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Au sujet de l'hébétude (complément)
"Sans doute aujourd'hui ne peut-on même plus - pour peu qu'on ne soit pas hébété ou somnambule - se faire nostalgique d'un temps passé parce que le passé n'apparaît plus comme le temps d'une génération, au sens actif d'un engendrement, qui certes peut être suivie de vicissitudes mais qui n'en ouvre pas moins une vie neuve, capable de recommencements (de réengendrements). Il apparaît plutôt comme à la fois trop passé - trop loin, trop coupé de nous - et comme trop peu passé - trop collé à nous. Trop loin, comme est loin toute la charge d'attentes et d'appels qu'ont pu porter les mots "communisme", "socialisme", "humanisme", trop près, comme nous colle à la peau le filet inextricable des contraintes techniques et des contradictions morales que nous héritons de nos inventions électro-atomico-biologiques. Trop loin comme sont éloignées la "raison" et la "science" dans leurs gloires conquérantes, trop près comme ces mêmes "raison" et science" sont posées devant nous, lourdaudes, empêtrées, en suspension d'avenir. Trop loin comme est le sens grec de "démocratie", trop près comme est le sens moderne et incertain du même mot."
Jean-Luc Nancy, "Générations, civilisations" ("Vacarme", n° 47).
Il me semble que "toute la charge d'attentes et d'appels" portée par le mot "communisme" n'est pas très éloignée de nous. Comme le mot "démocratie", le mot "communisme" demande à être subjectivé. Quiconque n'inscrit pas son existence dans le sentiment d'une infinie défaite de l'idée d'émancipation ou d'égalité peut le faire.

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Vous citez: "Sans doute aujourd'hui ne peut-on même plus - pour peu qu'on ne soit pas hébété ou somnambule - se faire nostalgique d'un temps passé parce que le passé n'apparaît plus comme le temps d'une génération, au sens actif d'un engendrement, qui certes peut être suivie de vicissitudes mais qui n'en ouvre pas moins une vie neuve, capable de recommencements (de réengendrements). Il apparaît plutôt comme à la fois trop passé - trop loin, trop coupé de nous - et comme trop peu passé - trop collé à nous. Trop loin, comme est loin toute la charge d'attentes et d'appels qu'ont pu porter les mots "communisme", "socialisme", "humanisme", trop près, comme nous colle à la peau le filet inextricable des contraintes techniques et des contradictions morales que nous héritons de nos inventions électro-atomico-biologiques. Trop loin comme sont éloignées la "raison" et la "science" dans leurs gloires conquérantes, trop près comme ces mêmes "raison" et science" sont posées devant nous, lourdaudes, empêtrées, en suspension d'avenir. Trop loin comme est le sens grec de "démocratie", trop près comme est le sens moderne et incertain du même mot." Jean-Luc Nancy, "Générations, civilisations" ("Vacarme", n° 47)." Et vous commentez: "Il me semble que "toute la charge d'attentes et d'appels" portée par le mot "communisme" n'est pas très éloignée de nous. Comme le mot "démocratie", le mot "communisme" demande à être subjectivé. Quiconque n'inscrit pas son existence dans le sentiment d'une infinie défaite de l'idée d'émancipation ou d'égalité peut le faire. "
Peut-on vous demander ce que vous entendez par là ?
Alors Melchior, j'explique (enfin Hêtre, je me plais à expliquer à ma façon, sans rien empêcher de votre part, j'espère) : donc, voilà - si par hasard cher Melchior de la Bûche-qui-Grésille (excusez, je n'ai pas résisté) vous pensez tant soit peu que l'affaire de l'émancipation humaine et celle de l'égalité entre les individus sont dans les choux, alors vous pouvez repasser en vous la notion de "communisme", la penser, la repenser, l'examiner; et peut être que vous y verrez quelque chose.
Cela me semble quelque peu contradictoire, non ? Si je pensais tant soit peu etc., en quoi la notion que vous dites me serait-elle utile ?
Et ne serons nous pas égaux devant la grande grillade ?
La notion que Marielle dit pourrait vous être utile à savoir que vous avez quelque chose en commun avec autrui (mais quoi?) Ou pas. Marielle, me semble-t-il, dit que : si dans votre potager (où sont les choux) vous pouvez encore penser à l'émancipation et à l'égalité, alors vous n'êtes pas tout à fait perdu pour tenter de penser encore une fois à une possible communauté humaine.
