Sat.
26
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Mort de bin Laden: le meilleur des mondes est de retour

Encore un conte de fée. Quel cumul depuis vendredi: Kate, Jean-Paul, Oussama, sans oublier Pippa la sans-culotte sous sa robe de soie. Il faut dire que la Nature et l’Histoire réunies ont beaucoup à se faire pardonner: une méga-déprime mondiale avec un méga-tsunami, un superouragan, des inondations à rendre n’importe quelle lady gaga, une centrale nucléaire qui plonge.


ben_laden.jpgBarak Obama venait la veille de faire un numéro crucifiant un rival, voilà qu’en pleine nuit il annonce la bonne nouvelle à l’Amérique. Cette annonce du décès a provoqué une catharsis aux Etats-Unis: des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour chanter, danser, crier, promettre l’enfer pour la dépouille du mécréant terroriste. Ces américains-là se fichent bien du corps de bin Laden. L’annonce de sa mort, l’image fantasmée de sa tête fracassée leur suffit.
tsunami.jpgBin Laden était un symbole, comme Kate, comme Fukushima. Ils portent bien plus que leur seule réalité. Leur corps n’est rien. Leur virtualité, la place qu’ils occupent dans notre représentation du monde, est beaucoup plus conséquente.
L’époque a besoin de symboles. Tchernobyl c’était il y a 25 ans, c’est usé. Lady Diana on y pense plus trop. Arafat et l’OLP étaient devenus présentables malgré la liste d’attentats commis dans le passé. Tout s’use rapidement, tout change à grande vitesse. On zappe, on change d’indignation, d’émotion collective, d’empathie, avec une rapidité formidable. Il faut renouveler le stock de symboles.
Là c’est bon pour un moment. Les midinettes et les râleurs professionnels sont gavés de Kate et William. Les cataclysmologues ont Fukushima. Il Papa et Pippa raniment qui la qui la ferveur des dévots, qui leur libido en berne. Et les militaires américains cassent la baraque et montrent à nouveau leur savoir-faire.
Le meilleur des mondes est de retour.

Newsletter
Je m'identifie