dents: j'y ai plutôt lu une invite à montrer les dents.

GRRRCriant 

Clin d'œil

Comme quoi, des mots à leur représentation et interprétation...

Sourire

Oh oui Clin d'œil

j'avais aussi projeté un mode ironique - re-comme-quoi !Sourire

C'est le règne du malentendu, augmenté par le laconisme et l'anonymat...

JCD ? des précisions ?

Bonjour Hélène Genet,

 

Je découvre votre billet à l'instant et me vient immédiatement une question en rapport avec son titre:

 

pourquoi oubliez-vous parfois ce que vous dites être ("une" femme)?

 

A bientôt,

 

BJP

Bonjour Bruno-Jean, 

En fait, je ne l'oublie guère, ou plutôt j'aime que cela soit en jeu, parfois... c'est un titre ironique bien sûr, ironie obligée devant ces petites remarques qui vous assignent gentiment mais fermement à une certaine place. 

 

Hélène, merci!

 

Mais vous écrivez maintenant:

 

"(...)plutôt j'aime que cela soit en jeu, parfois (...)"

 

Ah... bon.

Alors maintenant c'est ce propos-là qui m'intrigue!

Que voulez-vous dire?

 

(Si Anne (Gentry) repasse par là... aïe pour moi! Clin d'œil)

 

BJP

Bong ! (gourdinothérapie analytique en prise unique, et ne me demandez pas ce que j'entends par là : je n'entends rien).

(Pardon d'être repassée ... Rigolant)

 

Comme quoi il n'y a pas que moi qui suis ...assommant!

 

Bises tout de même, Anne!

Sourire

 

BJP

Et ce petit éclairage de Bobin, que j'ai peut-être déjà publié une fois?

"Les hommes ont peur des femmes. C'est une peur qui leur vient d'aussi loin que leur vie. C'est une peur du premier jour qui n'est pas seulement peur du corps, du visage et du coeur de la femme, qui est aussi bien peur de la vie et peur de Dieu. Car ces trois là se tiennent de près - la femme, la vie et Dieu. Qu'est-ce qu'une femme? Personne ne sait répondre à cette question, pas même Dieu qui pourtant les connaît pour avoir été engendré par elles, nourri par elles, bercé par elles, veillé et consolé par elles. Les femmes ne sont pas Dieu. Les femmes ne sont pas tout à fait Dieu. Il leur manque très peu pour l'être. Il leur manque beaucoup moins qu'à l'homme. Les femmes sont la vie en tant que la vie est au plus près du rire de Dieu. Les femmes ont la vie en garde pendant l'absence de Dieu, elles ont en charge le sentiment limpide de la vie éphémère, la sensation de base de la vie éternelle. Et les hommes, ne pouvant dépasser leur crainte des femmes, croyant la dépasser dans des séductions, des guerres ou des travaux, mais ne la dépassant jamais réellement, les hommes, ayant une peur éternelle des femmes, se condamnent éternellement à ne presque rien connaître d'elles, presque rien goûter de la vie et de Dieu. Parce que ce sont les hommes qui font les Eglises, il est inévitable que les Eglises se méfient des femmes, comme d'ailleurs elles se méfient de Dieu, cherchant à apprivoiser celles-ci et celui-là, cherchant à contenir la vie en crue dans le lit bien sage des préceptes et des rites...

La différence entre les hommes et les femmes n'est pas une différence des sexes mais des places. L'homme c'est celui qui se tient à sa place d'homme, qui s'y tient avec lourdeur, avec sérieux, bien au chaud dans sa peur. La femme c'est celle qui ne tient dans aucune place, pas même la sienne, toujours disparue dans l'amour qu'elle appelle, qu'elle appelle, qu'elle appelle. Cette différence serait désespérante si elle ne pouvait être franchie à tout instant. L'homme qui ne sait des femmes que la crainte qu'elles lui inspirent et qui donc n'en sait rien, l'homme a cependant un début de lumière, un fragment de ce qu'est Dieu, dans sa mélancolie du rire des femmes, dans sa nostalgie invincible d'un visage éclairé d'insouciance. Il est toujours possible pour un homme de rejoindre le camp des femmes, le rire du Dieu. Il y suffit d'un mouvement, un seul mouvement pareil à ceux qu'en ont les enfants quand ils se jettent en avant de toutes leurs forces, sans crainte de tomber ou de mourir, oubliant le poids du monde. Un homme qui ainsi sort de lui-même, de sa peur, négligeant cette peur du sérieux qui est pesanteur du passé, un tel homme devient comme celui qui ne tient plus en place, qui ne croit plus aux fatalités dictées par le sexe, aux hiérarchies imposées par la loi ou la coutume: un enfant ou un saint, dans la proximité riante du Dieu - et des femmes;"

Pour sûr je vais me pencher sérieusement sur cette littérature transmise si élégamment par vous M. ibn nanard - puisse cette parole inspirée traverser nos inconscients et faire école dans chacune de nos pensées et de pouvoir s'y réfuguer le temps de guérir 

 

Ben...je doute que rapprocher la femme et Dieu comme Bobin le fait soit une si bonne idée que ça!

 

Peut-être en parler au préalable à Lilith, à Eve et à Marie?

 

Ainsi qu'à leurs filles, petites-filles, arrières-petites-filles, arrières-arrières petites filles, etc. etc. jusqu'à....Hélène!

 

 

BJP

 

@ Ibn-nanard :

Merci pour ce texte ; le lyrisme de Bobin est émouvant, souvent, ici aussi (" l'amour qu'elle appelle, qu'elle appelle, qu'elle appelle"), mais je me méfie de l'éloge des/de LA femme... pourtant, c'est vrai, quelles constantes dans la peur, la foi, la séduction ???