Comme si dans ce silence, il était encore possible de donner corps à quelque chose d'inédit, autrefois on parlait d'idéal - une forme de recherche obstinée qui n'en rabat pas, qui sait aussi ne pas être dupe, la réaffirmation de quelque chose d'ouvert.
De fermement ouvert, en serrant les dents, ou en hurlant "Vous m'avez pas encore!" ("Papillon", évadé du bagne de Cayenne, sur son radeau de noix de cocos, au milieu des requins, flottant au gré des courants, abandonné à Dieu... A Dieu vat !) Inédit : pour le simple, le bas, le pauvre, le vrai pauvre, en esprit , tout est inédit : chaque jour, chaque instant. La trouvaille d'un carton. Une parole entendue, quelqu'un qui le regarde dans les yeux. Jusqu'au dernier souffle, oui, tu as raison, ailleurs, il faut le dire. Je le dirai, sur tous les tons.
Monsieur Griset-Labûche, On peut me le demander.
Madame Billy, Merci pour votre commentaire. Je crois qu'il ne suffit pas de "penser (...) repenser (...) examiner" ce mot, "communisme", pour, comme vous le dites si bien, y voir quelque chose. La subjectivation est aussi physique.
Disons que madame Billy examinera la notion avec tout son (néo) sujet. Je fais l'expérience (parfois décourageante, mais je me surveille) d'amener sur mon lieu de travail la question de l'égalité, et à mots doux, couverts de diplomatie, la question de l'émancipation, et bien je me sens un peu seule, voyez-vous !
Madame Billy, Le sentiment de solitude est un passage obligé. "La question de l'émancipation", qui est notre question, fait beaucoup rire les petits malins, revenus de tout. Laissons-les rire. Le nihilisme (tout se vaut, rien n'a d'importance, tant d'horreurs, tout est devenu impossible, impensable, infaisable), faisons ce pari, est sans avenir.
Bonne subjectivation aussi physique, Madame Billy.
Môssieu hêtre,
Puisqu'on peut vous demander ce que vous entendez par:
"Il me semble que "toute la charge d'attentes et d'appels" portée par le mot "communisme" n'est pas très éloignée de nous. Comme le mot "démocratie", le mot "communisme" demande à être subjectivé. Quiconque n'inscrit pas son existence dans le sentiment d'une infinie défaite de l'idée d'émancipation ou d'égalité peut le faire. " ",
alors je vous le demande.
Si je puis me permettre, je trouve la question de Melchior, extrêmement pertinente...en ce qu'elle fait apparaître et de manière limpide toute l'obscurité de l'énigme du texte de Monsieur hêtre...
Môssieu hêtre vous répondra: "Allez voir à Tarnac. Si vous ne comprenez pas, inutile que je vous explique."
Et voilà pourquoi votre fille est muette.
Il vous reste à vous subjectiver physiquement, comme tout le monde...
Vous êtes injuste, Melchior, avec ce pauvre hêtre : nous pourrions tout aussi bien nous objectiver mentalement.
Mais ne faudrait-il pas alors nous désubjectiver et quitter notre guenille physique ? Le communisme, ce serait la fosse commune ? (Les Khmers rouges avaient fait une intéressante tentative en ce sens, hélas interrompue sous des prétextes futiles par les révisionnistes vietnamiens, ce qui est fort dommageable à la Cause, moi j'trouve.)
Bon..dans ce mouvement d'objectivation du subjectif, où il est question de quitter sa guenille physique, pour batifoler entre psyché et intellect, est-il permis pour un sujet comme vous ou moi de subjectiver l'objet tout en posant une question toute simple au Sphinx, histoire de rapprocher l'être et le néant, sans prendre le texte au pied de la lettre, ce qui n'a rien à voir avec le facteur ?
Le problème est de savoir si nous voulons sacrifier nos petites hébétudes.
Bonjour, Il est sympa, MGL, d'avoir attiré notre attention sur le billet profond d'hêtre. J'ai une question. Est-ce que quelqu'un peut me donner l'exemple, un seul exemple suffira, d'une "invention électro-atomico-biologique" ? Je cherche depuis 5 minutes, et je trouve pas. Je sais, ça va conforter, peut-hêtre, l'idée que je suis un mauvais chercheur, mais tant pis. Il parle de quoi au juste, J.-L. Nancy? Je comprends pas tout.
