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En avoir ou pas (des enfants)

"En cela j'approuve l'avis de mon cher Euripide qui a dit que celui qui n'a pas d'enfant est heureux dans son infortune"

(Boèce - La consolation de Philosophie, livre 3 chap. 7)

Le tourment des enfants... Mais plus que cela, Boèce ne conçoit pas le bonheur sans une forme d'autonomie, d'autosuffisance que les enfants remettent en cause en permanence. Il va encore plus loin en affirmant que celui qui invente le fils, donc le père ou la mère, n'est rien d'autre qu'un "bourreau". Mais il y a effectivement une contradiction car celui qui a un enfant est heureux d'en avoir car ils apportent du bonheur plus que du malheur. Tout comme celui qui n'en a pas est heureux malgré son malheur de ne pas en avoir car il évite les inquiétudes liées au sort de la progéniture. Le désir d'avoir un enfant à tout prix pourrait finalement n'être qu'un conformisme social et non naturel. Du moins est-ce la question que l'on peut se poser grâce au poète qui nous livre ici une petite leçon de philosophie, cette grande consolatrice du genre humain.

Tous les commentaires

20/01/2011, 20:04 | Par *Jacquounet*

Il faut en avoir

Jacques

20/01/2011, 22:20 | Par Axel J

Et avoir les enfants des autres, c'est la double-peine ou c'est tout-bénèf?

:-)

21/01/2011, 06:35 | Par Philips Michel

Il faut être un peu fou pour avoir envie d'avoir un enfant. Être fou pour en faire. Mais la folie, n'est-ce pas aussi très chouette, par moments?Rire!

21/01/2011, 06:53 | Par Hestia en réponse au commentaire de Philips Michel le 21/01/2011 à 06:35

L'idée de la folie est séduisante... C'est en effet un grand saut vers l'inconnu et la conscience décroche un peu.

21/01/2011, 06:48 | Par Hestia

Cher Jacques, s'abstenir d'en avoir c'est également faire preuve d'une grande responsabilité, car selon certaines situation, on peut préférer ne pas les rendre malheureux... D'ailleurs on se rend compte que la misère est plus vive dans les familles qui ont beaucoup d'enfants. Ce qui veut dire que même si nous en avons, il faut se rendre compte qu'à un moment nous ne devons et pourrons plus en avoir.

Cher Axel, vous recomposez après avoir décomposé ? C'est vrai que les enfants des autres, c'est pas comme les siens...

21/01/2011, 09:08 | Par MICHEL BERARDI

Avoir des enfants c'est de l'inconscience pure. C'est comme vouloir gagner un grand prix de Formule 1 assis dans un baquet à 10 cm du sol, lancé à 300 km/h : si on réfléchit un tant soit peu, on n'y va pas. Ou alors on ne gagne pas la course.

Mais...quel pied ! La vie est une absurdité : alors pourquoi chercher à en expliquer le sens qu'on choisit de lui donner ?

21/01/2011, 10:43 | Par Hestia en réponse au commentaire de MICHEL BERARDI le 21/01/2011 à 09:08

Pour pouvoir vivre comme nous pensons et mettre nos pensées au service de la vie... Nous ne sommes pas entièrement déterminés par l'absurdité, Sysiphe ou Macbeth subissent les effets de certaines causes...

21/01/2011, 09:42 | Par Axel J

On ne devrait faire des enfants que dans l'idée de Khalil Gibran selon laquelle nous ne sommes que des arcs, et les enfants des flèches qu'il nous faut lancer correctement et qui vivront leur vie propre, pas la nôtre.

 

Les enfants ne sont pas "à nous".

Ce sont des personnes, des êtres à part entière, ils ne nous "appartiennent" pas.

 

Si on se sent capable de lancer la flèche correctement, si on peut lui donner toute la force, l'assurance, la confiance, la bonne direction et l'élan d'indépendance nécessaire à sa course-vie, alors oui, on peut faire un enfant.

21/01/2011, 09:47 | Par Erreur 403 en réponse au commentaire de Axel J le 21/01/2011 à 09:42

J'ajouterais que si on accepte que la flèche n'arrive pas là où l'on croyait, on peut même faire des enfants libres. :-)

21/01/2011, 10:38 | Par Axel J

Et une femme qui tenait un bébé contre son sein dit, Parlez-nous des Enfants.

Et il dit :

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à la Vie.

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous.

Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées.

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez héberger leurs corps, mais pas leurs âmes.

Car leurs âmes résident dans la maison de demain que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire à votre image.

Car la vie ne marche pas à reculons, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs desquels vos enfants sont propulsés, tels des flèches vivantes.

L'Archer vise la cible sur le chemin de l'Infini, et Il vous tend de Sa puissance afin que Ses flèches volent vite et loin.

Que la tension que vous donnez par la main de l'Archer vise la joie.

Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime également l'arc qui est stable.

 

(Le Prophète, Khalil Gibran 1923)

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