La tentation de radicalisation
La véhémence serait-elle devenue un programme politique? A lire ou entendre certains débats sociaux ou politiques, cette question n’est pas décalée. Je comprends bien que nous sommes faits d’émotions, de coups de coeurs ou de gueule, de rages, entre autres. Mais est-ce bien raisonnable d’en faire le soubassement d’une pensée?
Je trouve que souvent les politiciens n’analysent pas simplement le contenu d’une politique ou d’un projet. Ils prennent d’abord un ton indigné - ou enthousiaste si c’est de leur projet qu’il s’agit - et remplissent ensuite ce ton des mots qui semblent correspondre.
Ainsi en est-il des critiques contre l’UDC, parti suisse de droite fréquemment qualifié de raciste. Pourquoi? Pour ses positions visant à limiter l’immigration et au renvoi des criminels étrangers dans certains cas. Il est à noter que le PS admet aussi le renvoi de criminels étrangers, sans en faire un automatisme. Qu’y a-t-il de raciste dans ces positions? Rien à mon avis: pas de thèse visant à discriminer une ethnie particulière puisque tout le monde est visé.
Une thèse raciste est ouvertement dénigrante à l’égard d’une ethnie et utilise son origine comme une démonstration de sa nuisance ou de son infériorité. Les Rroms sont victimes clairement de racisme en Suisse et en Europe. L’UDC n’en est pas là. Et affubler ce parti de l’étiquette de raciste ne fait pas fléchir d’un iota ses électeurs.
Je suis en désaccord avec la plupart des positions de l’UDC, l’Europe en particulier. Mais je ne pense pas que l’UDC soit un parti raciste. C’est un parti protectionniste. C’est sur des thèmes précis et argumentés que l’on doit critiquer une ligne politique. L’injure ou la stigmatisation ne feront jamais une analyse politique. Elles ne servent qu’à une radicalisation des adversaires, témoignant de leur impuissance à contrer ce parti.
Dans l’autre sens, le projet de suppression de l’armée suisse selon le programme socialiste suisse a été souvent mal reçu. La critique de brader notre indépendance nationale est implicite. D’ici que l’on qualifie le PS de traître et son comité de vendus au stalinisme… Je ne me retrouve pas non plus dans les grandes options du PS: féminisme radical, parité, critique sans nuance du libéralisme, le social opposé à l'économique, etc. Mais objectivement on ne peut qualifier le PS d’être anti-suisse. Une telle stigmatisation a aussi peu d’effet que celles infligées à l’UDC.
Ceux qui votent UDC ont une idée de la Suisse. Ceux qui votent socialistes en ont une autre.
La radicalisation des positions et du langage fleurissent donc. Il en est de même à propos des religions. On voit une frange de l’islam s’être radicalisée dans le monde. Les opposants à cet islam radical radicalisent également leur discours et leurs positions. Même radicalisation entre les tenants de l’ultra-libéralisme et la fin du contrôle de l’Etat, et les tenants d’un renforcement du contrôle et de l’arbitrage sur les activités financières et économiques.
Bref, la crise aidant, les positions s’aiguisent et la radicalisation devient un mode de fonctionnement «normal». Le ton de la radicalité: véhémence, stigmatisation, semble devenu en lui-même une norme qui précède le contenu.
Mais la radicalité a rarement accouché d’un monde paix. Elle va vers l’affrontement. Les plus radicaux, les plus véhéments, sont en général ceux qui utilisent une situation pour imposer leurs vues et prendre la place de ceux qu’ils critiquent.
La radicalisation satisfait le besoin d’émotions fortes. Je ne crois cependant ni à son objectivité ni à sa capacité à prendre en compte les aspects contradictoires inhérents à une démocratie. La démocratie est le lieu d’un débat objectif. la radicalité est la volonté d’en finir avec le débat.
La radicalité porte en elle les germe du totalitarisme.



Tous les commentaires
Le racisme Suisse, c'est de déconsidérer tout individu qui n'est pas Suisse, c'est à dire qui n'a pas les moyens de l'être. Comme les Grecs disaient "Oï Barbaroï". Mais sans discrimination, c'est juste qu'ils ne les comprenaient pas.
Sortez de Suisse, vous comprendrez. Désolé, mais votre billet pue. Relisez Jean Ziegler.
Quel cliché sur la Suisse et les suisses!
Dois-je comprendre qu'ils n'ont pas le droit de penser à leur manière? Les français devraient balayer chez eux avant de faire la leçon à ces petits cons de larbins suisses...