Les inventions (le texte ne parle pas d' "une" invention, mais dit bien "nos inventions") électro-atomico-biologiques en question sont : 1- les inventions électriques 2-les inventions atomiques 3-les inventions biologiques (Je ne vous ferais pas l'injure de vous faire la liste de chaque, vous vous braquez facilement) Vous voyez, il suffisait de lire attentivement. Cela ne prend pas cinq minutes. Cela conforte, en tout cas, comme vous dites vous-même, l'idée que vous dites.
http://grammaire.reverso.net/5_3_01_trait_dunion.shtml Je cite: "Quand les deux mots sont coordonnés sans conjonction : le trait d'union remplace et." L'usage du pluriel ne transforme pas la conjonction en disjonction. Donc il s'agit de trouver des exemples d'"inventions électrico-atomico-biologiques". Pas facile déjà d'en trouver une seule, mon pauvre Ferron...
L'abus grammairien peut contribuer à l'hébétude, tandis que l'invention langagière aère l'esprit.
Oui, je m'attendais à ce genre de remarques. Tout ça est tellement prévisible, et tellement ennuyeux... Bonne soirée. Vous m'excusez mais j'ai à faire...
Monsieur le professeur Vidal-Rosset, qui s'y connait en traits d'union, m'ayant interdit de commenter ses billets de (mauvaise) humeur ("une vidéo de Ségoléne Royal", voilà le traité sur lequel fonder une désunion), je ne peux le faire qu'ici, pour éviter le tribunal dont il me menace. (Car monsieur le professeur est aussi un peu procureur). C'est dommage, il y aurait tant à dire sur la conjonction , la coordination et la pensée... C'est aussi que monsieur le professeur est un peu voyant, il voit des choses qui n'y sont pas, c'est ainsi qu'il prévoit l'imprévisible. A propos, comment se porte votre billard ?
Pierre, Sur ce blog, vous êtes le bienvenu. D'ailleurs, ici, tout le monde peut venir. Même l'adjudant Vidal-Rosset. Dont l'impuissance de feu conceptuelle n'est plus à présenter.
doublon
Monsieur Vidal-Rosset, Que comprenez-vous au juste ?
A cette prose que vous citez et à vos commentaires? Rien. Merci de la traduire dans un langage clair et distinct, le seul que je sois capable de comprendre, parfois. Sinon l'exemple que j'attends, vous en avez un?
Monsieur Vidal-Rosset, Vous me rappelez un adjudant que j'ai connu pendant mon service militaire. Il aimait que tout soit "clair et distinct". Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Quant à votre "j'attends", il me fait penser au "je veux" de l'enfant capricieux, et désagréable, qui ne comprend pas que quelqu'un puisse lui dire : "Non."
Vous affichez une agressivité et un mépris étonnants. Je crois que nous n'avons rien à nous dire, tout simplement. Je vous laisse avec Jean-Luc Nancy, Sartre et Heidegger, avec les phénoménologues et ontologues dont vous appréciez la compagnie, moi je préfère celle de Russell et Quine, Vuillemin et Bouveresse. Je préfère comprendre ce que disent exactement les théorèmes d'incomplétude de Gödel, que de gloser poétiquement sur ceux-ci, par exemple. Je préfère une philosophie politique dans le style de Rawls ou dans celui de Nozick, à celle d'un althusserarien. J'ai toujours considéré que l'oeuvre d'Aron comme plus intéressante sur le plan des idées que celle de Sartre, et comme Bouveresse je n'ai jamais compris comment on pouvait préférer "avoir tort avec Sartre plutôt que raison avec Aron" . Bref, tout cela relève de la frontière qui existe entre le clair et le distinct et l'obscur et le confus, frontière que vous ne pouvez pas voir, là où vous vous trouvez, tout hébété que vous êtes... Quant à l'esprit, vous n'en avez aucun, pas plus que de talent d'écriture. J'ai eu des échanges assez vifs avec Melchior, mais j'apprécie parfois beaucoup son humour, qualité dont vous êtes aussi visiblement totalement dépourvu. En somme vous n'êtes capable que d'agresser ceux que vous ne comprenez pas, et ça fait du monde... Bref, vous n'êtes qu'une perte de temps. Merci de faire de même: oubliez-moi.
