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Outreau, 10 ans après: la Justice toujours en cause

Il y a juste dix ans débutait ce qui allait devenir «l’affaire d’Outreau». Une affaire que la petite phrase du juge Burgaud, relatée par un accusé, décrit très bien: «C’est l’affaire du siècle! Avouez!'»
Outreau.jpgDix ans après, que reste-t-il de cette catastrophe judiciaire? Je ne vais pas épiloguer à nouveau sur la mansuétude difficilement compréhensible des sanctions qui ont été prises, et qui confirment le sentiment que la justice est une forteresse et les magistrats une corporation qui trop souvent s’auto-protège.
Sur le plan judiciaire, il semble que la série d’auditions réalisée par une commission de l’Assemblée Nationale ait eu peu de suite.
La présomption d’innocence, pilier de la Justice, est-elle mieux respectée? Il n’y a aucune transparence, aucun moyen de le savoir. Mais la condamnation du Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, en 2010, pour atteinte à la présomption d’innocence, montre que le pli est bien ancré: la présomption d’innocence n’est pas réellement respectée. Il ne s’agit même pas de savoir quels sont les chiffres, s’il y en a, et je serais bien incapable d’en fournir. C’est au point de vue de l’état d’esprit. Les même biais continuent donc, et l'irrespect de cette présomption d'innocence semble toujours aussi normale.
La présomption d’innocence constitue l’article 9 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789. Elle est devenue un principe juridique internationalement reconnu. Elle figure à l'article 6 § 2 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. A l'article 48 § 1 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. A l'article 14 § 2 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Et à l'article 11 de la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948.
On comprend bien l’importance de cette notion: nul ne peut être arrêté et détenu arbitrairement, nul ne peut être considéré comme coupable avant d’avoir été jugé. Sans la présomption d’innocence, la Justice retomberait dans la barbarie ou dans le western. Or, en France, la garde à vue a explosé comme un rapport en faisait état il y a quelques mois. La garde à vue semble non plus un moyen exceptionnel, justifié par des éléments factuels graves et destinée à éviter une récidive ou une collusion réellement à craindre, mais un moyen de pression pour obtenir des aveux à tous prix.
Outreau5.jpg
Le deuxième point qui doit rester à l’esprit de tous les magistrats est l’importance de l’enquête préliminaire à partir d’accusation. Hors du flagrant délit et de certains autres cas, une accusation n’est pas vraie simplement parce qu’elle est proférée. Il y a des erreurs, des témoins qui ont des impressions, des contradictions à mettre en évidence. Et il y a les fausses accusations, dont la proportion reste sujette à des débats sur les chiffrages précis mais dont le volume est tout sauf négligeable selon les éléments connus. Or on n'entends pas les représentants de la Justice sur ce grave sujet de société.
J’ai rédigé il y a deux ans un court rapport sur les fausses accusations, selon les chiffres disponibles. On peut le trouver ici en pdf (en fin d’article).
Une enquête sérieuse doit donc être diligentée, par des juges compétents. Or les dossiers sur les accusations d’ordre sexuel sont transmis à des magistrats qui n’ont pas forcément de formation ou d’expérience dans ce domaine. Ce n’est pas normal. Dans le cas d’enfants, il y a des procédures très précises à suivre dans la prise de témoignage pour éviter la fabrication d’une histoire.
Une expertise médico-psychologique peut être un complément d’information, mais en aucun cas elle ne doit se substituer à la démarche judiciaire. La toute-puissance du psy doit être férocement battue en brèche. En clair une expertise ne peut pas et ne doit pas être une preuve ou une démonstration de culpabilité.
Je pense qu’un magistrat doit aussi rendre des comptes, mieux que ce n’est le cas actuellement où la magistrature est à la fois juge et partie. On m’a souvent rétorqué qu’un juge ne doit pas craindre la sanction sans quoi il n’osera plus faire son travail. Je ne suis pas d’accord: un juge qui travaille bien n’a rien à craindre de personne. Mais un juge partial, expéditif, incompétent, aura en effet à craindre la sanction. Ceux-là seront freinés - ce qui est peut-être une bonne chose.
Et puis, dix ans après, il y a les accusés à tort. Plusieurs reportages leur sont consacrés ces jours, que l’on trouve facilement sur le net. Je n’y reviens pas. Sauf sur celui-ci, qui exprime bien la suite de l’histoire d’une fausse accusation.
C’est le témoignage de l’huissier Alain Marécaux.

http://videos.letelegramme.com/player.php?sig=iLyROoafzkCd

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Monsieur, bonjour,

Ce 24 février a eu lieu une excellente table ronde organisée par l'Institut de Criminologie : "La Parole de l'Enfant après la mystification d'Outreau" (fac de Panthéon-Assas). Réactions inexistantes sur le plan médiatique, tandis que l'on donne largement la parole aux acquittés... une telle paresse intellectuelle laisse pantois !

Je vous invite à lire les deux textes dont je donne le lien.

Celui du journaliste Jacques Thomet :

http://www.jacquesthomet.com/2011/02/26/les-10-ans-doutreau-pour-la-1e-fois-lun-des-12-enfants-victimes-de-cette-barbarie-pdophile-parle-de-son-martyre-et-maintient-ses-accusations/

Celui que j'ai mis en ligne hier sur Mediapart :

http://blogs.mediapart.fr/blog/valandre78/270211/outreau-contre-le-pret-penser-mediatique-suite

Bonne lecture, et bonne journée !

Cordialement,

Frédéric Valandré.

Je redonne le lien de mon article, manifestement il ne fonctionne pas dans le précédent commentaire :

http://blogs.mediapart.fr/blog/valandre78/270211/outreau-contre-le-pret-penser-mediatique-suite

Les enfants n'ont pas menti...

 

Cherif a enfin l'âge où il peut s'exprimer devant une caméra, ce qui n'avait été accordé qu'aux "innocentés" .

Il va donner ENFIN une version qui va tous nous bouleverser...

http://www.20minutes.fr/article/690974/societe-video-emouvant-temoignage-enfant-outreau

SergeGarde va l'aider dans cette quète du témoignage libérateur...

Marie-ChristineGryson a déjà publié un excellent ouvrage :

Outreau la vérité abusée

http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-christine-gryson/240810/outreau-l-heure-de-la-belle

http://lci.tf1.fr/france/justice/2009-11/outreau-la-souffrance-oubliee-des-enfants-5547208.html

J'ai lu ce livre qui m'a faite hurler d'indignation. Comment avons-nous pu oublier les principaux "acteurs" de cette dramaturge qui sont les ENFANTS! 12 ont été officiellement reconnus victimes (d'autres n'ont pas pu bénéficier de cette reconnaissance car ils ont été menacés, et tellement maltraités qu'ils se sont rétractés!)

Oui, je retiens ceci: à Outreaux il y avait des vraies victimes, c'était les enfants.

J'espère que chacune de ces victimes suivra courageusement la démarche de Cherif et que la vérité les affranchira puisque nous, adultes, représentants de la justice et représentants de l'état, n'avons pas été capables de les écouter ou de les protéger.

 

 

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