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Le bonheur du sexe

Parler des femmes et des hommes c’est aussi parler de sexualité. Le sexe est un lieu d’intensité relationnelle. Désir, extase et rejet s’y côtoient. Les archétypes y règnent en maître. C’est une matrice réelle et symbolique. Un creuset où naît l’identité de genre et où la relation prend forme.


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L’homme n’a pas à être toujours un guerrier. Mais l’homme timide est un homme mort pour la femme. L’homme timide n’assure pas et ne donne pas cette contrepartie de l’abandon: la sécurité. Comment une femme pourrait-elle s’abandonner en confiance si l’homme ne lui offre pas sa force tranquille et la sécurité dont elle a besoin? La voltigeuse qui lâche son trapèze doit avoir une confiance totale dans le fait que son partenaire sera là pour la rattraper.
Ce discours sur les rôles sexuels est très normatif. Il est nécessairement normatif. Il peut être accepté, contesté, expérimenté consciemment, transformé. Chacun peut l’adopter à sa manière, l’adapter à sa chimère. Mais il est initialement normatif parce que les corps sont configurés pour générer la norme, parce qu’ils sont la norme. L’éducation n’est pas le seul élément qui détermine le genre. On ne peut évacuer l’hypothèse que le genre soit le produit symbolique du corps, en particulier de la sexualité. Ce qui renverse la perspective des gender studies sans pour autant renfermer les individus dans des moules rigides. Car les rôles sont loin d’être cloisonnés et étanches. Mais le découplage complet entre sexe biologique et genre construit n'est à mes yeux pas acquis.
De la sexualité naissent des comportements genrés. Schémas, stéréotypes, archétypes? Peut-être. Mais c’est ainsi: chacun son rôle. Le jeu amoureux n’est pas symétrique et la tradition n’est pas stupide. Pourquoi est-ce traditionnellement l’homme qui propose et la femme qui dispose? Parce que la femme teste l’homme avant de lui donner sa foi, son corps et des enfants. Chacun sa réalité: la femme sait que l’homme a besoin de se rassurer. Elle en sourit avec bienveillance. L’homme sait que la femme cesse de s’épanouir dans l’insécurité. Il est présent avec affection.
Cela n’empêche en rien la femme d’aller vers l’homme, et l’homme de disposer. Ce binôme mouvement-abandon peut s’appliquer aussi à des couples homosexuels. Les partenaires en ont forcément reçu l’empreinte par leur famille et la société. Le fait qu’il y ait une norme initiale n’exclut pas sa reproduction dans un autre cadre que le couple hétérosexuel.
La réalité est toujours plus complexe que les théories que l’on en fait. La liberté et la plasticité de l’être permettent l’inversion des mouvements et des rôles. Souvent d’ailleurs la femme propose à l’homme. Mais si cette inversion dure elle pourrait oublier sa capacité d’abandon. La frustration, le désappointement et le malentendu s’installeraient entre eux. C’est pourquoi il est utile de préparer les petits humains à la vie. Les pères et les mères doivent éduquer les enfants. Les éduquer c’est leur montrer un comportement et leur donner des points d’ancrage. C’est leur dire ce qui se fait et ne se fait pas entre un homme et une femme. C’est cela, les préparer. Le refus de l’éducation genrée est un déni de cette préparation.
Si nous n’avions pas de corps sexués ou si nous étions hermaphrodites nous pourrions nous passer très facilement de l’identification aux genres. Mais il semble que nous devrons encore longtemps vivre dans ces corps.
Si l’on considère l’extase de la sexualité, l’extase des corps, des coeurs et des esprit, c’est plutôt une bonne nouvelle!

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