Monsieur Vidal-Rosset, Votre haine du communisme est aussi une haine de la démocratie. Une certaine réaction, dont vous êtes l’un des plus pathétiques représentants, tente de régler leur compte à Jean-Paul Sartre et Louis Althusser. Que l’idée d’égalité, que l’idée d’émancipation soient mises sur la place publique, à la disposition de tous, la réaction ne le digère pas. Jamais. Tant pis pour la réaction. Devrait-on gémir sur son sort ? D’autre part, je m’étonne que vous insistiez sur toutes ces qualités que vous ne me trouvez pas. Je n’ai que faire de votre jugement, Monsieur Vidal-Rosset. "Oubliez-moi", écrivez-vous. Vous n’êtes pas le maître de mes pensées, de mes souvenirs et de ce que j'écrirai. Et vous n’êtes pas le contrôleur général de ce qui s’écrit sur "Mediapart".
Vous permettez, hêtre, que je donne un exemple à Monsieur Vidal-Rosset?
Monsieur Ferron, Vous aiguisez ma curiosité.
Une invention électrique : la machine à laver le linge. Une invention atomique : bombe A ou H, au choix. C'est comme on veut. Une invention biologique : on peut choisir aussi : le clone ou l'OGM, c'est selon ses préférences.
Juste pour vous remercier, hêtre, d'avoir attiré mon attention ( par ce très beau mot d'hébétude), sur ce texte de Jean-Luc Nancy, et sur cette revue Vacarme, que je vais me procurer. http://www.vacarme.org/article1761.html . Dans le cahier des livres, du libé d'aujourd'hui, un passionnant entretien, avec J.L.Nancy, sur ça, comment s'est arrêtée la "pensée de l'émancipation". ( Et un tchat avec lui, à 15H, sur le site de Libé) http://www.liberation.fr/livres/0101571243-le-sens-de-l-histoire-a-ete-suspendu
La subjectivation du communisme ne revient-elle pas simplement à en faire une sorte de spiritualité, subjective par essence, dont les archétypes fondateurs seraient l'égalité et l'émancipation?
L'émancipation, ce n'est peut-être pas seulement l'idéal du communisme primitif, c'est peut-être aussi celui des philosophes, celui des Lumières ? Cela a peut-être été aussi l'idéal d'une certaine conception de l'enseignement, d'une certaine science : l'émancipation par le savoir. Alors pourquoi pas rediscuter cette notion. Emancipation ou hébétude ? (Ou bien ni l'une ni l'autre)
Discussion sur l'émancipation possible aussi sur les fils de Vincent Bonnet, dont celui-ci : http://www.mediapart.fr/club/blog/vincent-bonnet/010609/la-possibilite-d-une-utopie
Vancouver, Merci. Vous pouvez, si vous ne l'avez déjà fait, lire "Démocratie finie et infinie", contribution de Jean-Luc Nancy à un ouvrage collectif, intitulé "Démocratie, dans quel état ?" (La Fabrique, 2009), et dont les autres auteurs sont : G. Agamben, A. Badiou, D. Bensaïd, W. Brown, J. Rancière, K. Ross, S. Zizek.
" Car ils ne volent pas seulement l'argent, ils volent le présent, ils volent l'existence réelle". J'ai lu un peu Agamben, Lacoue-Labarthe et J.L Nancy, mais pas ce livre " Démocratie ;dans quel état?". Merci, je le commande aujourd'hui. C'est La Fabrique, je crois, qui a édité " L'insurrection qui vient", et qui va publier les prochains textes de Mustapha Khayati , sur le monde arabe. ( M.Khayati, qui écrivit en 1967 : de la misère intellectuelle en milieu étudiant).
Vancouver, Au sujet de Philippe Lacoue-Labarthe, il existe un très bel hommage d'Alain Badiou, qui se trouve dans un ouvrage intitulé "Petit panthéon portatif" (La Fabrique, 2008). Voici le début : "Toute chose prenait avec lui une profondeur singulière. Non pas la profondeur du pathos, ni celle de l'obscur. Une profondeur loyale, aimerais-je dire, qui était comme ce que j'ai expérimenté de son amitié : réservée, peu nourrie de faits, presque lointaine, et cependant absolument sûre. Oui, il y avait une sûreté de Philippe Lacoue-Labarthe, étrangement homogène à ce qu'on sentait, chez lui, de toujours inconsolé de ce que le monde ne soit encore parvenu à être que ce qu'il est. Inconsolable et sûre, profonde parce qu'absolument loyale, telle est sa pensée, telle que je la lis, telle que je l'entends." Dans le même ouvrage, un hommage à Louis Althusser.
