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Domenech-Tapie-Sarkozy : l’indécence jusqu’à la lie

domenech.jpgUn président de la république qui fait espionner des journalistes, un homme d'affaires sulfureux qui se voit octroyer 45 millions de préjudice moral par un « tribunal » arbitral dans le litige l'opposant au Crédit Lyonnais et enfin, un sélectionneur raté de football qui réclame 2,9 millions d'euros d'indemnités à la Fédération française de football devant le conseil des Prud'hommes. Oui, il y a bien quelque chose de pourri au royaume de France.

À tout seigneur, tout honneur. S’il est une entreprise dans laquelle Nicolas sarkozy a des résultats, c’est bien dans celle de l’abaissement national. À la vitesse de la lumière, le locataire de l’Elysée, plus comète qu’astre solaire, constitue le ferment le plus en vue et efficace d’un pourrissement général des valeurs de notre société.

S’il fallait choisir un fou au roi, le rôle pourrait échoir à Bernard Tapie. Affairiste, grande gueule, provocateur, Bernard Tapie, ex icône médiatique des années 80 reconvertie avec bonheur dans le bling-bling du quinquennat Sarkozy, avait déjà mis la barre très haut en laissant comprendre sur France Inter le peu de cas qu’il fait de l’indignation suscitée par l’indemnisation généreuse dont il a bénéficié dans l’affaire Adidas .

Il n’en fallait pas plus pour donner des idées à Raymond Domenech , pied nickelé du football, dont les pitreries et les résultats sportifs calamiteux cachent un homme d’affaires avisé. À croire que si l’excellence a un prix, la très grande médiocrité également. Non satisfait d’avoir été remercié à l’issue d’une coupe du monde de football au parcours oscillant entre Waterloo et Berezina, l’ancien entraîneur sans aucune honte ou début de sentiment de culpabilité réclame désormais à ses ex employeurs la bagatelle de 2,9 millions d’euros d’indemnités pour licenciement abusif.

Comme souvent, il y a ce qui est légal et, ce qui est moral. “Mon client n’a aucune acrimonie, aucune animosité, aucune haine. Il souhaite juste faire valoir ses droits et surtout ne pas être la victime expiatoire d’une crise collective”, “Il n’est pas en dessous, ni au-dessus des lois, il veut juste faire respecter le code du travail et percevoir les indemnités qui lui sont dues”, a déclaré son avocat.

Selon toute vraisemblance, Raymond la science, comme il était surnommé, devrait bien arriver à gratter une petite somme rondelette à une fédération française de football abandonnée à des dirigeants dont les seules valeurs au fil du temps sont devenues financières et alimentaires. Le contribuable aura ainsi en cette année faste le plaisir de contribuer par ses largesses au renflouement de Bernard Tapie. De son côté, le licencié de la FFF à la retraite dorée de Raymond Domenech. Le contribuable-footballeur amateur aux deux.

Deux personnages symbole d’une époque. Très différents certes mais aussi, très semblables. Théâtreux à leurs heures, attirés par les caméras de télévision comme des moustiques par des lampadaires mais surtout, dotés d’un sens de la provocation proportionnellement inverse à leur niveau de morale publique.

Et pour ne rien gâcher, comment ne pas évoquer dans un autre genre, la présence pour le moins décalée de François-Marie Banier , l’homme qui valait un milliard, l’ami des vieilles dames, dans les cortèges de manifestants contre la réforme des retraites.

Dans cette période trouble privée de repères, une chose est sûre. Le travail n’est pas la voie la plus rapide pour faire fortune. Mais, et c’est bien le seul rayon de soleil du moment, un majordome et un magnétophone suffisent à faire trembler la République. Celle des copains et des coquins, évidemment.

 

 

Crédit photo : capture d’écran France 2

Tous les commentaires

La demande de 4,9 Milliards d'euros de la Société Générale contre un salarié bouc émissaire de ses spéculations n'est elle pas d'une parfaite indécence et le plus frappant exemple de la dérive de notre société casino?

Revenons au sujet du billet dans lequel ne rentre pas la SG puisque pour une fois, Sarkozy semble n'y être pour rien.