Naturalisations en Suisse en 2009: 44'948 (pour 7 millions d'habitants. Dont: 8'443 serbes, 2'404 bosniaques, 2'157 sri lankais, entre autres. Des gens qui, comme tout le monde le sait, croulent sous l'argent, ce qui leur permet de devenir Suisses...
Naturalisations en France en 2008: 108'131 naturalisations pour environ 65 millions d'habitant.
Qui est le plus accueillant?
C'est vous qui puez, qui puez l'anti-suisse par principe, par racisme anti-suisse, par esprit d'ex-colon, par incapacité à analyser autrement que par préjugés et partis-pris, par manque d'intelligence réelle, par complexe de supériorité mal placé (histoire du coq qui chante les pieds dans la merde).
Il n'y a qu'à voir comment vous considérez les suisses pour voir comment vous les déconsidérez. Le type de fascisme ordinaire français à la Moix, la vieille culture raciste française, le pétainisme français latent.
En Suisse, aucun politicien ne s'est permis autant de dérapages comme votre produit Mitterrandien Le Pen.
Quand à Jean Ziegler, avec sa Haine de l'occident, il n'aide personne. L'aide à l'Afrique par l'occident est considérable, mais elle est volée par les dictateurs du cru. Et on voudrait nous culpabiliser? C'est vous qui êtes allée voler les africains, pas les suisses! Et je suis allé en Afrique noire, plusieurs fois. On vous fait bien comprendre que vous n'êtes pas d'ici, mais que votre fric est intéressant. Le racisme anti-blanc de nombre de régions d'Afrique est une réalité.
Alors votre racisme anti-suisse pue. Votre tête et ce qui vous sert à faire croire que vous pensez puent.
1) Je n'ai jamais dit que c'était mieux en France.
2) La Suisse ne tient debout économiquement que grâce à son système bancaire, au milieu de la zone Euro. Oui ou non ? Enlevez le secret bancaire, il se passe quoi ?
3) L'entreprise pour laquelle je travaillais naguère est partie s'installer en Suisse pour des raisons fiscales. J'ai donc étudié de près le processus pour pouvoir travailler en Suisse : la logique est : vous pouvez venir habiter la Suisse si vous dégagez des bénéfices. Demander à habiter la Suisse, c'est comme demander un compte bancaire pour une entreprise.
4) La hantise du chômeur ou de la personne assistée, je ne l'ai pas inventée.
5) Je n'ai pas traité les Suisses de racistes. J'ai dit que leur mode de cooptation est basé sur des valeurs que je méprise. Comme assurer depuis des siècles la garde rapprochée du Pape. Là où il y a de l'argent....
6) Sinon, c'est très joli, et très bien tenu. :-)
La victoire de la pensée unique sur la pensée universelle ? La menace d'uniformité totale, aux dépens de la diversité culturelle ? La confusion entre libre échange et libéralisme ? Entre collectivisme et aliénation ? Entre souverainisme et autodétermination ? Entre droit d'ingérence et néo-impérialisme ? Entre liberté de culte et prosélytisme ? Entre rentabilité et compétitivité ? etc...
+ 1
Ce billet rejoint les pensées les plus nauséabondes qui ne sont pas réservées à la Suisse...
Incapable de penser et de dialoguer, une fois de plus, Velveth? Décidément...
Personne n'a vanté les mérites de la France, Homme Libre. On a l'impression que vous ne proposez qu'une version édulcorée de votre pensée. Jacques.
Parce que votre comm d'avant c'était une pensée? J'ai pris cela pour un texte de Prévert... ou d'André Breton.
Je pense être clair: nous n'avons pas l'équivalent du FN en Suisse. La radicalisation du discours enlève toute possibilité de faire une analyse argumentée. Les racistes en France, à l'égard des Suisse entre autres, n'ont pas vraiment de leçon à nous donner.
Moi qui suis un ancien belge naturalisé, et qui plus est français par mariage, cela me pompe l'air d'avoir à défendre une nation particulière. Mais là, quand ça va trop loin, il faut remettre les français à leur place. Tout ne vous est pas permis, même si vous avez l'habitude de penser le contraire.
Le respect ça s'apprend. Mais j'oubliais: il n'y a pas d'école chez vous pour apprendre cela... En France, on ne discute pas, on préjuge et on impose.
Je m'en fous, je ne suis pas français. Je suis un mélange d'Italien, de Russe avec un peu d'Egyptien. :-) Je ne vois pas pourquoi je me sentirais responsable du FN : je n'ai même pas voté Mitterrand. Mais pourquoi diable "défendre une Nation" ? Défendez une civilisation, ça sera déjà plus intéressant...