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Drogues: la guerre perdue de la prohibition

Le débat dérangeant sur la légalisation des drogues, en particulier des drogues dures et leur mise à égalité juridique avec l’alcool, vient de franchir un pas. Celui de 15 minutes d’antenne dans une émission de débat à la télévision.

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Il n’est pas bien difficile de comprendre que la prohibition actuelle reproduit l’erreur de celle de l’alcool dans les années 1920, avec des effets décuplés sur le crime local et international, la santé publique et la cohésion sociale. Si l’on ajoute à ce tableau la question de l’Afghanistan, où l’armée américaine et les talibans se disputent de facto le contrôle de l’épicentre de la production de l’héroïne mondiale, on voit aussi que la prohibition contribue à compromettre la paix dans le monde.»
Au Mexique, 28‘000 morts en quatre ans directement liés à la guerre des cartels de la drogue. 500‘000 citoyens américains en prison pour avoir consommé, citoyens qui deviennent des humains déclassés à la sortie de prison. Un coût sanitaire de produits non contrôlés exorbitant. Des Etats qui perdent des sommes astronomiques dans la prohibition sans aucun succès. Le bilan global de la prohibition est catastrophique.
Le vrai problème c’est la prohibition
Les réactions vis-à-vis de la drogue sont généralement très émotionnelles et irrationnelles. Certains commentaires qui fleurissent sous ces débats accusent clairement les promoteurs de la légalisation de pousser les jeunes à la mort et d’être des criminels. Fort bien. C’est louable de prendre la défense de la jeunesse et de la santé publique. Mais que font ceux qui écrivent cela? Militent-ils dans des associations anti-drogue? Ont-ils la moindre efficacité dans un combat qui est perdu depuis des décennies? Non. Il y a toujours plus de consommateurs, de petits délinquants qui veulent se payer des doses hors de prix et coupées avec de la cochonnerie, de dealers qui meurent à 20 ans, des cadavres, de la corruption, des millionnaires criminels qui font la loi, des populations terrorisées, bref: le tableau de la prohibition est un désastre. Et ce désastre est en route depuis la deuxième guerre mondiale puisqu’avant il n’y avait pas de prohibition et que l’usage des substances psychotropes ne posait pas les problèmes que nous connaissons aujourd’hui.
C’est depuis la prohibition que les drogues sont devenues un problème sanitaire majeur en occident.
Dro5-alcool-1-jpg.jpgOn peut souhaiter l’éradication de la drogue dans la société. Donc de l’alcool aussi? Et des drogues médicamenteuse dures aussi? Ah non, la morphine pharmacologique est médicale. Elle sert au mieux-être des malades. Et si la drogue illégale servait aussi au mieux-être de ceux qui la prennent? Comme l’alcool? Comme la clope? Comme le sucre en excès qui rend euphorique avant de déprimer? On peut aussi changer la société: moins de stress, de course à l’argent, de divorces, d’isolement, et il y aura peut-être moins besoin de s’évader dans ces substances. Yaka s’y mettre!
Une légalisation? On en est très loin! Pourtant un pays l’a fait depuis 10 ans. Je cite à nouveau Books:
«Bien peu de Français savent qu’un tel pays existe. Il est proche de nous. C’est le Portugal, qui a décriminalisé l’usage de toutes les drogues en 2001. Ce pays a désormais près de dix ans de recul pour juger de l’intérêt de cette mesure. Or le bilan est clairement positif. La consommation de drogues y est désormais l’une des plus faibles d’Europe et se fait dans des conditions sanitaires et psychologiques optimisées.»
Le résultat est bien plus positif que la prohibition.
Prohibition qui est devenue un problème majeur et un échec retentissant, qu’aucune idéologie ou raison sanitaire ne peut plus justifier quand on voit les dégâts grandissants qu’elle engendre. Continuer sur cette voie, c’est encourager le crime organisé, la délinquance et l’aggravation de la situation sanitaire des utilisateurs.
Ou alors, soyons clairs et déterminés: il faut éliminer tous les utilisateurs de drogues: il n’y aura plus de problème! On a bien commencé avec ces fumeurs de calumets que sont les amérindiens, continuons.
Et les buveurs d’alcool, substance que tous les spécialistes classent dans les drogues dures? On en fait quoi?

Plus sérieusement, oser repenser la prohibition devrait ressortir du plus élémentaire pragmatisme.

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