Le mariage: une prostitution? (mis à jour)
La thèse selon laquelle le mariage serait une forme de prostitution n’est pas nouvelle. Cette théorie est reprise et développée par Gaïl Pheterson, féministe américaine et sociologue du Gender, et Paola Trabet, féministe italienne et anthropologue. Des mouvements libertaires opposés à l’abolition de la prostitution ont repris à leur compte cette théorie. Elle permet de valider le fait que la prostitution est un fait de société et que sa version «simplifiée», soit la sexualité sans amour ni désir mais avec argent, est une partie de ce fait de société.
L’objectif des mouvements libertaires est de contrer les abolitionnistes qui, selon eux, veulent moraliser la société et instaurer un nouveau puritanisme en interdisant la prostitution. Un article signé Gaëlle-Marie Zimmermann résume ces thèses ici.
J’ajoute que la liberté sexuelle n’a pas les mêmes conséquences pour l’homme et pour la femme. La maîtrise de la contraception a changé la donne mais jusque là, éduquer les femmes à ne pas multiplier les aventures la protégeaient d’une grossesse non désirée et d’un avortement clandestin à haut risque. Faire des enfants dans le mariage et pas en dehors était la norme pour les femmes et pour les hommes. Qu’aujourd’hui on relativise les choses ne signifie pas que cet ancrage familial était une simple manifestation de domination sur la femme, car l’homme avait aussi des contraintes dans le couple.
Personne ne s’étonne vraiment de cette étrangeté: la femme serait contrôlée par l’homme, et jamais l’inverse. Deux remarques à ce point de vue:
1. Les femmes dans leur majorité n’acceptent pas la liberté sexuelle de l’homme. Elles aussi contrôlent l'homme dans ses sorties et relations, dans ses dépenses, dans son parfum, ses sms, etc. Au cas où le conjoint aurait une autre relation la plupart des femmes expriment leur pouvoir de domination sur lui en le quittant. Casser une relation, menacer de la casser, conditionner la durée à la fidélité, sont des manifestations de pouvoir et de domination. L’exigence de fidélité peut donc être vue, dans une perspective purement marchande du couple, comme l’affirmation d’une domination mutuelle et partagée.



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Le mariage, de contrat "pour régulariser" les couples désirant s'accompagner mutuellement a d'infinies raisons d'être mais ne soude certes pas davantage que l'union libre au plan sentimental. On peut se marier pour être comme tout le monde. Ou alors consentir à se marier pour payer moins d'impôts, acheter une maison, pour faire plaisir à un parent ou à l'entourage ou parce que pour les enfants, le nom à leur donner en particulier, les formalités administratives, le regard de ses collègues de travail, c'est plus simple, ça fait couple sérieux et sans histoire.
Ce n'est qu'après, longtemps après...