Nécessaire rappel, bien sûr, merci Jean-Yves, mais la nécessité ne s'en fait pas facilement sentir, surtout quand on détient un pouvoir...

Difficile cette question, peut-être Kant:"la possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison" et de ce point de vue, hommes et femmes me semblent à égalité pour l'oublier.

Moi j'aime bien ces situations où on oublie qu'on est un homme, où on oublie qu'on est une femme, où on oublie qu'on est un Noir, où on oublie qu'on est catalogué...

moi aussi - et en plus c'est mon état normal... d'où quelques malotrus parfois entendent me sortir en me réclamant des définitions courtes et simples sur l'âge, le sexe, et l'origine de cet être qui je découvre chaque jour avec étonnement comme étant le mien.

Comme disait F Giroud: "l'égalité des sexes sera faite , quand à poste égal , on verra des femmes aussi médiocres que des hommes". Il faudra encore quelques années de recutrement avant d'arriver à cette formidable époque de nivellement par le bas.  Je plaisante Messieurs!Quoique...

Juste une petite histoire vraie qui me revient en mémoire : J'ai été témoin d'une empoignade verbale entre un conducteur qui se sentait victime d'une infraction routière féminine, il la couvrait d'invectives , toutes plus imagées les unes que les autres. Se trouvant à bout d'argument vengeur , il hésita un moment et lança l'insulte définitive "espèce, espèce de Femme".

Voyez Hélène , au niveau de l'inconscient maculin collectif, y'a du boulot de reconditionnement!

 

Bonsoir Espoir (c'est doux à dire !) - "une infraction routière féminine" génial !

cela dit, je crois que c'est surtout une question - comme toujours - d'éducation, un long chemin, oui... je me demande si on peut grandir, s'élever, s'affiner, quand jamais on n'a expérimenté l'injustice ou l'oppression ???

 

Et...qui, depuis plusieurs siècles, s'occupe de l'éducation des enfants dans la famille?

Et depuis une vingtaine d'années, de plus en plus dans les institutions (écoles, crèches, justice mineurs et famille, santé mineurs et éducation spécialisée, etc.)?

 

Juste une petite histoire vraie qui me revient en mémoire à moi aussi (j'en ai des dizaines sur le même thème): candidat à un poste d'EJE - 10h00/hebdo - en crèche juste à côté de chez nous et que 3 de nos enfants ont fréquentée il y a quelques années, je suis reçu en entretien par la directrice et la coordinatrice petite enfance auprès de la municipalité. Au bout de 10 minutes seulement, elles mettent subitement fin à l'entretien et m'annoncent que, "de toutes façons",  ma candidature n'a pas été retenue. Comme je demande pourquoi, elles s'exclament en choeur : "Mais parce que vous êtes un homme!"

Je crois que la prophétie de Françoise Giroud est accomplie, au moins dans les secteurs d'activité qui incluent les institutions dont je parle plus haut...

 

BJP

Quand un homme est ainsi victime de femmes, ces femmes mériteraient d'être des hommes et vous Bruno une femme! Commencer à sourire de ces reflexes conditionnés par notre civilisation, prouve au moins une chose , c'est que nous avons commençé à  les mettre à distance, faisons dèja ensemble l'humour, c'est une manière plaisante de s'aborder sans saborder ce qui nous rassemble sans nous ressembler. 

 

Euh... les véritables victimes de cette discrimination, ce sont les enfants, ne l'oublions pas, ne les oublions pas.

 

Et cette violence qui leur est faite, car c'en est une, Espoir, pardonnez-moi mais...ça me fait perdre tout sens de l'humour!

 

BJP

Dans la boîte où je travaillais aux Etats-Unis, on avait commencé à voir des hommes parfois travaillant comme "réceptionnistes" à l'accueil. Succès garanti. Pourtant il semble que ce n'était que temporaire, comme chaque fois où j'avais pu le constater dans d'autres endroits. En effet, pour les statistiques des quotas, il est plus intéressant d'employer une femme appartenant à une "minorité visible" - on fait d'une pierre deux coups, on peut cocher deux cases, "femme" et "minorité", peu importe que ce soit toujours en bas de l'échelle.

Espoir, aujourd'hui, ce n'est plus "espèce de femme" mais "féministe", comme au début du règne sarkozyste "gauchiste" (un peu moins à présent) ! Définition du mot féminisme : attitude favorable à l'extension des droits de la femme. Pas de quoi grimper au rideau !

 

Seul barricadé(e) chez soi par exemple, Axel, en espérant bien sûr que le ciel ne nous tombe pas sur la tête !

Hmmm... les femmes-femmes respectueuses et respectées parce que respectables, par les hommes-hommes respectueux et respectés parce que respectables... c'est tout un poème

Four© Elizabeth Shepherd Trio

 

Oui... un poème que femmes et hommes écrivent pourtant chaque jour, en commun mais pas forcément ensemble.

 

BJP

 

 

corps-et-graphie, merci pour le partage.

Quoiqu'il en soit, dans cette histoire de femme qui s'oublie, l'homme a fait diversion...

 

... di(x) versions seulement?

 

Vous sous-estimez l'homme.

 

Rigolant

 

BJP

 

 

SCUM est aussi une réaction.

Pour le dire bien nettement, nous autres femmes devons garder en tête que nous avons un c... Surpris!

Vous n'aimez pas les cons, moi non plus. Cela me fait souffrir autant que vous. Mais, je n'oublie jamais que je suis un homme, je ne crois pas qu'on puisse oublier son sexe. Cependant, il y a aussi des femmes "machistes"; Combien de fois j'ai pu obtenir quelques petites choses, un renseignement, un imprimé, un produit, un service, qu'une femme venait de refuser à ma femme, ou à une de mes filles !

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