Oui, ce beau texte là, je l'avais entendu. ( A Montreuil). Bien que n'étant pas une intellectuelle, je faisais partie des amis de Lacoue..
Vancouver, Dans "Lacoue", il y a quelque chose d'affectueux qui me touche.
Je poserais peut-être un inédit de lui, sur mon non-blog, un de ces jours . Affection, oui.
Vancouver, Je comprends votre hésitation. L'affection est-elle compatible avec la diffusion ?
Trop fatigué pour développer un tant soit peu, mais je me demande (et à vous aussi) si cette "hébétude" (une catastrophe? Un accident?) n' a pas quelque chose à voir avec la "vitesse" (le culte de la vitesse) dont parle Paul Virilio. Hébété dans un train lancé a toute vitesse sans se demander, ignorant d'où il est parti, où il va, le passager ne s'interroge pas. Il va. Ou plutôt, il est emporté. Quant à la subjectivation du "communisme", il y a tant à en dire, et tant en a été dit, me semble-t-il, du Nouveau Testament à Giorgio Agamben ("La communauté qui vient"), en passant par Blanchot... Il me semble qu'il faudrait définir de quel communisme il s'agit. C'est une question récurrente : qui a quoi à mettre en commun avec qui?
Monsieur Ferron, Merci. Je reçois votre généreux commentaire comme preuve que la mise en commun des idées est possible.
Pensiez-vous que je faisais partie de ceux pour qui les frontières sont choses nettes, claires et distinctes? Mon parcours personnel m'en empêcherait bien.
Monsieur Ferron, Je ne pensais rien de tel. A vrai dire, je vous connais assez peu. Et il ne tient qu'à moi de mieux vous connaître, en visitant, plus attentivement que je ne l'ai fait jusqu'à présent, votre blog.
Hêtre, vous me feriez une gentillesse en cessant de me donner du "Monsieur". Je ne sais pourquoi, cela me met mal à l'aise. (Je sais quand même un peu pourquoi...) (C'est une histoire de Papillon)
Monsieur Ferron, Il me semble que "Monsieur" (ou "Madame") marque, à la fois, la distance et le respect. Même si, parfois, il s'agit de combattre les idées, les avis, les opinions de celui à qui l'on donne du "Monsieur". De plus, "Monsieur" pour tous (dans la mesure du possible : je pense, ici, à ce qui se présente autrement que comme nom de famille) a le mérite d'être égalitaire. Cela dit, "Pierre Ferron" vous conviendrait-il ?
Monsieur Hêtre , vous voyez tout de suite le déséquilibre où vous nous mettez en nous donnant du "monsieur"( quand c'est un homme, et du "madame", quand c'est une femme) ("Monsieur", dois-je vous le rappeler, est une déclinaison de "monseigneur") sur un fil où nous pourrions débattre de ce que nous concevons comme "communisme" , "communauté". Vous le dites , ce "monsieur" marque le respect , qui est chose respectable , mais aussi la distance , qui est incongrue en l'espèce. D'autre part je vois un autre déséquilibre dans la difficulté, de notre part, à nous qui sommes nommés, de donner du "monsieur" à un arbre, à un nom d'arbre. C'est pour cette raison, je pense, que ce "h" m' aspire plus qu'il ne m'inspire. N' y voyez pas malice , mais il me semblerait déjà plus facile de répondre à monsieur Etre. Pour répondre plus précisément à votre question : non , "Pierre Ferron" ne me convient guère mieux. De même que ne me satisferait pas "akg 505", qui est mon identifiant , ni 1-49-11-509-582, qui en est un autre. Je pourrais vous suggérer de me nommer "chêne", ou "châtaigner", espérant vous faire sourire; roseau ou ortie , si je pouvais trouver un masculin à cette dernière, espérant être encore un peu chaud. Vous suggérer de m'interpeler d'un "Hep!", ou d'un "Ho!" serait certes un peu trop familier, voire cavalier. De faire comme le fit mon frère, qui me surnomma "Piotr Veliki", nous plongerait à chaque fois dans les méandres d'un mystère un peu trop littéraire. Mais décidément je ne me résous à rien d'autre que de vous demander de ne m'appeler, si vous éprouvez le besoin de me nommer à chaque fois que vous vous adressez à moi, que "Pierre", car c'est mon prénom, et je ne crois pas qu'il soit nécessaire de convoquer ma famille. Maintenant, permettez-moi de vous poser une question : qu'est ce qui motive une telle marque de respect, qu'il m'arrive de trouver quelque peu obséquieuse ? Serait-ce le fait que nous nous présentions sous le nom que l'état civil nous attribua ? Ou pas?