L'affaire Tapie est emblématique de cette "indécence jusqu'à la lie" que pointe avec justesse l'auteur de ce billet.

Tapie avait vendu Adidas en déconfiture au prix qu'il avait demandé. Or, ce prédateur récidiviste a touché le fruit du redressement d'Adidas dans lequel il n'était pour rien. Cela aurait été une première : Tapie redresseur d'entreprises.

Tapie ne méritait pas de toucher cette plus-value puisqu'il n'en était pas à l'origine. Pourtant après le marathon judiciaire que l'on sait, Tapie a touché ce pactole immérité.

Ce véritable détournement de fonds a été rendu possible par un double bonneteau juridique, hélas parfaitement légal.

1) l'argument sur le "portage"

2) comme cet argument ne convaincait pas vraiment la Cour de Cassation, le fait du nano prince l'a désavouée au profit d'un arbitrage de complaisance.

Pour couronner le tout, un volet de cet arbitrage a constitué une arnaque au Trésor Public puisque le préjudice moral a été démesurément gonflé car il n'est pas imposable.

Cette affaire nauséabonde est emblématique de la Sarkozye bananière : un parfait exemple de légalité illégitime et immorale.

Cela se produit lorsque des juristes retors trouvent une astuce qui
permet d'appliquer la lettre de la loi en en contournant l'esprit, avec l'appui d'un président de la République que les scrupules n'étouffent pas et la complicité d'arbitres qui vont jusqu'à truander le fisc.

"Chez ces gens-là, Monsieur, on fait du Droit sans droiture."

 

 

Il est manifeste que certains ne se soucient en aucune manière de décence, leur seule préoccupation obsessionnelle est Sarkozy : l'indécence n'est pas intéressante si Sarkozy n'y est pour rien (le billet parle d'ailleurs de Domeneche qui n'est pas un homme de Sarkozy!).

Un parfait exemple de ce sectarisme qui confond haine dogmatique et esprit critique.

Ce qui permet de ne pas réfléchir aux problèmes :la chasse présidentielle aux journalistes n'est pas quelque chose de nouveau en France : si Sarkozy a cherché à protéger sa vie de couple, Mitterrand a cherché à protéger son couple illégitime. En ce qui concerne le "sulfureux Tapie" , il a d'abord été une créature de Mitterrand, et sa technique prédatrice de reprise a été rendue possible par la loi Badinter sur les entreprises en difficultés. D'ailleurs Lagarde est bien plus impliquée dans le cas SG que dans le cas Tapie. La perte de recette fiscale résultant de l'admission des pertes "Kerviel" par déduction fiscale de 4,9 Milliards d'euros contrairement à la jurisprudence du Conseil d'Etat coute 1,7Millairds d'euros : un montant sans commune mesure avec la défiscalisation de 45 Millions d'euros , que l'administration fiscale aurait d'ailleurs pu refuser. Le problème SG/Kerviel est au coeur de la transformation de la France en société de casino par le développement des marchés financiers spéculatifs. La financiarisation de l'économie , avec le développement des techniques de "créativité comptable" et des innovations financières avec les dérivés et la titrisation (bases des "subprimes") est étroitement liée à la politique d'endettement privée et public, aux délocalisations, et donc aux pertes d'emplois et à la pression sur les salaries. Ce sont la les problèmes de base.

 

Il est évident que certain cherche à fausser le débat d'un fil dont le sujet est précis : en substance les scandales liés au favoritisme de Sarkozy, en parlant d'autre chose pour tenter de détourner l'indignation des médianautes sur le scandale Tapie.

Tapie que le même "certain" a défendu naguère sur ce site de façon sectaire et fanatique jusqu'à l'absurde en se répandant en désespoir de cause en diffamations et en insultes totalement ineptes (Tapie serait lynché médiatiquement, le pôvre, par les contradicteurs dudit "certain"), ce qui est l'aveu de son impuissance à trouver des arguments pour défendre l'indéfendable.

A se demander ce qui lie si profondément ce "certain" et le repris de justice dépeceur récidiviste d'entreprises.

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