Ven.
28
Nov

MEDIAPART

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Du parquet au toit du temple

L’affaire fait grands bruits. Le Président de la République a réagi de façon vigoureuse, instantanée, affective et passionnelle à la découverte du corps de Laetitia assassinée par un récidiviste qu’on a toujours l’habitude de qualifier de dangereux. Par nature, par statut et par intentionnalité, celui qui commet un crime et éprouve la nécessité d’en réaliser un autre est dangereux puisque cette démarche suggère qu’il ne contrôle pas ses pulsions et que de ce affait il est susceptible de répéter son comportement pour peu qu’il soit fragilisé par leurs amplifications. C’est bien avant ces évènements que doit intervenir le jugement et entrer en application les peines moins que la protection exigée pour la sécurité de la population. Que M. Sarkozy s’indigne de cette séquence d’évènements et de manque de vigilance dans ces domaines ne représente que la réaction affective de l’indignation et de l’injustice. Qu’il en rende exclusivement responsables les magistrats assis tient d’une attitude tendant à rejeter sur les autres les fautes commises par soi-même si ce n’est son entourage. Cette attitude de dénégation de sa propre responsabilité avant celle de la culpabilité n’est pas très différente de celle tendant à rejeter sur les enseignants les lacunes d’une éducation qui touche d’abord les enseignés en les privant des atouts dont ils ont besoin pour parcourir le chemin de leur vie, bordé par les garde-fous extraits des lois, des règlements, de la tradition et de la culture. De ce point de vue, on ne saurait s’en tirer à bons comptes en accusant les parents de laxisme et d’abandon de leur rôle éducatif. Ces considérations conduisent à réitérer le jugement des plus anciens, des plus sages lorsqu’ils affirment qu’on a la société qu’on mérite. Les choix s’imposent d’eux-mêmes sans qu’on puisse transiger avec cette loi et échapper à ses conséquences les plus immédiates et les plus lointaines, y compris celles qui ne manqueront pas de compromettre l’avenir de plusieurs générations. Il sera à ce moment bien trop tard pour pleurer sur le déclin, la déchéance, le recul de la spiritualité et des traditions, celui de la courtoisie sinon de la politesse ou le respect des institutions, des plus jeunes comme surtout des plus vieux. C’est bien au pouvoir mis en place par la nations sous forme de vote qu’il convient de prendre les décisions qui activent la population, la protègent et mettent à sa disposition les instruments de la culture indispensables à son développement intellectuel, éthique, moral et physique. A cet effet, il n’est pas nécessaire que les décisions proviennent nécessairement de personnalités venues du milieu du spectacle, fut-ce de celui du cinéma et de la télévision pour avoir valeur de vertu. L’honnête homme y suffira pour peu qu’il ait plus le gout et le souci du bien commun que du sien propre. On ne peut disperser tous ses avoirs et arroser amis, favoris, partenaires tout en éduquant, protégeant, cultivant sous peine de se diriger vers la faillite de l’état, bien plus grave que celui du particulier qu’il faudra bien un jour ramener à la raison en lui expliquant qu’on ne peut dorer ses corps bronzés et tatoués au soleil du Pacifique, consacrer à son ego la totalité de ses économies si on les sacrifie au bien être et au renforcement du savoir, de la construction de soi pour édifier son temple sous lequel abriter ses icônes, ses lectures, ses ressources cognitives et artistiques pour l’enrichissement des autres.

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