Pierre, "Pierre", c'est très bien. "Monsieur", une marque de respect "obséquieuse" ? Où voyez-vous de la servilité dans l'utilisation que je fais de "Monsieur" ? Je ne vous cache pas que, parfois, mon "Monsieur" est empreint d'une certaine ironie.
Môssieu hêtre, votre réponse à Môssieu Ferron est un pur bijou.
En relisant ce fil, je me dis qu'une des énergies à travailler, c'est celle de toujours remettre en chantier les idées qu'on a chassées.
Certaines idées, chassées, sont à surveiller de très près. De peur qu'elles ne reviennent.
Madame Billy, Pourquoi des idées ont-elles été chassées ? Pourquoi reviennent-elles ?
Monsieur Hêtre de la hêtraie, c'est une activité humaine - faire naître, adorer, se débarrasser - Et parfois dans la reprise des débris, on trouve de quoi, et avec un peu de chance (mais c'est assez rare) on fait du presque neuf.
Marielle, je t'aime. Et Monsieur Hêtre, je vous conseille d'en faire autant.
Hêtre, j'y pense : pourquoi ce "h" ?
Comme homme, humain - peut-être ? (bravo à vous deux Marielle et Pierre qui arrivez à communiquez avec cet être mystérieux. C'est que vous êtes patients, assez pour surprendre les arbres dans leurs mouvements.)
C'est peut-être que nous savons aspirer le "h", qui nous inspire ? Et nous intrigue. Car c'est aussi le "h" de "Je vous haisme" , qui n'est pas un jeu thème. Mais les sorcières et les chamans n'ont peur de rien, ils ont connu la mort, qui est un style de vie. Le mouvement des arbres ? Un corbeau s'envole, et c'est un ruisseau.
Monsieur Ferron, Je connais le chamanisme à travers l'oeuvre de Jackson Pollock.
Vous avez bon goût. J'aime beaucoup Jackson Pollock.
Monsieur Ferron, Je vous retourne le compliment.
Hêtre ou ne pas, que faites-vous de vos débris ? croyez-vous que ce sont des fantômes ? croyez-vous que ce sont des promesses ?
Madame Billy, Je n'ai pas de débris. Si nous les laissions faire, les fantômes de ceux que nous avons aimés nous entraîneraient dans la douce mort de la tristesse. Demain n'est pas triste.
Pour moi demain n'est pas triste non plus, et pourtant j'ai quelques débris ... Comme quoi bien des choses sont possibles.
Les idées que nous avons chassées nous font croire le problème réglé... Or, il n'en est rien... Mêmes chassées, elles continuent à agiter en arrière plan notre difficile adaptation au monde... Elles viennent nous chatouiller les pieds lorsque nous croyons dormir...Ce n'est pas parce que nous avons fait le deuil d'une idée que nous en avons supprimer le rêve...tricoter et détricoter toujours pour encore re-tricoter (ça me rappelle Peneloppe, mais c'est une métaphore)...Le H de hêtre par exemple...nous croyions le problème résolu...mais pas du tout...Merci Pierre Ferron. C'est la force du Candide de réveiller les idées chassées..... le H de hêtre évoque l'arbre, et l'arbre m'évoque Brassens..." auprès de mon arbre, je vivais Heureux, j'aurais jamais du m'éloigner de mon arbre..." Et ce H nous ramène aux idées chassées et à la nostalgie...et l'on retrouve le H de l'hébétude du chêne face au roseau, qui plie et ne rompt pas... Nous avons tous des fantômes, pour être, hêtre, et ce n'est pas si triste que cela... cela nous aide à donner du sens au présent...mais pour ne pas tourner en rond avec soi-même il nous faut des autres capables de faire les candides et d'interroger nos certitudes, nos évidences, ce qu'il reste de nos idées après la chasse...
