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Sur Infrarouge, Isabelle Alonso montre les dents

«Pauvres chouchous», dit-elle. Pauvres chouchous. Elle s’arrête. Fait une tête presque sympathique, genre pitbull qui se ferait passer pour un cocker. Pauvres chouchous. C’est spontané, cela sort du coeur, mais c'est tout ce qu’elle trouve à dire quand l’animatrice lui demande si elle comprend que des hommes soient mal à l’aise avec le féminisme.


Ces deux mots expriment tout le mépris d’Isabelle Alonso pour les hommes. Ils ne digèrent pas ses théories? Ce sont de pauvres chouchous!... On remarquera la profondeur de la pensée et la pertinence de l’argumentaire...


infrarouge1.jpgIl faut bien dire que dans l’émission Infrarouge d’hier soir à la TSR sur le féminisme, elle s’est d’emblée placée comme une marxiste recyclant son idéologie via le féminisme. Le débat, animé par Esther Mamarbachi, est comme souvent trop court pour aller au fond du sujet. Retenons cependant l’évangile Alonzien: les relations hommes femmes seraient des relations dominants-dominés, maître à esclave. Le féminisme serait donc la révolte des esclaves, ces femmes écrasées depuis la nuit des temps par des hommes qui n’auraient cherché qu’à les dominer et les faire taire. C’est le discours que je décrivais et critiquais il y a peu. Discours qui ne tient pas à l’examen de la réalité. Ne pas disposer du pouvoir politique (que jusqu’à relativement récemment les hommes dans leur grande majorité n’avaient pas non plus, voir mon billet précédent) ne signifiait pas être écrasé. Ou alors les hommes dans leur majorité étaient aussi écrasés, et ils perdent leur rôle de maîtres esclavagistes des femmes.
Tout son discours est à l’avenant. Isabelle Alonso est le prototype, ou le concentré de ce que le féminisme peut produire: hargne, hypocrisie, réalité déformée, guerre des sexes. Pourquoi hypocrisie? Parce qu’elle prétend vouloir que les choses soient simples et se passent bien entre hommes et femmes, alors qu’elle agresse constamment les hommes qui ne pensent pas comme elle.
Elle ne supporte pas que les hommes parlent pour elle, considérant que ce comportement est une prise de pouvoir sur elle. Mais elle se permet de parler abondamment à la place des hommes, de dire comment ils doivent être, assénant au passage des clichés parmi les plus éculés et réducteurs. «Les hommes ont le droit de pleurer», «avant ils étaient des blocs d’insensibilité mais grâce au féminisme ils changent», «avant ils devaient être les plus forts, maintenant ils peuvent aussi être faibles». Je ne garantis pas l'exactitude des mots mais l'idée y est.
alonso-paris_2008.jpg
Un concentré d’inepties. Les hommes pleurent moins? Et alors? Leur éducation leur apprenait à serrer les dents? C’est grâce à cela qu’ils faisaient des guerriers capables de défendre le pays et leurs familles. Ce n’est certainement pas par un homme qui pleure à la vue du sang que l’on va être défendus! Les hommes ont toujours été plus pudiques que les femmes pour exprimer leur sensibilité. En faire des blocs d’insensibilité est une mauvaise caricature démagogique. Demandez à Ronsard, à Verlaine, à Henri Dunant, et à des millions d’autres, s’ils étaient des blocs insensibles? Et demandez à la majorité des femmes ce qu’elles pensent des hommes fragiles, des hommes qui doutent: comme amants passe encore mais pas comme mari! Pas assez solides.
Et puis, qu’elle leur fiche la paix, Madame Alonso: les hommes sont comme ils ont envie d’être. Ce n’est certainement pas à elle, et à elle moins qu’à personne, de dire qui ils doivent être et de prendre le pouvoir sur eux. Sa volonté de féminiser les hommes manifeste un mépris profond pour leur réalité, que cette réalité soit culturelle ou naturelle - ou mixte. On voit bien la dominante en pleine action. La dominante? Plus encore: la prédatrice. Il n’y a qu’à écouter le ton de sa voix: entre le serpent et le sergent-major. Il n’y a qu’à voir l’expression de sa bouche quand on la contredit: une vraie prédatrice. Qui fait une guerre permanente aux hommes sous couvert de les «libérer». En fait, son but est clairement de déconstruire le masculin.
Elle a ajouté un petit couplet sur la violence des hommes contre les femmes, prolongeant au passage le déni fait aux pourcentages importants d’hommes maltraités et battus (de 20% à 50% selon les pays et les enquêtes). L’émission finissant, elle n’a pas pu aller plus loin dans son couplet victimiste.
Quand j’entends Isabelle Alonso, je sais que j’ai raison de contrer ce féminisme-là, et de le faire avec vigueur. Il est si réducteur des femmes et des hommes que je m’étonne qu’il existe encore.

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Elle a été chroniqueuse à "Siné hebdo", donc ne peut être complètement mauvaise.

 

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