Renarblanc, Relisez bien. De même que je ne suis pas un chantre de l'hébétude, je ne suis pas cet hébété, ce chêne, dont vous faites le portrait. Pour moi, des mots tels que "communisme", "émancipation" ou "égalité" ne relèvent pas de l'hébétude. Jean-Luc Nancy, dont j'apprécie le travail, dirait-il exactement la même chose ? Vous avez pu noter que j'ai fait un ajout à l'extrait du texte que j'ai reproduit dans mon billet. Où il était question de subjectivité. Ce qui m'a valu quelques commentaires ironiques et vengeurs de qui ne souhaite pas faire de l'égalité son affaire. D'autre part, je ne vois pas en quoi Monsieur Ferron est candide. "Généreux" conviendrait mieux. Au fait, de quelles idées chassées parlez-vous ?
c'qu'i' cause ben, cet arbre, quand le vent souffle...
Quant à Pierre Ferron, il est candide et généreux.
Mais nous reviendrons bientôt à la subjectivité physique de l'hébétude élémentaire. Quand ça ? Demain, sans doute. Demain, "le mot le plus menteur, dans toutes les langues.
Monsieur Griset-Labûche, S'agit-il d'une citation ? En quoi "demain" est-il menteur ? En lui-même, il n'est pas menteur. Il est menteur si celui qui le prononce est menteur.
Môssieu hêtre,
C'est une citation, en effet. J'eusse dû mettre des guillemets.
Il est menteur si celui qui le prononce se ment à lui-même, comme dans l'expression "les demains qui chantent".
Si vous n'êtes pas, ici et maintenant, bienveillant à l'égard de vos semblables, n'espérez pas que vous vous débarrasserez de votre suffisance dans le futur. La procrastination (voir ce mot) donne rarement de bons résultats, en matière de vertu. C'est maintenant, ou..."demain" (tu parles).
Veuillez agréer, Môssieu hêtre, l'expression de ma plus parfaite considération.
Melchior, bourrique.
Oui, monsieur hêtre...j'ai vous ai relu ... 1- Subjectiver le communisme c'est une vaste affaire...Le sujet n'est-il pas, objectivement, l'ennemi du communisme ? D'autre part, tout travail de recherche sur le communisme ou sur la démocratie est un travail d'objectivation. Je ne sais pas bien comment entendre donc votre « subjectiver ». S'agit-il de rendre ma vision du communisme subjective ? Mais je me demande où se trouve l'intérêt S'agit-il de remettre le sujet au cœur du communisme ? Mais cela est incompatible avec la notion même de communisme
2- Si je comprends bien le texte, Jean-Luc Nancy nous explique que notre rapport avec les notions de « communisme », de « socialisme », d'« humanisme » ou de « démocratie » n'est qu'une question de distance. Nous sommes à la fois trop prés, trop collés à elles pour en avoir une vision « objective » ce qui nous engluerait dans un manque de perspective ou une suspension d'avenir, et trop loin, trop coupées de nous, trop étrangères à nous...Comprends qui peut...L'hébétude serait alors la nostalgie d'un temps passé face aux notions qui n'ouvrent aucune perspective de « recommencements ».
3- La solution proposée par Monsieur hêtre serait alors de "subjectiver le communisme", à la condition, toutefois de « ne pas inscrire sa propre existence dans le sentiment d'une infinie défaite de l'idée d'émancipation ou d'égalité », puisqu'il s'agit de faire vivre à nouveau toute la charge d'attentes et d'appels dont les notions restent porteuses. Effectivement il est difficile de « subjectiver le communisme » si subjectivement on inscrit son existence dans le sentiment d'une infinie défaite.
4- Devant la complexité du raisonnement, des gens comme moi ne peuvent que jouer les Candide. Avez-vous voulu dire que les notions anciennes sont toujours porteuses d'espérance, d'émancipation ou d'égalité et qu'il suffit pour cela de s'y impliquer, de s'y mettre en jeu en tant que sujet ? mais alors dans ce cas, pourquoi ne pas vous rapprocher de l'absurde ? www.mediapart.fr/club/blog/renarblanc/090609/de-l-absurde-et-de-la-maniere-d-y-faire-face
Monsieur Hêtre , je me demande si vous n'avez pas quelque lien de cousinage avec Bartleby. Et je me répond : oui, ou préféreriez-vous ne pas ?